Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Les années 2010 : la science-fiction, renouveau ou recommencement ?

La science-fiction des années 2010 a été marquée par un essor fulgurant des blockbusters, une reprise assumée d’anciennes franchises et quelques, mais très intéressantes, propositions d’auteur originales ou avant-gardistes. Un genre devenu hybride, souvent balisé, parfois inventif, aujourd'hui entre renouveau et recommencement.

Cinéma documentaire des années 2010 (1/4) : crise migratoire et visions humanistes

En ce mois de novembre, la rédaction du Mag du Ciné revient sur les films marquants de la décennie 2010. Nous entamons ici une série de quatre articles consacrés à quelques documentaires majeurs de la décennie, mettant en avant les grands enjeux de ces dix dernières années. Panorama partiel, non exhaustif, et exigeant, que nous débutons par la question brûlante de la crise migratoire aux portes de l'Europe. Face à l'impuissance voire à la franche mauvaise volonté des dirigeants européens, des documentaristes ont livré des œuvres humanistes qui nous invitent à prendre conscience de cette tragédie. Retour sur quelques uns d'entre eux.

Sugar man : A ghost story

Vous ne connaissez pas Sixto Rodriguez ? Sugar Man raconte avec un malice et un vrai suspense la trajectoire incroyable de ce chanteur magnifique, oublié 40 années durant.

Les années 2010 : Adam Driver, le grand brun aux deux visages

Au détour d'une décennie qui aura permis la confirmation de bon nombres d'acteurs & actrices, on évoque assez peu le cas de ceux ou celles qui se sont vus justement révélés. C'est pourtant le cas d'un certain Adam Driver, qui non content de tutoyer les 2m, a également réussi à tutoyer les sommets, grâce à une palette de jeu étoffée mais aussi et surtout une dualité dans sa façon de jouer lui permettant de jongler entre comédie et drame avec l'aisance d'un déjà très grand comédien.

Les années 2010 : Robert Pattinson, du vampire à la chauve-souris

Il a joué sous la direction de Werner Herzog, James Gray ou encore David Cronenberg. Rien que cette année, on l'a vu dans The King ou The Lighthouse, et il est le prochain Batman. En une décennie, le Britannique Robert Pattinson est devenu un acteur incontournable.

Les années 2010 : Joaquin Phoenix, l’homme cicatriciel

Défaillant ou sûr de lui, Joaquin Phoenix n'est jamais aussi convainquant que lorsqu'il incarne la folie. Un acteur de grande classe qui a marqué la décennie 2010 de son empreinte.

Les années 2010 : Leonardo DiCaprio, caméléon, sélectif et enfin oscarisé

Durant la dernière décennie, Leonardo DiCaprio s'est trouvé deux mentors (Martin Scorsese et Quentin Tarantino) et a été enfin oscarisé ("The Revenant"). Il a un peu plus inscrit son nom dans le marbre hollywoodien.

AFF 2019 : Jojo Rabbit, de Taika Waititi, entre hilarité, gravité et maladresses

L'Arras Film Festival 2019 offrit à ses spectateurs l'occasion de découvrir en avant-première française Jojo Rabbit, le nouveau film de Taika Waititi (Vampires en toute intimité, Thor : Ragnarok). Au programme : un récit sur la victoire de l'enfance sur le fanatisme nazi, entre hilarité, gravité et maladresses.

Newsletter

À ne pas manquer

« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.