Les années 2010 : Robert Pattinson, du vampire à la chauve-souris

Les années 2010 finissant, il est temps de revenir sur les noms marquants des dix dernières années. Des années qui ont vu l’éclosion d’un jeune acteur devenu incontournable, Robert Pattinson.

Avec sa belle gueule et sa carrure élancée, il était, dans un premier temps, l’élève parfait. Tellement parfait que lorsque le Tournoi des Trois Sorciers a été organisé à Poudlard, il a été naturellement choisi par la Coupe de Feu pour représenter la célèbre école de sorciers.

En donnant ses traits à Cedric Diggory, Robert Pattinson ne pouvait mieux commencer une carrière destinée aux adolescents et à faire craquer les demoiselles. Il n’est donc pas étonnant que, pour ce jeune Britannique né en 1986, la suite de la carrière prenne le même chemin. Et cette suite, bien entendu, ce fut le rôle d’Edward Cullen dans les cinq films de la série Twilight.

Quoi que l’on pense des films de cette saga adaptée de Stephenie Meyer et de leur qualité, ils ont servi de tremplins pour les carrières de leurs deux interprètes principaux. Mais ne laissaient pas présager le chemin qu’allait poursuivre Robert Pattinson.

Et les propositions viendront très vite. Après le deuxième épisode de la saga vampirique, on le retrouve en train d’interpréter le rôle du peintre Salvador Dali dans le film britannique Little ashes, de Paul Morrison. Ce n’est pas là qu’il est le plus convaincant, mais il sait déjà jouer sur un côté à la fois élégant et troublant.

L’acteur continue dans le registre romantique avec des films comme Remember Me ou Bel-Ami, adapté du roman de Maupassant.

C’est avec une autre adaptation cinématographique que la carrière de Robert Pattinson prendra un tournant inattendu. En 2012, le cinéaste canadien David Cronenberg porte à l’écran le roman de Don DeLillo Cosmopolis. Le dispositif du film est des plus particuliers, puisque l’essentiel de « l’action » se déroule dans une monumentale limousine. Dans cette œuvre profondément politique, Pattinson interprète Eric Packer, un jeune milliardaire qui tente de circuler alors que les rues de Manhattan sont prises d’assaut par la visite du président et par l’enterrement d’une star du rap. Symbole d’un système socio-économique moribond, le jeune homme est magnifiquement incarné par un acteur qui sait jouer de sa beauté froide, voire spectrale. Pattinson donne à son personnage l’allure d’une sorte de mort-vivant spectre qui hante le monde.

Cosmopolis : bande annonce

Cosmopolis marque le début d’une nouvelle carrière pour l’acteur, dont la route va croiser des réalisateurs comme James Gray, Anton Corbijn, Werner Herzog, Robert Eggers ou Claire Denis. Plus la décennie 2010 avance, plus l’acteur enchaîne les projets passionnants, n’hésitant pas à casser son image comme dans l’impressionnant et sombre Good Time, de Joshua et Ben Safdie. Pattinson nous entraîne à sa suite dans une cavalcade désespérée au fond d’un New York crade et violent. Il atteint là, sans doute, l’antithèse absolue des rôles qui l’avaient fait connaître ; voilà sans doute pourquoi vont jusqu’à dire qu’il a ici son meilleur rôle.

Good time : bande annonce

Le charisme si particulier de Robert Pattinson, ainsi que la finesse de son jeu, sont appelés à occuper encore l’écran dans les années qui viennent. Rien qu’en 2019, nous avons pu le voir aussi bien dans The Lighthouse, de Robert Eggers, que dans The King, qui marque sa seconde collaboration avec David Michôd, en passant par Waiting for the barbarians, où il joue sous la direction de Ciro Guerra (L’Etreinte du serpent, Les Oiseaux de passage) et aux côtés de Johnny Depp. Et, dans l’avenir, se dessine le projet du Batman de Matt Reeves (Cloverfield, La Planète des singes : Affrontement et Suprématie). Un choix de rôles qui fait alterner des projets commerciaux avec des œuvres plus discrètes, dans des personnages très différents qui permettent d’explorer les différentes facettes de son talent.

Comme quoi, être vampire mène à tout, à condition d’en sortir…

 

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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