Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Après plusieurs carnages (Suicide Squad, Wonder Woman 84 ou encore la version cinéma de Justice League) on peut légitimement se demander si quelqu’un chez Warner s’y connaît en cinéma. Cela fait tout de même bien longtemps que le studio semble plus attiré par l’argent que par la qualité des productions. Heureusement, les voies de la popularité sont impénétrables. Après des années à enchainer les pires décisions possibles (et pas que pour DC, rassurez-vous), le studio aurait décidé d’écouter les fans, ou plutôt leur messie : Mr Dwayne Johnson. Aujourd’hui, c’est Black Adam qui sort au cinéma. Alors, ça vaut quoi ?
Avant de découvrir Avatar 2 : la voie de l'eau, film attendu et fantasmé depuis une décennie, James Cameron nous fait revivre l'expérience Avatar dans une version restaurée 4k HFR (high frame rate), autorisant, grâce au logiciel TrueCut Motion Pixelworks, le montage en 48 images par seconde. Une véritable claque visuelle qui sublime l'univers de l'œuvre originale en contrastant les couleurs, en renforçant la fluidité des plans pour une immersion garantie. Un moyen tout aussi pertinent de tracer le chemin du deuxième volet, produit sur ce même format, qui sortira le 14 décembre 2022. Toujours indétrônable à la tête du box-office mondial, Avatar a marqué l'histoire du cinéma tant par sa prouesse technique que par son immense succès populaire. Le film de James Cameron, qui s'est rapidement frayé une place au panthéon des œuvres planétaires grâce à son récit mythique et son message écologique à dimension universelle, continue aujourd'hui de fasciner et d'inspirer.
En octobre, de nombreux films français sont sortis en salle. Malgré les derniers états généraux, plutôt alarmistes, et tous les bouleversements que connaissent nos cinémas au regard de leur fréquentation en baisse, retour sur Un beau matin (Mia Hansen Love), L'innocent (Louis Garrel), L'origine du mal (Sébastien Marnier) et Novembre (Cédric Jimenez), et preuve d'une vivacité hexagonale en matière de cinéma !
Qatar, une dynastie à la conquête du monde rappelle que le journalisme d'investigation est une arme dans la compréhension du monde. Miyuki Droz et Sylvain Lepetit décortique avec finesse la société qatarienne d'aujourd'hui en se servant des archives d'hier. Un documentaire à voir absolument.
Le physio est au monde de la nuit ce que l'acteur est au cinéma, soit un élément économique clé à la survie d'industrie du spectacle qui repose sur la marchandisation des corps féminins et masculins. Tel est l'un des axes développés par Physio, premier long-métrage documentaire de Lazare Timsit.
Entre le western et le thriller, Un Homme est Passé est probablement le plus méconnu des chefs-d'œuvre de John Sturges. D'une efficacité redoutable de par son dispositif en huis-clos et sa mise en scène, le film est une charge intense à l'encontre d'une partie de l'Amérique, totalement éloignée de la réalité présente, et prisonnière de ses fantômes passés.
Butterfly Vision est un impressionnant premier film d’un Ukrainien, Maksym Nakonechnyi, rattrapé plus que de raison par la réalité de son pays. Son point de vue sur la guerre est centré sur ses effets sur une femme-soldate victime de violence basée sur le genre, et c’est une réussite.
Désormais codifiés, ces plans et ce découpage très plat qui mène la barque jusque dans un temple à peine digne d'une mauvaise pub pour des céréales chocolatées sont ceux qui ont vampirisé des images qu'on apprécie, rassasiés.
« - Viens, viens, Telpochtli ! C’est ton jour, c’est ta fête !
- De qui parle-t-elle ? Qui est ce Telpochtli ?
- Cela veut dire le Jeune, padre. C’est l’un des noms du Miroir qui Fume.
- Le Miroir qui Fume ? Qu’est-ce que cela ?
- L’un des anciens dieux, padre. Le plus terrible de tous, Tezcatlipoca, le Seigneur du Proche et du Lointain, l’Ennemi des Deux côtés. C’est sa fête aujourd’hui. »
« Il a produit de sa poche gauche un paquet de Soleil Levant. Ce que le ravitaillement nous réserve de temps à autre, ce sont des Milan d’or, et pour ce qui est de ces Soleil Levant, à cause de la présence de feuilles de grande renouée, je ne pourrais affirmer qu’elles sont bonnes, avec la meilleure volonté du monde ; cependant, une bouffée de leur fumée me procure une sensation de nicotine jusqu’au bout des doigts et un agréable fourmillement gagne tout mon corps. C’est bien là la plus grande jouissance du fumeur. Je sais comment m’en procurer. Il suffit de bourrer de riz perlé un paquet vide de ces Soleil Levant puis d’aller se tenir devant le débit de tabac du coin, d’attendre le moment où les passants ont disparu pour mettre prestement le paquet sous le nez de la buraliste. La seconde d’après le riz a été escamoté au profit de tabac. »
« - MONSIEUR FELIX !!
- Sonia. Quel soulagement de vous voir… J’ai appris que vous aviez perdu votre appartement… Je me suis fait tant de souci ! Vous avez trouvé quelqu’un pour vous accueillir ?
- Oui… VOUS DEVEZ NOUS AIDER, MONSIEUR FELIX !
- C’est trop tard, Sonia… Ce n’est plus en mon pouvoir… Je vous avais dit d’écrire une lettre
- Faites-moi rencontrer les Oracles !!
- Comment ça, les Oracles ?
- Je sais que vous les connaissez ! Ils peuvent réintégrer mon dossier !
- Les Oracles ne s’occupent pas de cas individuels… Et vous avez été radiée de tout, je ne pense pas qu’ils…
- Mais j’ai changé !! Je me suis levée !
- Vous êtes resplendissante, Sonia. »
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.