Avatar : révolution technique et écologique

Avant de découvrir Avatar 2 : la voie de l’eau, film attendu et fantasmé depuis une décennie, James Cameron nous fait revivre l’expérience Avatar dans une version restaurée 4k HFR (high frame rate), autorisant, grâce au logiciel TrueCut Motion Pixelworks, le montage en 48 images par seconde. Une véritable claque visuelle qui sublime l’univers de l’œuvre originale en contrastant les couleurs, en renforçant la fluidité des plans pour une immersion garantie. Un moyen tout aussi pertinent de tracer le chemin du deuxième volet, qui sortira le 14 décembre 2022 sur le même format.

Toujours indétrônable à la tête du box-office mondial, Avatar a marqué l’histoire du cinéma tant par sa prouesse technique que par son immense succès populaire. Sorti en 2009, le film de James Cameron a très largement contribué à l’avènement de l’ère du numérique et surtout, a lancé avec brio une nouvelle technologie devenue très controversée, la 3D.  Choc esthétique, Avatar s’est rapidement frayé une place au panthéon des œuvres planétaires grâce à son récit mythique et son message écologique à dimension universelle. Tantôt adulé, tantôt décrié par ses facilités scénaristiques, ses emprunts à Pocahontas et sa moralisation politique, Avatar continue aujourd’hui, treize ans plus tard, de fasciner et d’inspirer. 

A l’aube du numérique, il était une fois la 3D…

Difficile, en tant que spectateur, d’oublier notre première séance d’Avatar. Grâce à des techniques numériques de pointe et à une utilisation parfaite de la motion capture, le film de James Cameron crée l’univers bluffant de la planète Pandora. Forêts démesurées, rivières de cristal, îles flottantes, plantes exotiques, Na’vis, ikrans domptables, thanator féroces composent le tableau dense, varié et coloré d’un monde sauvage, à la fois pur, riche et hostile. Un formidable pari technique qui a demandé des années de conception et un budget faramineux de 400 millions de dollars.

Afin de sublimer les effets visuels de cette planète vertigineuse, James Cameron a également misé sur la 3D. Avatar n’est pas le premier film à la mettre en pratique, mais il s’impose sans conteste comme l’œuvre cinématographique l’ayant révélée au grand public et exploitée à son potentiel maximum. Si Gravity d’Alfonso Cuaron et L’odyssée de Pi d’Ang Lee reprennent ce format avec une certaine réussite, la 3D perdra progressivement son intérêt, au fil de blockbusters peu inspirés réduisant la technique à un triste effet de mode.

La ressortie d’Avatar le 21 septembre 2022 représente une deuxième occasion pour James Cameron d’exposer son art technique. Cette nouvelle version, qui, il faut le souligner, n’a rien à voir visuellement avec celle de 2009, propose sous le format Dolby 3D une qualité 4K, du HFR permettant d’éviter les saccades, et donc une 3D très lumineuse avec une colorimétrie incroyablement forte et contrastée. Cette fantastique remise à niveau d’Avatar, laboratoire pour le réalisateur, avant-goût d’Avatar 2 : la voie de l’eau pour le public, promet du spectacle sensationnel pour la suite de la saga.

La rébellion du « bon sauvage »

Outre sa réussite technique, si Avatar a marqué les esprits, c’est grâce au message écologique très appuyé qu’il véhicule. Le peuple Na’vi vit en symbiose parfaite avec la nature, en protégeant les forêts et en respectant la faune et la flore. Primitif, il ne s’intéresse guère aux avancées humaines en matière d’éducation, de science ou d’infrastructures. Il fonde sa sagesse sur les anciens de sa tribu, avec lesquels il peut communiquer. En mettant en scène le mythe du bon sauvage, James Cameron s’inscrit dans la lignée d’œuvres comme Danse avec les loups ou encore Le nouveau monde. Si le thème n’est évidemment pas nouveau au cinéma, le réalisateur accentue la critique de capitalistes qui « ont détruit leur mère », la nature, et incite à s’inspirer du mode de vie des peuples premiers. Les costumes, cérémonies et coutumes des Na’vis rappellent en effet fortement les civilisations sud-américaines et africaines.

En conséquence, Avatar prend le parti d’opposer l’Homme blanc, destructeur et avide, au peuple Na’vi bon et harmonieux, ainsi que la nature, somptueuse et juste, à la technologie humaine meurtrière. Une approche qui n’échappe malheureusement pas à quelques caricatures, notamment pour les personnages du Colonel Quaritch et du directeur Parker Selfridge, deux grosses gâchettes obsédés l’un par le pouvoir, l’autre par l’argent. Cependant, Avatar donne la part belle aux protagonistes féminins, qu’il s’agisse de la courageuse Neytiri ou du Dr Augustine avec son caractère bien trempé.

En plus de nous faire redécouvrir une œuvre magnifique, la ressortie d’Avatar permet l’insertion d’une réplique coupée au montage de la version de 2009. A la toute fin du film, au moment du départ des envahisseurs, Parker Selfridge s’arrête pour déclarer aux Na’vis « c’est loin d’être terminé ». Un beau clin d’œil pour nous annoncer le deuxième volet. James Cameron parviendra-t-il à relever le défi d’une suite tout aussi réussie et renouvelée dans son propos ? Réponse sur les écrans le 14 décembre 2022. 

Avatar – Bande-annonce

Avatar – Fiche technique

Réalisation : James Cameron
Scénario : James Cameron
Casting : Sam Worthington (Jake Sully), Zoe Saldana (Neytiri), Sigourney Weaver (Dr. Grace Augustine), Stephen Lang (colonel Miles Quaritch), Michelle Rodriguez (Trudy Chacon)…
Compositeur : James Horner
Montage : James Cameron, John Refoua
Production : James Cameron, Jon Landau
Distribution : The Walt Disney Company France
Durée : 2h42
Genre : Science-fiction, aventure
Etats-Unis – 2009 – ressortie le 21 septembre 2022

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Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

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