Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Pourquoi (re)découvrir un film à l'air aussi désuet ? Méthodique, sans concession et conduit avec une précision au scalpel, La Baie sanglante est un chef-d'oeuvre du cinéma en général et non seulement de genre car il parvient à le transcender ; le meurtre, le fun et le gore s'effacent lentement au profit d'un lyrisme macabre dont a du mal, des jours après, à percer le mystère.
Il est des collaborations artistiques qui ne prennent pas une ride. Celle de Catherine Deneuve et Jacques Demy en fait partie. Soixante après la sortie de leur premier film - Les Parapluies de Cherbourg - dressons un bilan (rapide) de la contribution artistique et politique de l'un des duos les plus iconiques du cinéma français.
Smile essaie de prolonger les tentatives récentes de renouvellement du cinéma horrifique américain. Mais malgré ses louables intentions, le film de Parker Finn retrouve rapidement les poncifs habituels du genre, coinçant son film dans un entre-deux, ne sachant jamais comment aborder son récit. Dommage car le potentiel était bien là.
Si le cinéma français a déjà dépeint les affrontements entre policiers et jeunes de cité par le passé, jamais il ne l'avait fait avec autant d'ampleur. Athena est littéralement un film de guerre ultra léché sur le plan technique... mais qui souffre d'un scénario manquant cruellement de fond pour pouvoir captiver.
C’est auréolé de plusieurs Gaudi (l’équivalent catalan des César) en 2021, dont celui de meilleur film en langue catalane, que Les Mystères de Barcelone arrive enfin sur nos écrans, près de deux ans après sa sortie dans son pays d’origine. Un film inspiré d'une histoire vraie et dont l'esthétique, très travaillée, parvient à instaurer une ambiance glauque proche du surnaturel.
Avant Marylin, il y avait Norman Jean. Avant la star de cinéma au regard de braise, il y avait une femme en proie aux drogues, à la psychose et aux hommes. Une dichotomie que capte bien Andrew Dominik dans Blonde, qui au détour d’une œuvre à l’effarante radicalité, embrasse la verve fantasmagorique (et donc parfaite) de l’œuvre de Joyce Carol Oates.
Dans Coup de théâtre, Tom George veut décrypter et s'amuser des codes du genre policier. Une idée audacieuse au fort potentiel comique mais qui reste décevante.
La Conspiration du Caire creuse la veine politique de Tarik Saleh. Cinq ans après Le Caire confidentiel, le réalisateur retourne dans la capitale égyptienne. Cette fois, nous ne sommes plus dans un commissariat de quartier, mais dans la plus grande Université islamique du monde. L'enjeu est pourtant resté le même. Si le réalisateur dénonce la corruption qui règne dans les plus hautes sphères, il critique également le détournement politico-religieux de la connaissance.
« - Viens, viens, Telpochtli ! C’est ton jour, c’est ta fête !
- De qui parle-t-elle ? Qui est ce Telpochtli ?
- Cela veut dire le Jeune, padre. C’est l’un des noms du Miroir qui Fume.
- Le Miroir qui Fume ? Qu’est-ce que cela ?
- L’un des anciens dieux, padre. Le plus terrible de tous, Tezcatlipoca, le Seigneur du Proche et du Lointain, l’Ennemi des Deux côtés. C’est sa fête aujourd’hui. »
« Il a produit de sa poche gauche un paquet de Soleil Levant. Ce que le ravitaillement nous réserve de temps à autre, ce sont des Milan d’or, et pour ce qui est de ces Soleil Levant, à cause de la présence de feuilles de grande renouée, je ne pourrais affirmer qu’elles sont bonnes, avec la meilleure volonté du monde ; cependant, une bouffée de leur fumée me procure une sensation de nicotine jusqu’au bout des doigts et un agréable fourmillement gagne tout mon corps. C’est bien là la plus grande jouissance du fumeur. Je sais comment m’en procurer. Il suffit de bourrer de riz perlé un paquet vide de ces Soleil Levant puis d’aller se tenir devant le débit de tabac du coin, d’attendre le moment où les passants ont disparu pour mettre prestement le paquet sous le nez de la buraliste. La seconde d’après le riz a été escamoté au profit de tabac. »
« - MONSIEUR FELIX !!
- Sonia. Quel soulagement de vous voir… J’ai appris que vous aviez perdu votre appartement… Je me suis fait tant de souci ! Vous avez trouvé quelqu’un pour vous accueillir ?
- Oui… VOUS DEVEZ NOUS AIDER, MONSIEUR FELIX !
- C’est trop tard, Sonia… Ce n’est plus en mon pouvoir… Je vous avais dit d’écrire une lettre
- Faites-moi rencontrer les Oracles !!
- Comment ça, les Oracles ?
- Je sais que vous les connaissez ! Ils peuvent réintégrer mon dossier !
- Les Oracles ne s’occupent pas de cas individuels… Et vous avez été radiée de tout, je ne pense pas qu’ils…
- Mais j’ai changé !! Je me suis levée !
- Vous êtes resplendissante, Sonia. »
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.