"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Cher Mr Disney. Suite à de trop nombreuses plaintes sur la qualité de plus en plus médiocre de vos attractions, nous nous sommes permis d'inspecter votre nouveauté : Le Manoir Hanté. Malheureusement, notre franchise qui fait notre réputation risque de vous être douloureuse. Oui, Mr Disney, il est de notre devoir de dire, qu'encore une fois, vous vous êtes foiré.
Le septième long-métrage de Rémi Bezançon, Un Coup de maître (9 août 2023), réunit deux monstres sacrés du cinéma, Vincent Macaigne et Bouli Lanners, dans le monde de l’art contemporain et de son marché. En résulte une œuvre à la fois méchante, acérée, mais aussi généreuse et humaine, profondément jubilatoire.
Le repentir est le printemps des vertus. Avec Yamabuki, Juichiro Yamasaki cherche à réduire la distance entre les individus d’une petite bourgade rurale, afin de créer des liens invisibles entre eux. Du drame familial à des séquences d'humour bien senties, les protagonistes ont tous un combat avec leur passé. Et leur désolation est étudiée avec soin, dans un silence onirique qui va peu à peu laisser leur conscience fleurir.
Ce 26 Juillet sortait dans l'hexagone La Main ou Talk to me en version originale. D'abord enthousiaste à l'idée de découvrir le dernier cru du studio A24, notre optimisme s'est rapidement envolé. Retour sur une œuvre qui détrône Scream VI en matière de mauvais scénario.
Décrit comme l'un des films les plus attendus de 2023, Barbie de Greta Gerwig est venu s'inscrire dans les plus grands succès annuels au box-office mondial en seulement quelques jours.
Sur la branche est le 3e long métrage de Marie Garel Weiss et son 2e film au cinéma après La fête est finie en 2017. Déjà, les personnages étaient en marge de la société, en pleine reconstruction et ne devaient pas déformer leur vision du monde, éviter de "replonger". Ici, les personnages tentent d'extirper la vérité à tout prix, mais ne savent plus vraiment où elle se situe réellement. Pure fantaisie, Sur la branche vaut surtout pour ses interprètes.
L’Iran n’est plus que le miroir d’une casse automobile, où des individus déambulent dans l’espoir d’exister dans un avenir proche et incertain. Telle est la démonstration de The Wastetown, avec une mère revancharde comme fil rouge, et qui sonne l’état d’urgence dans lequel le pays régresse. Une tragédie satirique et un thriller haletant !
Le basketball arrive à son paroxysme dans un univers que l'on qualifierait pourtant de masculin. Cependant, The First Slam Dunk transcende les individualités du shōnen dont il est adapté, afin de réunir petits et grands, amoureux du manga, du sport ou de cinéma autour d’un plan de jeu unique et une animation à couper le souffle.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.