Critiques films

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Dissidente : violence des échanges en milieu ouvrier

À la fois une charge, implacable et édifiante, contre les conditions de travail héritées d'un système capitaliste sans pitié et une démonstration, puissante et percutante, de l'exploitation ordinaire des travailleurs étrangers au Québec, nous sommes face à un long-métrage choc qui frappe fort et juste. Un film qui nous bouleverse de manière magistrale avec sa narration et son déroulement, efficaces et concis. "Dissidente" est donc une petite perle, en plus d'être un uppercut social mémorable !

Bad Boys : Ride or Die, roulons encore un peu !

De retour après près de dix-sept ans d'absence, l'un des duos de flics les plus iconiques des années 2000 en avaient surpris plus d'un avec "Bad Boys for Life". Délaissés par Michael Bay, Mike Lowrey et Marcus Burnett avaient soigneusement atterri entre les mains du duo Adil El Arbi et Bilall Fallah. Déjanté, drôle, touchant, complètement débile mais jamais trop, le troisième opus des superflics constituait l'une des excellentes surprises de l'année 2020. Nous voici quatre ans plus tard, et ni Will Smith ni Martin Lawrence ne semblent s'épuiser. Oui, "Bad Boys : Ride or Die" est dans la même veine que son prédécesseur. Pour le meilleur et pour le pire.

L’histoire de Souleymane : Film passion de Boris Lojkine

Boris Lojkine réussit son film le plus vibrant et entêtant avec "l’histoire de Souleymane", Prix du Jury et d'interprétation pour son acteur (Abou Sangare, dit Sangare) à Un certain Regard au Festival de Cannes 2024.

Niki, de Céline Sallette : l’art de la transformation

"Niki" est le premier film réalisé par l'actrice Céline Sallette (Infiniti, Les Algues vertes). Une œuvre de transformation, de regards et d'émancipation par l'art que l'actrice Charlotte Le Bon sublime. Céline Sallette (accompagnée de Samuel Doux pour l'écriture du scénario) raconte Niki avant Niki de Saint Phalle, tout le trajet intérieur et artistique de celle que l'art a sauvé.

Tunnel to summer : l’amour au bout du chemin

Avec "Tunnel to Summer", Tomohisa Taguchi offre une romance douce-amère entre deux lycéens égarés et endeuillés. Une oeuvre composée de scènes du quotidien, rythmées par des rencontres hasardeuses et des découvertes prédestinées. Malheureusement, son récit convenu, souffrant d'un manque d'ampleur, et son esthétique classique peinent à émouvoir. Aussi, ce film d'animation en mal de maturité s'adresse plutôt à un public adolescent. Adapté du light novel Natsu e no Tunnel, Sayonara no Deguchi écrit par Mei Hachimoku puis d'un manga, Tunnel to Summer a reçu le Prix Paul Grimault au Festival d'Annecy 2023. 

Memory : un Michel Franco apaisé, mais pas mièvre

Et si Michel Franco n’était pas le misanthrope qu’on veut nous faire croire ? "Memory", un film délicat sur la mémoire, l’identité et l’amour, montre qu’il sait aussi être empathique, sans tomber dans la banalité.

Greenhouse : à cœur et à raison

Vivre sans prétention et mourir avec discernement. Tel est le programme ambigu de "Greenhouse", un thriller qui dévoile toute sa malice une fois le point de non-retour atteint. À travers les yeux d’une mère en quête de rédemption, Lee Sol-hui nous présente des protagonistes dont l’humanité est à examiner. Chacun tient un rôle précis et chacune de leur solitude alimente ainsi une spirale vicieuse assez redoutable et inévitable.

Diamant Brut : Destin Brut à Miracle Island

Dans un geste de cinéma tendu, incandescent et passionné, Agathe Riedinger convoque et affronte dos à dos la violence fascinante des réseaux sociaux et de la télé-réalité et nos propres clichés sur l'aliénation et bêtise de ces milieux. Son Diamant Brut fait figure de film révélation où la sincérité des rêves transcende la vanité des époques.

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