"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
"Vaiana 2", suite attendue, propose une aventure captivante mais prévisible, avec des animations époustouflantes et des chansons mémorables. Un film agréable, sans grande originalité.
Dans "Trois amies", Emmanuel Mouret nous livre l'un de ces marivaudages dont il a le secret, sur les traces de Woody Allen et Eric Rohmer. Une radiographie délicate et drôle des amours contemporains. Qui finit toutefois par tourner en rond...
Premier film éprouvant de la réalisatrice allemande Mareike Engelhardt, "Rabia" nous plonge dans l'enfer syrien d'une maison d'épouses destinées aux guerriers djihadistes. Un huis clos poignant, doublé d'un thriller psychologique, qui alerte, grâce à un sujet sensible, sur les sources et les dangers de l'endoctrinement. Comment devient-on alors le bras armé d'un système extrémiste, jusqu'à en perdre lentement toute humanité ? En posant cette question complexe, "Rabia" propose un témoignage glaçant de la lutte de jeunes femmes embrigadées.
Un suspense d’épouvante prometteur mais décevant, avec Hugh Grant en méchant psychopathe. Malheureusement, "Heretic" est plombé par des dialogues interminables, un sujet religieux trop survolé et une mise en scène mal exploitée. Entre incohérences et ennui, le film ne parvient pas à tenir ses promesses, laissant le spectateur frustré par un suspense qui manque de tension.
"Kafka, le dernier été" est un film émouvant sur les derniers mois de Franz Kafka. Découvrez l'histoire d'amour entre l'écrivain et Dora Diamant, sublimée par une mise en scène poétique et une photographie délicate. Une œuvre intime et touchante sur la vie, l'amour et l'écriture.
"Léon" constitue probablement le diamant noir de la filmographie de Luc Besson. Dépressif, emprunt de mélancolie, et par la magie du cinéma, le film parvient à nous faire croire à l'improbable, c'est-à-dire un lien qui unit un tueur à gages avec une enfant. Le tout contient une certaine beauté, une certaine tendresse. Une très grande réussite sur ce que le cinéma français a su prendre de meilleur du savoir-faire américain.
Mannequin, photographe de mode, artiste surréaliste et correspondante de guerre : le parcours de Lee Miller est aussi fascinant que les images qu’elle a créées. Pour la première fois, cette figure emblématique du XXe siècle prend vie à l’écran dans une fiction réalisée par Ellen Kuras, avec Kate Winslet, intense et charismatique, dans le rôle principal. Le film offre une porte d’entrée sur l’univers riche et complexe de Miller, tout en interrogeant la place des femmes dans les conflits armés et l’impact des traumatismes sur la création artistique.
Là où le poliziesco flirtait avec le genre cousin du « film-dossier » politique (dont le maître est incontestablement Francesco Rosi avec L'affaire Mattéi ou Salvatore Giuliano), Adagio tire précisément vers le film d'auteur mélancolique et désabusé – son compère Sorrentino une fois de plus- comme si parler de la société italienne ne donnait plus vraiment lieu à la scénographie des collusions et corruptions d'une politique viciée mais tentait de gérer la catastrophe et ses conséquences dans une société de toute façon viciée et épuisée. Avec au loin dans la profondeur de champ que dessine le cadre nocturne, non pas l'espoir mais l'incendie pour seul horizon.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.