"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.
Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz.
"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.
Dans un documentaire captivant sorti au printemps 2024, Ovidie retrace la vie de l’écrivaine étasunienne Valerie Solanas, restée célèbre dans nos imaginaires pour la publication de son texte explosif le "Scum Manifesto" et pour sa tentative d’assassinat de l’artiste d’Andy Warhol en 1968. Mêlant documents d’archive, images de reconstitution, lectures et performances, Ovidie signe un portrait complexe et dense de Solanas de son enfance dans le New Jersey jusqu’à son décès à San Francisco en 1988.
Alexandre Aja nous livre paradoxalement une œuvre faible et inaboutie, la faute à un scénario aussi simple dans son principe que confus dans son déroulement et doté d’une conclusion ambiguë et frustrante qui ne nous a pas convaincu. D’autant plus que "Mother Land" ne fait jamais peur pour un suspense horrifique, que la métaphore qui le sous-tend est lourde au possible et que tout cela se révèle plutôt ennuyant malgré une belle photographie et un joli travail sur l’ambiance.
Grand classique de la filmographie Burtonienne, le nom de 'Beetlejuice' est resté immaculé pendant 36 ans. Pour le plus grand plaisir de ses fans, le cinéaste américain a décidé de prendre un grand risque en déterrant son fantôme le plus loufoque. Alors, réussite ou chaos?
La Partition ou Sterben, ce qui veut dire "mourir" en allemand, suit les destins parallèles, parfois croisés, des membres d’une famille triste comme un ciel bas sur une plaine brandebourgeoise.
Dans Out, la jeune réalisatrice Estelle Carbonneau plonge précisément au cœur de la vie de Ely (Elips sur scène), couronnée Miss Sympathie lors de la première saison de DragRace France. Ne vous fiez pas à l’apparence de "bon perdant" que pourrait suggérer son titre, Elips, c’est le haut niveau. Elips, c’est une tenue dont on rêve, cousue en plein défi de l’émission, avec un des matériaux imposés. Elips, ce sont des cagoules, des lunettes, une combinaison militaire. Elips, c’est Brûler le feu.
Depuis sa présentation au festival international du film de Toronto en 2023 et jusqu’à la confirmation de son succès au box-office domestique, "Kill" reste sur les bons rails du divertissement furieux qu'il revendique. Tourné en hindi, ce huis clos dans un train de nuit constitue une belle vitrine sur le cinéma populaire indien et ses codes, qui se veulent interactifs avec le public. De l’hémoglobine à gogo, des monstres malgré eux et une tragédie humaine sont au programme de ce voyage survolté et sans retour.
Premier long-métrage de Laetitia Dosch présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes 2024, "Le Procès du Chien" convoque une comédie burlesque flirtant dangereusement avec les limites du ridicule. Tiré d’un fait réel, le jugement suisse très médiatisé d’un chien qui sert plutôt de prétexte, il dresse le portrait d’une société en crise. Statut de l’animal, domestication de la nature, soumission de la femme, écologie, sécuritarisme et démagogie font ainsi partie des thèmes sur lesquels "Le Procès du Chien" nous invite à réfléchir. Par sa pluralité de sujets un peu étouffés, son ton humoristique, parfois absurde, et ses personnages caricaturaux, le film ne convainc pas totalement mais offre un bon poil d’inventivité.
Injustement boudé par une sortie en salle, "Alienoid : Les protecteurs du futur" a essentiellement trouvé son public sur le marché de la vidéo physique et à la demande. L’audacieux voyage dans le temps qui navigue entre le film d’époque, stylisé wu xia pian, et un futur envahi par des aliens de type body snatchers a cependant suscité de l’intérêt pour les nombreux spectateurs qui l’ont découvert pendant une diffusion limitée par la suite, le temps d’un week-end. Conçu comme un diptyque, les bonnes ondes qui se sont dégagées du premier volet ont propulsé sa conclusion sur grand écran, ce qui n’est pas pour notre déplaisir. Il manque toutefois à cet "Alienoid : l’affrontement" toute la fraîcheur et l’aura épique du premier chapitre, tout aussi inégal et maladroit dans sa narration, dont la générosité n’était pas à remettre en question.
Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.
Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.
Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.