"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
"Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim" est un film d'animation qui fusionne l'univers de Tolkien avec l'esthétique des studios Ghibli. Ce préquel aux événements de La Communauté de l'Anneau, situé 183 ans avant la quête de l'anneau, explore un conflit humain dramatique dans le royaume du Rohan. Bien que visuellement séduisant et rempli de fan service, ce film manque de véritable innovation et de créativité, se contentant de réutiliser des décors familiers et des scènes iconiques. Un bon moment pour les fans, mais un projet globalement oubliable.
L'échec était prémonitoire pour "Mufasa : Le Roi Lion", un préquel photoréaliste qui peine à capturer l'émotion et les vertus du film d'animation culte de 1994. Malgré des décors impressionnants et une bande-son emblématique, le film de Barry Jenkins échoue à renouveler l'histoire et les personnages. Entre fan-service, manque de profondeur et une narration prévisible, ce remake de Disney laisse un goût amer, confirmant la fin d'une époque créative chez Disney.
Pour le dernier film du Spiderverse de Sony, "Kraven the Hunter" surprend malgré des défauts. Un agréable et sympathique divertissement du samedi soir réalisé avec soin, porté par un Aaron Taylor-Johnson charismatique, doté de scènes d’action plus que correctes voire impressionnantes et qui remplit sa mission d’origin story (même si elle ne mènera nulle part au final).
"My Sunshine" est un film japonais touchant qui raconte l’histoire de Takuya, un adolescent timide et bègue, et de Sakura, une patineuse talentueuse, qui se rapprochent à travers la danse sur glace. Entre émotion, maladresse et quête de confiance, ce film explore les premiers amours et les ambitions personnelles dans un décor hivernal. Une romance douce-amère où la glace fond à mesure que le printemps approche, mais où les sentiments restent fragiles.
"Une histoire d'amour parfaite où tout va bien ou… ?" est un road-movie métaphorique et émouvant signé Emina Kujundzic. Ce film indépendant explore les thèmes de l'amour, de la mémoire et de l'émancipation à travers un couple en quête de liberté. La réalisatrice nous plonge dans un récit introspectif et visuellement unique, mêlant culture bosnienne, histoire et réflexions sur la production cinématographique. Disponible en VOD à partir du 10 décembre 2024.
Avec "En fanfare", Emmanuel Courcol propose une fable moderne où la musique unit des mondes opposés, à travers le destin croisé de deux frères. L'émotion est là, au prix de quelques facilités.
Dans son dernier film, prix de la mise en scène à Cannes, Miguel Gomes nous propose un voyage autour de l'Asie, mais un voyage impossible, car désespérant d'en capter quelque chose de vrai. Mêlant une histoire pétrie d'imaginaire orientaliste, pour ne pas dire coloniale, à des captations du monde asiatique contemporain, Grand Tour nous raconte son échec et, au fond, le nôtre : l'échec d'un Occident qui a cru révéler le globe, mais au prix de la rencontre avec l'Autre.
"Conclave" est un film captivant et intense qui mêle suspense, réflexion sur la religion et la société, et performances exceptionnelles d'acteurs. Un candidat sérieux pour les Oscars 2025, avec une mise en scène brillante et un contexte rare du conclave papal brillamment exploité.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.