Critiques films

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

The Substance : requiem for a body

"The Substance", un film d'horreur radical et intelligent, captivant dès les premières images. Découvrez ce chef-d'œuvre cinématographique, une œuvre viscérale et extrême qui divise, choque et vous hante longtemps. Un incontournable de l'année !

When We Were Kings : les rois de la jungle

Plus qu’un boxeur, Mohamed Ali a longtemps incarné le visage de la liberté et du courage, que ce soit aux États-Unis ou en Afrique. Il fut un précieux symbole d’opposition à la guerre du Vietnam, un allié indispensable dans la défense des droits civiques des afro-américains et un parrain qui n’hésitait pas à encourager et éduquer ses enfants spirituels à l’antenne. Très pop et captivant, "When We Were Kings" immortalise tout le prestige d’un homme qui n’a jamais cessé de se battre pour ses convictions, tout en prenant le pouls d’une époque pleine d’humanité à travers la musique et la boxe.

Venom : The Last Dance, avant l’ombre et l’indifférence (pitié)

Il est là, alors que personne ne le demandait. Remarquez, quelqu’un réclamait "Madame Web" ou "Morbius" ? Non. Pourtant, à l’instar de Peter Parker, le spectateur semble avoir bien du mal à se débarrasser du symbiote qui rode dans nos salles depuis 2018.  Et... bon, vous savez quoi ? Puisque ce film se contrefiche du spectateur et ne respecte ni les fans, ni le cinéma, ni... rien, en fait, je ne vais pas chercher à trouver de jolies phrases joliment tournées et professionnelles pour dire ce que j'en ai pensé. "Venom : The Last Dance" est une daube abyssale, qui pose fièrement la trilogie au rang de pire trilogie de l'histoire du cinéma. 

Rivière : piégées dans la glace

Malgré le défaut de vouloir trop et tout mettre dans son premier film, Hugues Hariche parvient à capter la spontanéité de l'adolescence à travers les corps meurtris de deux jeunes patineuses. L’une comme l’autre rêve de succès. "Rivière" dépeint leur croisade au carrefour de la résilience, de l’amitié et du courage dans un milieu social très masculin.

Anora : rêve et désillusion post-moderne

À la question de savoir si "Anora" est un bon film, la réponse est oui. Si on s'en pose une autre sur le mérite de la dernière Palme d'or, elle s'avère alors négative, sachant la qualité du reste de la compétition cannoise. Illuminé par des personnages attachants, ce conte de fées moderne qui vire à la désillusion, s'avère tour à tour drôle, cru et réaliste tout en étant plutôt prenant. Il se pare toutefois d'une fin sibylline, voire ambiguë, et il demeure bien trop léger et superficiel pour marquer durablement les esprits.

Miséricorde : l’automne des idées

Guiraudie, avec "Miséricorde", poursuit son exploration du désir et de ses puissances de rêve, au sein des décors les plus quotidiens, à partir des corps les moins sexualisables a priori. Ici, une dimension religieuse, pratiquement inédite, bien que profondément ancrée chez le cinéaste, vient encore densifier son propos, en proposant aux impasses reconnues du désir (potentiellement violent, non-réciproque) une forme de sublimation et, donc, de préservation de celui-ci, contre les puissances de mort qui le menacent, aussi bien de l’extérieur (la norme sociale) que de l’intérieur.

Sauvages de Claude Barras : enfance en lutte dans la forêt

"Sauvages" est le nouveau long métrage d'animation de Claude Barras, huit ans après le succès de "Ma vie de courgette". Le film se présente comme un conte écologique au cœur de la forêt tropicale avec, une nouvelle fois, l'enfance comme regard sur le monde. Un film engagé qui n'est jamais excessif ou manichéen, mais qui se révèle d'une grande beauté.

Carla et moi : sans voix et sans foi, mais sans moi

Se farcir un film comme "Carla et moi" et l’apprécier est certes possible, mais il faut vraiment être un inconditionnel du cinéma indépendant américain dans tout ce qu’il a de plus cliché. Ici, c’est un condensé de ce qui le caractérisait dans les années 90 et le début des années 2000. C’est donc clairement dépassé, en plus d’être complètement hermétique pour qui n’y goûte pas ou plus. Et si on pouvait apprécier dans certains cas ce cinéma intello et quelque peu nombriliste, ici c’est encore moins le cas, car il semblerait que le film ait été fait pour le public juif uniquement tant les autres se sentiront moins concernés et inclus.

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