"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Entre tension feutrée et ironie mordante, The Insider de Steven Soderbergh joue avec les codes du thriller d’espionnage pour mieux les détourner. Derrière une enquête haletante sur la trahison et la manipulation, le film révèle en creux un drame conjugal où l’intime et le politique s’entrelacent. Avec une mise en scène précise et un récit subtilement décalé, Soderbergh brouille les pistes et transforme la traque d’un agent double en une réflexion sur le couple et la confiance.
Marie, atteinte d'une maladie incurable, décide de partir en Suisse pour un suicide assisté. Incapable de révéler la vérité à son fils irresponsable, elle invente un mensonge autour d'un héritage imaginaire pour justifier le voyage. Accompagnée de personnages drôles et émouvants – sa petite-fille en pleine crise d’adolescence, son fils irresponsable et un auxiliaire de vie décalé – elle embarque dans un road-movie improbable où quiproquos, révélations et rapprochements familiaux se mêlent, abordant la fin de vie avec une sincérité lumineuse et un humour audacieux.
Dernier chef-d'œuvre de Paolo Sorrentino, "Parthenope" mêle beauté, poésie et mélancolie à travers l’histoire d’une jeune archéologue. Ce film baroque, vibrant d’intelligence et de nostalgie, célèbre la puissance du cinéma pour éveiller des émotions profondes et nous transporter dans l’éternité de Capri. Un voyage esthétique inoubliable où chaque scène résonne d’une beauté intemporelle.
"Black Box Diaries" est un documentaire poignant réalisé par Shiori Itō, qui revient sur son combat après une agression sexuelle par un homme de pouvoir au Japon. À travers une enquête de huit ans, Itō dévoile les défaillances du système judiciaire japonais et donne une voix aux victimes de violences sexuelles. Un récit émouvant sur la résilience, la lutte pour la justice et l'évolution des droits des femmes.
L’étau se resserre autour de la famille Zylbersztejn. Deux ans d’enfermement dans dix mètres carrés, à guetter chaque pas dans l’escalier, chaque bruit derrière la porte. "La Vie devant moi" ne cherche ni l’emphase ni le spectaculaire, mais épouse la vérité brute de cette claustration forcée, où l’attente devient une torture aussi insidieuse que la peur d’être découvert. Entre éclats d’espoir et plongées dans l’abîme, le film capte avec une rare justesse l’épuisement moral et physique, la solitude et le silence oppressant, brisés par quelques mots chuchotés, par le regard d’une enfant qui refuse de s’éteindre.
À travers une histoire intergénérationnelle entre un adolescent et sa grand-mère, "L’âge imminent" explore les thèmes de l’identité, des liens familiaux et des fractures sociales. Un récit émouvant, captivant et sincère qui nous plonge dans la réalité d’une jeunesse en quête de sens et de liberté, tout en abordant la solitude et l’évolution d’une société espagnole contemporaine. Un premier long-métrage poignant du collectif Col·lectiu Vigília.
"A Real Pain" de Jesse Eisenberg suit les pas de David et Benji, deux cousins que tout oppose, dans un voyage en Pologne. Entre visites de lieux de mémoire et affrontements personnels, le film questionne la transmission des traumatismes et la quête d'identité. Un film parfois drôle,souvent subtil, mais qui ne va pas totalement au fond de son sujet.
Black Dog : En écho peut-être à White God, le pamphlet du hongrois Kornél Mundruczó, lui-même sans doute un clin d’œil au White Dog de Samuel Fuller, Black Dog relate la relation entre un homme et un chien, les deux ostracisés comme les personnages canins et humains des films suscités. Une réussite impressionnante.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.