Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.
Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…
Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.
Comme tous les remakes, il est légitime de redouter la naissance d’une telle chimère, surtout si elle naît des entrailles d’Hollywood. Soupçons et désillusions se confirment rapidement et la nouvelle version de "The Killer", tourné dans la ville lumière de Jean-Pierre Melville, échoue à restaurer l’œuvre original qui a révélé les talents de John Woo au monde entier. En souhaitant boucler la boucle en se rapprochant de son modèle, "Le Samouraï", le cinéaste hongkongais ne fait que piétiner sur son style, désormais épuré et dénué de substance.
Pour leur troisième collaboration après "Patients" et "La Vie scolaire", Medhi Idir et Grand Corps Malade s'essayent au biopic musical. Ils retracent l'ascension en haut de l'affiche d'un Charles Aznavour aux états d'âme tourmentés dans un ambitieux portrait teinté d'une mélancolie sincère, interprété par un formidable Tahar Rahim qui s’illustre ici dans son plus beau rôle. Malgré quelques fausses notes dans le scénario, le film rend un vibrant hommage à la plume et à la poésie intemporelles du comédien des mots et magicien de la mélodie. Lui qui, comme personne, chantait toute la tendresse du monde, la rage de l'existence et la peur du vide.
Pour son quatrième long métrage, Sean Baker décide de surprendre tout en restant fidèle à ses méthodes et principes. Il met donc en scène une jeune femme nommée Jane qui a tout de la starlette, comme son comportement l'indique dès le début. Mais le réalisateur nous réserve quelques surprises…
Alors qu’il vit dans des conditions assez précaires, Lucky (le chanceux…) doit faire face à une situation particulièrement inattendue : une femme qu’il avait perdu de vue vient le trouver un beau jour pour lui dire que c’est son tour de s’occuper de leur jeune fils. S’il se rappelle avoir eu une histoire avec cette Linda (Kat Sanchez), il doute franchement d’être le père de cet enfant qui lui tombe sur les bras sans crier gare.
Avant de devenir le réalisateur auréolé de la palme d’or à Cannes en 2024 pour "Anora", Sean Baker co-réalise avec Tsou Shilh-ching en 2004 un documentaire marxiste et sans concession "Take Out" sur les désillusions du rêve américain.
"Four Letter Words" (2000) est le tout premier long métrage de l'Américain Sean Baker, le récent palmé au festival de Cannes 2024 pour "Anora". Il s’agit du troisième film de lui que je visionne et je commence à saisir sa méthode qui consiste à montrer un groupe qui s'agite beaucoup, pour faire sentir l'état de la société, un état peu reluisant il faut bien le dire et ce quel que soit le pan de la société qu’il choisit d’ausculter.
Face à une restriction inattendue aux spectateurs de moins de 18 ans dans les salles françaises, Art le clown continue malgré tout son massacre sous les sapins de Noël. Entre attentes, jubilations et soupçons de redites, le troisième volet de Damien Léonard ne trompe aucunement son public aficionados de démembrements ludiques, du bricolage non réglementaire et de la chirurgie non conventionnelle. Tel est le programme ensanglanté de "Terrifier 3".
Avec une énergie tumultueuse et un amour fou des acteurs et de l'émotion, Gilles Lellouche réussit un film bancal et sincère, fragilisé par sa durée et sa volonté de vouloir tout embrasser.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.