"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Entre comédie tendre et drame familial, "Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)" explore avec finesse les liens intergénérationnels, l’héritage et l’amour au cœur des familles thaïlandaises. Un film émouvant et drôle, à voir absolument en famille.
"La Jeune Femme à l’aiguille" : Dans ce troisième long métrage, le suédo-polonais Magnus von Horn se penche une fois de plus sur les marginaux et déclassés de la société. Ici, la thématique de la grossesse non désirée, traitée dans un fiévreux et magnifique noir et blanc semble faire écho aux développements récents du sujet dans son pays d’adoption.
Premier film de Takeshi Kitano où ce dernier n’apparait pas en tant qu’acteur, "A Scene at the Sea" préfigure ce qu’il y aura dans certains autres de ses films poétiquement embellis où une part d’enfance et de grand rêve prédomine et où la simplicité du propos se marie avec des visuels particulièrement épurés et biseautés. Le silence favorise la méditation. Le handicap permet une œuvre profonde et authentiquement touchante. Les deux protagonistes principaux ont beau être muet, leur alchimie agit comme une symphonie.
Bill Skarsgård affronte Anthony Hopkins dans le thriller psychologique "Piégé". Malgré un concept séduisant, le film souffre de répétitions et d'un manque de risque, avec un scénario confus et une morale maladroite. Un survival sans suspense ni véritable tension, qui se perd dans ses clichés et ne parvient jamais à exploiter pleinement son potentiel.
Dans son premier film Lads, Julien Menanteau plonge dans le monde des courses hippiques. Le récit suit Ethan, un jeune délinquant au passé troublé, qui se voit offrir une chance de devenir jockey malgré les obstacles sociaux et personnels. Entre manipulations, dopages et enjeux financiers, le réalisateur révèle les dessous d'un univers impitoyable. Au cœur du film, la relation authentique entre Ethan et Pepito, un pur-sang qu'il aide à venir au monde, apporte une touche d'humanité. Les performances des acteurs, les scènes de courses spectaculaires et la tension croissante installent une ambiance captivante et proche du thriller.
Avec Tardes de Soledad, Albert Serra propose une approche intime de la corrida. Sans prendre parti. Et en osant la répétition immuable de séquences. Lassant ou envoûtant ?
De retour de son école militaire, Cassandre a 15 ans et vient passer l'été dans la demeure bourgeoise de ses parents. Tout dérange dans cet atmosphère et Cassandre semble s'en accommoder jusqu'à ce qu'elle se retrouve confrontée à une autre réalité et ouvre les yeux sur son statut de victime pour mieux le renverser, voire le transcender. Un conte tragique et initiatique inspiré de l'histoire personnelle de la réalisatrice, Hélène Merlin.
Film abîmé et inspiré parlant de vies abîmées, Je le Jure de Samuel Theis transcende le film de procès par la photographie d'une justice impossible dans un portrait intense et émouvant d'un juré empathique et profondément humain.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.