Critiques films

Ulya, le très beau film de Viesturs Kairišs : quand on cherche du côté de chez soi

Dans la Lettonie soviétique, une adolescente issue d’une famille russe de Vieux-Croyants découvre le basket comme une sortie possible hors de son isolement. Avec Ulya, Viesturs Kairišs imagine le chemin intérieur qui mène Ouliana Semionova vers elle-même.

Hope : Korean Rollercoaster!

Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Ghostland de Pascal Laugier : le nouveau choc du cinéma de genre français

Moins définitif que son chef d'oeuvre Martyrs, Ghostland est le nouveau film choc et traumatisant de Pascal Laugier. Une expérience filmique bien trop rare dans les salles obscures, non seulement pour un film d'horreur mais aussi pour un film français. LE film à voir de ce mois de mars.

La Party, de Blake Edwards : entreprise de destruction sociale

La Party, de Blake Edwards, est devenu une des références de la comédie burlesque. La mise en scène précise et innovante, le jeu sur les regards, la satire sociale et le génie de Peter Sellers contribuent à en faire un des chefs d’œuvre du genre.

David Lynch : The Art Life, un film de Jon Nguyen : Critique

The Art Life nous montre que David Lynch n’est pas qu’un simple cinéaste. C’est même le contraire : cet artiste iconoclaste et éclectique, étudiant parfois indigeste et inintéressant, est venu au cinéma par le plus grand des hasards, par sa volonté perpétuelle de nouveauté et d’expérimentation.

Hold The Dark de Jeremy Saulnier : l’abstraction de la violence

La mauvaise réputation des films originaux sortis sous la bannière Netflix n'est pas infondée quand on se remémore bon nombre de navets qui inondent la plateforme. Cependant, alors que Roma d'Alfonso Cuaron va bientôt dévoiler toute sa splendeur, c'est le dernier film de Jeremy Saulnier, Hold The Dark, qui marque la rétine par sa violence abstraite et sa description haineuse de l'Amérique.

Bohemian Rhapsody de Bryan Singer : l’art du biopic, ou le cinéma avant tout

Bohemian Rhapsody est enfin sorti. Le biopic de Bryan Singer, consacré autant à Queen qu'à la figure emblématique de Freddie Mercury, donne l'occasion de s'interroger sur ce genre si particulier et non moins populaire qui reste avant tout du cinéma. Un film qui ravira les fans, apprendra aux moins fans, et émerveillera tout amateur de musique.

En Liberté ! de Pierre Salvadori : l’humour au cinéma, c’est quoi ?

En Liberté ! de Pierre Salvadori, avec entre autres Adèle Haenel et Pio Marmai, sort ce 31 octobre 2018 au cinéma. L'occasion de revenir sur ce qui nous fait rire au cinéma.

First Reformed de Paul Schrader : l’antagonisme christique

On le croyait fini, au fond du trou avec des DTV miteux portés par Nicolas Cage ou un The Canyons balbutiant. Pourtant First Reformed signe le retour en grâce de Paul Schrader. L'exercice stylistique minimaliste et froid du film est proportionnel à la rage intériorisée de ce prêtre perdant peu à peu la foi en une humanité abjecte, aveugle sur son avenir pessimiste.

Mission Impossible Fallout : ll était une fois… Tom Cruise

McQuarrie sort les Mission Impossible du terrain du « moi » pour placer la franchise sur le terrain du « nous ». Le cinéaste rend ainsi Ethan Hunt au monde dans lequel il a un rôle à jouer et Cruise à la fonction qu’il tient aujourd’hui : celui d’une locomotive inoxydable qui performe pour la gloire de son médium et, surtout pour le public qui vient le voir.

Newsletter

À ne pas manquer

Le Principe de Wellington : l’aveu en énigme

Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.

Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

« Le Fantôme de l’opéra » : horreur en musique

Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

« Géographie du rap » : musique périphérique

Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.

« Le Parfum des feuilles de thé » : reprendre racine

Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.