Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Celle que vous croyez, l’émancipation de la femme dans un conte moderne

Safy Nebbou a su capté une nouvelle fois avec bienveillance et tendresse le parcours d'une femme, après celui de Raphaël Personnaz dans les forêts de Sibérie, et porter au plus haut Juliette Binoche dans ce très réussi Celle que vous croyez.

Les Enquêtes du Département V : Dossier 64, Hiver Froid

Avec ce Dossier 64, le réalisateur Christoffer Boe clôt en beauté cette série de quatre adaptations des romans policiers du Danois Jussi Adler-Olsen, Les Enquêtes du Département V. Un final au rythme soutenu et constamment sous tension.

Escape Game : le jeu n’en vaut pas la chandelle

Un escape game aux décors (et effets spéciaux) réussis mais caricatural dans ses personnages et invraisemblable dans son déroulé. Dommage.

Marie Stuart, Reine d’Écosse : les femmes face au monde

Pour son premier film, Josie Rourke offre avec Marie Stuart, Reine d'Écosse un film historique cinématographiquement léger, mais aux thématiques passionnantes, où deux reines deviennent comme les bastions du genre féminin tout entier et se battent pour s'affirmer en tant que tels dans un monde d'hommes sans grandeur.

Apprentis Parents, un film de parents difficiles

Nous sommes en 1983 et la comédie familiale qui sort ce mercredi est si transgressive ! Pete (Mark Walhberg) et Ellie (Rose Byrne) rénovent des maisons et se voient pousser des envies de famille par la grâce d'une improbable succession de vannes lourdes : elle ne sait pas si elle veut des enfants, lui se trouve trop vieux pour en avoir. Alors, sacré blagueur, il lui propose d'en adopter un âgé déjà de cinq ans pour antidater sa déclaration de papa trentenaire. Un blanc, et hop ! Le film est lancé. Un prologue en guise de prévention très efficace : faites gaffe aux mauvais scripts sur la route, c'est hyper dangereux. Et ça dure presque deux heures. L'année ? Quoi l'année ?

Sang Froid, un film convenu par un auteur qui veut s’affirmer comme tel

Pour son premier film de l'autre coté de l'Atlantique, Hans Petter Moland signe un film impersonnel, loin de ce qu'il a signé en Norvège. On peut aussi se dire que ce film, que Liam Neeson a lui-même annoncé comme étant son dernier revenge-movie, est bien plus divertissant que les précédents. Juste une question de point de vue.

Paris est à nous, la liberté au cinéma dans ce qu’elle a de pire

Symptômatique d'une génération qui justifie chacune de ses créations par le maître mot "Liberté", Paris est à nous expérimente mais n'offre rien de plus que du vent.

Jessica Forever, une expérience fantastique d’un terrible amateurisme

Plutôt que chercher à approfondir leurs quelques lignes de scénario, les jeunes réalisateurs ont préféré multiplier les effets tape-à-l’œil les plus lourdauds, ce qui limite le résultat final à un long-métrage parfaitement similaire à un banal exercice de fin d’études.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.