Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Captive State, ou comment Rupert Wyatt s’est montré beaucoup trop ambitieux

Voulant à tout prix rendre hommage à son cinéaste préféré, Jean-Pierre Melville, en faisant un film de résistance tout en créant une nouvelle mythologie SF, le réalisateur Rupert Wyatt s'est pris les pieds dans son ambition démesurée et livre avec Captive State un film manquant cruellement d'écriture.

Mon Inconnue, comment raconter l’amour ?

De nos histoires d'amour, de nos passions et de nos ruptures, subsistent des souvenirs. Ils forment un récit qu'on s'approprie et qu'on se raconte loin de l'être aimé. Enveloppé dans une comédie romantique teintée de fantastique, Mon Inconnue interroge notre (in)capacité à écrire nos propres histoires. Finalement le dernier film de Hugo Gélin se regarde comme on se remémore nos amours passés. 

Comme si de rien n’était : un premier film âpre mais sensible sur le déni de viol

Comme si de rien n’était, le premier long métrage d'Eva Trobisch traite intelligemment des rapports de force et de pouvoir et de leurs conséquences.

Synonymes de Nadav Lapid, l’identité morcelée

Synonymes de Nadav Lapid, l'Ours d'Or à la Berlinade 2019, est un film sur l’errance : une errance qui change de logique narrative et de langage esthétique à chaque coin de rue. C’est la définition même d’un récit où l’initiation devient le synonyme d’intégration : entraînant autant de moments enthousiastes que de péripéties remplies de désillusion. Mais comment se définir soi-même et ne faire qu’un avec une société morcelée par le drame, qui elle-même, ne sait pas mettre de mots sur son visage et qui dévoilera sa ribambelle de démons.

Avec Dumbo, Tim Burton retrouve sa grâce

Avec l'adaptation du classique de Disney de 1941, Tim Burton se rapproche un peu plus du ciel et y retrouve sa grâce. Réuni avec sa magie, il va à contre-courant du film dont il est tiré jusqu'à en dénoncer les travers. L'un des premiers films Disney contre Disney. Et au milieu de tout ça, Dumbo décolle et atteint un onirisme terriblement mouvant. Visiblement, les éléphants roses sont toujours capables de danser.

C’est ça l’amour, de Claire Burger : A fleur de peau

Claire Burger officie en solo pour C’est ça l’Amour : dans l’émotion sans jamais être larmoyant, sensible et drôle à la fois. Il confirme le talent de la Forbachoise.

Los Silencios, ou quand la mort est remplie de couleurs

Dans Los Silencios, la réalisatrice Beatriz Seigner brise toutes les frontières, du Brésil à la Colombie, du monde des vivants à celui des morts et de la réalité à la fiction; tout s’entremêle pour offrir un film original et profond.

Styx, une seule femme à bord

Styx fait partie des films que l'on voit, qui nous poussent à réfléchir, et que l'on oublie. Pourtant, le sujet est fort et les sons avec lesquels le réalisateur choisit d'entraîner le spectateur aussi. Le film aurait bien de quoi marquer les esprits un bon moment, mais le jeu trop inégal de son actrice ne le permettra probablement pas.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.