Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
Avec The Green Man et The Family Way, les éditions Tamasa s'offrent (et nous offrent) deux sortie de choix qui viennent joliment compléter leur collection dédiée aux comédies britanniques. Au programme : un poseur de bombe qui s'attaque à un dirigeant méprisant et hautain, et un jeune couple qui ne parvient pas à obtenir son indépendance. Deux films qui allient critique sociale et personnages aussi décalés qu'émouvants, avec en prime la musique de Paul McCartney.
Vous avez aimé le pneu tueur de Quantin Dupieux ? Vous apprécierez à coup sûr la robe maléfique de Peter Strickland : horreur et humour absurde au rendez-vous.
Pour ce mois de février-mars, Sidonis Calysta continue de faire le plein de westerns de légende en DVD/BR. Nous vous parlons aujourd'hui de Le Train sifflera trois fois, L'Attaque de la malle-poste, El Perdido et Rio Conchos.
Comme un Rambo avant l'heure, Robin recrée un champ de bataille pour se sentir chez lui et tisse lui-même le narratif de sa légende (défenseur des pauvres vs nobles cupides) pour épancher sa soif de bataille (voir le duel final, anti-cathartique au possible). Dans La rose et la flèche, le héros, le personnage devient un psychopathe qui nourrit ses traumatismes de guerre avec son hubris démesuré.
La ressortie en DVD et blu-ray de "Mississippi Burning" est l'occasion de découvrir un nouveau master Haute Définition, mais aussi de se pencher à nouveau sur la lucidité dont fait preuve Alan Parker quant aux tensions raciales dans le sud des États-Unis.
Un western au pays des terrils, une comédie burlesque, un road movie... l'Ombre des châteaux c'est tout ça mais avant tout c'est un film débordant d'humanité.
Naviguant sur la mode des films de délinquance juvénile, Le Temps du Châtiment, deuxième film de cinéma de John Frankenheimer, pose un regard critique sur la société de son époque. Le cinéaste pose un film troublant dans lequel nos certitudes s'écroulent progressivement, et dans lequel Burt Lancaster est formidable (comme souvent). Le film est sorti le 18 février en DVD et Blu-ray chez Rimini Editions.
Fresque baroque extraordinaire, Lola Montès atteste, sans aucun doute, la virtuosité de Max Ophuls ainsi que le « pessimisme averti » dont il se réclamait.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.