The Green Man et The Family Way : la richesse de la comédie britannique chez Tamasa

Les éditions Tamasa poursuivent leur collection dédiée aux comédies britanniques avec deux films qui nous rappellent la vivacité et la diversité de la production outre-Manche. Au programme : The Green Man, de Robert Day, et The Family Way, de John et Roy Boulting.

Avec ces deux films, les éditions Tamasa nous présentent deux films d’époques et d’ambiances très différentes. Deux films trop peu connus en France, et qui méritent d’être découverts, au vu de leur qualité.

The Green Man, de Robert Day, 1956

The Green Man est l’adaptation d’une pièce de théâtre de Sidney Gilliat et Frank Launder, qui ont signé le scenario du film. Le premier a écrit auparavant deux scénarios pour Alfred Hitchcock (Une Femme Disparaît et L’Auberge de la Jamaïque).

L’action est racontée en voix off par son protagoniste, Hawkins, qui s’est très tôt découvert une vocation de dynamiteur. Lors d’un introduction qui donne le ton du film, nous le suivons à l’école où il a fait ses premiers pas de concepteur et poseur de bombes. Après une interruption lors de la Seconde Guerre mondiale, où il se fit horloger, le voilà revenu dans le métier.

Les cibles d’Hawkins ne sont jamais choisies au hasard. L’assassin s’en prend à des dictateurs, des dirigeants aussi méprisants que hautains, etc. Dans une première partie du film, nous pouvons le voir à l’œuvre et constater comment il sait parfaitement mettre en place son piège, jouant de la précision de l’horloger d’un côté, de la séduction de l’autre.

Mais, bien évidemment, rien ne se passera comme prévu.

Le film va enchaîner les événements sur un rythme infaillible. The Green Man multiplie les situations à fort potentiel comique. Si, quelquefois, la réalisation ne parvient pas à faire oublier son statut de théâtre filmé, l’humour reste très efficace grâce à la vivacité de la mise en scène, aux répliques et surtout aux personnages et à leurs interprètes.

Et surtout, le film n’évite pas la critique de la bonne société britannique. Le quartier de cottages où habite Hawkins est le lieu symbolique par excellence de la réussite à l’anglaise, et c’est pourtant là qu’agit un assassin. Tous les symboles de la bonne société britannique sont réunis ici, depuis le présentateur de la BBC jusqu’au policeman, tout se déroule sous leurs yeux et ils ne voient strictement rien. Nous avons même droit à un exercice de déduction à la Sherlock Holmes, mais complètement à côté de la plaque.

Personnages, dialogues, situations, quiproquos, The Green Man déploie de multiples effets comiques maîtrisés. Le résultat est parfaitement convaincant, un petit régal inconnu à découvrir.

Durée : 77 minutes
Noir et blanc
16/9 – 1,37
Son mono
Version originale sous-titrée en français

Complément de programme :
Galerie photo
Filmographie
Livret de 16 pages

The Family Way, de John et Roy Boulting, 1966

« Il était une fois… une vierge »

Tout commence comme un conte dans l’Angleterre des années 60, en mode La Princesse et le Ramoneur. Jenny, une jeune femme d’un milieu plutôt privilégié, va épouser Arthur, projectionniste venant du milieu ouvrier. Sauf que, normalement, dans un conte, le mariage arrive à la fin, alors qu’ici il intervient au début. Ils s’aiment, ils vont se marier, les parents en sont satisfaits, en bref : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais, bien entendu, rien ne se déroule comme prévu. Et la suite d’événements qui va découler d’une petite blague alcoolisée va mettre à jour les fêlures des personnages aussi bien que les problèmes de la société britannique de l’époque. Incommunicabilité entre les générations, image de la virilité, tensions sociales, mur de la bureaucratie, tout s’accumule pour rendre impossible la vie de couple de Jenny et Arthur.

Plus le film va avancer, plus la tension dramatique va augmenter. Le drame, qui ne faisait qu’affleurer dans la première partie, devient plus flagrant ensuite, mais le film ne perd pas pour autant sa finesse d’écriture et d’interprétation. L’action se déplace de Jenny et Arthur et se fixe plus sur les parents d’Arthur. On devine à demi-mots les fragilités qui se dissimulent derrière les fausses certitudes. C’est l’image traditionnelle de la famille qui est disséquée ici. Et les cinéastes se permettent, au passage, de dresser le portrait d’une société en pleine transformation.

The Family Way fait irrésistiblement penser aux meilleures comédies italiennes : à la fois féroce et tendre avec ses personnages, le film mêle habilement comédie, critique sociale et portraits psychologiques contrastés. Les dialogues sont très bien écrits, et la vivacité de la réalisation instaure un rythme qui ne faiblit jamais. L’interprétation est formidable, et, cerise sur le gâteau, la musique, composée par Paul McCartney, ajoute encore à la qualité de l’ensemble. C’est donc un petit bijou que nous propose Tamasa avec The Family Way.

Durée : 111 minutes
Couleurs
16/9 – 1,66
Son mono
Version originale sous-titrée en français

Complètements de programme :
Filmographie
Galerie photo
Livret de 16 pages.

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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