Rétrospectives

Yi Yi : les angles morts de l’existence

"Yi Yi", ultime film d’Edward Yang, déploie une fresque sensible où une famille taïwanaise traverse doutes, silences et bouleversements intimes. À travers Taipei en mutation, le cinéaste explore la modernité, la transmission et les angles morts de nos existences. Cette analyse revient sur la puissance émotionnelle, la précision formelle et l’héritage durable de ce chef-d’œuvre.

Mahjong : les mirages du capitalisme

Dans "Mahjong", Edward Yang transforme le Taipei des années 1990 en un labyrinthe urbain où argent, illusions et identités en dérive s’entrechoquent. Satire féroce d’une mondialisation naissante, le film dévoile des êtres dispersés comme des tuiles, en quête d’amour, de sens et de ce que l’argent ne pourra jamais acheter. Un portrait lucide, nerveux et profondément humain.

Confusion chez Confucius : Anatomie du désordre

À travers "Confusion chez Confucius", Edward Yang dépeint un Taipei en pleine métamorphose, où modernité, ambition et valeurs traditionnelles s’entrechoquent. Entre satire sociale, portraits intimes et quête d’indépendance, le film explore le travail, l’art, les relations et les fractures d’une société qui évolue plus vite que ceux qui la vivent. Une fresque lucide et poétique sur l’identité taïwanaise face à la modernité.

La Fleur du mal : quand la famille se barricade à la sauce Chabrol

Le thème si cher à Chabrol de la bourgeoisie est ici cruellement décortiqué. La Fleur du mal met en scène une famille bourgeoise qui se déchire, mais loin des regards, et ce thème de la transmission est poussé à son paroxysme. Un petit régal, même si rien de neuf ne venait, en 2003, bouleverser la petite mécanique Chabrolienne. 

« Hollow Man » : l’homme de science, la science de l’homme

Prenant appui sur un roman de H.G. Wells, exploitant avec gourmandise les effets spéciaux numériques, le Hollow Man de Paul Verhoeven sonde une nature humaine paradoxalement révélée par... l'invisibilité.

Starship Troopers, de Paul Verhoeven : les soldats d’une guerre impossible à gagner

Fasciste, wagnérien, nazillon, pourquoi pas, Starship Troopers est devenu un nouveau monument incompris d'une filmographie pourtant la plus trépidante des années 90. Que de telles images ait été prises au premier degré, dans une société façonnée par les images comme aucune autre, en dit long sur la violence qu'il exprime et celle avec laquelle ce film a été rejeté.

Showgirls de Paul Verhoeven, itinéraire d’une rédemption

Après un début de carrière américaine et le succès de Basic Instinct, Verhoeven s’attaque à sa passion pour la comédie musicale. Dans un Las Vegas contemporain sort le controversé Showgirls en 1995. Malgré un budget conséquent, le film est un échec au box-office. Il a d’abord été moqué par les spectateurs et considéré comme un nanar mais il regagne ses lettres de noblesses, tardivement, et s’impose comme une satire du star-system.

Basic Instinct de Paul Verhoeven: la limite ténue entre Lilith et Eve

Entre les années 90 et 2000, le cinéma aime à mettre en scène des personnages de plus en plus déséquilibrés, qu’on pourrait qualifier de « psychopathes ». Ils sont intelligents, charmants et charmeurs, incisifs et retords. Hannibal Lecter dans le Silence des Agneaux, Patrick Bateman dans American Psycho ou John Doe dans Seven, rivalisent tous de sadisme et de créativité dans leurs crimes. Et pourtant, ce sera la méthode simple et efficace de Catherine Trammell qui fascinera les spectateurs en 1992 : un pic à glace et un charme persuasif. Un charme glacial qui paralyse les victimes comme s’il passait du venin dans leur sang…

Total Recall (1990) : Paul Verhoeven peint la planète Mars en rouge sang

Tournant pour la première fois avec une star (Arnold Schwarzenegger) et disposant de moyens colossaux, Paul Verhoeven pousse joyeusement tous les curseurs à fond dans cette adaptation d’une nouvelle du maître de la science-fiction littéraire, Philip K. Dick. Action brutale, violence graphique, Schwarzie en armoire à glace impitoyable et mutants lubriques : Total Recall n’a assurément pas volé son statut de délire SF over the top. Sans doute la première œuvre « culte » du cinéaste.

Spetters (1980) de Paul Verhoeven : jeunesse déracinée et masculinité tragique

Après la fin du XIXe siècle dans Katie Tippel et la Seconde Guerre mondiale dans Le Choix du destin, Paul Verhoeven réalise Spetters et revient à ses Pays-Bas contemporains de 1980, au tournant d’une nouvelle décennie qui se présente comme la possibilité d’un ordre nouveau pour la jeunesse de l’époque, dans la continuité de la libération des mœurs des années 70. Mais en 1980, rien n’est encore acquis pour la nouvelle génération, et la fracture générationnelle amène encore son lot de conflits sociaux, moraux, familiaux.

Business is Business : Paul Verhoeven, pape de l’immoralité

Incarnant à lui seul le cinéma néerlandais, Paul Verhoeven a eu une carrière aussi incroyable qu'improbable. L'aventure commença en 1971, avec un long-métrage modeste intitulé Wat zien ik (Business is Business), une histoire de deux prostituées de bas étage qui réalisent les étranges fantasmes de leurs clients. Pas de doute, nous avons bien affaire à un film de Paul Verhoeven.

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Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

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