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Interview d’Antoine Desrosières, réalisateur de Haramiste

Rencontre avec le cinéaste Antoine Desrosières, réalisateur de Haramiste, pour une entrevue sincère et enrichantoine-desrosieres-interviewissante :

Après un Prix du Public au Festival Côté Court de Pantin bien mérité, Haramiste est encore en salle, et ce, depuis le 1er juillet. Le film est d’ailleurs visible ce week-end à l’Accatone (horaires au bas de l’article). Ce court métrage d’Antoine Desrosière est véritablement un succès qui sera présenté au 8ème Festival du Film Francophone d’Angoulême du 26 au 30 août. Rencontre avec un « vieux cinéaste » qui ne manquera pas de nous enrichir par ses paroles instructives et vraies :

CSM : Haramiste résulte d’une commande d’un producteur pour la chaîne Arte. Le sujet concernait l’amour moderne que vous avez choisi de traiter par le biais d’internet et des sites de rencontres mais comment vous est venu l’idée de les lier à la religion musulmane ?
A. D. : Il s’agissait d’une commande d’Arte mais que la chaîne a refusé et un autre service d’Arte a acheté le film une fois fini. C’est un raisonnement très simple qui m’a amené aux jeunes femmes musulmanes et qui s’applique un peu à toutes les religions. Il me semblait que les rencontres Internet servaient tout particulièrement aux personnes pour qui les rencontres étaient interdites dans leur vie sociale ou familiale. Internet permet des rencontres cachées entre deux personnes qui n’ont pas d’univers commun ou de relations communes. Ainsi, les rencontres peuvent se décider dans le secret de ces deux personnes et en dehors des interdits qui régissent leurs vies. Cela m’a semblé particulièrement intéressant de voir comment des individus qui vivaient dans une culture où la sexualité est limitée « dealaient » avec les désirs normaux des jeunes femmes, des désirs biologiques, naturels. Face à ces désirs, les jeunes femmes ont trois solutions : soit elles les répriment totalement – beaucoup le font, soit elles se rebellent contre cette culture qui les leur interdit, soit elles se « débrouillent ». C’est de cette troisième catégorie dont le film parle : de celles qui se débrouillent, qui ne sont pas en rébellion avec leur culture mais qui se posent des questions et se demandent comment faire. Je ne fais pas de généralité sur les filles musulmanes, je raconte une histoire d’individus en particulier, une histoire de gens qui vivent des contradictions.

Y-a-t-il un message sous-jacent que vous avez voulu faire passer au travers du film ?
Je préfère laisser aux spectateurs la liberté de lire ce qu’ils veulent dans le film. Peut-être qu’il pose la question : la liberté sexuelle épanouit-elle les individus ?

Après avoir réalisé entre autres À la Belle Étoile sur les relations sociales et l’éducation sentimentale, Un Bon Bain Chaud sur les sans-papiers ou produit Mon Copain Rachid qui traite de l’homosexualité, vous vous penchez avec Haramiste sur les sites de rencontres et l’interdit lié à la religion. Au regard de ces sujets plus ou moins sensibles, peut-on parler de cinéma engagé et de films politiques ?

D’une certaine façon, mes films sont politiques mais ils le sont peut-être plus aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Quand on porte un regard sur quelque chose qui n’est pas évident dans la société, ça devient politique. Finalement, les choses qui valent la peine qu’on s’intéresse à elles sont souvent celles qui ne sont pas évidentes.

Quels soutiens avez-vous reçu pour le film ? Quels partenaires, quels financements ?
Le film a été tourné grâce à la région Poitou-Charente et au département de la Vienne qui l’a financé. J’ai fait un oral face à un comité d’experts régionaux et nationaux ainsi que quelques élus, je crois. La région Île-de-France a donné une aide à la post-production sur film tourné et Arte l’a acheté sur film fini. Enfin, il a eu le Prix du Public à Pantin, ce qui est une aide considérable.

Finalement, ce n’est pas le même producteur qui a produit le film commandé au départ ?
Le film a été produit par une jeune productrice (ndlr : Annabelle Bouzom) après que le premier producteur l’a abandonné suite au refus d’Arte. Haramiste a donc rejoint dans mon tiroir d’autres projets qui attendent de se faire jusqu’au jour où je l’ai proposé à cette jeune productrice qui l’a choisi sur texte. Elle a fait le nécessaire pour trouver le financement via le Poitou-Charente, l’a vendu à Arte et l’a elle-même sorti en salle.

Inas Chanti s’est fortement démarquée lors du casting par son franc-parler et son humour tandis que Souad Arsane a été repérée à l’extérieur. Qu’est-ce qui les a rendu si particulières à vos yeux ?
Il se trouve que les actrices sont arrivées par des chemins différents mais la démarche était la même. J’aime faire des très grands castings car je pense que la moitié du film se fait lors de ces castings. Il est clair que le film Haramiste repose complètement sur le talent des actrices ; il fallait donc que je trouve des filles extraordinaires. Nous avons mis une annonce de casting sur des sites internet à laquelle Inas a répondu mais cette démarche s’est avérée insuffisante. J’ai donc demandé à ma directrice de casting, Johanna Lecomte, et ses assistants d’aller au delà, dans la rue, partout. C’est Souad qui, curieusement, a demandé du feu à Johanna. Celle-ci lui a proposé de passer les mêmes essais que Inas au casting. Souad a, elle aussi, été extrêmement brillante et je l’ai donc rapprochée d’Inas pour voir ce que cela donnerait ensemble.
Je leur ai ensuite proposé le sujet du film et elles ont pris possession du projet. Elles ont pris la parole et sont devenues co-auteures du scénario à travers toutes ces séances de développement et d’improvisations préalables. D’un scénario de départ de quatre pages, nous sommes arrivés à un film de 40 minutes soit 40 pages.

Inas Chanti s’échappe par la fenêtre pour aller à la rencontre de son amant telle une Juliette moderne rejoignant son Roméo. Peut-on dire qu’Haramiste est un film à tendance féministe ?
J’espère ! Quand des féministes de tout genre s’emparent du film et se le réapproprient, je considère que c’est un succès et que ma démarche de donner la parole à ces jeunes femmes est réussie. Le film était d’ailleurs entouré de femmes à tous les étages (même si après tout un film fait que par des hommes pourrait être féministe, il ne faut pas être femme pour faire un film féministe, pourquoi les causes ne devraient être portées que par ceux qui souffrent du problème qu’ils dénoncent ?). À tous les débats, Inas dit une phrase que j’aime beaucoup : « Je ne comprends pas pourquoi certaines femmes n’auraient même pas le droit de penser à ce que les hommes s’autorisent à faire ! ».

Le tournage du film dans une Cité de Châtellerault (Place Churchill) ne s’est pas déroulé sans encombre et vous avez dû quitter les lieux plus tôt que prévu ?
On avait prévu de tourner toute une journée et, en fin de matinée, certains jeunes, sans doute heurtés d’entendre des jeunes femmes voilées parler crûment, ont mis le bazar et ce n’était plus possible de tourner, mais avec les trois prises déjà tournées la scène était déjà sauvée, et je ne regrette pas d’avoir tourné sur cette place magnifique dont l’ambiance et la vie même imbibent la scène.

Qu’en a-t-il été des suites du film, de l’accueil du public et des retours que vous en avez eu en particulier ?
Haramiste a été projeté devant des publics différents que ce soit dans des festivals, en salle, à la TV ou sur internet. Je suis heureux qu’il y ait de plus en plus de jeunes femmes maghrébines qui voient le film, se l’approprient, le revendiquent et se reconnaissent en lui. Je pense par exemple à une jeune chanteuse maghrébine qui est venue nous voir lors d’une projection-débat et nous a raconté que c’était ce qu’elle avait vécu, mais à bien d’autres aussi.

Avez-vous eu quelques retours négatifs ?
Certaines personnes pensent que c’est un sujet dont on n’a pas le droit de parler mais ce sont des gens qui pensent que le cinéma devrait montrer le monde tel qu’ils voudraient qu’il soit, plutôt que d’en montrer les contradictions, notamment les contradictions intimes que l’on peut vivre. Souvent, c’est la bande-annonce, l’affiche ou le résumé qui suscitent des réactions négatives mais en général, quand le film est vu,
il séduit plutôt
. Il peut y avoir certains individus qui sont heurtés par le simple fait qu’on aborde ce sujet-là mais le fait est que c’est une comédie plutôt tendre et la vision du film démystifie beaucoup les craintes qu’il peut susciter.
Et puis, quelque part, si le film ne dérangeait personne, il ne servirait à rien. À ce sujet, Souad m’a dit une phrase tout-à-fait intéressante : « Si j’avais vu ce film en famille, j’aurais dit quelle merde ! Et si je l’avais vu toute seule dans ma chambre, j’aurais dit c’est génial ! ».

Antoine Desrosières, vous alternez assez régulièrement entre courts et longs métrages, comment cela s’explique ?
J’ai des projets dans tous les formats pour éviter que mes films soient en concurrence les uns avec les autres. J’ai des projets de séries télé ou radio, de téléfilms, de longs-métrages, de courts-métrages et ce sont les opportunités qui font que l’un des projets sera monté plutôt qu’un autre.
Finalement, c’est avec un court-métrage tourné en trois jours que j’ai fait mon film le plus impactant à ce jour, il semble. Lorsque j’ai fait mes premiers films, j’étais très jeune et je n’avais peut-être pas le même recul sur la société d’où l’intérêt d’être un « vieux » cinéaste. Souvent les artistes portent un regard sur eux-mêmes dans leurs premières œuvres et il faut avoir réglé ces questions avec soi-même pour pouvoir porter un regard sur les autres.

Les jeunes réalisateurs commencent souvent par des courts, avez-vous des conseils à leur donner ou des pistes de travail?
La différence entre mes débuts (1986) et aujourd’hui, c’est que c’est beaucoup plus facile de faire un film car on peut tourner en numérique pour presque rien. Avant, on tournait en pellicule et ça coûtait très cher. Du coup, les films d’aujourd’hui sont perdus dans la masse et c’est plus difficile de se démarquer, d’exister. Mon conseil serait donc : soyez prétentieux et demandez vous si le monde tournerait différemment si votre film n’existait pas.

Haramiste, la Bande-annonce :

A voir au Cinéma l’Accattone 20 rue Cujas, Paris 5ème:

vendredi 21 août: 20h15
Samedi 22 août: 20h (débat avec Antoine Desrosieres, réalisateur, et (sous réserve) Souad Arsane, actrice scénariste)
Dimanche 23 août: 20h15
Lundi 24 août: 20h (débat avec Antoine et (sous réserve) Souad.

In The Flesh, saison 1-2 : Critique Serie

Dominic Mitchell gagne en 2013 le Bafta de la meilleure mini-série dramatique avec In The Flesh retraçant le retour de Kieren Walker, 18 ans, qui s’est suicidé en se taillant les veines en apprenant que… Spoiler Alert ! Je me tais. Kieren est mort en effet et un traitement révolutionnaire permet de « soigner » les Syndromes du Décès Partiel. Les morts-vivants peuvent donc revenir auprès de leurs familles. Kieren est caché et les habitants de Roarton luttent toujours contre leur retour. Les habitants ? Non un groupuscule extrémiste armé combat les morts-vivant, les Human Volunteer Force, dirigé par un George Lukas anorexique sous antidépresseur. Ce sont des imposteurs selon eux. Et voici tout le message de cette série centrée sur le deuil. En 3 épisodes d’une heure (malheureusement insuffisant), on est emporté dans cette campagne britannique, à la fois brumeuse, hostile et fermée sur elle-même au cœur d’une haine insidieuse innommable. Il ne faut pas avoir fait bac+5 pour comprendre la métaphore d’une société intolérante, homophobe et malveillante envers ce qui s’oppose à la norme.

Après le retour dans la famille et le conflit rapidement élucidé avec la sœur Jem qui a rejoint les HVF, nous sommes confrontés à la violence de ce groupuscule qui entre chez les gens pour abattre le SDP dans la rue devant les yeux du proche. Le suspense est efficace et la photographie glacée. Le choc émotionnel est au rendez-vous. Malgré quelques facilités narratives du au temps imparti (3h pour une saison c’est un peu court), on en vient à rentrer dans le moule. Le deuxième épisode est centré sur le retour de Rick, fils de Bill. C’est un SDP et le père refuse de voir la vérité. Tandis que Kieren renoue avec sa meilleure amie atteinte d’une leucémie sur leurs tombes respectives, la situation à Roarton semble s’apaiser. Les SDP ne sont pas admis, mais pourtant Bill obligent tout le monde à intégrer Rick. L’étrangeté est indicible, mais tellement réelle. Kieren est plus humain que tout le village réunis, physique angélique, regard mélancolique, il ne regrette sans cesse ce qu’il a fait, dans ce supermarché durant la Première Vague.

Le contexte socio-politique sert de double lecture et la situation à laquelle nous assistons, huis clos ouvert dans ce village fictif dessiné pour être une contre utopie en réponse à la montée de l’intolérance européenne suite au mariage pour tous notamment. La bande son très moderne et à la fois classique, pop et orchestral, d’accompagnement ou propre à un certain lyrisme contemplatif, est une plus-value nécessaire à l’adhésion. L’homosexualité n’est jamais citée ou clairement annoncée, afin d’éviter peut-être de la montrer du doigt. L’étiquette est une menace dans les fictions contemporaines. Elle revêt de nombreux identités, toutes plus nocives au bien-fondé du récit hétéronormatif qui se doit d’emporter notre approbation. Le consentement de l’identité, l’acceptation ne doit plus être un problème et par ce tour de force, Dominic Mitchell, enfin Johnny Campbell le réalisateur, nous le fait comprendre de manière magistrale. C’est au travers un genre si particulier, inattendu que ces deux hommes nous surprennent et nous font pleurer. Car oui on ne peut qu’user de nos lacrymales dans le dernier épisode qui ouvre plus qu’il ne résout. Le deuil trouve ici une toute nouvelle définition. Obstacle à l’épanouissement de chacun ou nécessité sentimentale. In The Flesh traite de l’être humain, cet animal qui, en réponse à la douleur se ferme aux autres et à soi, provoquant une douleur incommensurable, plus insidieuse, incohérente et pourtant universelle, bien perceptible, douleur que l’on appelle intolérance. Entre le proche et le lointain, In The Flesh arrive à transformer les codes du genre, d’un film de zombies, on glisse tendrement dans un chaleureux drame existentiel à l’humour britannique. Entre l’humanité et la poésie satirique de George A. Romero, la vérité quasi documentaire de Ken Loach et la naïveté exemplaire de Richard Curtis, on frôle sous tous les angles le génie. C’est à croire que pour une fois une série porte bien son nom, – sans ambiguïté avec la série de Jamie Brittain et Bryan Elsley, – mais ce serait In the Skin(s).

Saison 2 :

L’équilibre social entre morts partiel et humains est plus que fragile. L’arrivée de deux figures charismatiques va semer le trouble dans la petite ville fictive de Roarton. D’un côté, ceux qui luttent pour la reconnaissance et la cohabitation des morts partiels, de l’autre, un parti pro-vivant dirigé par Maxine Martin continue de s’en méfier. Mais leur de la 2ème Résurrection approche et il faut choisir son camp…

On change radicalement de cap, que ce soit à la réalisation ou au montage. La première saison, plus courte et plus maîtrisée était rythmée et sensible. Les six épisodes de la deuxième saison , prolongée de 15 minutes, perdent littéralement de sens. Les acteurs semblent être mal dirigés et l’intérêt métaphorique se dissout dans un désir de faire une certaine psychologie avec deux trois bout de ficelles et des personnages plus ou moins bien écrits, sans forcément s’appuyer sur le spectaculaire des effets spéciaux (qui a rendu les maquillages de The Walking Dead si célèbre en passant). L’horreur serait-elle gratuite ? La deuxième saison d’In The Flesh paraît donc maladroite, bancale voire pire, sans intérêt.

Six mois se sont écoulés depuis le départ d’un personnage qu’on commençait à affectionner. Sur quoi peut-on concentrer l’attention ? Sur ces quelques remous flottant donc, sous les traits de l’antipathique Maxime Martin jouée par Wunmi Mosaku qui semble refaire l’inspectrice Holly Lawson des Enquêtes de Vera en beaucoup moins convainquante. Elle est bien décidée à ranger les SDP, ou PDS en anglais (je ne connais personnellement que le deuxième : « Partially-Deceased Syndrome ») du bon côté de la barrière, c’est-à-dire tel des esclaves immatriculés. Mais l’intrigue étirée sur la thématique du double nous ferait presque regretter le format « court » de la saison 1. À trop patienter, la tasse de thé se refroidit et l’expression devient évidente avec rétrospection. « Ce n’est plus ma tasse de thé ». Est-ce parce qu’on s’est éloigné de la subtilité ?

Si vous ne connaissiez pas encore Keaton Henson, il devrait vous procurer quelques frissons. Sa voix céleste, qui nous rappelle celle de Chris Garneau ou Jonsi de Sigur Ros, élève la bande son au dessus de quelques nuages tandis que les paysages, que je trouve mal exploités, à défaut d’une série comme Broadchurch, manquent de couleur et d’une atmosphère propre. L’impression de côtoyer le génie de la première saison sans jamais le rencontrer persiste à chaque épisode, malgré quelques étincelles, noyées dans une lourdeur romanesque. J’ai trouvé magnifique la volonté politique de construire une fiction apocalyptique sur des thématiques de tolérance (diffamation, homosexualité, couleurs de peau…) à travers la notion de la mort qui revêt une dimension poétique, mais la flamme perd de son intensité dans cette deuxième saison. Alors ne jetons pas le blâme quand on sait que malheureusement In The Flesh s’est éteint en janvier dernier, alors qu’elle méritait diablement une troisième saison de conclusion.

Pour les soucieux du détails, personnellement, lorsqu’une musique me plaît et n’est pas citée à l’écran comme le fait MTV, et que je n’ai pas Shazam tout de suite ouvert sur moi, j’apprécie pouvoir retrouver les titres. Voici donc la tracklist :

Synopsis : Quatre ans après sa mort, Kieren Walker reprend sa place au sein de sa famille et retrouve ses marques dans le village où il a toujours vécu. Personne pensait le revoir un jour. Seulement peu de temps après son décès, par une étrange nuit, des milliers de personnes décédées se sont réveillées. Après des mois de réadaptation et de médication, ces zombies sont aujourd’hui rendus à leurs familles… 

In The Flesh: Fiche Technique

Titre : In The Flesh
Année : 2013 (statut annulée)
Format : saison 1 : 3 épisode de 45 minutes – saison 2 : 6 épisode de 60 minutes
Origine : Royaume-Uni, tourné à Lancashire par BBC Three

Réalisateur: Johnny Campbell, Alice Troughton, Damon Thomas, Jim O’Hanlon

Musique : Keaton Henson…

Casting: Luke Newberry (Kieren Walker), Emily Bevan (Amy Dyer), Harrier Cains (Jemima Walker), Emmett J Scanlan (Simon Monroe), Marie Critchley et Steve Cooper (Sue et Steve Walker), Steve Evets (Mill Macy), Kenneth Cranham (Vicar Oddie), Wunmi Mosaku (Maxine Martin), Kevin Sutton (Gary Kendall), Ricky Tomlinson (Ken Burton), Gerard Thompson (Dean Halton)

Scénaristes: Dominic Mitchell, Fintan Ryan, John Jackson

Producteurs : Ann Harrison-Baxter, Hilary Martin

In The Flesh Launch Trailer – BBC Three

Saison 01

Episode 01

– Charon by Keaton Henson

– The Devil by Charlotte Eve

– Mama K (1) by This Mortal Coil

Episode 02

– To Your Health by Keaton Henson

Episode 03

– Corpse Roads by Keaton Henson

Saison 02

Episode 01

– Beekeeper by Keaton Henson

– Don’t Swim by Keaton Henson

– Feel The Heat by Terry Devine-King

– Lake of Fire by Curt Kirkwood

– Living Dead Girl by Rob Zombie

– Scary Monsters and Nice Sprites by Skrillex

Episode 02

– All For One by Philip Guyler

– Brick Face by Christopher Frederick

– Flesh and Bone by Keaton Henson

– Fromage Francais by Ian Hughes

– Never Play by Emily and The Woods

– Ruthless by Bob Bradley

– Scary Monsters and Nice Sprites by Skrillex

– Strong Hold by Terry Devine-King

– Super Jazz Hands by Ian Hughes

– Time to Die by Terry Devine-King / Adam Drake

Episode 03

– 10am Gare du Nord by Keaton Henson

– Back for Good by Take That

– Happy Birthday To you by Sacha Dhawan

– Reach for the Stars by Terry Devine-King / Adam Drake

Episode 04

– Party Song by Keaton Henson

Episode 05

– Polar Winter by Sam Kills Two

Episode 06

– You by Keaton Henson

– Back for Good by Take That

– Morning Has Broken by Cat Stevens

– New Life by Depeche Mode

– Family of Man by The Spinners

Planète Corps, un film de Pierre-François Gaudry : critique du DVD

Les documentaires scientifiques essaient de sortir de l’image d’aridité obscure dans laquelle ils étaient enfermés jusqu’à présent. C’est dans ce cadre de vulgarisation qu’Arte sort en DVD ce documentaire doté d’images impressionnantes.

Métaphore
Planète Corps affiche dès son titre ce qui sera son principe directeur : une comparaison entre notre corps et la planète Terre. Le montage fait alterner images de grottes et de cavernes, de plages et de forêts, avec des plans pris au microscope de l’intérieur du corps humain. Franck Courchamp, l’écologue qui présente le documentaire, affirme vouloir « porter au corps le même regard qu’aux espaces naturels de la Terre ». Le nombril est ainsi comparé à un cratère, pour ne donner qu’un exemple.

Population de bactéries
Mais si le documentaire prend ce point de départ, c’est pour pouvoir s’occuper de la faune invisible qui peuple notre corps. On y apprend alors que cent mille milliards de bactéries résident normalement sur et dans le corps d’un humain adulte. Des images, prises grâce à un révolutionnaire microscope électronique en mouvement, nous font connaître les visages peu amènes de ces êtres vivants pourtant indispensables à notre bonne santé.
Ainsi, ces bonnes bactéries empêchent les mauvaises de se développer et de nous envahir. Sur la peau (qui fait quand même 5 kilos, apprend-on au passage) aussi bien que dans nos intestins, elles aident notre corps à fonctionner correctement.
Les impressionnantes images de microscope et les splendides plans sur la nature terrestre sont entrecoupés par des entretiens avec des scientifiques du monde entier. Le but est de mieux connaître toute cette population. Nous découvrons, pêle-mêle : un fossile de pou, une étude du saut des puces, un élevage de moustiques, des champignons dans les poumons, un aperçu historique de l’évolution du tarte de nos dents, une guerre entre un globule blanc et de la toxoplasmose.
Alors, certes, il ne faut être trop sensible : les bestioles qui sont présentées ici ne sont pas d’une grande beauté, loin de là. De plus, le documentaire souffre un peu d’un rythme lent et d’un manque d’organisation, mais l’ensemble est quand même surprenant, instructif et visuellement très beau.

Planète Corps : Fiche Technique

planete-corps-arte-critique-dvdDate de sortie du DVD : 18 juillet 2015
Nationalité : France, Australie
Réalisation : Pierre-François Gaudry
Scénario : Pierre-François Gaudry, Joel Leyendecker
Musique : Gilbert Grilli
Photographie : Thierry Berrod (pour les images au microscope électronique en mouvement), Jean-Pierre Rivalain.
Montage : Pierre-François Gaudry, Nicolas Després, Léonore Desuzinges
Production : Thierry Berrod, Simon Nasht
Société de production : Mona Lisa production, Arte France, Smith&Nasht, Inserm, Universcience.
Société de distribution : Zodiak Rights
Genre : Documentaire scientifique
Durée : 87’

Younger : Musique, Bande originale de la Série

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Younger – La B.O./Trame Sonore/Soundtrack

Younger : un univers indie pop rock acidulé

Younger trace avec une certaine superficialité et un sexisme inavoué, le quotidien d’une mère quarantenaire « célibataire » qui se reconstruit dans une maison d’édition influente new yorkaise en se faisant passer pour beaucoup plus jeune que son âge. Au-delà de la supercherie se cache un univers musical girly tout en nuances entre le jazz et le folk/rock alternatif. Shania Twain et sa country pop ou bien Vonda Shepard et son piano bar dans Ally Mcbeal restent en tête. Ce n’est qu’en écho qu’elles apparaissent dans nos esprits, car d’autres jeunes chanteuses plus jeunes ont pris le relais. Lykke Li, Meghan Trainor ou les Scissor Sisters parmi les plus connues. Pour le reste, c’est l’occasion d’agrandir son répertoire. Vous connaîtrez à présent St.Vincent (Annie Erin Clark) aux consonances baroque pop, Gin Wigmore à la voix soul et jazzy qui nous fait penser à Amy Winehouse en plus pêchu (si vous n’avez pas encore vu la pub Heineken lors de la sortie de Skyfall en 2012, c’est le moment :

Leon Bridges aux rythmes soul des années 60 avec son titre « Coming Home » ou bien le duo Dream/synthpop Say Lou Lou et les ballades indie rock de Courtney Barnett

Si les chansons choisies ne sont que pour habiller une situation ou ponctuer le récit sans grande surprise, elles n’en restent pas moins entraînantes, propres au contexte urbain dans lequel sont implantées les « péripéties » de Liza Miller. Mais elles témoignent au final d’une certaine immaturité qui ne répond guère aux problématiques sur l’âge de cette dernière. Personnellement, je pense à un gros bonbon acidulé, agréable aux premières saveurs, rond et fruité, aux touches ensoleillées, puis rapidement un peu trop écœurant. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Mon Top 5

Lykke Li – Get Some >

Say Lou Lou – Everything We Touch >

https://www.youtube.com/watch?v=TtRYHdfxtoE

Courtney Barnett – History Eraser >

St.Vincent – Birth In Reverse >

Leon Bridges – Coming Home >

Si vous voulez vous faire votre propre avis, voici les titres par épisodes, il doit sûrement en manquer, mais si cela peut vous être utile… N’hésitez pas à compléter la liste si vous en trouvez davantage !

Tracklist 

Pilot 

Get Some de Lykke Li

Birth In Reverse de St. Vincent

Man Like That de Gin Wigmore

– Low Road de Grace Potter & The Nocturnals

– Feelin’ Alright de Rare Earth

02Liza Sows Her Oates

Give it to Me de Just Kait

– Million Dollar Life de Wizardz of Oz

– Beyond the Sea de Bobby Darin

– You Know de Elaine Faye

– Wham Bam de Clooney

03 – IRL

–  It to Me Now de Farmdale

– Tempted de squeeze

– Baby Come Home de Scissor Sisters

– C’mon C’mon C’mon de Blues Saraceno

04 – The Exes

– Wild for You de Sleep Machine

– Nothing’s Gonna Stop Us de Blackout Cash

– Shake Ya Body de Cut One & Meg Cottone

– Feel the Rush de Company 

05 – Girl Code

– History Eraser de Courtney Barnett

– La Traviata: Act II Scene 1: Dammi Tu Forza, O Cielo! (Violetta, Annina, Alfredo) de G. Verdi

– Doin ThatThang V4 Haney – Lee de Chris Alan Lee

06 – Shedonism

???

07 – Broke and Pantyless

All About That Bass de Meghan Trainor

– Bringin’ On the Night de Robbie Nevil

– (Sha-La-La-La) Lights Out de The Marvelous Beauhunks

– All Fired Up de Blues Saraceno

– Smoke Screen de Flaming Vito

08 – Sk8

Everybody Dance de Lee Baker & Laura Vane

– Posies de The Henry Millers

–  Girl de The Suicide Machines

– Energy de Emi Meyer

09 – I’m With Stupid

– Million Dollar Life de Wizardz of Oz

– Queen Of The Quotation de New Cassettes

– Seeing Stars de The Kinnardlys

– Outlaw de Hilary Duff

10 – The Boy With the Dragon Tattoo

– Running Behind de HOLYCHILD

– Happy With Me de HOLYCHILD

11 – Hot Mitzvah

– Feelin’ Alright de Farmdale

– Antigravity de Bullyheart

– Change the World de Farmdale

– She Got It All de Marc Williams, Paul Fletcher, Patrick Sturrock & Russ Keffert

– BackTrack de Passport

12 – The Old Ma’am and the C

– Like You de Cariad Harmon

– Coming Home de Leon Bridges

– Too Far Out de Moca

– Everything We Touch de Say Lou Lou

– Fire Away Demo de Tyler Read

– I’ve Waited For You de Stacy Clark

– Beautiful Child of Everlasting Love de Majestyy

Pour les définitions terminologiques, la source est wikipédia

[1] La pop baroque (rock baroquerock anglais, ou pop/rock de chambre) est un sous-genre musical du pop rock ayant émergé dans les années 1960 aux États-Unis et au Royaume-Uni en tant que genre mêlant pop rock, musique classiquepop orchestrale et musique baroque. La pop baroque atteint son pic de popularité à la fin des années 1960, grâce à de nombreux artistes et groupes principalement orientés dans le genre ou ayant ajouté des éléments du genre à leurs chansons comme : les Beach Boys, The Moody Blues, The Beatles, The Left Banke, The Fifth Estate, The Rolling Stones, Love et Procol Harum. La popularité du pop baroque décline dans les années 1970, en partie à cause de l’émergence du punk rock, du disco et du hard rock ; néanmoins, le genre continue à être produit et parvient à développer de nouveaux sous-genres, comme la pop de chambre, qui se développe dans les années 1990 et incorpore des éléments de musique classique.

[2] The Allmusic Guide to Electronica définit la dream pop comme « un sous-genre atmosphérique de rock alternatif qui repose autant sur les textures sonores que sur les mélodies. » Les caractéristiques sonores de la dream pop sont un chant murmuré et l’utilisation d’effets de guitare produisant souvent un « mur de bruit » (wall of noise)

[3]  La synthpop (également connue sous les termes electropop, ou technopop) est un type de musique populaire émergeant des années 1980, dans laquelle le synthétiseur est le principal instrument. Ce dernier figurait auparavant dans les années 1960 et1970 dans le rock progressif, l’electronic art rock, le disco et en particulier dans le « krautrock » de groupes tels que Kraftwerk. Elle se popularise sous un genre distinct au Japon et au Royaume-Uni durant l’ère post-punk et fut largement impliqué dans le mouvement new wave à la fin des années 1970 et au milieu des années 1980. La synthpop, appelée tout simplement « new wave » en France, a aidé à établir des éléments de synthétiseur dans des genres musicaux popularisés tels que la pop et le rock, a directement influencé des genres comme la house, la techno de Détroit, et la trance ainsi que d’autres genres musicaux.

How To Get Away With Murder : Musique, Bande originale

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How To Get Away With Murder – La B.O./Trame Sonore/Soundtrack

HTGAWM : du sombre à la lumière, une addiction électronique

Darkwave, Drum’n’Bass, post-punk, synthpop, indutrial, art/baroque pop, gothic rock… Les sous-genres foisonnent lorsqu’il s’agit de décrire un univers musical et celui de How To Get Away With Murder, je me passerai de la traduction M6, est riche et varié. Écoutez par exemple : et vous vous rendrez vite compte de l’énergie de la série.

Énergie partagée déjà avec les crédits de Looking toujours très rythmés. J’avais précisé dans ma critique sur la série, que la cible favorite était les ménagères de moins de 50 ans. Alors comment explique-t-on l’univers musical loin, très loin des ménages et surtout de cette tranche d’âge. A l’écoute entière de la soundtrack, chose que j’ai fait et qui compose maintenant mon mp3, on pense à une immense rave party nocturne, électrisante et lumineuse. Photek, à la réputation mondiale après trois nominations consécutives aux Grammy Awards, est le compositeur du thème qui ferme tous les épisodes du show de Shonda Rhimes et Peter Nowalk. La série à succès sur ABC, mettant en scène Viola Davis en brillante avocate, figure au sommet des drames diffusés à la rentrée automnale parmi les 18-49 ans. Et la bande-son y est aussi pour quelque chose !

A en croire, la formule de Game of Throne, lorsque sexe et violence, Eros et Thanatos pour rester dans la mouvance romantique, entrent dans l’équation, le succès est toujours au rendez-vous. Et l’aphorisme dichotomique est savamment réorchestrée. Imaginez la version lente et sensuelle de « Crazy in Love » de Beyoncé

 et le thème de Bernard Hermann sur Psychose

qui se rencontrent sur deux temps, ajoutez une pincée d’adrénaline Fast and Furious, quelques sueurs froides, une bouffée de chaleur et l’excitation de la révélation digne des meilleurs romans policiers, le tout mélangé avec beaucoup de beat électro vous obtiendriez par exemple, ce morceau issu de l’épisode final.

Entrain irrésistible ou migraines assurées, c’est selon. Pour ma part, l’addiction est évidente. L’est-elle pour vous ?

Pilot

– Dark and Stormy de Hot Chip

– Push ‘Em (feat Skinhead Rob & Tim Armstrong) de Travis Barker & Yelawolf

– Apoidea de Roman Remains

– I Come with Knives de iamx >

Le plombier arrive au sommet du réservoir d’eau dans lequel se trouve le cadavre d’une jeune femme; Annalise fait part de ses réflexions à son mari devant les informations ; dans les bois, le gang se trouve prêt du corps qu’ils s’apprêtent à mettre au feu.

– Jingle Bells de Rosemary Clooney

– Love Runs Out de OneRepublic

– Levitation (Autonica Remix) de Special

– Sensation (Acid Remix) de Val Kononov

02 – It’s All Her Fault 

– Run Me Out de Zola Jesus

03 – Smile, or Go to Jail 

– The Unified Field de iamx

Somebody de Fenech-Soler >

Les étudiants partagent leurs opinion dans un bar ; Laurel se heurt à un charmant garçon ; Connor charrie Michaela sur ses aventures avec son fiancé.

– Love Runs Out de OneRepublic

04 – Let’s Get to Scooping 

– No One’s Here To Sleep (feat. Bastille) de Naughty Boy

– Jaguar de Mogwai

– Cold Red Light (Instrumental) de iamx

Modern de Mogwai >

Le juge délivre son verdict sur l’audience de Rebecca. Annalise se veut rassurante.

  1. We’re Not Friends 

– Slowed Down de Visuals

Volatile Times (Us Version) de iamx >

Wes découvre l’appartement de Rebecca vide, elle lui a raconté qu’elle ne fait pas confiance à Annalise et Sam. Wes découvre l’identité de Mr. Darcy

06 – Freakin’ Whack-a-Mole 

Evil Voices de The Faint >

Annalise et Bonnie briefent le groupe sur la nouvelle affaire ; montage du groupe qui passe la nuit à faire des recherches sur leur client.

Tumbling Lights de The Acid >

Annalise assure à son mari qu’elle prend les choses en main à présent ; Nate enquête sur Frank ; Asher place le trophée sur sa cheminée

– Briar Path (Instrumental version) de ERAAS

– Dress Walker de Liars

– Burn It (feat. Di’Alo) de Skee-Ball

07 – He Deserved to Die 

– Vagaries of Fashion de Fujiya & Miyagi

– All the Other Girls (Demo) de Avid Dancer

– That Good Night (Trentmoller remix) de Howl Baby Howl

08 – He Has a Wife 

Drive, Pt. 1 de Ben Khan >

Scène de sexe.

– No Fun de The Presets

Drive de Wild Cub >

En flashback, Rebecca apportent de la drogue à Lila qui lui raconte sa première fois avec Mr. Darcy

09 – Kill Me, Kill Me, Kill Me 

Walk with the Noise de iamx >

Asher se décide finalement à rejoindre les autres à la fête de fin de semestre ; Bonnie se noie dans l’alcool en regardant aux news l’affaire sur la disparition de Lila ; Wes demande à Rebecca de ne pas quitter le motel.

– Black Out Days (Spacebrother Remix) de Phantogram

Vision de M83 >

Annalise quitte l’appartement de Nate et essaie d’appeler Sam, mais lui laisse un message ; les étudiants dispersent les restent du cadavre brûlé

10 – Hello Raskolnikov 

Killed Ya de Daniel Wilson >

Annalise et le gang cherche à prouver la culpabilité de Mr. Drancy ; Connor sonde Oliver sur ses mœurs sexuelles « épanouies » ; Bonnie essaie de récupérer l’ordinateur portable de Sam.

– Disruptism (Principles of Geometry Remix) de Gyrls

11 – Best Christmas Ever 

– You’re Just Like Christmas de The Crookes

– I Salute You Christopher (Instrumental) de iamx

I Salute You Christopher (Us Version) de iamx >

Connor et Oliver se réconcilie autour d’un repas ; La sœur de Sam, Hannah confronte Annalise ; Rebecca montre à Wes des informations concernant Sam.

12 – She’s a Murderer 

Homeostasis de nostalghia >

Asher fait une remarque incestueuse sur le groupe ; la police perquisitionne la maison d’Annalise tandis que Bonnie cherche à se faire pardonner auprès d’Annalise.

– Nitesky (feat. John LaMonica) de Robot Koch

– Nitesky (feat. John LaMonica) (Cato remix) de Robot Koch

Back To The Start (Instrumental) de Digital Daggers  >

Chanson de fin sur plus de 4 minutes

13 – Mama’s Here Now 

– Feel the Same de Battle Tapes

– Thrill Anybody? de Living Days

– The Light (feat. Denai Moore) de SBTRKT

14 – The Night Lila Died 

– Feel de Nalepa & William Arcane

Music People (Us Version) de iamx >

Michaela force Rebecca à avouer la vérité alors que cette dernière menace le gang avec des informations qu’elle a chacun d’entre eux; Frank surprend Bonnie et Asher

15 – It’s All My Fault 

– Black de The Soft Moon

Run Me Out de Zola Jesus >

Wes refuse de laisser partir Rebecca qui finit par lui avouer qu’elle lui fait confiance ; en flashback Sam déclare aimer Lila ; Rebecca trouve Lila et l’on apprend qui est le meurtrier.

Younger, Saison 1 : Critique Serie

Imaginez Meryl Streep du Diable s’habille en Prada à la place de la jeune Anne Hathaway, les péripéties d’Ugly Betty et la mise en scène d’un mauvais Christmas Movie. L’image prototype vous laisse perplexe ? Décryptage…

Younger est la dernière création du « on ne le présente plus » Darren Star. On lui doit Berverly Hills 90210, Melrose Place et Sex In The City. Qu’ont-elles en commun me direz-vous (si ce n’est que la dernière n’a pas été sali d’un remake 2010’s), excepté dépeindre une tranche d’âge américaine, romantisée à excès, entre soap populaire et problématiques contemporaines ? Guère plus en effet. Ce n’est pas parce que Monsieur Darren Star est homosexuel que ces séries s’adressent à un public essentiellement féminin. Si ? Évitons le cliché, même si lui peine à s’en défaire. Younger s’inscrit donc naturellement dans cette prolongation « narrative » et « existentielle » (on ne met jamais assez de guillemets dans nos vies). Après l’indépendance liée à l’adolescence au début de la décennie 90, l’emménagement et le jeune âge adulte à la fin de cette même décennie et la trentaine ou comment être femme new-yorkaise dans ce nouveau 21ème siècle, voici venu le temps de la quarantaine. Comment se reconstruire après un divorce lorsque l’on paraît presque la moitié de son âge en 2015 ? Sexe, ambitions et trahisons encore au rendez-vous…

Basée sur le roman de l’écrivaine Pamela Redmond Satran et inédite dans les pays francophones, Younger se focalise sur Liza Miller, 40 ans, mère célibataire et divorcée. Elle cherche un emploi dans l’édition et son âge pose problème. Évidemment, le monde a changé, twitter et les réseaux sociaux régissent nos vies urbaines. Le décalage est le principal, peut-être même le seul, ressort comique. S’il fonctionne relativement durant les trois premiers épisodes, la série prend ensuite un tournant dangereux que je nomme le stéréotype. Liza a l’incroyable chance de, naturellement, en paraître facilement 10, voire 15 de moins (il faut dire que l’actrice pratique la danse et le chant, prenez notes mesdames). Elle représente le cliché de la mère un peu has been qui fait tout pour se mettre à la page, copiner avec une collègue talentueuse et sortir avec un « womanizer » tatoueur. Enfin, on le croit pur et sincère, comme au premier jour, mais les hommes sont tous pareil, trop beaux et infidèles, friqués et stupides ou intelligent et étranger. Non ?

En voulant s’adresser à deux publics ciblé(e)s : les femmes middle aged qui ont peur de la fin de carrière, ou à l’opposé, celles qui sortent d’études et conquièrent la profession, Darren Star sombre dans les abysses de l’éculé et du presque niais. Alors oui, les trois premiers épisodes, on a envie d’y croire, il y a une certaine fraîcheur et l’empathie fonctionne à la manière d’un téléfilm de Noël tourné entre Manhattan et Brooklyn, mais l’écriture ne se démarque guère des poncifs pailletés. Représentations, trop lisses pour être crédibles, du « réussir à tout prix », environnement professionnel glamour (il n’y a qu’à voir sur les écrans, les secteurs sont toujours mode, édition ou judiciaire) et personnages sans réelle complexité. Il faut évoluer avec le public, et les trentenaires de Sexe In The City ont déjà 40 ans passés et vous en avez déjà 53, Monsieur Darren Star. Ses trois séries, précédemment citées, avaient ce quelque chose de subversif, « presque » authentique. Outrageous, comme ils disent (délirant, scandaleux) et addictive (pareil en français), mais la barre est loin d’être aussi haute et je doute que son nouveau show atteigne les même sommets, malgré une saison 2 déjà commandée et une bande son pop acidulée assez agréable…

Pointez le viseur entre Hot in Cleveland et The Exes et vous aurez un autre produit dérivé. Younger pour quarantenaires en mal être identitaire ou jeunes actives à la vie sentimentale fluctuante, on aurait vite fait de faire le tour alors que le sujet est bien plus complexe que la superficialité qui nous est proposée. Hilary Duff (Lizzie McGuire) et Nico Tortorella (The Following) à l’atout beauté indéniable sont les égéries modelées façon Disney Channel de cette jeunesse à qui tout réussi. Sutton Foster et Debi Mazar (Friends, Entourage, Castle) sont les pendants « pathétiques » en voie de reconstruction. Ne jetons pas la pierre sur cette première saison inégale, car malgré tout la série fait preuve d’un potentiel attendrissant. « Il n’est jamais trop tard pour bien faire » ? « Il n’y a pas d’âge pour aimer/apprendre » ? Si vous ne le saviez pas déjà… Souriez avant que la première ride n’apparaisse.

Diffusée depuis le 31 mars 2015 sur Tvland, tous les mardis en prime time. Une saison 2 de 12 autres épisodes a été commandée le 15 avril dernier.

Synopsis : Une mère de famille du New Jersey, fraîchement célibataire, décide de mentir sur son âge afin de se donner plus de chances de retrouver du travail. Avec un peu de maquillage, elle réussit à paraître vingt ans plus jeune…

Younger: Fiche Technique

Titre : Younger
Année : 2015
Format : 12 épisodes de 22 minutes
Origine : USA, d’après le roman Younger de Pamela Redmond Satran, tourné à NYC par Darren Star Productions et Jax Media
Réalisateur: Darren Star, Tamra Davis, Arlene Sanford, Peter Lauer, Steven Tsuchida et Tricia Brock
Musique : Chris Alan Lee et Peter Nashel
Casting: Sutton Foster (Liza Miller), Hilary Duff (Kelsey Peters), Miriam Shor (Diana Trout), Debi Mazar (Maggie), Nico Tortorella (Josh)
Scénaristes: Darren Star, Dottie Dartland Zicklin & Eric Zicklin, Rick Singer, Alison Brown
Producteurs exécutifs: Keith Cox, Larry W. Jones, Darren Star et Sheridan Thayer

 

 

How To Get Away With Murder, Saison 1: Critique Série

C’était la grande nouveauté tant attendue de la rentrée 2014/2015. Le troisième show de Shonda Rhimes et Peter Nowalk, diffusé en prime time, puis en troisième partie de soirée le jeudi après Grey’s Anatomy et Scandal, a vite su trouver son public et des audiences plus que correctes (en moyenne 9 millions par épisode).

Synopsis : Annalise Keating possède toutes les qualités requises chez un professeur de droit pénal. Brillante, passionnée, créative et charismatique, elle symbolise également tout ce à quoi on ne s’attend pas : sexy, imprévisible et dangereuse. Que ce soit lors d’un procès ou dans une salle de classe, Annalise est impitoyable. Avocate de la défense, elle représente les criminels, des plus violents jusqu’à ceux suspectés de simple fraude. Son objectif est de faire presque tout ce qui lui est possible pour gagner leur liberté. De plus, chaque année, Annalise sélectionne un groupe d’élèves, qui se révèlent être les plus intelligents et les plus prometteurs, à venir travailler dans son cabinet. Car apprendre auprès d’Annalise est l’occasion d’une vie, celle qui peut tout changer pour ces étudiants, et cela pour toujours. C’est exactement ce qui se produit lorsqu’ils se retrouvent impliqués dans un assassinat qui fera vibrer toute l’université…

Le duo de créateurs/producteurs exécutifs a su mettre à profit une intelligente stratégie de communication sur les réseaux sociaux et engager de bons scénaristes et réalisateurs qui ont su alimenter sur plus de 6 mois entre septembre 2014 et avril 2015 une certaine addiction et un buzz régulier. How To Get Away With Murder débarque trois mois après en France sur M6. À l’ère du numérique, la chaîne française a été « très » rapide pour acquérir les droits de diffusion quand on sait qu’en moyenne il faut compter entre 6 mois et 2 ans avant de voir sur nos écrans une série étrangère. C’est l’occasion de (re)venir sur un des meilleurs succès d’ABC de cette dernière saison, intitulé simplement Murder sur notre continent, et une des plus exquises séries (presque) tout genre confondu, avant la diffusion de la deuxième saison à la rentrée 2016.

Annalise Keating, heureuse en ménage, est une brillante avocate indépendante qui donne également des cours magistraux de droit à l’université de Middleton à Philadelphie, intitulés « How To Get Away With Murder » (Comment s’acquitter d’un meurtre?). En ce début de semestre, 5 étudiants, présélectionnés sur une plaidoirie publique, auront l’opportunité de rejoindre son cabinet pour travailler à ses côtés. Et comme toute bonne série demande de bons personnages, nous retrouvons un débrouillard un peu maladroit, leader né qui vient tout juste de s’installer en ville, une jeune fille de bonne famille à l’ambition démesurée qui s’apprête à se marier, un bel éphèbe aux mœurs sexuelles épanouies, une idéaliste sensible et discrète décidée à défendre les moins fortunés et un comique de service qui a plus d’un tour dans son sac. Ont-ils seulement été choisis pour leur force de persuasion ou font-ils tous partie d’une mécanique qui les dépasse ? Quoiqu’il en soit, tous descendent de riches familles sauf le premier qui vient toujours en vélo et vit dans un taudis, habité anciennement par un jeune déséquilibré. Il tombe amoureux de Rebecca sa voisine droguée de pallier. Aux côtés d’Annalise, son époux Sam aux allures peu commodes, son amant, Nate qui fait partie des forces de l’ordre, et ses assistants, Bonnie, farouche, pincée, et Frank, barbu et râblé. La mise en abyme approche et le crime est donc de circonstance. C’est ainsi que Wes, Michaela, Connor, Lauren (et Asher?) sont impliqués, le soir de la fête du campus, dans un meurtre qu’ils semblent tous avoir commis.

En parallèle des flash-backs qui composent le récit, une étudiante nommée Lila est retrouvée assassinée dans une citerne sur le toit d’une sororité. Chaque épisode, construit sur deux temps, passé/présent, s’attache à répondre de ces deux meurtres (sont-ils seulement liés ?) tout en proposant des intrigues secondaires autonomes durant lesquelles Annalise et son équipe s’évertuent à prouver l’innocence des différents clients. La lumière n’est pas toujours là où on l’attend et la culpabilité ne peut qu’être transférée. Elle ne disparaît jamais. Peu importe les moyens de s’en acquitter, la fin ne justifie pas toujours les moyens. La mort apparaît comme une première/dernière solution, et pourtant, jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ?

La mise à nue est donc nécessaire. Elle en est d’autant plus surprenante lorsqu’elle vient d’Annalise, incarnée avec force et pudeur par Viola Davis (La Couleur des Sentiments, Get On Up, Hacker…). Les autres personnages, conçus comme des rouages propres, des expédients de cette machine fictionnelle, entre Suits, l’univers sombre d’Agatha Christie et Misfits (sans les pouvoirs surnaturels… quoique!), ne sont pas en reste. Le talent des scénaristes a été de les faire (co)exister en les rendant indispensables, sans perdre l’attention du spectateur sur les deux intrigues principales. Ils ont choisi, par épisode, de focaliser l’intérêt sur l’un ou l’autre des personnages principaux selon une logique implacable, et de conclure sur des montées en puissance et rebondissements, autrement appelés cliffhangers. Tout est une question d’équilibre. C’est d’ailleurs la déesse Thémis, aveugle tenant dans ses mains la balance et le glaive qui sert d’arme du crime et de trophée ! On la retrouve dans le générique de Daredevil, autre héros Netflix/Marvel aveugle… Tous les personnages de How To Get Away With Murder ont des faiblesses ou presque, des nuances qui renforcent l’empathie, et surtout une ombre mystérieuse, une part d’inconnu que l’on aimerait voir lever. Notons que nous avons rarement vu un personnage principal féminin afro-américain aussi saisissant !

Parmi le casting, un descendant d’Harry Potter (Dean Thomas), une ancienne Gilmore Girls (Liza Weil), la moitié humaine d’une déesse dans Buffy contre les vampires (rappelez-vous de Ben vs Gloria, c’est Charlie Weber), le maton John Bennett d’Orange Is The New Black et d’autres fortes têtes déjà vues à la télévision ou au cinéma. L’atout secondaire, si ce n’est premier, est musical (Lire l’article à ce propos). Endiablées, décomplexées et rayonnantes, les chansons perçues comme leitmotiv participent à l’entrain irrésistible. IAMX, M183, Ben Khan, The Faint, One Republic, The Acid, Wild Cub, Daniel Wilson… Tout un répertoire, entre musique électronique, érotique aux influences des années 80’s, pop rythmée contemporaine et rock progressif, qui contribue à l’alchimie et dessine les contours d’une série drama-soap-judiciaire innovante, tant sur le déroulement du récit que sur les thématiques abordées. Rarement des rapports sexuels entre hommes auront été aussi explicites en prime time sur une network américaine. L’homme aussi use de ses charmes pour arriver à ses fins… En empruntant certaines caractéristiques, photographiques et scénaristiques, au slasher movie, le show de Shonda Rhimes et Peter Nowalk modernise le genre. Encore une comparaison à la série Netflix citée plus haut, diffusée après cependant, réside dans l’utilisation des éclairages (Daredevil et pas OITNB). Le passé, perçu comme clair et vif par des teintes jaunes et blanches, débouche sur un présent sombre et bleuté. L’épisode 9, programmé avant la trêve hivernale, revient entièrement sur le soir du crime qui réunit les 5 étudiants et les révélations éclosent progressivement incluant le spectateur au centre de ce jeu de l’oie.

Pour vendre un produit, l’emballage et ses propres fonctions ne suffisent pas toujours à atteindre son cœur de cible et c’est auprès des consommateurs même qu’il faut savoir frapper. En baptisant la soirée Shondaland « #TGIT » (« Thank God It’s Thursday »), à la suite de Grey et Olivia Pope, le succès a tout de suite été retentissant. Mais le visionnage en replay ne permet pas aux chaînes de rapporter suffisamment d’argent, il faut donc amener les téléspectateurs au rendez-vous hebdomadaire directement devant leur poste de télé et quoi de mieux que les réseaux sociaux pour tenir informer H-24 si ce n’est M(ou S)-60 ? La même méthode que pour Scandal a donc été approuvée à travers le hashtag #HTGAWM et les comptes personnels des comédiens, qui twittaient pour provoquer, à la fois, le buzz et le sentiment, auprès de ceux qui n’ont pas pris le train en marche, de louper quelque chose. Si en France, cette implication des réseaux sociaux est moins retentissante, il faudra pour M6 ne pas succomber à l’envie de tout diffuser, habitude prise cette dernière année, comme pour écouler un stock que l’on sait vide. La chaîne française programmera les quatre premiers épisodes mardi 30 juin avant de déplacer la série définitivement, sauf audiences exceptionnelles, dans la case du mercredi en 2ème partie de soirée. Le potentiel de la série, renommée Murder suffira-t-il à créer l’addiction pour le public français ? J’en suis persuadé. De là à twitter Dieu Merci C’est Mercredi…

UPDATE : Les deux premiers épisodes diffusés sur M6 réalisent en moyenne un excellent démarrage en rassemblant 3,2 millions de téléspectateurs avec plus de 25% sur la cible fétiche des annonceurs, les ménagères de moins de 50 ans (l’expression reste encore à définir). Mais, ce que je craignais est arrivé, en déplaçant la suite, le lendemain à 23h, les audiences se sont effondrées. Évidemment, les ménagères travaillent en semaine et enchaîner quatre épisodes, c’est peut-être beaucoup non ? L’ultime épisode de la saison 1, entre 0h30 et 1h20, a réuni 399.000 fidèles, soit 8,9% du public…

Si Six Feet Under est devenue une référence en termes de traitement du deuil et des relations familiales conflictuelles, How To Get Away With Murder est en passe d’en devenir une pour son traitement de la culpabilité et des relations amicales litigieuses. C’est d’ailleurs étrange que la sphère professionnelle y est toujours attachée, non ?

How To Get Away With Murder : Bande-annonce

Bloopers

Une série comique ?

How To Get Away With Murder: Fiche Technique

Titre : How To Get Away With Murder
Année : 2014/2015
Format : 15 épisodes de 42 minutes
Origine : USA, tournée en Pennsylvanie et Los Angeles par ABCStudios et Shondaland Productions.
Réalisateur: Bill D’Elia, Laura Innes, Michael Offer, Debbie Allen, Eric Stoltz, Michael Katleman, Michael Listo, Randal Zisk, Stephen Williams

Musique : Photek, Chad Fischer, IAMX

Scénaristes: Peter Nowalk, Erika Green Swafford, Doug Stockstill, Warren Hsu Leonard, Michael Foley

Casting: Viola Davis (Annalise Keating), Billy Brown II (Nate Leahy), Alfred Enoch (Wes Gibbins), Jack Falahee (Connor Walsh), Katie Findlay (Rebecca Sutter), Aja Naomi King (Michaela Pratt), Matt McGorry (Asher Millstone) , Karla Souza (Laurel Castillo), Charlie Weber (Franck Delfino), Liza Weil ( Bonnie Winterbottom)…

Producteurs délégués: Shonda Rhimes, Peter Nowalk, Betsy Beers, Bill D’Elia

Absolutely Anything, un film de Terry Jones : Critique

On ne les avait plus revus ensemble depuis plus de trente ans, à l’occasion de leur dernier film en commun Le Sens de la Vie. Autant dire que le bonheur d’apprendre que Terry Jones allait réunir ses anciens compères des Monty Python (réduits à cinq depuis la mort de Graham Chapman en 1989) faisait, dès cette annonce, de Absolutely Anything un film ardemment attendu des amateurs historiques d’humour burlesque à l’anglaise.

Synopsis : Choisi au hasard par un groupe d’extraterrestres, Neil, un professeur de lettres londonien et sans histoire, se voit offrir le pouvoir de faire ce qu’il veut. Bien qu’il soit à présent capable de sauver l’humanité, son attirance pour sa voisine et ses déboires professionnels vont l’éloigner de ce noble but.

Simon tout puissant

Quelques mois plus tard, une autre annonce réveilla l’enthousiasme de la nouvelle génération de fans de comédies britanniques tendance geek, celle de Simon Pegg dans le rôle principal. Par un hasard du calendrier (auquel le distributeur n’est sans doute pas étranger), le film sort en France à l’occasion du premier anniversaire du drame que fut l’annonce du suicide de Robin Williams. L’ultime participation du regretté comédien au doublage apportait une garantie émotionnelle à ce long-métrage qui, avec tant de bons arguments sur le papier, devenait pour beaucoup, le film le film le plus attendu de l’été, loin de toutes les superproductions américaines et autres comédies françaises estivales.

A partir d’un point de départ qui pouvait prêter, et surtout de la part de Terry Jones, à toutes les fantaisies et les irrévérences, le scénario se révèle être celui d’une comédie romantique sans la moindre prise de risque ni grain de folie que l’on aurait davantage attendu d’un Richard Curtis que du réalisateur de Sacrée Graal. L’humour est très souvent poussif et lourdaud (des crottes qui marchent, un pénis géant, des oreilles qui grossissent…), et même les quelques idées comiques les plus amusantes, en particulier la secte qui se forme autour de son collègue et le chien qui parle, deviennent des running gags, drôles une fois, deux fois, puis inévitablement lassants. Or, une comédie incapable de surprendre son public est intrinsèquement une mauvaise comédie, et c’est exactement cette direction que prend le manque d’audace et d’inspiration de ce come-back tant attendu.

L’intégralité de l’intrigue repose bel et bien sur l’attirance qu’a Neil pour sa voisine, Catherine, incarnée par une Kate Beckinsale que l’on n’avait pourtant jamais vu si peu sexy. L’écriture de cette romance nunuche, et l’intervention d’un ex envahissant qui se révèlera le grand méchant de l’histoire, est d’une ringardise sidérante et d’une morale digne d’un sous-Judd Appatow. Les sous -intrigues entourant les deux  autres antagonistes à fort potentiels dramaturgiques, que sont le directeur de l’école -pourtant incarné par l’excellent Eddie Izzard-, et la critique littéraire égocentrique, sont complétement passés à la trappe aux profit de cet amas de poncifs bien-pensants. Le jeu toujours sympathique de Simon Pegg, qui incarne cet anti-héros insipide, ne réussit jamais à sauver la comédie du naufrage vers lequel l’entraîne la prévisibilité de chaque situation et la caractérisation caricaturale des personnages. Et même les spectateurs venus voir la réunion des anciens Monty Python ne pourront être que fort déçus par leur doublage de créatures hideuses dont les rares dialogues n’ont rien de drôle.

A moins de se forcer à voir une mise en abime entre la façon dont Neil utilise mal ses pouvoirs et celle dont Terry Jones utilise mal le potentiel créatif de son pitch, tiré d’une nouvelle d’H.G. Welles, le film n’a strictement rien d’intéressant à proposer. Peut-être l’hommage à Robin Williams (R.I.P.) en guise de générique de fin apaisera un peu ce profond sentiment d’insatisfaction que procure la vue de ce film absolument raté.

Absolutely Anything: Bande annonce

Absolutely Anything: Fiche Technique

Réalisation: Terry Jones
Scénario: Terry Jones, Gavin Scott
Interprétation: Simon Pegg (Neil Clarke), Kate Beckinsale (Catherine), Rob Riggle (Grant), Sanjeev Bhaskar (Ray), Eddie Izzard (Le Directeur), Robin Williams (la vois de Dennis, le chien), Terry Jones, Michael Palin,  John Cleese, Terry Gilliam et Eric Idle (voix des extraterrestres)…
Image: Peter Hannan
Décors: James Acheson
Costumes: James Acheson
Montage: Julian Rodd
Musique: George Fenton
Producteur(s): Benjamin Timlett, Bill Jones
Production: Bill and Ben Productions, GFM Films
Distributeur: Océan Film
Durée: 85 minutes
Genre: Comédie, fantastique
Date de sortie: 12 août 2015

Grande-Bretagne – 2015

Mission Impossible Rogue Nation, un film de Christopher McQuarrie : Critique

Cela fait presque 20 ans que la saga Mission Impossible essaye de faire son trou au cinéma, et après 5 films elle semble y être parvenue. La première trilogie fut assez inégale qualitativement parlant : après un très bon premier opus, aujourd’hui encore le meilleur de la licence, le numéro 2 était très moyen et le 3 sympathique mais bourré de défauts.

Synopsis : L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux. Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat.

Mission trépidante

C’est vraiment avec le 4ème épisode, bon mais néanmoins perfectible, et maintenant avec le 5ème que cette saga semble avoir trouvé son rythme de croisière. Son avantage est d’avoir été dirigée par différents cinéastes, chacun ayant eu la possibilité d’apporter sa patte artistique et de modeler la formule de l’ensemble. Après la science impeccable du suspense et de la tension de Brian De Palma, l’excentricité hongkongaise de John Woo, le style chirurgical de J.J. Abrams et l’approche cartoonesque de Brad Bird, que va apporter Christopher McQuarrie à la licence ? Va-t-il être en mesure de la renouveler comme l’avaient fait les trois premiers films, ou va-t-il se lover dans la formule comme l’avait fait Bird pour livrer un film efficace mais bien trop calibré ?

Au final McQuarrie va suivre une autre voie, celle du melting pot de tous les autres opus pour faire une déconstruction habile et méthodique de la saga, pour en comprendre l’essence et interroger le statut d’icône de son héros en assumant ici pleinement son côté prophétique. On retrouve ici tout ce qui a fait le succès des Mission Impossible, que ce soit l’élégance et la maîtrise du suspense du premier film au service d’admirables setpieces (moments où l’action, la tension et la dramaturgie atteint son paroxysme), l’excentricité et le méchant très over the top comme pour le deux, les ressorts scénaristiques du trois ainsi que l’esthétique très proche de celle du quatre. Néanmoins ce côté pot pourri a beau apporter des bonnes choses dans ses réflexions, il entretient malgré tout un air de déjà-vu car l’ensemble se montre alors très prévisible. Le film tombe même à cause de ça dans les travers de la saga avec la sous exploitation de l’équipe de Hunt car à part Benji, les autres sont inutiles à l’intrigue et ne sont là que pour faire office de faire-valoir. L’intrigue politique autour de L’IMF se montre donc assez mal amenée et peu intéressante en plus de rejouer un ressort éculée depuis le 3ème film. Malgré tout elle sert l’aspect réflexion mais c’est trop peu pour la justifier. De plus il utilise parfois bien trop de clichés dans l’exposition des personnages et utilise aussi énormément de facilités scénaristiques notamment dans sa surexploitation des rebondissements. Trop c’est trop et ça handicape souvent l’ensemble qui tombe dans des situations parfois ridicules devenant un tantinet agaçant, comme le méchant qui a tout prévu mais Hunt a prévu qu’il avait tout prévu. Il réutilise aussi le jeu des masques mais cela tend à devenir une faiblesse au final, car c’est un ressort que l’on nous sert dans chaque film devenant une formule de plus en plus calibré donc de moins en moins intéressante. Sinon le méchant est aussi anecdotique, cela a toujours été la faiblesse de la licence, mais on peut quand même constater un léger mieux car malgré son aspect très caricatural, il est un peu mieux écrit que ses prédécesseurs, faisant de lui un des meilleurs antagonistes des Mission Impossible. Après d’autres points de la saga sont aussi améliorés comme le personnage féminin qui a enfin de la consistance et qui n’est pas juste là pour être un love interest. McQuarrie compose avec brio un personnage trouble qui vole à plusieurs reprises la vedette à son héros et nous donne envie de la retrouver dans un prochain opus ; c’est la première fois que l’on a ce ressenti pour un personnage féminin dans cette licence. Donc on est face à un scénario efficace qui parfois en fait un peu trop mais qui a le mérite d’être cohérent, solide et de ne pas faire insulte à l’intelligence du spectateur tout en proposant des notes d’humour souvent bienvenues. En plus de renouer avec des setpieces mémorables et qui ne se basent pas que sur une impressionnante acrobatie de Tom Cruise.

En cela la mise en scène se montre diablement intelligente en expédiant son acrobatie la plus impressionnante avant le générique d’ouverture, permettant par la suite de se concentrer sur l’intrigue et les moments plus posés et mieux introduits. Le tout est accompagné d’une réalisation technique impeccable grâce à un montage habile et bien pensé pour avoir un rythme optimal, une photographie très soignée ainsi qu’un excellent score musical de Joe Kraemer. Cela permet d’enjoliver une mise en scène élégante et efficace qui préfère jouer sur la durée des plans, la gestion du suspense ainsi que les jeux d’ombres et de lumières renvoyant à certains Hitchcock et films muets. En ça on retiendra une séquence à l’Opéra (qui renvoie au Mission Impossible de De Palma) qui s’inscrit dans la durée avec une montée en puissance des enjeux et une gestion brillante des attentes pour au final offrir la meilleure scène du film. Après il ne lésine pas non plus sur les morceaux de bravoures énergiques comme une scène en apnée intense, une course poursuite en voiture et en moto exaltante, magistralement mise en scène avec des plans subjectifs qui retranscrivent bien les sensations de vitesses, ainsi qu’une séquence finale qui privilégie l’épure (revoyant aussi au film de De Palma) avec une poursuite tendue suivie d’un combat aux couteaux qui rappelle le final de Jack Reacher (autre film de Cruise et de McQuarrie). Christopher McQuarrie apporte donc sa patte old school à ce nouveau Mission Impossible sans pour autant renier la modernité même si ses rares plans en effets spéciaux (CGI) sont souvent ratés à l’image d’un accident de voiture vraiment moche.

On retrouve sinon un Tom Cruise en très grande forme, qui fait encore des choses intéressantes avec son personnage, interrogeant son statut de star et d’icône intemporelle, se présentant même comme le dernier représentant d’un cinéma d’action ambitieux, jusqu’au-boutiste et empreint de noblesse. Il est accompagné ici d’un casting solide avec le toujours très drôle Simon Pegg dans une prestation à l’anglaise, la sublime Rebecca Ferguson qui interprète son personnage avec beaucoup de classe, le glaçant Sean Harris ainsi que l’impeccable Alec Baldwin. On sera par contre moins conquis par Jeremy Renner et Ving Rhames, qui ont du mal à justifier leur place dans ce film et qui manquent respectivement soit de charisme soit de talent.

En conclusion Mission Impossible Rogue Nation est un très bon film et probablement le meilleur opus depuis le premier, qui lui reste légèrement supérieur. Néanmoins la licence est clairement arrivée à un point de rupture et il sera difficile de faire mieux à l’avenir sans repenser la formule car ici elle tend à devenir trop prévisible et calibrée (ce qui handicapa le 4). Christopher McQuarrie arrive quand même à apposer sa patte et son écriture solide avec brio, dynamisant la formule et permettant de lui accorder une relecture bien pensée et intelligente. On est presque à un opus d’anniversaire qui vient rendre un flamboyant hommage à la saga mais aussi à sa star faisant de ce film une œuvre presque méta dans ses réflexions sur le mythe et l’iconisation. On est donc en face d’un divertissement de grande classe qui est à la fois énergique et élégant et qui préfère l’efficacité des cascades à la platitude des CGI, sans pour autant sacrifier un scénario qui se montre solide et agréable à suivre. Il ne fait aucun doute que l’on se retrouve devant le film de l’été et on y prend un plaisir formidable.

Mission  Impossible  Nation : Bande-annonce

Mission  Impossible Rogue Nation : Fiche Technique

États-Unis – 2015
Réalisation: Christopher McQuarrie
Scénario: Christopher McQuarrie, Drew Pearce d’après: la série télévisée Mission : Impossible de: Bruce Geller
Interprétation: Tom Cruise (Ethan Hunt), Jeremy Renner (William Brandt), Simon Pegg (Benji Dunn), Rebecca Ferguson (Ilsa Faust), Ving Rhames (Luther Stickell), Sean Harris (Solomane Lane), Alec Baldwin (Alan Hunley), Simon McBurney (Atlee)
Image: Robert Elswit
Décors: James D. Bissell, John Bush, Abdenabi Izlaguen
Costumes: Joanna Johnston
Montage: Eddie Hamilton
Musique: Joe Kraemer
Producteur(s): Tom Cruise, J.J. Abrams, David Ellison, Bryan Burk, Dana Goldberg, Don Granger
Production: Paramount Pictures, Bad Robot, Tom Cruise Productions
Interprétation: Tom Cruise (Ethan Hunt), Jeremy Renner (William Brandt), Simon Pegg (Benji Dunn), Rebecca Ferguson (Ilsa Faust), Ving Rhames (Luther Stickell), Sean Harris (Solomane Lane), Alec Baldwin (Alan Hunley), Simon McBurney (Atlee)
Distributeur: Paramount Pictures France
Date de sortie: 12 août 2015
Durée: 2h12min
Genre:

An, un film de Naomi Kawase : Critique

Naomie Kawase est cette cinéaste japonaise déroutante qui déjoue volontairement depuis ses débuts la grammaire conventionnelle du 7ème art. Elle possède cet incroyable don d’injecter une matière lente et philosophique qui lui donne la possibilité d’épouser au plus près ses convictions philanthropiques

Synopsis: Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaise qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits, « AN ». Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, le vendeur de dorayakis, de l’embaucher. Tokue a le secret d’une pâte exquise et la petite échoppe devient un endroit incontournable…

. Animiste et proche d’une contemplation à la Terence Malick, elle dilue à merveille l’espace-temps pour mieux approcher une certaine vérité humaine. Mais au contraire de son compère américain, elle ne cherche pas à sanctuariser ses personnages sur l’autel de la béatification. La ou l’illustre réalisateur cherche souvent une explication christique aux maux des êtres vivants, l’asiatique croit bien plus au caractère immuable de la destinée. Dinosaures d’une ère moderne qui exige toujours plus de rationalité et de narration balisée, l’une comme l’autre (encore plus fortement pour la première) sont à tort catégorisés comme des figures d’un ancien temps. Coupable erreur que cette prédétermination, d’autant plus quand elle est l’œuvre d’une cinéphilie méprisante.

Le présent auteur de ces lignes n’en fait pas mystère, il est absolument béa d’admiration depuis la vision de son précédent opus, « Still The Water« . Il n’est donc pas lieu de lui reprocher son manque d’objectivité puisqu’il en avoue sans honte sa faute. Force est de constater que ce « An », vu en avant-première lors d’une reprise de certains films cannois au Gaumont Opéra parisien en mai dernier, est encore une fois une merveille de sensibilité. Il n’atteint certes pas la force tellurique de son prédécesseur (était ce seulement possible?) mais il sait embarquer le spectateur dans une odyssée intime particulièrement émouvante. On retrouve le caractère compassionnel pour le sort de ces petites gens qui font tout le sel de son cinéma. Le film raconte la banale histoire d’un homme seul qui doit gérer au mieux sa boulangerie sous peine de se replonger dans un passé tortueux. Il décide un jour d’embaucher une vieille dame plus que talentueuse à force d’insistance de sa part dans le but de confectionner des gâteaux confis. Une relation s’ébauche petit à petit entre les deux, d’abord suspicieuse car indécise, jusqu’à en devenir filiale lorsque les blessures se révèlent au grand jour.

La grande force de la cinéaste est justement de décloisonner cette cette esquisse somme toute attendue pour en délivrer la douleur profonde. Le parcours accidenté de cet homme fait écho à la vie tourmentée de l’ancienne rescapée de guerre. Au fond, ce qui lui importe le plus n’est pas de trouver la saveur de ses recettes d’antan. Il est de transmettre un savoir-faire ancestral et de faire en sorte que l’ex délinquant puisse se bâtir une carapace pour mieux encaisser les coups du sort.Accepter son passé et ses erreurs n’est pas une faiblesse, bien au contraire. Cela permet de rebondir sans se renier car les échecs sont constitutifs de notre for intérieur. La jeune fille qui accompagne ce duo ne dit pas autre chose, elle qui s’emmure dans la solitude pour échapper à une mère immature et à des camarades de classe trop inconséquentes. Naomie Kawase a la certitude que le hasard n’est pas de mise dans les rencontres et les relations que nous entretenons. S’il peut prêter à des railleries faciles, son point de vue n’en est pas moins dénué de sens, qu’elle exprime par une mise en scène aérienne et fluide. Comme à son habitude, son cadre se fait l’écho d’une méditation exquise. Nul autre qu’elle ne sait rendre autant justice à la préciosité des sentiments.

Une telle attention méticuleuse sur des gestes du quotidien ne peut être le fait que d’une surdouée. Le vide ne lui fait pas peur, tant elle s’en nourrit finement pour capter le précieux silence de la nature. De même, les contres-plongées au dessus des arbres ne sont d’aucune utilité, sinon celle d’une plénitude ressentie à la vue d’une si grande maestria. La voix-off, contrairement à la majorité des cas, ne cache pas des faiblesses qu’il faudrait combler, mais sert pleinement à retranscrire la sagesse du récit. La langueur et la longueur des plans sont ici parfaitement justifiés, car au service de la puissance émotionnelle de l’ensemble. En plus de son aisance picturale, la clairvoyante native de Nara passe haut la main le test du casting. En effet, aucune fausse note dans l’interprétation des comédiens, qui savent nous toucher en plein cœur sans surjouer les situations dramatiques. Cette artiste n’a décidément pas la place qu’elle mérite, et il serait grand temps de l’inscrire au panthéon des grands cinéastes modernes. L’oubli est symptomatique d’un monde cinéphile sclérosé qui ne veut ou ne sais pas s’écarter d’une certaine tendance. Triste constat……

An : Bande-annonce

An : Fiche Technique

Réalisateur: Naomi Kawase
Scénario: Naomi Kawase, adapté du roman de Durian Sukegawa.
Musique: David Hadjadj
Distribution: Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida, Miyoko Asada, Etsuko Ichihara…
Durée: 1h53
Date de sortie 27 janvier 2016
Le film a été présenté en ouverture dans la catégorie Un Certain Regard au Festival de Cannes 2015.

Auteur : Le Cinéphile Dijonnais (Sabri)

 

Nos Futurs, un film de Rémi Bezançon : Critique

Grandir, c’est trahir un peu l’enfant qu’on a été, se résigner à mettre entre parenthèses ses rêves de gosse pour entrer dans la cour des grands. Les films de Rémi Bezançon s’attachent tous à décrire cette phase décisive.

Synopsis: Deux amis d’enfance, qui s’étaient perdus de vue depuis le lycée, se retrouvent et partent en quête de leurs souvenirs…

Les aventures de Yann Kerbec

Ses héros ne sont pas des marginaux promis à un destin exceptionnel. Ce sont des personnages pleinement ancrés dans la société dans laquelle ils évoluent, et c’est cette société que Bezançon observe à travers les yeux d’un même type de personnage : un trentenaire nostalgique inapte à la vie adulte. Les rites qui marquaient autrefois un passage définitif à l’âge adulte – l’entrée dans la vie active, le mariage, les enfants – ont aujourd’hui des frontières poreuses. L’enfance et l’âge adulte ne sont plus hermétiquement séparés. Désormais, on navigue entre deux eaux, parfois longtemps, avant de se décider à passer le cap. Notre siècle a engendré ce personnage, un Peter Pan du XXIème siècle qui ne cesse de retarder l’échéance de l’entrée dans l’âge adulte. C’est de ce quidam, un peu bancal mais sympathique au demeurant, dont nous parle le cinéaste.

Yann Kerbec, le héros de Nos futurs est un personnage familier. Son homonyme nous racontait déjà ses déboires sentimentales dans Ma vie en l’air (2005), premier long-métrage de Rémi Bezançon. Si Nos futurs ne se revendique pas comme une suite assumée de Ma vie en l’air, Yann Kerbec n’étant pas à Bezançon ce qu’Antoine Doinel était à Truffaut, le clin d’œil vaut plus que simple référence. Il n’est pas anodin que le premier Yann Kerbec ait accepté de devenir adulte en dépassant ses peurs  (de l’avion, et par extension de la vie de couple) et que son homologue 2015 ait poursuivi sur sa lancée par l’apprentissage du deuil. Il y a une forme de continuité dans ce que vit le personnage. Si la voix off du narrateur permet d’apporter une distance humoristique dans Ma vie en l’air, le propos de Nos futurs est en revanche bien lourd. Sans ce recul un peu ironique, le film s’embourbe dans une foule de clichés assez grossiers, cristallisés dans les personnages, tous de vrais stéréotypes.

Le début du film nous met face au héros, qui, suite à une fête d’anniversaire ratée, se remémore avec nostalgie ses années lycée. En reprenant les codes du film pour adolescents, le cinéaste nous livre un véritable bestiaire de cour de récré. On retrouve ainsi le Don Juan accompagné de son troupeau de jeunes filles en pâmoison, résumé de l’entité féminine du film, l’intello à lunettes, le boutonneux timide ou encore le DJ aux cheveux gras. Le résultat est assez décevant. Il l’est plus encore au regard de la psychologie des personnages vieillis. Ils restent identiques à leurs doubles lycéens. Bezançon les a simplement affublés d’une « attitude adulte » (c’est-à-dire raide et guindée).

L’absence de justesse de ces portraits brossés à gros traits est très regrettable. Alors que dans ses films précédents le dépassement de soi permettait aux héros d’aller de l’avant, il a plutôt un amer goût de pis aller dans Nos futurs. Même au terme du film, lorsque la situation est résolue, la vie de Yann, morne et fade, ne se révèle absolument pas enviable. C’est sans doute son long-métrage le plus pessimiste que nous livre ici Rémi Bezançon. Le titre, habilement trouvé, prend tout son sens une fois le film visionné : No future, c’est bien ce qui semble frapper tous les personnages.

Nos Futurs: Bande-annonce

Nos Futurs: Fiche Technique

France
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 22 juillet 2015
Réalisé par: Rémi Bezançon
Scénario : Rémi Bezançon, Jean-François Halin, Vanessa Portal
Distribution : Pierre Rochefort (Yann Kerbec), Pio Marmaï (Thomas), Mélanie Bernier (Estelle),
Kyan Khojandi (Max), Camille Cottin (Géraldine), Laurence Arné (Emma), Roxane Mesquida
(Virginie), Micha Lescot (Samy), Aurélien Wiik (Vincent), Zabou Breitman (la mère de Yann)
Photographie : Antoine Monod
Montage : Fabrice Rouaud
Décors : Jimena Esteve
Musique : Antonio Gambale et David Menke
Produit par : Isabelle Grellat
Distributeur : Gaumont Distribution

 

Les Dossiers secrets du Vatican, un film de Mark Neveldine : critique

Les films d’horreur fleurissent sur nos écrans et pourtant, à quelques exceptions près, on a souvent l’impression de voir la même chose. Même les films réussis du genre (Conjuring, pour ne citer qu’un exemple) ne brillent pas par leur originalité, mais plutôt par leur capacité à instaurer une ambiance, à accrocher le spectateur, à lui faire croire à la réalité de ce qui se déroule à l’écran.
Alors, ces Dossiers Secrets du Vatican échappent-ils à la règle ?

Synopsis : au Vatican, un cardinal est alerté d’un cas qui pourrait être une possession. Une jeune Américaine, Angela Holmes, est victime de phénomènes étranges et se comporte de façon bizarre.

Déjà-vu
Tout d’abord, le film, une fois de plus, n’apporte rien de nouveau au genre. Le titre est alléchant et aurait laissé présager bien des scénarios possibles. Et pourtant, qu’avons-nous ? Une simple histoire de possession et d’exorcisme. Avec le découpage habituel du film : d’abord des signes qui pourraient laisser présager une certaine maladie, puis des indices qui prouvent que ce n’est pas une maladie habituelle (quelle surprise !), et enfin l’exorcisme. Rien de nouveau depuis 40 ans maintenant.

Ambiance
Échec aussi en ce qui concerne l’ambiance d’un film qui ne parvient pas à faire peur, ni même à faire naître la moindre petite angoisse. Le cinéaste multiplie les tentatives, en vain. Il convoque les signes sataniques habituels : parler une langue inconnue, avoir un corbeau comme inséparable animal de compagnie, contrôler les humains à distance, montrer toutes les caractéristiques opposées au Christ…
Il fait aussi appel à différents procédés qui ont fait leurs preuves ces dernières années. Il y a quelques « jump scare » (apparition brutale d’un personnage à l’écran dans le but de faire sursauter le spectateur) mais, comme d’habitude, ce procédé ne parvient pas à faire peur, juste à surprendre. Le cinéaste mêle aussi un film « normal » avec des scènes en « found footage » censées être tournées par les caméras de surveillance de l’hôpital. Moyen qui permet de lorgner du côté des Paranormal Activity (un des gros succès du genre ces dernières années). Mais ici, cela n’apporte rien de plus à l’action, ce n’est même pas un procédé narratif.
Il y a bien quelques côtés sympathiques qui font que ce film n’est pas un échec complet. Les acteurs se débrouillent plutôt bien, Angela Taylor Dudley en tête. Le final se laisse voir (tout en laissant habilement la porte ouverte à une suite).
On ne peut pas dire que Les Dossiers Secrets du Vatican soient un mauvais film. C’est un film indifférent, qu’on a l’impression d’avoir déjà vu des dizaines de fois. Vite vu et vite oublié.

Les Dossiers Secrets du Vatican : Bande Annonce

Les Dossiers Secrets du Vatican : Fiche Technique

Titre original : The Vatican tapes
Date de sortie : 29 juillet 2015
Nationalité : USA
Réalisation : Mark Neveldine
Scénario : Christopher Borrelli, Michael C. Martin, Chris Morgan
Interprétation : Angela taylor Dudley (Angela Holmes), Michael Peña (Frère Lozano), Dougray Scott (Roger Holmes), John Patrick Amedori (Pete), Djimon Hounsou (Vicaire Imani), Peter Andersson (Cardinal Bruun).
Musique : Joseph Bishara
Photographie : Gerardo Mateo Madrazo
Décors : Jerry Fleming
Montage : Eric Potter
Production : Chris Cowles, Gary Lucchesi, Chris Morgan, Tom Rosenberg
Société de production : H2F Entertainment, Lakeshore Entertainment, Lionsgate, Pantelion Films
Société de distribution : Metropolitan Filmexport
Budget : 8,495 millions de dollars
Genre : Horreur
Durée : 91’
Interdit en France aux moins de 12 ans.