How To Get Away With Murder, Saison 1: Critique Série

C’était la grande nouveauté tant attendue de la rentrée 2014/2015. Le troisième show de Shonda Rhimes et Peter Nowalk, diffusé en prime time, puis en troisième partie de soirée le jeudi après Grey’s Anatomy et Scandal, a vite su trouver son public et des audiences plus que correctes (en moyenne 9 millions par épisode).

Synopsis : Annalise Keating possède toutes les qualités requises chez un professeur de droit pénal. Brillante, passionnée, créative et charismatique, elle symbolise également tout ce à quoi on ne s’attend pas : sexy, imprévisible et dangereuse. Que ce soit lors d’un procès ou dans une salle de classe, Annalise est impitoyable. Avocate de la défense, elle représente les criminels, des plus violents jusqu’à ceux suspectés de simple fraude. Son objectif est de faire presque tout ce qui lui est possible pour gagner leur liberté. De plus, chaque année, Annalise sélectionne un groupe d’élèves, qui se révèlent être les plus intelligents et les plus prometteurs, à venir travailler dans son cabinet. Car apprendre auprès d’Annalise est l’occasion d’une vie, celle qui peut tout changer pour ces étudiants, et cela pour toujours. C’est exactement ce qui se produit lorsqu’ils se retrouvent impliqués dans un assassinat qui fera vibrer toute l’université…

Le duo de créateurs/producteurs exécutifs a su mettre à profit une intelligente stratégie de communication sur les réseaux sociaux et engager de bons scénaristes et réalisateurs qui ont su alimenter sur plus de 6 mois entre septembre 2014 et avril 2015 une certaine addiction et un buzz régulier. How To Get Away With Murder débarque trois mois après en France sur M6. À l’ère du numérique, la chaîne française a été « très » rapide pour acquérir les droits de diffusion quand on sait qu’en moyenne il faut compter entre 6 mois et 2 ans avant de voir sur nos écrans une série étrangère. C’est l’occasion de (re)venir sur un des meilleurs succès d’ABC de cette dernière saison, intitulé simplement Murder sur notre continent, et une des plus exquises séries (presque) tout genre confondu, avant la diffusion de la deuxième saison à la rentrée 2016.

Annalise Keating, heureuse en ménage, est une brillante avocate indépendante qui donne également des cours magistraux de droit à l’université de Middleton à Philadelphie, intitulés « How To Get Away With Murder » (Comment s’acquitter d’un meurtre?). En ce début de semestre, 5 étudiants, présélectionnés sur une plaidoirie publique, auront l’opportunité de rejoindre son cabinet pour travailler à ses côtés. Et comme toute bonne série demande de bons personnages, nous retrouvons un débrouillard un peu maladroit, leader né qui vient tout juste de s’installer en ville, une jeune fille de bonne famille à l’ambition démesurée qui s’apprête à se marier, un bel éphèbe aux mœurs sexuelles épanouies, une idéaliste sensible et discrète décidée à défendre les moins fortunés et un comique de service qui a plus d’un tour dans son sac. Ont-ils seulement été choisis pour leur force de persuasion ou font-ils tous partie d’une mécanique qui les dépasse ? Quoiqu’il en soit, tous descendent de riches familles sauf le premier qui vient toujours en vélo et vit dans un taudis, habité anciennement par un jeune déséquilibré. Il tombe amoureux de Rebecca sa voisine droguée de pallier. Aux côtés d’Annalise, son époux Sam aux allures peu commodes, son amant, Nate qui fait partie des forces de l’ordre, et ses assistants, Bonnie, farouche, pincée, et Frank, barbu et râblé. La mise en abyme approche et le crime est donc de circonstance. C’est ainsi que Wes, Michaela, Connor, Lauren (et Asher?) sont impliqués, le soir de la fête du campus, dans un meurtre qu’ils semblent tous avoir commis.

En parallèle des flash-backs qui composent le récit, une étudiante nommée Lila est retrouvée assassinée dans une citerne sur le toit d’une sororité. Chaque épisode, construit sur deux temps, passé/présent, s’attache à répondre de ces deux meurtres (sont-ils seulement liés ?) tout en proposant des intrigues secondaires autonomes durant lesquelles Annalise et son équipe s’évertuent à prouver l’innocence des différents clients. La lumière n’est pas toujours là où on l’attend et la culpabilité ne peut qu’être transférée. Elle ne disparaît jamais. Peu importe les moyens de s’en acquitter, la fin ne justifie pas toujours les moyens. La mort apparaît comme une première/dernière solution, et pourtant, jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ?

La mise à nue est donc nécessaire. Elle en est d’autant plus surprenante lorsqu’elle vient d’Annalise, incarnée avec force et pudeur par Viola Davis (La Couleur des Sentiments, Get On Up, Hacker…). Les autres personnages, conçus comme des rouages propres, des expédients de cette machine fictionnelle, entre Suits, l’univers sombre d’Agatha Christie et Misfits (sans les pouvoirs surnaturels… quoique!), ne sont pas en reste. Le talent des scénaristes a été de les faire (co)exister en les rendant indispensables, sans perdre l’attention du spectateur sur les deux intrigues principales. Ils ont choisi, par épisode, de focaliser l’intérêt sur l’un ou l’autre des personnages principaux selon une logique implacable, et de conclure sur des montées en puissance et rebondissements, autrement appelés cliffhangers. Tout est une question d’équilibre. C’est d’ailleurs la déesse Thémis, aveugle tenant dans ses mains la balance et le glaive qui sert d’arme du crime et de trophée ! On la retrouve dans le générique de Daredevil, autre héros Netflix/Marvel aveugle… Tous les personnages de How To Get Away With Murder ont des faiblesses ou presque, des nuances qui renforcent l’empathie, et surtout une ombre mystérieuse, une part d’inconnu que l’on aimerait voir lever. Notons que nous avons rarement vu un personnage principal féminin afro-américain aussi saisissant !

Parmi le casting, un descendant d’Harry Potter (Dean Thomas), une ancienne Gilmore Girls (Liza Weil), la moitié humaine d’une déesse dans Buffy contre les vampires (rappelez-vous de Ben vs Gloria, c’est Charlie Weber), le maton John Bennett d’Orange Is The New Black et d’autres fortes têtes déjà vues à la télévision ou au cinéma. L’atout secondaire, si ce n’est premier, est musical (Lire l’article à ce propos). Endiablées, décomplexées et rayonnantes, les chansons perçues comme leitmotiv participent à l’entrain irrésistible. IAMX, M183, Ben Khan, The Faint, One Republic, The Acid, Wild Cub, Daniel Wilson… Tout un répertoire, entre musique électronique, érotique aux influences des années 80’s, pop rythmée contemporaine et rock progressif, qui contribue à l’alchimie et dessine les contours d’une série drama-soap-judiciaire innovante, tant sur le déroulement du récit que sur les thématiques abordées. Rarement des rapports sexuels entre hommes auront été aussi explicites en prime time sur une network américaine. L’homme aussi use de ses charmes pour arriver à ses fins… En empruntant certaines caractéristiques, photographiques et scénaristiques, au slasher movie, le show de Shonda Rhimes et Peter Nowalk modernise le genre. Encore une comparaison à la série Netflix citée plus haut, diffusée après cependant, réside dans l’utilisation des éclairages (Daredevil et pas OITNB). Le passé, perçu comme clair et vif par des teintes jaunes et blanches, débouche sur un présent sombre et bleuté. L’épisode 9, programmé avant la trêve hivernale, revient entièrement sur le soir du crime qui réunit les 5 étudiants et les révélations éclosent progressivement incluant le spectateur au centre de ce jeu de l’oie.

Pour vendre un produit, l’emballage et ses propres fonctions ne suffisent pas toujours à atteindre son cœur de cible et c’est auprès des consommateurs même qu’il faut savoir frapper. En baptisant la soirée Shondaland « #TGIT » (« Thank God It’s Thursday »), à la suite de Grey et Olivia Pope, le succès a tout de suite été retentissant. Mais le visionnage en replay ne permet pas aux chaînes de rapporter suffisamment d’argent, il faut donc amener les téléspectateurs au rendez-vous hebdomadaire directement devant leur poste de télé et quoi de mieux que les réseaux sociaux pour tenir informer H-24 si ce n’est M(ou S)-60 ? La même méthode que pour Scandal a donc été approuvée à travers le hashtag #HTGAWM et les comptes personnels des comédiens, qui twittaient pour provoquer, à la fois, le buzz et le sentiment, auprès de ceux qui n’ont pas pris le train en marche, de louper quelque chose. Si en France, cette implication des réseaux sociaux est moins retentissante, il faudra pour M6 ne pas succomber à l’envie de tout diffuser, habitude prise cette dernière année, comme pour écouler un stock que l’on sait vide. La chaîne française programmera les quatre premiers épisodes mardi 30 juin avant de déplacer la série définitivement, sauf audiences exceptionnelles, dans la case du mercredi en 2ème partie de soirée. Le potentiel de la série, renommée Murder suffira-t-il à créer l’addiction pour le public français ? J’en suis persuadé. De là à twitter Dieu Merci C’est Mercredi…

UPDATE : Les deux premiers épisodes diffusés sur M6 réalisent en moyenne un excellent démarrage en rassemblant 3,2 millions de téléspectateurs avec plus de 25% sur la cible fétiche des annonceurs, les ménagères de moins de 50 ans (l’expression reste encore à définir). Mais, ce que je craignais est arrivé, en déplaçant la suite, le lendemain à 23h, les audiences se sont effondrées. Évidemment, les ménagères travaillent en semaine et enchaîner quatre épisodes, c’est peut-être beaucoup non ? L’ultime épisode de la saison 1, entre 0h30 et 1h20, a réuni 399.000 fidèles, soit 8,9% du public…

Si Six Feet Under est devenue une référence en termes de traitement du deuil et des relations familiales conflictuelles, How To Get Away With Murder est en passe d’en devenir une pour son traitement de la culpabilité et des relations amicales litigieuses. C’est d’ailleurs étrange que la sphère professionnelle y est toujours attachée, non ?

How To Get Away With Murder : Bande-annonce

Bloopers

Une série comique ?

How To Get Away With Murder: Fiche Technique

Titre : How To Get Away With Murder
Année : 2014/2015
Format : 15 épisodes de 42 minutes
Origine : USA, tournée en Pennsylvanie et Los Angeles par ABCStudios et Shondaland Productions.
Réalisateur: Bill D’Elia, Laura Innes, Michael Offer, Debbie Allen, Eric Stoltz, Michael Katleman, Michael Listo, Randal Zisk, Stephen Williams

Musique : Photek, Chad Fischer, IAMX

Scénaristes: Peter Nowalk, Erika Green Swafford, Doug Stockstill, Warren Hsu Leonard, Michael Foley

Casting: Viola Davis (Annalise Keating), Billy Brown II (Nate Leahy), Alfred Enoch (Wes Gibbins), Jack Falahee (Connor Walsh), Katie Findlay (Rebecca Sutter), Aja Naomi King (Michaela Pratt), Matt McGorry (Asher Millstone) , Karla Souza (Laurel Castillo), Charlie Weber (Franck Delfino), Liza Weil ( Bonnie Winterbottom)…

Producteurs délégués: Shonda Rhimes, Peter Nowalk, Betsy Beers, Bill D’Elia

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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