Il est des plaisirs de cinéphiles que l’on ne peut se refuser. Le cinéma français des sixties regorge de petits trésors oubliés, écrasés par l’ombre tutélaire d’une Nouvelle-Vague qui s’érigea en reine de l’innovation. Comment rivaliser avec « A Bout de Souffle« , « Pierrot Le Fou« , « L’Année dernière à Marienbad » ou « La Piscine » qui ont marqués au fer rouge tout un pan de notre patrimoine culturel? Libération esthétique autant que sociétale, cette matrice formidable à révolutionnée la grammaire du 7ème art et influencée à jamais le monde. D’autres cinéastes, à l’ambition plus modeste mais au talent certain ont tenté de se frayer un étroit chemin parmi ces monstres sacrés.
Prenons le cas de Pierre Chevalier, réalisateur de ce facétieux « Clémentine Chérie« . Inconnue au bataillon (que les spécialistes de cette époque pardonnent le profane que je suis), il s’essaye à la comédie de mœurs légèrement grivoise avec une belle réussite. Avec un scénario plus qu’improbable, il s’amuse de la frivolité tendance yé-yé de cette période. Soit un employé modèle d’une firme spécialisée dans les fibres synthétiques qui se voit promu chef de direction après avoir inventé un tissu en maillot de bain extensible et perméable aux rayons du soleil. Sous les ors de la comédie décomplexée, on peut y voir une réponse plus boulevardière aux échos Godardiens. Le modèle familial y est habilement moqué tandis que la nouvelle jeunesse y apparaît comme une entité vaguement préoccupée des affaire sérieuses. Trente Glorieuses oblige, elle s’enivre de soirées dansantes et de séduction facile.
Le comique de répétition joue beaucoup sur le décalage des générations. Le cinéaste en profite également pour égratigner gentiment la nouvelle Bourgeoisie qui se perd en circonvolutions toutes plus stupides les unes que les autres. Ainsi observe t’on avec tendresse et ironie ces employés et ces patrons rivaliser d’audace pour habiller, ou plutôt déshabiller, ces dames plantureuses. Un vrai régal que cette grivoiserie, ou la fantaisie le dispute à l’humour bon enfant. Point d’orgue, l’élection d’une Miss au nom complètement loufoque qui voit nos joyeux drilles s’écharper orgueilleusement pour élire leurs favorites. Les dialogues, tout de sous-entendus sont exquis. Et les personnages, bien que caricaturaux, sont à l’avenant. Si la gente masculine en prend pour son grade, la gente féminine est curieusement moins stéréotypée qu’attendue. Laissons de coté les mannequins, simple exposition de corps sublimes mais inertes. Voyez plutôt la femme et la ravissante fille du patriarche. Elles mènent ce bal des imbéciles heureux avec une belle fraîcheur. C’est bien connu, le sexe fort n’est jamais aussi faible que lorsqu’il est dirigé par d’ingénues et charmantes compagnes. L’épouse délaissée aura bien le dernier mot de l’histoire et sa progéniture ne s’en laissera pas compter de sitôt.
Les comédiens ne sont pas en reste. Le cabotinage est ici totalement convaincant et n’hésite pas à en faire des tonnes. N’ayez crainte, la réussite est totale. Pierre Doris porte excellemment bien l’exagération du nouvel arriviste, de même que Adrienne Servantie en concubine veule mais ferme. France Anglade ferait fondre le plus impassible des hommes. Quand aux seconds rôles, rien à jeter. Philippe Noiret est élégamment cocasse; Michel Galabru méconnaissable en scientifique en dehors des clous et Michel Serrault délicieusement lubrique en garant de la loi. En bref, une curiosité qu’il vous serait dommage de ne pas rattraper si vous en aviez l’occasion.
Synopsis: Monsieur Bellus, un employé d’une maison de textiles, fait une découverte sensationnelle : le tissu élastique. Très vite, il devient célèbre… Mais pas forcément pour les bonnes raisons! Alors que sa fille est chargée de présider le défilé de maillots de bain en tant que « Miss » principale, le public découvre bientôt, effaré, les photos de l’événement sur lesquelles la matière est totalement invisible…
Clémentine Chérie: Fiche Technique
Titre original: Clémentine Chérie
Formats:Noir et blanc
Public: Tous Publics
Réalisateur:Pierre CHEVALIER
Scénariste(s: Michel Fernaud, Raymond Caillava, Raymond CAILLAVA, Michel FERNAUD
Auteurs originaux: D’aprés le personnage de la bande dessinée de Jean BELLUS
Producteur(s): Jacques-Paul BERTRAND
Chef opérateur: André GERMAIN
Bande originale / Compositeur: François LANGEL
Montage: Jean-Michel GAUTIER
Acteurs / actrices: France ANGLADE, Pierre DORIS, Michel SERRAULT, Philippe NOIRET, Adrienne SERVANTIE, Jacques DUFILHO, Noël ROQUEVERT, Jean TISSIER, Jean RICHARD, Claude NICOT, Max MONTAVON, Guy LUX, Michel GALABRU, Philippe Doris, Astrid Caron, Max DESRAU, Mischa AUER, Florence BLOT, Sacha BRIQUET, Georges LYCAN, Jacqueline HUET, Francis BLANCHE, Léon ZITRONE, Maria Grazia BUCCELLA, Corrado OLMI, Claudie Dupin, Charles BAYARD, André BADIN, Dany Logan, Marcel LOCHE, Rita PAVONE, Bernard DUMAINE
Année de production en 1962
Dates de sortie France: 01/09/1963
Genre: Comédie
Pays: France
Durée: 01 h 50
LCJ EDITIONS & PRODUCTIONS est un défenseur du patrimoine télévisuel, théâtral et cinématographique français. Il ressort du placard les films qui ont fait l’histoire du cinéma, le « Cinéma de patrimoine », ce qui leur permet promouvoir plus de 1000 œuvres, tous styles confondus, certaines rares, d’autres plus connues. Ces éditions proposent donc un vaste choix de films français et étrangers des années 1930 à nos jours. Elles se sont ont ainsi intéressées aux comédies qui forment le patrimoine comique du cinéma français.
La France est un pays connu pour ses comédies. Même si certains réalisateurs ont réussi à faire de réelles prouesses dans ce genre cinématographique, de nombreux autres se sont enlisés dans des films pas vraiment drôles, pas vraiment fins, et loin d’être toujours réfléchis. Les années 70/80, notamment, ont vu éclore un florilège de comédies, que beaucoup aujourd’hui qualifient de « navets » ou de « nanars ». Leurs réalisateurs se nomment Max Pécas ou Philippe Clair, leurs titres sont parfois totalement saugrenus, comme « Arrête de ramer t’attaques la falaise ! » ou « Prends ton passe-montagne, on va à la plage », sans oublier la série des « Mon curé chez... ».
« Trop jolies pour être honnêtes » fait partie de ces comédies qui disposent d’un casting de choix pour l’époque, mais qui s’avère être un formidable ratage. Son maître d’œuvre, Richard Balducci, également scénariste de plusieurs « Gendarmes » avec Louis de Funès, est aujourd’hui totalement oublié. Il est vrai que ce n’est pas rassurant d’attaquer le film quand on sait que son réalisateur est à l’origine de perles telles que « N’oublie pas ton père au vestiaire » ou encore « Prends ta Rolls et va pointer ».
A première vue, le casting est attirant : Jane Birkin, Bernadette Lafont ou encore Serge Gainsbourg, également auteur de la musique. Des « people » de l’époque. Mais que diable sont-ils allés faire dans cette galère ? A cause du scénario extrêmement faible dont les ficelles sont de suite visibles et récurrentes dans bon nombre de comédies de l’époque, ainsi que des interminables rajouts en guise de rebondissements dans l’intrigue, ces acteurs sont décrédibilisés.
Richard Balducci a en outre des partis-pris techniques qui desservent le film, tels que des effets d’accélération ou de transformation des voix. Des partis pris en rien justifiés qui ne font qu’enlaidir l’ensemble. Pour ponctuer la chose, la bande-originale est insupportable, similaire à celle des dessins animés de l’époque. Quelle tristesse, quand l’on pense qu’elle est signée de l’auteur de La Javanaise.
Pourtant, comme bon nombre de comédies franchouillardes, celle-ci mérite le coup d’œil car il contient quelques pépites. Il est en effet impossible de ne pas rire ou, du moins, esquisser un sourire devant certains gags. Pas grâce à leur force comique mais par la manière dont ils sont orchestrés, mis en scène. On retrouve donc des scènes « cultes », par exemple lorsque Carlo Giuffré mange ses essuie-glaces, ou des cascades qui ont fait l’histoire des plus grands nanars français, notamment lorsque Serge Gainsbourg est victime d’un croche-pied. Sa chute est digne des blockbusters d’aujourd’hui.
Sorti en France en novembre 1972, « Trop jolies pour être honnêtes » est donc un film d’une époque précise, celle des années 70. Aujourd’hui, il n’apparaît que comme un long-métrage démodé et ayant bien mal vieilli. Pour certains, il sera culte, pour d’autres, aberrant.
N’hésitez pas, néanmoins, à jeter un œil sur le site de LCJ Editions afin de voir les nombreux films proposés, toujours plaisants à posséder en DVD, sachant que certains sont de véritables raretés qui méritent le détour.
Synopsis: Frédérique, responsable d’un mouvement féministe, Christine, psychiatre, Martine, leur voisine et Bernadette, soubrette délurée, s’apprêtent à fêter l’anniversaire de Martine lorsqu’elles sont témoins d’un hold-up à la Caisse d’Epargne de Nice… L’évènement relègue au second plan la présence du fiancé de Martine, officier de marine, jusqu’au moment où il fait cadeau à la jeune femme d’une longue-vue. Celle-ci leur permet d’observer leurs nouveaux voisins d’en face.
Trop jolies pour être honnêtes : Fiche Technique
Réalisation: Richard Balducci
Avec Bernadette Lafont, Elisabeth Wiener, Jane Birkin, Emma Cohen, Carlo Giuffrè, Henri Virlojeux
Scénario: Catherine Carone
Musique: Serge Gainsbourg
Durée: 95 min.
Éditeur: LCJ Editions
Distributeur: LCJ Editions
Sortie DVD: 19 août 2015
Un programme secret de la CIA a été mis en place pour créer un super agent, capable de combattre le crime à main nu. Tous les cobayes « génétiquement modifiés » n’ont pas réagit à ce programme, sauf le jeune Jesse Eisenberg, junkie amoureux qui cumule les heures sup à sa caisse de supermarché pour offrir à sa dulcinée jouée par Kristen Stewart, des vacances de rêve et des fiançailles dignes de ce nom. Mais une sous-division secrète nommée « Titan » et dirigé par le jeune Topher Grace (That’s 70’s Show) est chargé de détruire ce dernier espoir avant qu’il ne se transforme en super agent. Les hostilités peuvent donc commencer entre 17 soldats sur-entraînés et ce jeune « désaxé ». Coup de chance ou obligations scénaristiques, il faut qu’il survive pour que continue la narration. Mais ces combats suffisent-ils à générer la curiosité?
Entre romantisme adolescent frétillant (n’entendez rien de péjoratif là-dedans), philosophie de couple et problématiques sentimentales, des scènes d’action survoltées tente de rythmer cet énième film d’espionnage où le coup de poing et la détonation sont devenus carotte pour le spectateur. Depuis Kingsman : Services secrets, les copies sont foison. Ne citons que l’actualité (dans 1 mois, la donne aura encore changé), Mission : Impossible 5, Hitman, Spyou les futurs très-attendus-à-juste-titre Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E par Guy Ritchie et 007 Spectre de Sam Mendès… Le bon sens et le respect d’une histoire originale bien construite s’éteignent au détriment de l’excès de spectaculaire. Je n’ai rien contre ce type de blockbuster, mais ne confondons pas vitesse et précipitation. Si Kingsman réussissait à jouir d’un certain équilibre entre second degré et scènes sur-vitaminées, Mission : Impossible 5 échoue par une surenchère improductive qui cumule déjà vu et montage happyending-nesque. Donner l’illusion de la fausse route ou de l’obstacle fatal ne piège plus personne et fait plus rire qu’il ne crispe. Et le moyen est différent dans American Ultra, mais l’effet identique. Ajouté à cela, une méconnaissance profonde pour le vocabulaire ou l’univers de la CIA, réduit ici à un simple prétexte scénaristique d’espionnage commercial, et des individus unidirectionnels régit par leur unique instinct, vous obtenez une comédie qui pétarde avec l’effet d’une demi-jouissance (ou « plaisir » pour ceux dont le mot est ambigu). Seul le personnage joué par Kristen Stewart, touchante, mérite un particulier intérêt. Le duo au look teenage, qui fonctionne parfaitement, a déjà fait ses preuves sur la comédie hilarante Adventureland en 2009, avec Kristen Wiig, Ryan Reynolds, Bill Hader (The Mindy Project, Saturday Night Live) et Wendie Malick (Hot In Cleveland), et se reconstituera dans le prochain Woody Allen que nos confrères à Melty n’ont pas manqué de nous dévoiler. Adrian Yates ou celui qui est aux commandes de « Titan » (oui car les noms ne se retiennent guère) se veut être un facteur comique : jeune et machiavélique aux traits pourtant angéliques. Connie Britton alias la mère du programme Ultra apparaît ici plus comme une figure maternelle effacée qu’une véritable ennemie/adjuvant. Les contours seraient-ils mal dessinés? Le personnage de dealer joué par le quinquagénaire John Leguizamo est sous-exploité, puis Jesse Eisenberg figure le nec plus ultra du geek junkie paumé, rôle qui ne manque pas de lui coller à la peau.
Ces imprécisions se répercutent sur le premier intérêt à la vision de la bande annonce: « ça a l’air complètement barré ». Donc certes, ça l’est, mais dans le mauvais sens du terme. Lorsque vient la scène finale de combat (non ce n’est pas un spoiler, mais fait parti de la structure de ce genre de film), nous assistons à une tentative de plan séquence qui n’est pas menée à son meilleure potentielle, et lorsque les soldats censés être sur-entraînés tombent comme des mouches face à un ado qui a fait un peu de karaté, c’est risible. Le réalisateur anglo-iranien, qui a commencé dans la publicité puis des clips musicaux, à qui l’on doit le caustique Projet X se façonne une réputation d’éternel adolescent. Avec ce Projet MK-Ultra, il a voulu mettre en exergue la fiction qui dépasse la réalité (ou l’inverse c’est selon), car oui asseyez-vous, mais ce nom de code correspond bel et bien à un projet secret illégal de la CIA dévoilé en 1975 et mis en place un vingtaine d’années auparavant dans le but d’influencer des sujets humains, consentants ou non, par l’utilisation de substances psychotropes ou autres moyens (chimique, physique, électrique). Les références à ce projet plus vraiment top secret sont nombreuses. Je ne cite que Complots de Richard Donner, Control Factor de Nelson McCormick, REDavec Bruce Willis, John Malkovich, et Morgan Freeman, Call Of Duty : Black Ops ou l‘épisode 5 de la saison 2 de la série Fringe de J. J. Abrams… Dans les années 2010, dans une entrevue à RT America, Roseanne Barr a déclaré que le programme Projet MK-Ultra était toujours actif au sein de l’industrie du film d’Hollywood.
Synopsis : Mike Howell mène une vie paisible et sans ambition avec sa petite amie Phoebe se retrouve soudainement chamboulée. À sa grande surprise, Il est en fait un agent dormant surentrainé dont la mémoire a été effacée. En un clin d’œil, son passé refait surface et Mike se retrouve au milieu d’une opération gouvernementale visant à l’éliminer. Il va alors devoir faire appel à ses capacités insoupçonnées d’agent secret pour survivre.
Le dilettantisme serait un trait caractériel de ces êtres boutonneux à la voix et l’humeur changeantes qu’on a tous été avec plus ou moins de fierté. Il fait également parti de la mise en scène de Nima Nourizadeh qui propose avec son deuxième long métrage, en plus d’une bande son disco pop jazz hommage aux 80’s et un générique de fin animé basé sur les aventures d’Apollo Ape* (personnage le plus mystérieux), un divertissement coloré à demi-corrosif, qui marquera peu les esprits. American Ultra appelle un genre cinématographique bipolaire entre humour noir et action à coupée au couteau, que souligne le prochain Deadpool ! Rendez-vous le 4 février 2016…
*et si vous vous demandez si le comic existe vraiment, je vous conseille de comprendre la langue de Shakespeare pour lire cet article.
American Ultra: Fiche Technique
Titre original : American Ultra
Louisiane, États-Unis – 2015
Réalisation : Nima Nourizadeh
Scénario : Max Landis
Interprétation : Jesse Eisenberg (Mike Howell), Kristen Stewart (Phoebe Larson), Topher Grace (Adrian Yates), Connie Britton (Victoria Lasseter), Bill Pullman (Raymond Krueger), John Leguizamo (Rose)…
Date de sortie : 19 août 2015
Durée : 95 min
Genres : Espionnage, action, comédie
Image : Michael Bonvillain
Décors : Jon Danniells
Costumes : David C. Robinson
Montage : Andrew Marcus
Musique : Marcelo Zarvos
Budget : —
Producteurs : David Alpert, Anthony Bregman, Kevin Scott Frakes, Britton Rizzio et Raj Brinder Singh
Producteurs délégués : Ray Angelic, Steffen Aumueller, Robert Ogden Barnum, Jonathan Gardner, Zülfikar Güzelgün, Buddy Patrick, Eyal Rimmon et Gideon Tadmor.
Coproducteur : Mark Fasano Productions : PalmStar Media, The Bridge Finance Company, Circle of Confusion, Likely Story et Merced Media Partners Distributeur : Lionsgate (États-Unis), Elevation Pictures (Canada), Metropolitan Filmexport (France)
Alors, le handicap, on en parle ? Dans Vestiaires, la série télévisée diffusée cet été sur France 2, la parole est donnée directement aux handicapés. Cette production d’Astharté et Avalon Films, créée par, mais pas pour, des handicapés est un succès inattendu – surtout pour les auteurs… Succès confirmé par 1,7 millions de téléspectateurs, par le Trophée Duo TV aux Trophées du Film Français 2012 et par une Saison 5 en préparation.
Avec humour et dérision, des « handinageurs » d’un club marseillais s’expriment sur leur quotidien, leurs passions et évidemment sur leurs handicaps !
L’humour toujours !
Loin d’être une séquence émotion de plus dans la sphère du cinéma sur la réalité du handicap, Vestiaires est un vent de fraîcheur, une mini-série drôle et fantasque, avec parfois un brin de cynisme mais toujours beaucoup d’auto-dérision. Cette volonté d’interpréter le handicap avec légèreté et ironie a attiré dans ses filets de vrais acteurs handicapés qui désapprouvaient au départ les rôles d’infirmes des films sentimentaux. À ce sujet, Adda Abdelli, auteur et acteur au sein de la série , à confié à Cinéséries-Mag : « Alexandre ( Alexandre Philip, Orson dans la série) ou Philippe Sivy(Plus Belle la Vie) sont des gens qui n’étaient pas intéressés par les rôles d’handicapés mais, dans la série, ils ont vu autre chose. »
Les créateurs, Fabrice Chanut (La Piscine) et Adda Abdelli, y mettent en scène des conversations décalées, mais aussi réalistes, tenues par des nageurs handicapés dans les vestiaires de la piscine. Réalistes, car les auteurs se sont inspirés de situations vécues et de propos décalés entendus dans les vestiaires de leur club handisport à l’époque où ils cherchaient un projet à monter ensemble. « La première saison et un peu de la deuxième sont énormément dans le vécu. La plupart des situations ont été soit vécues, soit vues, soit exagérées. » ajoute Adda Abdelli.
Dans ces Vestiaires, on retrouve Romy (Adda Abdelli), poliomyélite et père de famille « sage mais pas trop » dixit l’acteur. Dans son interview du 22 août, Adda précise
aussi que le personnage ressemble un peu à ce qu’il est dans la vraie vie.
À ses côtés, il y a Orson (Alexandre Philip, Ashes to Ashes et la série Lazy Company diffusé sur France 4), célibataire sarcastique atteint d’une agénésie des bras qu’il appelle ses « bras de pingouin », la jolie Caro (Anaïs Fabre, Les Vacances de Ducobu, Plus Belle la Vie et Le Mystère du Lac qui sera diffusé le 3 septembre sur TF1) victime d’un AVC auquel elle doit sa « mémoire de poisson rouge dans un corps de sirène »,le sympathique Ramirez (Luc Rodriguez) avec sa langue – trop ? – bien pendue et Cyril Missonnier dont le silence en dit long. Au fil des épisodes et des saisons, d’autres comiques et quelques célébrités « handis » ou valides se joindront à la fine équipe, notamment Pascal Légitimus en visiteur médical, Clémentine Célarié en « Star » et Philippe Croizon, l’athlète handicapé dans son propre rôle. De quoi encore alimenter la notoriété de la série !
« Faire oublier le handicap »
La série Vestiaires est drôlesque, inventive et touche ainsi un large public, handicapé ou non. Elle surprend par son naturel et sa désinvolture mais, loin de nous déranger, on y adhère facilement. Fabrice Chanut expliquait en 2011, année de la première diffusion : « C’est au moment du tournage qu’on a vraiment réalisé que des scènes banales pour nous pouvaient choquer, et que la série avait un discours sous-entendu. Si la série réussit à faire oublier le handicap, c’est gagné ».
Un pari réussi par les deux auteurs car, quand on regarde la série, ce que l’on voit de prime abord, ce sont de grandes qualités d’acteurs et d’humoristes. Les personnages sont sympathiques, attachants, familiers presque et les interludes entre chaque épisodes sont autant d’allégresse et de liberté dont tout être humain a besoin. Une belle équipe de philanthropes en somme qui prennent plaisir à nous faire plaisir et qui attirent par leur charisme. L’accent chantant de Romy et Ramirez fleure bon les vacances d’été et nous invite à lâcher prise.
Certes, la série ne peut pas plaire à tous mais pour certains handicapés, c’est un message généreux et optimiste, un témoignage épicurien.
D’après la chaîne France 2, la série Vestiaires est d’ailleurs une vraie réussite : « Un vrai score ! Cette série joue à merveille son rôle de lien social, particulièrement fédérateur. C’est un programme emblématique de ce que doit faire France 2 en rassemblant toutes les composantes de notre société, avec un humour décapant et bienveillant. Il s’adresse à tous sur un ton qui est accessible pour tous. » Vestiaires est dans un tel essor que nos deux auteurs se sont lancés en 2014 dans une aventure parallèle : la Web-sérieVestiaires Libérés. Autres décors, autres scénarii, la série du net remet l’Histoire au goût du jour et des handicapés. Les anecdotes historiques ( Jeanne d’Arc, Armstrong) mais aussi les contes de fées ( La Belle au Bois Dormant) sont détournés à la manière des Monthy Pyton en y incrustant un personnage handicapé.
En bref, Vestiaires est un série burlesque qui gagne à être connue du grand public !
Fiche Technique : Vestiaires
Titre original : Vestiaires
Genre : Humoristique
Année : 2011
Création : Adda Abdelli et Fabrice Chanut
Production : Astharté et Compagnie Avalon production
Acteurs principaux : Alexandre Philip, Adda Abdelli, Anaïs Fabre, Luc Rodriguez, Cyril Missonnier, Philippe Sivy
Musique : Franck Lebon
Pays d’origine : France
Chaîne d’origine : France 2
Nombre de saisons : 4, saison 5 à venir !
Durée : 2 minutes par épisode (40 épisodes par saison)
A l’occasion de la sortie du dernier Mission : Impossible Rogue Nation avec l’iconique Tom Cruise, lemagduciné s s’est penché sur l’univers musical de la saga tout entière.
Adapté de la série de Bruce Geller, le premier film devait être réalisé par Sydney Pollack, sous l’impulsion de l’acteur lui-même et son agent Paula Wagner qui viennent tout juste de fonder une société de production, mais le projet revient à Brian De Palma, lassé de ses précédents échecs commerciaux (Outrages, Le Bûcher des vanités et L’Impasse). Rencontré chez Spielberg, le réalisateur avoue à Cruise vouloir depuis longtemps mettre en scène un film d’espionnage qui se déroulerait en Europe.
Mission Impossible TV Series
Source : Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Brian de Palma : Entretiens avec Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Calmann-Lévy, 2001
Mission : Impossible (1996) Brian de Palma
C’est en 1994 que la production s’amorce avec David Koepp (L’Impasse, Jurassic Park), Robert Towne (Bonnie & Clyde, Chinatown) et Steven Zaillian (La Liste de Schindler) à l’écriture. Mission : Impossible est le film de la carrière de Brian De Palma qui, enfin, jouit d’une grande liberté. Ce dernier pense que Lalo Schifrin ne pourra pas composer toute la musique du film. La production fait donc appel à Alan Silvestri, connu pour sa collaboration avec Zemeckis, mais ce dernier, trop solitaire, n’écoute pas les suggestion du réalisateur qui, en plus de juger sa musique trop « mélodique » avec« quelque chose d’excessif », estime qu’elle ne plaira pas à Tom Cruise. C’est enfin Danny Elfman, déjà triple récompensé (Grammy pour Batman en 1989, Emmy pour Les Simpson l’année suivante et Golden Globe pour L’Étrange Noël de Mr. Jack en 1994) qui compose la bande son originale.
Le thème orignal, orchestral jazz avec percussions, est repris et rallongé d’une minute par deux des membres de U2, Adam Clayton et Larry Mullen, et se classe 7ème au Billboard Hot 100 (classement hebdomadaire des 100 chansons les plus populaires aux États-Unis par le magazine consacré à l’industrie du disque). L’album atteint la 16ème position du Billboard 200. En 1966, Lalo Schifrin compose avec élégance un refrain dynamique, nerveux aux sonorités jazzy, fidèle à ses origines argentines et propre à l’univers à succès des agents spéciaux qui savent prendre des risques sans jamais se prendre au sérieux, tandis que les deux musiciens rock irlandais accentuent les teintes froides et électrique en modifiant légèrement le tempo et en rajoutant des nuances électronique et des voix qu’on pourrait par exemple retrouver dans le générique de 1963 de Doctor Who par Ron Grainer ou dans certaines chansons de Massive Attack (« Angel » ou « Karmacoma »). En 1968, le travail du compositeur est récompensé d’un Grammy et le générique de la série devient aux Etats-Unis et dans le reste du monde occidental, synonyme d’action et de suspense.
https://www.youtube.com/watch?v=iLClWG1KKoE
La majorité des titres de l’album, sorti en même temps que le film, n’apparaissent pas à l’écran et ont été sélectionnés par leur vague lien de parenté à l’univers britpop et rock alternatif que l’on attribue à défaut trop rapidement à l’ensemble du film de De Palma. Il faut donc compter sur Danny Elfman pour continuer l’analyse et pour comprendre son univers, revenir sur sa collaboration avec Tim Burton.
En 1985, Paul Rubens, créateur du personnage de Pee-Wee, et Tim Burton appréciait déjà le groupe de rock dont faisait parti le compositeur, Oingo Boingo, mais pour le film, il ne s’agissait pas de concevoir des musiques proche de ce que the band produisait. D’autant plus que le musicien a toujours eu en horreur le recours au rock dans ses compositions, car il protestait (le présent doit encore être de mise) contre les bandes originales des films hollywoodiens qui regorgent jusqu’à l’écœurement de « tubes » destinés à assurer la vente de disques. Et le cas de Mission : Impossible en est encore un exemple flagrant. En effet les producteurs ont longtemps préférés vendre des chansons plutôt que la bande originale, qu’il estimait moins vendeur. Autre exemple, à la sortie de Batman, le disque de Prince, inspiré par le film, est sorti avec le logo de l’affiche et fut présenté comme la bande originale du film, alors que deux chansons seulement y étaient effectivement incluses. Pour le cas présent, il faut compter sur 3 morceaux dont 2 appartiennent au compositeur. L’autre étant The Cranberries avec Dreams. Ne nous énervons pas, ce n’est pas le sujet.
En 1971, le jeune Danny, âgé de 18 ans, joue du violon au célèbre Grand Music Circus de Jérôme Savary, directeur de théâtres musicaux notamment. Son attrait pour les monstres, les morts-vivants, les vampires, les univers parallèles plus ou moins menaçants qui peuplent les films fantastiques depuis les origines, est commun à l’univers du cinéaste. De plus, les influences musicales revendiquées par les deux hommes sont, entre autres, celles de Nino Rota pour Fellini et Bernard Herrmann pour Hitchcock. De quoi annoncer une étroite et longue collaboration. On retrouve chez les deux un goût pour la fête, du spectacle, couplé à une certaine inquiétante étrangeté (Noël/Halloween dans L’Etrange Noël…). On devine également l’importance de l’œuvre de Tod Browning, Freaks en 1932 et les phénomènes de foire (Beetlejuice, Edward aux mains d’argent, le Pingouin de Batman…). Le motif du cirque et de la fête mêlé à un univers noir et angoissant ne peut se passer d’une musique inspirée de divers courants et époques musicales. Parmi les noms cités : Max Steiner et les symphonies américaines sans oublier le jazz et les comédies musicales, Béla Bartók, la musique disharmonique de Philip Glass, Maurice Ravel (il n’y a qu’à écouter le Boléro pour se rendre compte de la filiation) et Erik Satie ou encore les classiques russes Prokokiev, Stravinsky et Tchaïkovski.
Je n’irais pas plus loin sur cette notion du cirque et du spectacle de foire, dont les origines du cinéma ont nourri l’œuvre de Danny Elfman et des alternatives « new waves » aux petites pièces rythmées et grinçantes du compositeur allemand Kurt Weill, le complice de Bertold Brecht, sur certains morceaux de son groupe de rock Oingo Boingo, car la bande son de Mission : Impossible ne traduit pas suffisamment cette réflexion. Écoutez ce morceau qui reprend à 3’38 le thème de Lalo Schifrin pour vous en rendre compte :
Je me rallie à l’avis de Steven McDonald sur l’aspect un peu médiocre et trop peu singulier des compositions de Danny Elfman.
« The Adam Clayton/Larry Mullen update of the classic theme is OK, but that same epithet applies also to Danny Elfman‘s somewhat generic-sounding music. Come to think of it, the entire album tends strongly toward the generic — just perfect for the airplay end of the spectrum, no doubt. »
« Je n’ai rien à dire sur la mise à jour du thème classique par Adam Clayton et Larry Mullen. Je ne changerai pas d’opinion également sur Danny Elfman malgré le fait que sa musique puisse paraître un peu trop générique — ….. »
(AllMusic Review)
Liste des titres de l’album
1. (Theme from) Mission Impossible- Adam Clayton & Larry Mullen, Jr. (3:27)
2. « Spying Glass »- Massive Attack(5:21)
3. « I Spy »- Pulp(5:56)
4. « Impossible Mission »- Danny Elfman(5:35)
5. « Headphones »- Björk(5:40)
6. « Weak »- Skunk Anansie(3:31)
7. « On & On »- Longpigs(4:11)
8. « Claire »- Danny Elfman(2:55)
9. « Dreams »- The Cranberries(4:13)
10. « You, Me And World War III »- Gavin Friday(4:28)
11. « So »- Salt(3:33)
12. « Trouble »- Danny Elfman(3:32)
13. « No Government »- Nicolette (5:31)
14. Alright- Cast(3:35)
15. The Dance of the Butterflies- Benjamin Orr (7:02)
16. « Mission: Impossible Theme » (Mission Accomplished)- Adam Clayton& Larry Mullen, Jr. (3:05)
Compositions originales de Danny Elfman
1. « Sleeping Beauty » (2:28)
2. « Mission : Impossible Theme » – Lalo Schifrin(1:02)
3. « Red Handed » (4:21)
4. « Big Trouble » (5:33)
5. « Love Theme? » (2:21)
6. « Mole Hunt » (3:02)
7. « The Disc » (1:54)
8. « Max Found » (1:02)
9. « For « Job » » (4:38)
10. « Betrayal » (2:46)
11. « The Heist » (5:46)
12. « Uh-Oh! » (1:28)
13. « Biblical Revelation » (1:33)
14. « Phone Home » (2:25)
15. « Train Time » (4:11)
16. « Menage a Trois » (2:55)
17. « Zoom A » (1:53)
18. « Zoom B » (2:54)
Mission : Impossible 2 (2000) John Woo
Peu de temps après la sortie du premier opus, Oliver Stone est attaché à un projet de suite et écrit une ébauche de script. Mais il quitte finalement le projet quand Tom Cruise décide de partir tourner Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. C’est finalement John Woo qui reprend les commandes. Après deux films américains avec en vedette Jean-Claude Van Damme (Chasse à l’homme en 1992), puis John Travolta (Broken Arrow en 1996 qui lui permet de renouer avec une certaine stylisation de la violence), le réalisateur chinois fait véritablement ses preuves aux USA avec Volte-face dans un brillant face-à-face entre le dernier acteur cité et Nicolas Cage. La composition de la musique est attribuée à un autre grand qui n’est autre que Hans Zimmer.
Le jeune musicien d’origine allemande, installé en Angleterre dès l’âge de 14 ans, a également fait parti d’un groupe The Buggle a qui l’on doit le célèbre titre Video Killed the Radio Star. Il se lance très vite dans la musique électronique en collaborant avec le groupe new wave Ultravox. Sa carrière se lance lorsqu’il devient l’assistant de Stanley Myers qui l’entraîne notamment sur la production de My Beautiful Laundrette de Stephen Frears. Sa composition de Un monde à part de Chris Menges attire l’attention de Barry Levinson qui frappe littéralement à sa porte pour lui demander de travailler sur Rain Man. Ce film marque l’entrée tonitruante du compositeur sur le sol américain avec une nomination aux Oscars. On retrouve dans ce film le titre Iko Iko, remixé par Zap Mama qui ouvre Mission : Impossible 2 lorsque Ethan Hunt, alors en vacances, escalade des rochers du Dead Horse Point en Utah. Coïncidence ? Je ne crois pas. Dès les années 90, Hans Zimmer s’attaque à un nouveau style : le film d’action. Puis la consécration lui vient en 1994 avec Le Roi Lion pour lequel il obtient le seul oscar à ce jour de sa carrière. L’année suivante, il compose pour Jerry Bruckheimer et Tony Scott la bande originale de USS Alabama, marquera l’histoire des films d’action hollywoodiens, pour son alliance entre musique électronique, orchestrale, et l’utilisation impressionnante des chœurs. Zimmer connaît son plus gros succès commercial avec le film Gladiator de Ridley Scott où il s’associe avec la chanteuse australienne Lisa Gerrard. La même équipe s’occupe en 2000 de Mission : Impossible 2 de John Woo dans l’urgence.
Et cela s’en ressent. Sans réel identité, si ce ne sont les titres plus rock heavy metal qui viennent ponctuer les scènes d’action finales entre autres, la composition de Hans Zimmer est assez fade. Entre acoustique hispanique pour le romantisme durant les scènes entre Nyah et Ethan, latino gipsy et pauvres ambiances « sauvages » de crépuscule, qui paraissent bien insipide à côté du morceau de Limp Bizkit qui revisite brillamment le thème original avec Take a Look Around . Une reprise métal surprenante. Seul le titre « Injection« comporte une charge émotionnelle suffisante.
Limp Bizkit donc, mais également Metallica qui signe pour le film, « I Disappear« . Rob Zombi, The Pimps et les Foo Fighters qui reprennent les Pink Floyd… Il n’y a pas à dire, ces chansons « additionnelles » sont beaucoup plus existantes, donnant un côté bad ass au personnage de Tom Cruise, que l’univers flou de Hans Zimmer. Et Ethan Hunt peut tomber amoureux si les fans pouvaient en douter..! On est donc plongé dans une course contre la montre sentimentale teintée de quelques efforts explosifs, et combats au pied, car c’est John Woo qui réalise faut pas dé***** ! A la sortie du film en mai 2000. Avec un casting beaucoup moins bankable que le premier, le film réussi à cumuler plus du quadruple en box office par rapport à son budget initial, mais je trouve que ce deuxième opus est le seul (avec le dernier) qui ne se regarde qu’une fois avec « plaisir ». La relation entre Nyah, jouée par Thandie Newton aux origines zimbabwéenne, et Ethan parait à présent superflue, un peu prétexte à mon avis. Et entre la love story et le film d’espionnage, les contours sont flous et la violence aseptisée (exceptée pour la scène finale en moto et les combats près des plages). Seul les morceaux de heavy, metal et rock alternatif souligne ce nouveau tournant dans les films Mission : Impossible, « manu militari » presque van dammien, avec une certaine fougue qui s’adresse à un public beaucoup plus jeune que le premier.
Liste des titres de l’album (63:14)
1. Limp Bizkit– « Take a Look Around »
2. Metallica– « I Disappear »
3. Rob Zombie– « Scum of the Earth »
4. Butthole Surfers– « They Came In »
5. The Pimps – « Rocket Science »
6. Foo Fighters – « Have a Cigar » (reprisedes Pink Floyd)
7. Chris Cornell– « Mission 2000 »
8. Godsmack– « Goin’ Down »
9. Uncle Kracker– « What U Lookin’ At? »
10. Apartment 26– « Backwards »
11. Diffuser– « Karma »
12. Buckcherry– « Alone »
13. Tinfed– « Immune »
14. Powderfinger– « My Kind of Scene »
15. Tori Amos– « Carnival »
16. Hans Zimmer– « Nyah »
17. Hans Zimmer– « Injection »
18. Zap Mama– « Iko Iko »
Compositions originales de Hans Zimmer
1. « Hijack » (4:09)
2. « Seville » (feat. Lisa Gerrard) (4:32)
3. « Nyah » (2:20)
4. « Mission: Impossible Theme » (Lalo Schifrin) (0:39)
5. « The Heist » (2:22)
6. « Ambrose » (2:37)
7. « Bio-Techno » (1:42)
8. « Injection » (feat. Lisa Gerrard) (4:49)
9. « Bare Island » (5:30)
10. « Chimera » (1:42)
11. « The Bait » (1:00)
12. « Mano a Mano » (feat. Lisa Gerrard) (4:22)
13. « Mission: Accomplished » (1:44)
14. « Nyah and Ethan » (5:05)
Mission : Impossible 3 (2006) J.J.Abrams
Jamais deux sans trois. Avant J.J.Abrams, Mission : Impossible 3 devait être confié à David Fincher pour une sortie à l’été 2004. Mais le projet est confié à Joe Carnahan (Narc) qu’il développe sur plus d’un an. Tom Cruise ayant le dernier mot, fait appel au showrunner d’Alias qui l’a subjugué. Kenneth Branagh, Carrie-Anne Moss et Scarlett Johansson devaient tenir un rôle, tout comme Thandie Newton devait reprendre son rôle, mais la production est retardée, car J.J. Abrams doit tenir ses engagements sur Lost. Ce qui laisse le champ libre donc pour Tom Cruise de tourner avec Spielberg pour La Guerre des Monde. A la reprise, Scarlett a d’autres obligations auprès de Woody Allen et Hugh Jackman (Scoop) tout comme Carrie-Anne Moss avec la fraterie Wachowski (Matrix).
Longtemps influencé par l’oeuvre de Spielberg et Star Wars pour qui le jeune réalisateur voue un culte sans nom, les influences de J.J. Abrams se tourneront donc vers des œuvres qui l’ont marqué, comme E.T. ou Poltergeist. Il compose également avec son ami Michael Giacchino les thèmes d’Alias, Lostet Fringe.
Parmi les musiques additionnelles : le rappeur Kanye West chante avec Keisha Cole feat. Twista un titre rap aux sonorités dancehall/raggae/funk qui fleurissent dans ces années 2000 (Sean Paul, Justin Timberlake, Timbaland…). On peut écouter « Impossible » sur les crédits de fin.
Concernant la composition de Giacchino, l’utilisation du piano, déjà fréquente dans la série, apporte une plus-value presque artisanale, renforçant le mystère sur l’action, la sensibilité sur l’émotion. La composition est assez complète et le titre 11 mélange à la fois les cordes stridentes de l’univers de l’horreur au vents puissants et tambours battants de celui du péplum. On assiste à une tentative d’harmonisation entre l’intime et le grandiose. Le film d’espionnage n’est pas qu’une simple histoire de vengeance et de sauvetage sur l’être aimé, mais d’un travail d’équipe spectaculaire qui ne laisse personne insensible. Je ne parle que de la bande son, mon opinion sur la mise en scène est relativement différente. Le désir de contraste et de nuances est évident, les références multiples. Je m’abstiendrais de tout commentaire, ignorant les influences précises sur certaines chansons. La plus construite reste pour moi la 14 « World’s Worst Late 4 Minutes To Live » dans laquelle différentes couleurs auditives composent un ensemble harmonique et efficace en terme d’émotions (les grincements de violon introductifs aident peut-être aussi). Notons que sur une minute, seul le piano démarre la piste suivante, isolant l’émotion pour la reprendre symphoniquement sans grande réussite par la suite. La chaleur générale un peu surfaite de cet album contribue à l’aspect télévisuel, mais de qualité, de ce troisième volet.
Liste des titres composés par Michael Giacchino
1. « MI Theme » (0:51)
2. « Factory Rescue » (4:14)
3. « Evacuation » (2:46)
4. « Helluvacopter Chase » (3:15)
5. « Special Agent Lindsey Farris » (2:46)
6. « Ethan and Julia » (1:24)
7. « Humpty Dumpty Sat On a Wall » (5:55)
8. « Masking Agent » (3:41)
9. « Voice Capture » (2:41)
10. « See You In The Sewer » (1:45)
11. « Davian’s Brought In » (2:06)
12. »Bridge Battle » (4:13)
13. « Davian Gets The Girl » (2:44)
14. « IMF Escape » (2:44)
15. « Disguise The Limit » (3:24)
16. « Shang Way High » (3:39)
17. « The Chutist » (1:59)
18. « Hunting For Jules » (3:55)
19. « World’s Worst Last 4 Minutes To Live » (4:11)
20. « Reparations » (3:36)
21. « Schifrin and Variations » (3:04)
Malgré les recettes « décevante » du troisième, la Paramount Picture a à cœur de sortir un quatrième opus. J.J. Abrams, trop occupé, refuse un peu à contrecœur la mise en scène, mais se joint à Cruise pour le produire. On retrouve Simon Pegg dans le rôle de l’agent Dunn, un peu étourdi, à l’image des personnages comiques qu’il a l’habitude de jouer. Jérémie Renner rejoint le casting sous les traits de l’agent Brandt, personnage créé pour pallier à un éventuel départ de l’acteur principal. Paula Patton remplace Maggie Q, troisième agent féminin typée (après zimbabwéenne et hawaïenne, afro-américaine). Brad Bird (Tomorrowland), ayant fait ses preuves dans l’animation avec Le Géant de Fer, Les Indestructibles et Ratatouille, se voit confier la réalisation. C’est un ami de J.J.Abrams et Michael Giacchino. Ce dernier compose encore la bande son de Ghost Protocol en exploitant plusieurs fois le thème original et « The Plot » de Lalo Schifrin.
https://www.youtube.com/watch?v=ZhLZUUazqB8
Retour au source et profond respect ou facilité de composition ? A la lecture de la tracklist de Giacchino, on aurait du mal à se positionner, bien que le curseur penche vers le premier. La sensibilité du cinéaste en terme de rythme et d’images animées (car oui penser « animé Pixar », c’est penser « efficacité ») participe-t-elle à une éventuelle différence de ton ou d’intensité par rapport aux précédents de la saga ? Ma réponse est, sans hésité, affirmative.
Giacchino a eu le temps de faire davantage ses preuves depuis son Emmy Award pour la bande son de Lost en 2005. Après un Grammy pour Ratatouille et des compositions pour des jeux vidéo tels que Call of Duty et Medal of Honnor, il rafle un Golden Globe, un BAFTA, un Grammy et surtout un Oscar pour la chanson « Married Life » et implicitement sa composition dans Là-haut des studios Pixar en 2010. Il a acquis au début de cette nouvelle décennie une reconnaissance planétaire. Ne mentionnons même pas Vice versa qui est très bien parti pour gagner toutes les récompenses à la rentrée prochaine. (Je me garderai sur la référence principal au jazzman Jerry Martin qui a composé la musique des Sims…) Qu’en est-il donc de ses compositions sur le 4ème opus ?
Commençons par la fin en nous replongeant dans la musique des crédits défilants. Si la plupart des spectateurs sont déjà parti avant même que les premiers noms apparaissent à l’écran, il n’en reste pas moins un excellent résumé de l’univers musical du film.
https://www.youtube.com/watch?v=QIa3iBqjcPA
En reprenant « Kremlin with Antipation » ou « Mumbai’s the Word », on a un vite aperçu d’une certaine ampleur. Un choeur masculin russe suffit à nous plonger au cœur de la forteresse du Kremlin de Moscou ou nous donner l’impression de défiler sur la place rouge. Si l’effet fonctionne par association d’idées et surtout de stéréotypes auditifs. « A Man, A Plan, A Code, Dubai » n’est pas loin de la musique de John Williams lorsqu’il compose pour Indiana Jones en nous faisant voyager en plein désert égyptien. Le Moyen-Orient résonne dans nos oreilles, car par habitude on associe cette élan de percu, cordes et vents aux mélodies orientales et rythmes indiens. Des univers distincts recomposés donc pour donner cœur aux cascades époustouflantes. Si l’on rajoute les musiques additionnelles raggae, disco ou classique, on obtient un ensemble presque total qui était cher à Wagner et le romantisme allemand, mais ceci est un autre débat. De là à affirmer que le 4ème film de la saga est une œuvre d’art total… Brad Bird réussit néanmoins à équilibrer avec efficacité spectacle, émotion, humour et espionnage high-tech que seul De Palma avait réunit 15 ans auparavant. Ghost Protocol reste à ce jour mon préféré de la saga.
Liste des titres composés par Michael Giacchino
1. « Give Her My Budapest » (1:57)
2. « Light the Fuse One » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (2:01)
3. « Knife to a Gun Fight » (3:42)
4. « In Russia, Phone Dials You »(Contient le « Mission: Impossible Theme » et « The Plot » Lalo Schifrin) (1:40)
5. « Kremlin with Anticipation » (Contient le « Mission: Impossible Theme » et « The Plot » Lalo Schifrin) (4:12)
6. « From Russia with Love » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (3:37)
7. « Ghost Protocol » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (4:58)
8. « Railcar Rundown » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (1:11)
9. « Hendricks’ Manifesto » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (3:17)
10. « A Man, A Plan, A Code, Dubai » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (2:44)
11. « Love the Glove » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (3:44)
12. « The Express Elevator » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (2:31)
13. « Mission Impersonatable » (3:55)
14. « Moreau Trouble Than She’s Worth » (6:44)
15. « Out for a Run » (3:54)
16. « Eye of the Wistrom » (1:05)
17. « Mood India » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (4:28)
18. « Mumbai’s the Word » (7:14)
19. « Launch Is on Hendricks » (2:22)
20. « World’s Worst Parking Valet » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (5:03)
21. « Putting the Miss in Mission » (Contient le « Mission: Impossible Theme » de Lalo Schifrin) (5:19)
22. « Mission: Impossible Theme » (Out with a Bang Version) (0:53)
Musique additionnelles
1. « Come Into My Life » Jimmy Cliff
2. « Song 5000 » J. J. Abrams
3. « Back Door Santa » The Black Crowes
4. « Best of My Love » The Emotions
5. « A Sunday Kind of Love » Etta James
6. « Tell Me Something Good » Rufus and Chaka Khan
7. « Groksploitation » Thomas Dolby and J. J. Abrams
8. « The Plot » Lalo Shifrin
9. « String Quartet No. 4, Op. 18, No. 4 in C minor » Ludwig van Beethoven
10. « String Quartet in B Major, Op. 1, No. 1 (La Chasse) » Joseph Haydn
11. « We Are Family » Sister Sledge
12. « Impossible » Kanye West
Mission : Impossible Rogue Nation (2015) Christopher McQuarrie
Pour ce 5ème et dernier à ce jour, les studio souhaite le retour de Brad Bird et c’est bien compréhensible, mais la roue tourne facilement à Hollywood, et depuis le début de ce dossier, même avant la lecture, ce n’est pas une surprise! A l’écriture, un scénariste familier de l’univers de super héros depuis sa série comique sur ITV2 (No Heroics), puisqu’embauché par Marvel pour écrire Iron Man 3, j’ai nommé Drew Pearce. A la réalisation, Christopher McQuarrie, qui a déjà dirigé Tom Cruise dans l’adaptation des romans de Lee Child, Jack Reacher en 2012. L’acteur devait participer à une autre adaptation de série d’espionnage, The Man from U.N.C.L.E. (Agents très spéciaux) par Guy Ritchie, mais il a avoué préférer se tourner sur ce qu’il soutient depuis 1996 donc, la franchise Mission Impossible.
Le copinage est une chose qui se fait régulièrement dans l’industrie cinématographique et je ne vous apprends, une fois de plus, rien, je l’espère. Joe Kraemer, qui a composé sur Jack Reacher, est aux commandes musicales de ce 5ème opus. On peut dès la scène d’ouverture, certes impressionnante se rendre compte d’une nouvelle version du thème. « The A400 » propose une variation symphonique qui monte en puissance sur plus de 6 minutes.
https://www.youtube.com/watch?v=9dxFJLKEeP0
L’exercice de recontextualiser géographiquement la musique est moins précis. C’est ainsi que « Havana to Vienna » et « Morocco Pursuit » manquent de profondeur, d’âme je dirais même plus. Si la bande son de Giacchino participait efficacement au voyage, celle de Kraemer ne fait que copier d’autres stéréotypes déjà entendus dans des films d’action qui avaient plus de cachet. Je ne parlerais pas du manque de crédibilité pourtant nécessaire à l’adhésion du spectateur ni d’un manque cruel de suspense qui cumule les incongruités pour tenir en haleine, mais l’univers musical est ici indistinct et pourrait s’articuler sur n’importe quel Taken ou blockbuster estival. Commencer la saga en 2015 pourrait convenir pour n’importe quel néophyte et les attentes satisfaites : courses poursuites en moto, explosions et infiltration dans une base militaire, opération en coulisse d’un opéra à Vienne, tambours et symphonie puissante… Les ingrédients sont présents, mais figure une amère impression de déjà vu si l’on a suit la franchise dès ses débuts. Quelques élans élégants sont amorcés*, mais sont vite avortés, limitant la bande son de manière putassière à un ersatz oscillant entre hystérie et fausse pudeur, entre space opera et teen action movie.
https://www.youtube.com/watch?v=moMFil8t4mw
(* »Audience With the Prime Minister » à la 55′ par exemple)
Il faut pourtant noter avec une certaine admiration que trois des pistes (la 4, 13 et 19) insère un air de ténor bien célèbre tiré l’opéra Turandot de Giacomo Puccini, Nessun dorma. « Finale and Curtain Call » conclut en apothéose cependant l’OST de Kraemer. Aucune musiques additionnelles ne semblent avoir été rajoutées. Autosuffisance ou besoin d’unifier ? La critique est ouverte…
Liste des titres composés par Joe Kraemer
1. « The A400 » (6:38)
2. « Solomon Lane » (4:08)
3. « Good Evening, Mr. Hunt » (2:35)
4. « Escape to Danger » (2:46)
5. « Havana to Vienna » (5:13)
6. « A Flight at the Opera » (2:23)
7. « The Syndicate » (3:44)
8. « The Plan » (3:21)
9. « It’s Impossible » (CD Exclusive Track) (1:23)
10. « The Torus » (7:02)
11. « Morocco Pursuit » (2:29)
12. « Grave Consequences » (4:12)
13. « A Matter of Going » (5:05)
14. « The Blenheim Sequence » (4:00)
15. « Audience with the Prime Minister » (4:23)
16. « This is the End, Mr. Hunt » (CD Exclusive Track) (3:48)
17. « A Foggy Night in London » (2:10)
18. « Meet the IMF » (1:47)
19. « Finale and Curtain Call »
Récapitulons cette étude semi-approfondie : Danny Elfman se calque sur un cahier des charges en proposant quelques variations épiques qui lui sont propres, entre grandiose forain et sombre atmosphère, mais cette dernière est imprécise. Le premier film se limite donc à un film d’espionnage psychologique intéressant, mais j’aurais préféré personnellement les compositions d’Alan Silvestri, plus directes et définies. Le deuxième est plus difficile à situer. Beaucoup disent que c’est celui qui a le plus mal vieilli et c’est en effet exact. Hans Zimmer, en composant d’urgence, a mal défini sa bande son, entre chansons de geste romantiques (John Woo admirait l’oeuvre de Jacques Demy) et virage hard/metal rock qui participe au tempérament de feu, de rébellion du personnage principal. Le troisième se recentre sur un film d’espionnage à la Splinter Cell (flares bleus aussi omniprésent dans Super 8 entre autre) et sur des intérêts matrimoniaux top secret, que l’on trouvait déjà au cœur d’Alias : ne pas tenir au courant son conjoint (ou sa conjointe) de ses activités de peur qu’il ou elle ne disparaisse. J.J.Abrams a du être terrorisé par le mythe d’Orphée et Eurydice ! La bande son de Giacchino ne parvient qu’irrégulièrement à se démarquer de ses prédécesseur, peut-être par manque d’expérience. Sûrement, car au 4ème, il parvient l’objectif de nous transporter. La 5ème composition originale, en proie à des préoccupation entre opéra et entertainment aux schémas répétitifs, se positionne sur la même lignée des nombreux compositeurs de cette génération qui peine à sortir leur épingle du jeu. Si « l’artiste » ne se définit pas clairement en nous proposant un univers singulier, je doute que l’on retienne son nom à l’avenir comme on retiendra Williams, Horner, Zimmer, Elfman, Morricone, Desplats, Howard, Shore, Cosma, Newman… Schifrin et maintenant Giacchino.
Dito Montiel commence sa carrière de réalisateur en adaptant en 2006 son roman autobiographique Il était une fois dans le Queens (A Guide to Recognizing Your Saints), au casting impressionnant. Shia LaBoeuf interprète le jeune Dito qui tente de tirer son épingle du jeu dans un environnement brutal et testostéroné. Robert Downey Jr. pour le jeune homme devenu adulte (étrange choix, car la ressemblance est nulle entre les deux acteurs), Rosario Dawson, Channing Tatum et Chazz Palminteri, au physique de l’emploi et familier des films de mafieux, pour le père. Récompensé à Sundance et à Venise, le réalisateur a la chance de pouvoir réaliser 3 autres films toujours relativement fidèle à sa propre enfance dans le Queens et à la distribution de haute volée : Fighting en 2009 avec Tatum encore et Terrence Howard, The Son of No One en 2011 avec Al Pacino, Juliette Binoche, Ray Liotta… et Empire State en 2013 avec Liam Hemsworth, Dwayne Johnson, Emma Roberts. Le virage vers le drame sera concrétisé avec le quatrième film sorti sur les écrans américains le 10 juillet 2015 et un des derniers du regretté Robin Williams (avec Absolutely Anything), Boulevard. Si jusqu’à ce jour, le cinéaste se focalisait sur les faux semblants, la violence et le crime organisé, il se tourne vers l’intime et une amitié homo-érotique. Un an après la mort de l’acteur multi-récompensé au talent qui n’est plus à contredire, assiste-t-on ici à un film sensible, de haute qualité ou à un exercice de style lent et creux ? La réponse se situe entre les deux.
« Il n’y a pas d’âge pour faire marcher arrière » lit-on sur l’affiche réalisé par la distribution américaine. Boulevard a pâti d’un manque cruel de soutien financier et ne sera probablement jamais disponible en France. Heureusement que Zelig Films Distribution a pris le risque de nous le faire découvrir. Il a coûté $27 000 pour rapporter $42 000 aux Etats-Unis. Le quatrième film de Dito Montiel n’a « probablement » pas été écrit dans le but de gagner le moindre centime. Il arrive des miracles de ce genre où le simple objectif de faire réfléchir et frapper les consciences suffit à déplacer des montagnes pour réaliser un film intimiste de qualité. Pour ce dernier qualificatif, il suffit de chercher du côté du casting. Le jeu de Robin Williams, entre cabotinage pincé et regard inexpressif, participe à l’apathie de son personnage qui évolue sensiblement jusqu’à transpercer l’écran d’une émotion la plus pure qu’elle soit. La mise en scène, bien qu’un peu trop visible, tente de sublimer le propos, malheureusement sabré au bout d’1h20, avec plus ou moins de tact. Comme si un plan pouvait suffire à résoudre et conclure la narration. La composition est travaillée (médiane à partir d’une chevelure de secrétaire médicale d’un certain âge, isolement dans le mouvement, plongée écrasante…) mais guère discrète. On assisterait presque à un exercice. Une impression d’inachèvement persiste, malgré une écriture soignée. Bob Odenkirk remplit son rôle de meilleur ami sans grand effort, mais sa réplique clin-d’oeil à Breaking Bad est savoureuse (quand il rend visite à Nolan à la banque), Kathy Baker (Emmys et Golden Globe pour Un drôle de shérif en 1994) accompagne Robin Williams dans cette montée subtile et ce mariage de convenance, dont le verni craque maladroitement comme par excès de pudeur de la part du réalisateur, et Roberto Aguire (Struck by Lightning) sort la tête de l’eau avec brio, certainement par manque d’expérience.
Les moments de solitude de Nolan font partie de son quotidien : trajets voiture sur des sonorités électroniques à la Cliff Martinez (Drive oui!), visite à un père muet, journées identiques dans la banque du quartier et même en compagnie de sa femme que l’on croit alitée la première fois qu’on la voit. Les fondus au noir, agissant comme des caresses, des voiles couvrant le regard, participe à la fausse pudeur… Dito Montiel tente d’aborder un sujet délicat, délicatement, avec toute la délicatesse que cela requiert, mais un paradoxe subsiste. Celui de nous laisser croire à cette histoire suivie en route, comme si elle défilait devant nos yeux sans que l’on puisse agir sur celle-ci, cette tranche de vie décisive bien réelle, mais contrariée par un besoin pressant de poésie sommes toute superficielle. Le coming out à 60 ans est lourd à porter, d’autant plus après une vie conjugale basée sur des « mensonges », alors pourquoi la crème paraît allégée ? Des fulgurances surgissent comme des bulles à savon : à savoir la dernière dispute conjugale avant la résolution et le point d’acmé sur la relation « financière » entre le jeune Léo et Nolan sur le parking de la banque. Le reste approche régulièrement du stéréotype, annonce au père mourant, épouse esseulée, promotion morte-née. Sans compter les nombreux flous dus à une pitoyable mise au point. L’équipe technique était loin d’être réduite à en croire les crédits défilants pourtant, mais ont du travailler bénévolement ! Alors soit l’intérêt de base est réduite par le manque de résolution possible, soit le traitement ne convient pas au talent des acteurs qui portent à bout de bras ce fragile équilibre entre intime/poésie et volonté politique de raconter la dure réalité d’homosexuels qui ne se sont jamais assumés. La puissance tient en grande partie de l’état psychologique de Robin Williams, à ce jour déjà affaibli par une dépression grandissante et ça c’est terrible à dire ! Alors trop long ou trop court les avis restent partagés.
Synopsis : Bien qu’il vive dans un mariage de convenance, Nolan Mack reste pourtant un mari dévoué. Cependant, ses secrets les plus cachés vont resurgir lorsqu’il va croiser la route d’un certain Leo.
Boulevard : Bande-annonce
Boulevard : Fiche Technique
Réalisation : Dito Montiel
Scénario : Douglas Soesbe
Interprétation : Robin Williams (Nolan), Kathy Baker (Joy), Roberto Aguire (Leo), Giles Matthey (Eddie), Eléonore Hendricks (Patty) et Bob Odenkirk (Winston).
Photographie : Chung-hoon Chung
Costumes : Carlos Rosario
Présence en festival : Tribeca Film Festival de New York
Durée : 88 minutes
Genre : Drame
Sortie en France : 18 mai 2016
Etats-Unis – 2014
Liste des titres entendus
« Do With the Rain » David Wittman performed by The Bay Cities Trio
« The Grandmaster Flash » Charlie Girl
« Trumped Ballad Rain » Jared Gutstadt & Charles Patierno performed by Carlton Banksy
« Another You » Michael Sherwood
« Didnt’t Our Love Blow Your Mind » Charlie Girl
« Boss Up Bossa » David Wittman performed by The Bay Cities Trio
« Goodbye Joy » Charlie Girl performed by Jimmy Haun
Festival de Deauville 2015 : Robert Pattinson, Elizabeth Olsen, Keanu Reeves….
Les noms n’en finissaient plus de tomber pour garnir les hommages rendus par la 41eme edition du festival du cinéma américain de Deauville (4 au 13 septembre), en effet on apprenait que la terre du milieu sera bien représentée, avec la présence de Ian Mckellen (gandalf), et Orlondo Bloom (Legolas), Mais aussi une retrospective sur le mythique Orson Wells, et la présentation en avant-première du prochain film du presque aussi influent Terrence Mallick: knigt of Cupsavec Christian Bale, Natalie Portman et Cate Blanchett sera diffusé à cette occasion... Deauville accueillera également Keanu Reeves (Matrix), Patricia Clarkson (Whatever Works), Lawrence Bender, et l’explosif Michael Bay (« Bad Boys », « The Rock », « No Pain, No Gain » et la saga « Transformers« ). Le réalisateur présentera aussi en avant-première son nouveau long métrage, intitulé « 13 Hours: The Secret Soldiers of Benghazi » Autant dire qu il fera bon d’être sur le remblais normand début septembre !
On découvre aujourd’hui la liste complet du jury présidé par Benoit Jacquot; un jury paritaire et équilibré dans les professions représentées, puisque l’on y retrouve le réalisateur Pascal BONITZER, la réalisatrice scénariste Sophie FILLIERES, le comédien Louis do LENCQUESAING, les comédiennes Marie GILLAIN et Louise BOURGUOIN, l’actrice et metteur en scène Marthe KELLER, ainsi que le directeur de la photographie Julien HIRSCH, et l’écrivain Marc DUGAIN.
De même que ceux qui vont juger, ceux qui le seront ce sont dévoilés; on comptera une liste de 14 films en compétition;
99 Homes de Ramin BAHRAMI
Babysitter de Morgan KRANTZ
Les chansons que mes frères m’ont apprises de Chloe Zhao
Cop Car de Jon WATTS
Day out of days de Zoe CASSAVETES
I smile back de Adam SALKY
Dixieland de Hank BEDFORD
Dope de Rick FUMUYIWA
Emelie de Micheal THELIN
Green Room de Jeremy SAULNER
James White de Josh MOND
Krisha de Trey Edward SCHULTZ
Madame Bovary de Sophie BARTHES
Tangerine de Sean BAKER Film d’ouverture
Everest (Baltasar Kormákur)
Longs métrages – Compétition Knock Knock (Eli Roth)
Premières – Hors compétition Knight of Cups (Terrence Malick) Jamais entre amis (Leslye Headland) Crazy Amy (Judd Apatow)
Chosen est une série tournée pour le web, pour le site Crackle, créée par Ben Ketai, qui avait déjà fait auparavant une mini-série intitulée 30 Jours de nuit.
Compte à rebours
Le format de Chosen est intéressant : chaque saison est constituée de six épisodes de 20 minutes. Cela correspond à un film de deux heures et permet de maintenir un rythme très rapide. Ce rythme quasi-frénétique parfois colle bien au propos : les personnages doivent accomplir leur mission en un temps limité et, comme dans 24 Heures Chrono, le rappel régulier du temps écoulé permet de maintenir le suspens. D’ailleurs, le titre de la série s’affiche à l’écran sous la forme d’une heure : CH :OS :EN.
Le Jeu
La première saison s’attache donc au personnage d’Ian Mitchell, pris sans le vouloir dans un jeu absurde. Car, apprend-on assez vite, tout ce qui arrive n’est qu’un jeu cruel dicté par Les Veilleurs, groupe de personnes anonymes hyper-riches et qui, pour tromper leur ennui, décident de ce manipuler des gens qu’ils ne connaissent pas et de les emmener à s’entre-tuer. Cela renforce encore le caractère horrible de ce qui arrive : les tortures et les souffrances affligées ne constituent qu’un jeu pour privilégiés en manque de divertissements.
Cet aspect « jeu » n’est pas sans rappeler The Game, le film de David Fincher, par son mélange de cauchemar et d’absurde.
Cela permet, de façon assez brillante, de faire une mise en abyme du cinéma d’action en général, où des gens s’entre-tuent sur grand écran pour notre divertissement, et de nous interroger sur nos motivations profondes face à la violence représentée au cinéma et à la télévision. En quoi assister à de la violence peut-elle constituer un passe-temps ? La morale et la paranoïa
Bien entendu, la question de la morale prend une place importante. Tuer quelqu’un est contraire à la morale et à toute l’éducation que l’on reçoit. Mais Les Veilleurs savent se faire obéir, et Ian Mitchell va vite être confronté à un dilemme terrible : tuer un inconnu ou laisser mourir sa fille.
L’essentiel de la première saison passe donc dans les tergiversations d’Ian et dans ses tentatives pour échapper au « jeu », dans un contexte de plus en plus tendu. Le suspense et l’action sont très présents et le spectateur a l’impression de s’enfoncer dans un cauchemar en même temps que le personnage. La réalisation reste constamment très proche d’Ian, avec quantité de gros plans sur son visage pour nous faire partager ses émotions.
Le cauchemar est d’autant plus important qu’on a, progressivement, l’impression que les Veilleurs maîtrisent tout. Une fois dans le « jeu », il est impossible d’en sortir. On veut faire appel à la police ? On tombe sur les Veilleurs. On veut appeler un ami ? Les Veilleurs contrôlent les lignes téléphoniques. On veut s’enfuir ? Les Veilleurs vous voient à travers les caméras de surveillance et vous suivent par le GPS de votre voiture. Les Veilleurs contrôlent tout, depuis votre webcam jusqu’à vos amis (sans parler des caméras installés dans votre système de ventilation).
La paranoïa fonctionne vite : on se méfie de chaque personne croisée dans la rue ou dans un bar, de chaque connaissance. Et, une fois de plus, la tension est croissante.
Trois saisons
Le problème potentiel concernait une éventuelle répétition. Une fois la première saison achevée, que pouvait-il se passer ? Sans vouloir dévoiler quoi que ce soit, il faut admettre que la série parvient à se renouveler avec intérêt tout en conservant ce qui assurait la réussite de la première saison. L’arrivée de nouveaux personnages permet de créer des situations plus complexes. La deuxième saison est d’ailleurs meilleure encore que la première. La troisième saison voit arriver Rose McGowan, actrice que l’on avait vu dans la série Charmed ou dans Planète Terreur.
Par contre, il est nécessaire de prévenir que plus on avance dans la série, plus elle devient sanglante et violente.
Mais, dans l’ensemble, Chosen est une bonne série de suspense, un thriller tendu et cauchemardesque qui prend son spectateur aux tripes.
Synopsis : Ian Mitchell, jeune avocat, reçoit une étrange boîte à l’intérieur de laquelle il trouve une arme à feu et une photo. Il a 70 heures pour abattre une personne qu’il ne connaît pas.
Chosen : Fiche Technique
Création : Ben Ketai
Date de création : 2013
Sortie des DVD : 16 septembre 2015
Réalisation : Ben Ketai, Toby Wilkins
Scénario : Ben Ketai, Ryan Lewis, Evan Charnov
Interprétation : Milo Ventimiglia (Ian Mitchell), Nicky Whelan (Laura Mitchell), Caitlin Carmichael (Ellie Mitchell), Chad Michael Murray (Jacob Orr), Rose McGowan (Josie Acosta), Sarah Roemer (Avery)
Photographie : Timothy A. Burton
Décors : Kellie Jo Tinney
Montage : Toby Wilkins, Kevin Armstrong, Daniel Casey, Ben Ketai, Michael Kuge, John Quinn
Production : Ami S. Kim, Tina Pavlides
Sociétés de production : Dissident Pictures, Divide Pictures, Lifeboat Productions, Mesquite Productions
Distribution : Sony
Budget :NR
Genre : thriller
Nombre d’épisodes par saison : 6
Durée d’un épisode : 20’
8ème Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg
Il y a un peu plus d’un mois, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS) annonçait une première vague de films sélectionnés pour cette huitième édition sous le signe de l’enfant dans le cinéma fantastique avec une rétrospective intitulé « Kids in the Dark ». Par la même occasion, on apprenait que le festival serait placé cette année sous le signe de l’enfant dans le cinéma fantastique. Un thème qui sera repris dans une rétrospective intitulée KIDS IN THE DARK, d’où l’inspiration du Village des Damnés sur l’affiche. C’est Enzo G. Castellari (Inglorious Bastards, Sinbad) qui sera donc le Président du Jury de cette édition. Joe Dante (Gremlins, Piranhas, Hurlements) est également attendu puisqu’il sera l’invité d’honneur, s’entretiendra avec Jean-Baptiste Theoret lors d’une masterclass et présentera son dernier film : Burying the Ex. Récemment, l’équipe du festival a dévoilé l’intégralité de tous les longs métrages sélectionnés.
FEFFS 2015 – Voici la programmation finale:
Film d’ouverture :
–Knock Knock de Eli Roth : Deux jeunes femmes débarquent dans la maison d’un homme marié et commencent à détruire méthodiquement sa vie idyllique.
Film de clôture :
–Yakuza Apocalypsede Takashi Miike : Kamiura est un chef Yakuza légendaire. On dit qu’il est immortel, en fait c’est un vampire, un chef Yakuza vampire ! Kageyama est le plus fidèle membre de son clan, mais les autres yakuzas se moquent de lui : sa peau est trop sensible pour être tatouée. Un jour, des hommes arrivent de l’étranger et lui délivrent un ultimatum : Kamiura doit retourner à un syndicat du crime international qu’il a quitté ou mourir. Kamiura refuse et son corps est démembré au terme d’une bagarre féroce. Avant de mourir, Kamiura arrive à mordre Kageyama, lui transmettant ses pouvoirs. A son réveil Kageyama, va se servir de ces pouvoirs pour venger la mort de son chef et combattre ce syndicat international du crime.
Compétition Internationale :
–Crumb de Miguel Llansó : Il s’agit du premier film de science-fiction post-apocalyptique d’Ethiopie. Les héros du film vont s’aventurer dans un périple à travers les magnifiques paysages d’Ethiopie pour atteindre un vaisseau spatial.
–Sweet Home de Rafael Martinez : Une nouvelle approche du genre « Home Invasion ». Dans ce film espagnol, un couple va se retrouver piégé dans un immeuble abandonné alors qu’ils étaient partis pour un dîner en amoureux.
–The Bunker de Nikias Chryssos : Pit Bukowski (remarqué l’an dernier dans Der Samurai) interprète un étudiant qui se retrouve dans une famille plutôt étrange alors qu’il cherche la quiétude d’une chambre isolée pour ses travaux de recherches scientifiques.
–The Corpse of Anna Fritz de Hèctor Hernández Vicens : Une énième variation sur le thème de la nécrophilie pour un thriller macabre bourré de rebondissements.
–The Invitation de Karyn Kusama : La réalisatrice de Jennifer’s body réalise ce thriller horrifique où d’anciens amis, invités à un dîner dans une villa chic des collines de Los Angeles, découvrent que cette invitation prend une sombre tournure.
–They Look Like People de Perry Blackshear : Entre la science-fiction et le film paranoïaque, They Look Like People suivra un personnage persuadé qu’il est entouré d’aliens malveillants, prenant l’apparence d’êtres humains.
–The Woods de Corin Hardy : Une famille déménage dans une forêt en plein cœur des bois irlandais et vont se retrouver en lutte face à des créatures maléfiques à la recherche de sang frais.
–Emelie de Michael Thelin : Les Thompson peuvent enfin profiter d’une soirée en amoureux. Mais leur soirée romantique va être écourtée par la baby-sitter…
–Ni le ciel ni la terrede Clément Cogitore : Afghanistan, 2014. Le capitaine Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de surveillance. Une nuit, des soldats se mettent à disparaître.
–Tagde Sion Sono : Pour une raison qu’elle ignore, Mitsuko est poursuivie par des démons qui l’obligent à voir tous les gens autour d’elle mourir et re-mourir. En tentant de les semer, elle se retrouve propulsée dans différents mondes, retrouvant incessamment les mêmes personnes jouant différents personnages…
–The Survivalist de Stephen Fingleton : Dans un monde post-apocalyptique, un survivant vit reclu profondément dans la forêt. Quand deux femmes à la recherche d’un abri et de nourriture trouve son refuse, il voit son existence menacé.
–When Animal Dreams de Jonas Alexander Arnby : Marie découvre que son corps change. Elle se met à enquêter sur le passé de sa famille. Cela aura de grandes conséquences pour elle et sa famille.
Section Crossovers :
–Applesauce de Onur Tukel : Dans cette comédie noire de et avec Onur Tukel, un quadragénaire essaye de découvrir qui lui envoie des membres de corps humains par courrier, tout en démêlant ses problèmes de couple.
–Night Fare de Julien Seri : Entre Drive et Maniac Cop, Night Fare suit le parcours d’un chauffeur de taxi qui va se venger d’une course qu’on ne lui a pas payé.
–Uncle John de Steven Piet : Un homme âgé au‐dessus de tout soupçon essayant de dissimuler un meurtre commis au sein d’une petite bourgade du Michigan rural.
–Cop Carde Jon Watts : Le shérif véreux d’une petite ville de campagne américaine se lance à la poursuite de deux enfants de 10 ans qui lui ont volé sa voiture…
–Scherzo Diabolico de Adrian Garcia Bogliano :
–The Guest de Adam Wingard : Une famille rencontre un homme qui n’est pas ce qu’il prétend être.
Séances de minuit :
–Ava’s Possessions de Jordan Galland : Nouveau film d’exorcisme dans lequel des personnages ayant été possédés, assistent à des thérapies de groupes.
–Deathgasm de Jason Lei Howden : Comédie gore néo-zélandaise, Deathgasm verra deux adolescents fans de metal réveiller un ancien démon avec de la magie noire. Ils devront réparer leurs erreurs
–Stung de Benny Diez : Des guêpes tueuses mutantes vont venir perturber une Garden Party.
–German Angst de Jörg Buttgereit, Michal Kosakowski et Andreas Marschall : Trois segments, trois réalisateurs, mais un seul fil rouge : l’angoisse allemande.
–Howl de Paul Hyett : Quand les passagers d’un train sont attaqués par une créature, ils devront faire équipe pour survivre jusqu’au matin.
–Tales of Halloweende Darren Lynn Bousman, Axelle Carolyn, Adam Gierasch, Andrew Kasch, Neil Marshall, Lucky McKee, Mike Mendez, Dave Parker, Ryan Schifrin, John Skipp et Paul Solet : Dix histoires are liés ensemble par le thème de la nuit d’Halloween dans les résidences pavillonnaires américaines où les monstres, aliens et autres meurtriers apparaîtront durant une nuit seulement pour terroriser de paisibles résidents.
–Green Inferno de Eli Roth : Un groupe d’étudiants activistes de New York se rend en Amazonie pour protéger une tribu en extinction, mais l’avion s’écrase dans la jungle.
–Turbo Kidde Yoann-Karl Whissell, François Simard et Anouk Whissell : Équipé d’un BMX et de gadgets bricolés, The Kid affronte le tyran local pour sauver le belle Apple.
Documentaires :
–GTFO de Shannon Sun‐Higginson : Un aperçu du quotidien des joueuses de jeux vidéo subissant le sexisme des joueurs alors que les femmes représentent 52% des pratiquants.
–The Visit : An Alien Encounterde Michael Madsen : Le réalisateur d’Into Eternity questionne des scientifiques sur ce qu’il se passerait si un vaisseau extraterrestre se posait sur Terre, en réalisant un film drôle, inquiétant et philosophique à la fois.
–Garuda Power : The Spirit Within de Bastian Meiresonne : Le docu-fiction Garuda Power est le résultat final de plusieurs années de recherche sur les films d’action indonésien ou ce qu’il en reste. Il se concentre sur les films d’action, allant du premier film influencé par les arts martiaux chinois des années 30 jusqu’au succès des deux films The Raid, en passant par les copies des James Bond des années 60, les films inspirés de Bruce Lee et des super-héros de comics des années 70 et de l’age d’or du cinéma indonésien des années 80.
Séance Jeune Public :
–Phantom Boy de Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol : Phantom Boy a 11 ans et 24h pour sauver New York.
Avant-première exceptionnelle :
–Burying the Ex de Joe Dante : Lorsque Max et Evelyn emménagent ensemble, leur quotidien devient vite infernal. Max découvre alors combien sa compagne peut être manipulatrice.
Séance Plein Air : A côté de la Cathédrale de Strasbourg
–Gremlins de Joe Dante (1984) : Un inventeur loufoque doit vendre ses créations pour Noël. Lors d’un séjour à Chinatown, il achète une petite créature à fourrure appelée Mogwaï.
Rétrospective KIDS IN THE DARK :
–L’Autre de Robert Mulligan (1972)
–L’Esprit de la ruche de Victor Erice (1973)
–La Malédiction de Richard Donner (1976)
–La Mauvaise graine de Melvin LeRoy (1956)
–La Nuit du chasseur Charles Laughton (1955)
–Le Village des Damnés de Wolf Rilla (1960)
–Les Innocents de Jack Clayton (1961)
–Les Révoltés de l’an 2000 de Narcisso Ibanez Serrador (1976)
–Sa Majesté des Mouches de Peter Brook (1963)
Toujours situé dans le centre-ville historique de Strasbourg, le festival aura lieu du du 18 au 27 septembre prochain et la rédaction CSM sera bien présente pour vous faire des compte-rendus sur cette programmation alléchante.
L’entame du second film de l’espagnol Carlos Vermut, La niña de fuego, donne immédiatement le ton de cette œuvre très atypique et fascinante.
Bárbara, une fille jeune et très belle, se fait attraper par son prof de Mathématiques en train de passer un petit mot pendant son cours. Elle s’approche sans broncher, le regarde droit dans les yeux, et à la demande insistante du professeur, après un « vous êtes sûr de le vouloir ? », crache son venin : « face de chou est vraiment moche ». Dámian (José Sacristán), le prof de Math, est sidéré, avec comme une douleur qui tord son visage. Il finit par lui demander le papier, mais elle le fait disparaître dans un tour de passe-passe.
Dans cette scène très minimaliste, peu de mouvement de caméra, peu de dialogue. Elle glace déjà le sang par la mise en scène. Sur le bureau de Dámian, les crayons sont alignés impeccablement entre eux, et avec les autres éléments qui s’y trouvent. Le bureau est filmé du dessus, les mains de Bárbara et de Dámian se croisant au dessus de cette nature très morte, des mains froides de ne rien donner et de ne rien recevoir : car la Magical girl du titre original est là, escamotant le fameux petit mot, laissant à jamais Dámian dans le doute et la frustration, dans la vengeance peut-être déjà.
Magical Girl est un sous-genre d’animé japonais, qui comme son nom l’indique, a comme protagoniste une fille qui fait de la magie. Il semblerait pourtant que les filles dans le film de Carlos Vermut n’ont pas trop de super-pouvoirs, elles sont dans la souffrance ; puis à y regarder de plus près, ce sont elles qui mènent le jeu.
D’abord Bárbara (Bárbara Lennie, parfaite dans le rôle d’une femme trouble sous un aspect lisse). On la retrouve jeune femme plus tard, dans un film dont la construction est pourtant loin d’être linéaire. A genoux devant Alfredo son mari, en train de lacer ses chaussures, en train de prendre de multiples cachets qu’il essaie de forcer dans sa gorge, parce qu’elle est une vilaine petite fille dit-il. Mais telle qu’en elle-même, Bárbara retourne la situation d’une simple phrase : «je suis belle, aussi» , des mots qui paralysent Alfredo comme d’autres ont paralysé Dámian en son temps. Barbara souffre manifestement, son troisième œil ne semblant pas lui servir à grand-chose, mais Barbara semble aussi jouir de sa souffrance.
Puis il y a Alicia (Lucía Pollán). Petite fille pâle d’une douzaine d’années, dont on devine très vite qu’elle n’en engrangera pas une de plus : fascinée comme Carlos Vermut lui-même par les anime japonais et la chanson pop qui va avec, Alicia se meurt d’une leucémie. Le cinéaste réussit la gageure d’expurger tout pathos de cette situation, en dessinant une relation forte, ludique et tendre, entre Alicia et son père Luis (Luis Bermejo, étonnant de maîtrise dans la peau d’un personnage que les circonstances amènent à faire un grand écart entre ce qu’il est vraiment et ce qu’il est devenu, ou inversement). Une petite fille qui dans le courrier des auditeurs d’une station locale de radio dit qu’elle adore l’hôpital, car à chaque fois qu’elle s’y réveille, son père est près d’elle (et puis parce que c’est sans doute le moyen d’accepter l’inacceptable). Alicia souffre, mais semble consciente du pouvoir que ça lui donne; Luis va exaucer son vœu le plus cher, posséder la tenue de la magical girl Yukiko, une tenue de designer hors de prix, hors de son possible de professeur au chômage que la récente crise économique espagnole vient de mettre sur le carreau. Alicia est la deuxième magical girl de Vermut.
Les destins de tous ces personnages vont être intelligemment brassés par le cinéaste pour aboutir à un des films les plus intéressants de cette année. Le temps est déconstruit, Le film est comme une pelote qui se dévide par le milieu pour aller ensuite dans toutes les directions. Tel le toréador auquel il fait allusion de manière métaphorique dans son film, Vermut agite le chiffon rouge dans tous les sens, mais sans cesse le film se dérobe à nos yeux…
Ce film nous intrigue et nous dérange, car nous questionne beaucoup. Le hors-champ y règne de différentes manières. Des personnages qui se parlent longuement, derrière une vitre que l’on brûle de franchir pour entendre ce qu’ils disent. Des portes de « donjon » qu’au contraire on ne veut surtout pas passer, tant ce qui s’y passe semble horrifique. Des barreaux de prison qu’on veut garder autour de soi pour des raisons que le spectateur ne connaîtra jamais… Une mise en scène très habile qui nous tient en haleine de bout en bout, avec une photo glaçante, des couleurs froides, une composition léchée, une décoration minimaliste mais signifiante (les habits de Barbara, le luxe de son intérieur, la simplicité de celui de Luis, une réception qui en un seul plan nous permet de savoir à qui on a affaire, …), des éléments qui sont en contraste total avec le chaos des personnages de Carlos Vermut.
Dans son film, Carlos Vermut évoque l’ambiguïté de l’Espagne entre émotion et raison ; il le prouve lui-même avec ce très beau film bâti pour titiller le cerveau du spectateur, mais qui arrive à toucher son cœur par la détresse humaine qui s’y trame…
Synopsis : Bárbara est une belle femme vénéneuse et psychologiquement instable, que son mari tente de contenir. Damiàn n’ose pas sortir de prison de peur de la revoir. Luis veut la faire chanter mais ne réalise pas encore qu’il joue avec le feu. Le trio se retrouve plongé dans un tourbillon de tromperies où la lutte entre la raison et la passion tourne à la guerre des nerfs…
La niña de fuego – Bande annonce
La niña de fuego – Fiche technique
Titre original : Magical girl
Date de sortie : 12 août 2015
Réalisateur : Carlos Vermut
Nationalité : France
Genre : Drame, Thriller
Année : 2014
Durée : 127 min.
Scénario : Carlos Vermut
Interprétation : Bárbara Lennie (Bárbara), José Sacristán (Damián), Lucía Pollán (Alicia), Luis Bermejo (Luis), , Israel Elejalde (Alfredo), Elisabet Gelabert (Ada)
Musique : Alessio Nanni au piano pour la « Gnossienne n°3 » de Erik Satie
Photographie : Santiago Racaj
Montage : Emma Tusell
Producteur : Amadeo Hernández Bueno, Alvaro Portanet Hernández, Manuel Garcia
Maisons de production : Aquí y Allí Films
Televisión Española (TVE), Canal+ España, Sabre Producciones
Distribution (France) : Version Originale/ Condor
Récompenses : Goya 2015 de la meilleure actrice (Bárbara Lennie)
Coquillage d’or du meilleur film & coquillage d’argent du meilleur réalisateur au festival de San Sebastian 2014 (Carlos Vermut)
Prix du Jury jeune au festival du cinéma espagnol de Nantes 2015 (Carlos Vermut)
Budget : NR
Penny Dreadful : échéance et pronostics pour la saison 3
Un nouveau personnage, de la romance dans l’air… Vivement le printemps !
En juillet dernier, les fans ont pu apprécier le dernier épisode de la saison 2 de Penny Dreadfulsur Netflix. Désormais, ils attendent de pied ferme la saison 3, confirmée récemment par John Logan.
Dans une interview pour Entertainment Weekly le 5 juillet, le créateur de Penny Dreadful avait révélé l’apparition de nouveaux personnages, après deux ans d’attente. Ainsi, un nouveau héros de la littérature classique devrait faire son apparition au sein de la série. Rien n’est dit au sujet de ce nouveau « monstre » ni de son interprète mais les rumeurs abondent déjà sur internet sur un probable Dr Jekyll et Mr Hyde.
Lors de cet entretien, Logan avait ajouté que Ethan Chandler (Josh Hartnett) et Miss Ives (Eva Green)allaient vivre une histoire d’amour dans cette saison 3 en précisant qu’ils étaient tous deux des personnages fascinants de par leur posture noire et funeste: « La perspective de ces deux personnages qui brûlent de s’unir et qui essayent de trouver le pardon ou la lumière au milieu des malheurs qui s’abattent sur eux est absolument fascinante. D’autant qu’Eva et Josh sont très bon ensemble. Ils jouent merveilleusement bien. Ils étincellent ensemble. »
Et la saison 4 de Penny Dreadful devrait voir cette romance éclore davantage. Cependant, tant que ces deux-là resteront dans ces conditions obscures et désolantes, leur romance risque d’être bien sombre.
De son côté, MNR daily annonçait le 17 aoûtqu’un autre couple d’enfer était pressenti : Dorian Gray (Reeve Carney) et la sulfureuse sorcière Hecate (Sarah Greene).
Cette nouvelle saison de Penny Dreadful marquera donc un changement notable tant dans les romances que dans les décors. Ainsi John Logan d’ajouter : « Nous devrions sortir des ruelles et des bars du Londres Victorien pour voir un peu plus du monde. »
Quant aux dates de diffusion, Carter Matt, dans son article du 11 août, rapporte les propos récents de David Nevins, directeur des programmes de Showtime. Celui-ci a affirmé que ce n’était « qu’un début » pour la série Penny Dreadful et que les neuf épisodes de la saison 3 devraient arriver sur le petit écran pour Mai 2016. De très longs mois d’attente en perspective pour les fidèles !
Dotée d’un talent unique au sein de sa génération, Amy Winehouse a immédiatement capté l’attention du monde entier. Authentique artiste jazz, elle se servait de ses dons pour l’écriture et l’interprétation afin d’analyser ses propres failles.
Cette combinaison de sincérité à l’état brut et de talent ont donné vie à certaines des chansons les plus populaires de notre époque. Mais l’attention permanente des médias et une vie personnelle compliquée associées à un succès planétaire et un mode de vie instable ont fait de la vie d’Amy Winehouse un château de cartes à l’équilibre précaire.Le grand public a célébré son immense succès tout en jugeant à la hâte ses faiblesses. Ce talent si salvateur pour elle a fini par être la cause même de sa chute. Avec les propres mots d’Amy Winehouse et des images inédites, Asif Kapadia nous raconte l’histoire de cette incroyable artiste, récompensée par six Grammy Awards.
Un talent exceptionnel, un succès phénoménal, un destin tragique: voici résumé en trois étapes le parcours chaotique de la star Amy Winehouse. Comme tout bon biopic qui se respecte, le documentaire qu’en tire Asif Kapadia respecte à la lettre ces préceptes. Il en résulte alors un étrange sentiment de fascination/répulsion. Fascination pour cet enfant des quartiers populaires de Londres, très vite repéré pour sa voix grave et perchée. Sa maturité juvénile et son charisme mutin complètent assez tôt la panoplie de la parfaite célébrité en devenir. Membre du club des 27, elle est comme ses illustres prédécesseurs une écorchée vive qui façonne son art pour mieux résister à des envies de trépassement. Paradoxalement à cette fuite en avant, elle ne cessera jamais d’osciller entre provocation gratuite et candeur de petite fille.
La dualité, bien que mise en avant par le film, reste quelque peu embarrassante. Non pas qu’il réinvente la vie mouvementée de la jeune britannique, la véracité des faits illustrés et des propos captés étant plutôt à mettre à l’actif du documentariste. Ce qui dérange ici tient du fait d’un montage un rien sensationnaliste. Cette alternance de narration dramatique entre avancée chronologique et retour en arrière dénote une sincère envie d’englober une courte mais dense carrière. L’inconvénient est qu’il traîne parfois en longueur à force de trop schématiser. Il finit ainsi par épouser la forme de reportages tape à l’œil, ne retenant principalement que les frasques répétées de l’ange déchue. C’est d’autant plus dommage qu’il insiste par ailleurs fort à propos sur la toxicité reconnue de la médiatisation à outrance. Pour preuve, les passages ou la chanteuse reste très lucide sur la fulgurance incroyable de sa réussite et répète à qui veut l’entendre qu’elle n’est pas armée pour y faire face. Sa musique, puisée dans le jazz des Bobby Womack Chet Baker et autre Milles Davis ainsi que la soul des grandes sœurs Billie Hollyday et Nina Simone, reste profondément confidentielle et ne convient pas à la démesure commerciale des gros labels.
Grave à été l’erreur de vouloir la faire concurrencer Beyonce, Bitney Spears ou Justin Timberlake. De concerts ratés en tournées avortées, le calvaire de la diva ne pouvait se conclure que tragiquement. D’un naturel anxiogène, elle n’a jamais su jouir pleinement de son aura. Les circonstances atténuantes sont nombreuses: mère absente ès l’enfance, père ignoblement mercantile, promoteurs et médias atrocement envahissants, fortes addictions aux drogues dures et à l’alcool. Alors qu’elle tente très laborieusement de se défaire de toutes ses tares, elle rencontre le dénommé Blake qui la maintient dans une dépendance suicidaire. C’est le coup de grâce dont elle n’avait pas besoin. Les amis de toujours et les quelques attaches du milieu musical ont beau jeux de la retenir, rien n’y fait.
Rien de révolutionnaire ne nous est apprit, surtout pour les fans de la première heure, et la redondance explicitée plus haut n’est pas pour nous rassurer. Le portrait, tiré à gros traits, et les violons accordés ne nous y aide pas plus. Quel intérêt reste t’il donc à accorder à cet énième biopic de star meurtrie? celui d’une démarche honnête qui n’entend pas déresponsabiliser la sulfureuse compositrice. Pas plus qu’elle ne cherche à enjoliver la responsabilité d’une époque moderne plus que jamais assoiffée de sang. Janis Joplin, Jimmy Hendrix, ou Jeff Buckley plus tard ont été les malheureux précurseurs d’un machiavélique système. Celui-ci demande toujours plus de starisation et se nourrit de la peopolisation des artistes pour mieux les détruire de l’intérieur. Effrayant, surtout lorsque les responsables de ce marasme continuent d’exercer la même pression librement. D’autant plus glaçant lorsque ce système ne peut exister que par notre indéniable soif de ragots.
Enfin, et c’est peut-être la son plus grand mérite, le film est un merveilleux rappel sur le génie D’Amy. Tellement touchante dans sa vulnérabilité, elle nous émeut aux larmes quand nous la revoyons dans les moments forts de sa vie. Et nous sommes d’autant plus tristes de la voir partir aussi tot, car nous pouvons sans peine imaginer le fol héritage qu’elle aurait laisser dans l’histoire de l’industrie. « O rage, o désespoir« : tel l’adage de ce fameux poème du siècle passé, il nous reste sa musique pour constater le gâchis. Et ne pas oublier le destin funeste de cette étoile filante.
Amy – Bande-annonce
Amy: Fiche Technique
Réalisateur : Asif Kapadia et James Gay-Rees
Montage : Chris KING
Musique : Antonio PINTO
Durée : 127mn
Récompenses : Oscar 2016 du meilleur documentaire
Festival : Festival de Cannes 2015
Genre : Documentaire, Musical
Date de sortie : 08 juillet 2015