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Rusty James, de Francis Ford Coppola, en édition collector Blu Ray + DVD + Livre

Ce mercredi 8 février sort chez la plupart des marchands, Rusty James, film ovni de Francis Ford Coppola, dans une édition remarquablement remasterisée.

Synopsis : Tulsa, Oklahoma. Petite frappe locale, Rusty James rêve d’égaler les exploits de son grand frère, le Motorcycle Boy, légendaire chef de bande qui a choisi de s’éclipser. En son absence, pour être à la hauteur de sa réputation et se tailler la part du lion, Rusty se frotte aux gangs rivaux… Un soir, une rixe tourne mal. Le voyou est gravement blessé et ne doit son salut qu’à l’intervention inattendue de son aîné. Mystérieux et charismatique, le Motorcycle Boy est de retour chez lui…

Ce mercredi 8 février sort chez la majorité des fournisseurs et contrebandiers de films, Rusty James, réalisé par Francis Ford Coppola en 1983 avec Matt Dillon, Mickey Rourke, Dennis Hopper et Diane Lane entre autres… Le film est réédité par Wild Side en deux éditions : un Blu-ray simple, et un coffret collector Blu-ray + DVD + Livre.

Œuvre abstraite pour certains ; vision à la fois brutale et onirique de la jeunesse rebelle américaine pour d’autres, Rusty James (dont le titre original est Rumble Fish) est aussi une odyssée. Multiple même : nous avons d’abord le frère de Rusty, surnommé le « Motorcycle Boy » (brillamment incarné par Mickey Rourke), qui revient chez lui après un long voyage en Californie où il a pu revoir sa mère. Le jeune homme revient à Tulsa, là où il a grandi et où il a été glorifié de « Président » des bagarres de gangs. L’odyssée ne s’arrête pas juste à son retour, le voyage du gaillard est loin d’être fini. Le jeune homme se cherche, tente de devenir celui qu’il aurait voulu être, de devenir l’homme qu’il désire être, tout en essayant de combattre sa persona primitive et vaine de « Motorcycle Boy ». Cet être en puissance est aussi là pour tenter de libérer les Rumble Fishs (littéralement les poissons de combat) de leur aquarium, de manière littérale comme on le verra, mais aussi métaphorique. Il faut bouger les jeunots adeptes de cette mythologie ennuyeuse, vaine, dangereuse et folle sur laquelle reposent les gangs et les bandes. Il faut qu’ils sortent de leur bocal, Tulsa, qu’ils aillent s’amuser, vivre, s’épanouir.

Pour ce faire, le personnage de Rourke doit affronter une deuxième odyssée, frivole, sans réflexion et sanglante, celle de son frère Rusty James ou Russell James (incarné par Matt Dillon) comme l’appelle leur père. Rusty veut retrouver la gloire passée de son frère ; mieux que ça, il veut y accéder.

Ci-dessou : Rusty James en plein combat.

Gladiateur sans honneur des rues, Rusty veut accéder au titre de « président » quand bien même son frère a mis fin aux pratiques des combats lors de son départ. Mais au-delà de ce désir vide, Rusty n’a pas de buts. Souvent il erre dans Tulsa : il va au bar, puis chez sa copine où il s’endort, il lui fait la promesse d’aller à un concert, pour finalement coucher avec une autre fille lors d’une soirée orgiaque. Rusty réfléchit peu, et agit au gré de ses émotions extrêmes. Ne l’énervez pas, car il peut vouloir se battre avec vous sans avoir de prétexte. Le jeune homme est un paumé comme il y en a eu beaucoup et comme on en trouve encore, qui ne savent pas où aller, qui ne rentrent pas dans le cadre scolaire ayant tendance à l’exclure. Dans un des bonus du film, « Making-of à Tulsa », Coppola déclare ceci :

« Dès le tout début, un personnage arrive et dit : « Rusty James, Biff Wilcox dit qu’il va te tuer ». À partir de ce moment-là, jusqu’à la fin (du film), son temps est compté. »

Justement, les errances de Rusty James, qu’elles soient d’ordre géographique, morale ou encore concernant ses activités, ne peuvent le conduire inexorablement que dans une impasse, vers la mort donc. Mais le frère de Rourke, dans sa propre quête, va devoir sauver son frère à deux reprises alors qu’il est blessé et violenté, et une troisième fois en lui ouvrant les yeux et en le faisant sortir de sa dangereuse zone de confort. Le troisième « sauvetage » a lieu en la mort du frère, car Rusty réagira enfin. Quant à leur père – interprété par un Dennis Hopper toujours aussi fou -, il continuera de s’enfoncer dans la tourmente infernale de l’alcool. Certains jeunes honoreront sa mémoire, d’autres avaient déjà commencé leur avancée.

Si, d’après le mot écrit au dos de la jaquette du coffret, le film « semble à des années-lumière de ses fresques les plus célèbres, d’Apocalypse Now à la trilogie du Parrain », Rumble Fish (Rusty James) est un périple mélancolique, déjanté, brillant, d’une vitalité folle et à la mise en scène travaillée, comme seul Coppola en est capable.

Cette œuvre unique est formidablement servie par la remasterisation – toujours soignée – proposée par les éditions Wild Side. Côté bonus, on regrettera un manque de contenu malgré le fait que les éléments proposés sont véritablement intéressants. Mais comme d’habitude, et dans ce cas fort bien heureusement, on retrouve un livre, riche en informations et recherches, sur le film et ses processus créatifs (ainsi que sur Coppola et sa méthode de travail ou encore sur le cinéma sur et pour la jeunesse dans le cadre duquel s’inscrit Rusty James). L’ouvrage écrit spécialement pour cette édition est écrit par la théoricienne du cinéma Adrienne Boutang. Ainsi, malgré un manque de contenu sur le disque (Blu-ray comme DVD), on ne saurait que conseiller cette édition signée Wild Side de ce formidable et surprenant film de Francis Ford Coppola.

Rusty James : Bande-annonce

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Anglais DTS 2.0 & Anglais & Français Dolby

Digital 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h34

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais & Français DTS Master Audio 2.0

Sous-titres : Français – Durée : 1h36

Prix public indicatif :

49,99 Euros le Coffret Blu-ray + DVD+ Livre

19,99 Euros le Blu-ray simple

COMPLÉMENTS

– Commentaire audio de Francis Ford Coppola

– 6 scènes coupées (19’26)

– Making-of à Tulsa (11’43)

– Rusty James au rythme des percussions : le making-of de la bande originale signée Stewart Copeland (11’56)

+ Un livre exclusif de 200 pages sur le film et la genèse, spécialement écrit pour cette édition par Adrienne Boutang, illustré de photos d’archive rares.

Kong – Skull Island : une nouvelle affiche bestiale dévoilée

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Warner semble bien parti pour marcher sur les plantes-bandes du cinéma japonais : la dernière affiche de son Kong – Skull Island semble tout droit sortie du bestiaire des films de la Toho. 

Le film de Jordan Vogt-Roberts ne débarque certes qu’en mars sur nos écrans, mais sa promotion, elle, a d’ores et déjà commencé. Le film, qui relate les aventures d’un contingent de l’armée US et de la firme Monarch (déjà vu dans le Godzilla de Gareth Edwards) partis sur une île du Pacifique Sud chasser le monstre le plus mythique du 7ème art est en effet très présent sur la toile ces derniers temps. Si on s’est réjoui comme jamais à la vue de la première affiche IMAX sentant bien bon la folie d’Apocalypse Now, force est d’admettre que les petits gars du merchandising s’en sont encore donné à cœur joie pour la nouvelle ; cette dernière donnant cette fois-ci le la au Japon, terre mythique sitôt qu’on parle de films de monstres. Et quitte à rendre hommage, autant y aller à fond puisque la nouvelle affiche ne fait pas dans la demie-mesure et laisse transparaître toute l’inspiration qu’a suscité la Toho et les kaiju eiga aux petits gars de la production. 

Des monstres terrifiants, une typo directement empruntée au roi des monstres, des hommes réduits à de minuscules points sur le bas de l’affiche et un titre à s’en faire péter la rétine par sa sauvagerie : pas de doute, on est bien en contact d’un monstre qui va sans doute tout casser  au box-office. Le film a d’ailleurs de solides atouts dans sa manche ; puisque Tom Hiddleston, Brie Larson, Samuel L. Jackson, John Goodman et John C.Reilly se donneront la réplique dans la moiteur extrême du Pacifique Sud. All Hail The King !

Réponse le 8 mars prochain !

Loving, un film de Jeff Nichols : Critique

Avec Loving, Jeff Nichols revient sur une histoire d’amour qui, malgré l’extrème humilité de ses protagonistes, s’est avérée être une date importante dans le combat pour les droits civiles et l’égalité aux Etats-Unis. Ces enjeux à l’échelle nationale sont malheureusement absents de ce mélodrame qui y perd sa force politique.

Synopsis : Etat de Virginie, 1958. Lorsque Mildred apprend à Richard qu’elle est enceinte, ils font le choix d’officialiser leur amour en allant se marier à Washington. Une fois de retour chez eux, ils tombent sous le coup de la loi ségrégationniste, interdisant aux noirs et aux blancs de se marier entre eux, qui les pousse à l’exil. Commence alors un combat de près de dix ans pour les deux époux afin de retourner vivre parmi les leurs.

L’amour comme liberté fondamentale  

C’est à la fois dans la continuité de ses récits où le cocon familial est chaque fois au cœur de l’intrigue et en rupture avec la façon qu’il avait d’y inclure des personnages très nuancés que Loving s’inscrit dans la filmographie de Jeff Nichols. Le film ayant été réalisé dans la foulée de Midnight Special, dans lequel s’est ressentie une très forte influence spielbergienne, il n’est pas étonnant d’imaginer que Nichols ait dès à présent adopté le mode de fonctionnement de son mentor, à savoir l’alternance entre films commerciaux et films à Oscars. C’est parfaitement l’impression que donne la mise en scène épurée avec laquelle le réalisateur a illustré cette histoire vraie. Typiquement le genre d’approche à laquelle on sait que l’Académie des Oscars ne saurait rester insensible. Telle était déjà la constatation faite lors de la présentation du film à Cannes, dont il est toutefois reparti bredouille.

L’effort fait par Nichols pour éviter à son film de sombrer dans le pathos ou le film militant grâce à un style naturaliste d’une extrême sobriété et à une évidente priorité à capter la palette de jeu de ses deux acteurs aboutit à un long-métrage d’un classicisme qui, s’il n’avait pas suscité tant d’émotions, aurait été rédhibitoire. Ce sont donc, d’une part, la beauté des décors ruraux de la première partie, et, d’autre part, la prestation des interprètes qui apportent à l’amour qui lie leurs personnages une force d’une portée universelle. Or, si toutes les images prises du couple dans les vastes étendues du midwest profitent d’une esthétique léchée qui participe au romantisme bucolique de Mildred et Richard, toute la partie axée sur leur vie en ville est d’autant plus désincarnée et illustrative qu’elle est charcutée par des ellipses mal déterminées.

Autre déception de la part d’un réalisateur dont on connait le goût pour la paranoïa, la peur générée par cette discrimination haineuse n’est perceptible que dans quelques scènes. Un manque de tension due à la focalisation du scénario sur les deux amoureux. Ce parti-pris sera d’autant plus criant dans la dernière partie, où les enjeux juridiques sont traités avec une distanciation qui les rend parfaitement accessoires, ce qui représente un terrible manque à gagner quand on sait que se sont justement ces passages devant les tribunaux qui ont fait de l’histoire de Mildred et Richard Loving une victoire dans le long combat pour les droits civiques. Une lutte pour l’égalité par ailleurs symbolisée par ces maisons dont on voit Richard poser brique après brique mais jamais tout à fait terminées. Une belle façon d’indiquer que les américains n’en ont pas fini avec leurs vieux démons hérités de l’esclavagisme.

Mais, incontestablement, la véritable réussite de Loving repose dans le couple d’acteurs en charge du double rôle-titre. L’australien Joel Edgerton, qui a commencé sa carrière américaine par un petit rôle dans la prélogie Star Wars, et déjà présent dans Midnight Special, incarne ici un redneck taiseux auquel il aurait été difficile de s’attacher s’il ne faisait pas preuve d’une parfaite sincérité dans l’amour qu’il dégage envers sa femme. Mais, face à cette figure masculine assez hermétique, c’est Ruth Negga, aperçue dans la série Marvel : Agent of SHIELD et dans Warcraft, le Commencement, qui rend palpable toutes les émotions de ce couple et rend, par extension, leur situation universelle. Et, quand bien même la résignation dont ils font preuve est un frein de plus dans la mise en place d’enjeux cinématographiques et passionnels, leur abnégation l’un envers l’autre apporte à leur parcours une irrésistible tendresse. À noter la présence furtive, presque comme un clin d’œil, de l’acteur fétiche du réalisateur, Michael Shannon en photographe de presse.

Dans un souci d’authenticité qui prendrait à contre-pied le ton mélodramatique et la charge politique propre à la thématique très à la mode de la lutte pour les droits civiques, Jeff Nichols tente de s’y attaquer par le prisme intimiste. Même si le film passera finalement à côté de son sujet, à force de perdre en émotions et en intensité dramatique, il a le mérite de nous faire suivre l’un des plus beaux couples que nous ait offert le cinéma américain ces dernières années.

Loving : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=VG7r0m1ZHd4

Loving : Fiche technique

Réalisation : Jeff Nichols
Scénario : Jeff Nichols
Interprétation : Joel Edgerton (Richard Loving), Ruth Negga (Mildred Loving), Nick Kroll (Bernie Cohen), Marton Csokas (Shérif Brooks), Michael Shannon (Grey Villet), Jon Bass (Phil Hirschkop)…
Photographie : Adam Stone
Montage : Julie Monroe
Producteurs : Marc Turtletaub, Nancy Buirski, Sarah Green, Colin Firth, Ged Doherty, Peter Saraf
Sociétés de production : Big Beach Films, Raindog Films
Distribution (France) : Mars Film
Festival et Récompenses : Sélection Officielle de Cannes 2016
Durée : 123 minutes
Genre : Drame, biopic
Date de sortie : 15 février 2017
Etats-Unis – 2016

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A Cure for Life, un film de Gore Verbinski : Critique

Tandis que vient d’être mise en ligne la bande-annonce du cinquième Pirates des Caraibes et que vient de sortir la suite de Le Cercle, deux franchises initiées par Gore Verbinski, le réalisateur signe avec A Cure for Life un thriller fantastique dont le trailer a su affoler la geekosphère. Le résultat est pourtant loin d’être à la hauteur de cette hype.

Synopsis : Lockhart est un jeune cadre ambitieux travaillant pour une grosse firme financière américaine. Les patrons lui donnent pour mission d’aller rechercher son supérieur en convalescence dans un centre médical dans les Alpes Suisses. Là, il tombe sur une étrange institution dans laquelle il se retrouve malgré lui prisonnier mais dont il ne désespère pas de percer le mystère.

Aquaphobie étouffante

Trois ans et demi après l’échec commercial de Lone Ranger, Gore Verbinski revient et semble libéré des liens qui l’unissaient à la firme aux grandes oreilles. Il conserve tout de même quelques-uns des collaborateurs de cette mauvaise expérience, en particulier son co-scénariste et le chef opérateur. Il apparait pourtant, à la seule vue de la bande-annonce, que le film se dirige, loin des clowneries d’un Johnny Depp cabotin.  Immanquablement, c’est à Shutter Island que l’on pense à la vue de ce bâtiment hospitalier aux méthodes non conventionnelles. Afin de s’éloigner du néo-classique de Scorsese, Verbinski fait le choix de poser son héros avant d’introduire ce décor horrifique. C’est ainsi que son long-métrage s’ouvre sur une plongée asphyxiante dans les bureaux de Wall Street, où le pouvoir angoissant de la photographie très froide fait d’ors et déjà son effet. En revanche, le personnage de  Dane DeHaan n’y est pas caractérisé au-delà de la caricature du jeune carriériste impitoyable, mais surtout un esprit entièrement cartésien. Il ne sera pas davantage défini par la suite, mais ce début laborieux permet d’introduire une sous-intrigue d’émancipation socio-professionnelle annonciatrice d’un certain discours moral et politique… que l’on ne retrouvera que grotesquement bâclée dans la scène de fin.

Dès les premières minutes apparaissent également les premières invraisemblances et autres coïncidences improbables qui ne feront que se multiplier de façon exponentielle au fur et à mesure qu’avancera le scénario. En effet, le manque de réalisme avec lequel nous arrivent les rares rebondissements nous fait vainement espérer un twist qui saurait donner une justification à tout ce qui l’aura précédé. Plutôt que d’installer une trame cohérente ou un suspense pesant autour de l’embrigadement sectaire qui semble régner sur les lieux, c’est uniquement en jouant sur son ambiance glauque et malsaine que Verbinski construit son thriller, ce qui est évidemment loin de pouvoir tenir jusqu’au bout des deux heures et demie qu’il dure.

C’est dans un château gothique reconverti en institut thermal que Gore Verbinski s’amuse à créer une atmosphère fantomatique et hautement malsaine. Mais le rythme inégal et les rebondissements extravagants mettent à plat le suspense qui naît de ces images anxiogènes.

Même si la mise en scène souffre de ne pas jouer sur la tension claustrophobe dans l’enceinte du centre davantage que dans les autres décors, il est impossible de lui nier quelques fulgurances plastiques (dont la plupart ont été aperçues dans la bande-annonce, soit dit en passant) qui donnent à certains passages un véritable univers visuel cauchemardesque. Les couleurs froides dans lesquelles ces images sont filmés et la direction artistique soignée renforcent ce sentiment de ne jamais savoir clairement si l’on se trouve dans la réalité ou dans les hallucinations du jeune héros. Et pourtant, le scénario ne jouera jamais pleinement sur ce trouble. Toute l’intrigue repose uniquement sur le mystère qui entoure ce directeur, ses méthodes de traitement et cette jeune patiente qui semble profiter d’un statut particulier. Incarnée par Mia Goth, qui manque au moins autant de charisme que Dane DeHaan, cette étrange gamine apparait comme la clé de cette histoire qui se voudrait machiavélique.

L’utilisation de l’eau comme leitmotiv horrifique ne fonctionne que grâce à la présence de ces anguilles mangeuses de chair humaine, dont le visuel possède un fort potentiel lovecraftien. Pourtant l’exploitation lourdaude qui en est fait noie littéralement ce pouvoir cauchemardesque en seulement quelques scènes. Ce sera finalement dans certains passages plus gores décrivant frontalement les méthodes médicales, dont une scène de torture dentaire sanguinolente, que l’épouvante sera la plus effective  appuyée chaque fois par une musique lancinante composée par Benjamin Wallfisch (remarqué grâce au récent Dans le noir). Mais même si ces effets en viennent sur le long terme à sembler redondants, il est presque difficile de ne pas se faire surprendre – au plus mauvais sens du terme – par la révélation finale, tant le mauvais goût rocambolesque dans lequel sombre le film dans sa dernière-heure apparait comme inconvenant. Si encore le scénario s’était achevé plus tôt, prenant le risque de ne pas répondre à certaines des questions posées plus tôt, il nous aurait épargné ce happy-end à la niaiserie rédhibitoire. Tant de mauvais choix qui font de ce spectacle pictural un sous-produit sans pertinence. N’est pas Scorsese qui veut.

A Cure for Life : Bande-annonce

A Cure for Life : Fiche technique

Titre original : A cure for wellness
Réalisation : Gore Verbinski
Scénario : Justin Haythe, Gore Verbinski
Interprétation : Dane DeHaan (Lockhart), Mia Goth (Hannah), Jason Isaacs (Volmer), Ivo Nandi (Enrico)…
Photographie : Bojan Bazelli
Montage : Pete Beaudreau, Lance Pereira
Direction artistique : Grant Armstrong, Daniel Chour, Sabine Engelberg, Wolfgang Metschan, Tarnia Nicol
Musique : Benjamin Wallfisch
Producteurs : Gore Verbinski, David Crockett, Arnon Milchan, Christoph Fisser, Henning Molfenter, Charlie Woebcken…
Productions :
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 148 minutes
Genre : Thriller, Horreur
Date de sortie : 15 février 2017

États-Unis – 2017

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Vendredi 13 annulé : Mais pourquoi donc Jason Voorhees a visionné la cassette de Rings ?

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Les craintes du development hell se confirment donc pour le prochain opus de la franchise Vendredi 13. Alors que le tournage devait débuter au mois de Mars, les studios de la Paramount viennent de faire machine arrière. Platinum Dunes et Breck Eisner ne travailleront donc pas finalement sur le treizième opus de la saga Friday the13th.

Jason Voorhees est retenu en enfer par Freddy Krueger et Leatherface suite au visionnage de la cassette maudite de Rings ! Le projet de son grand retour, qui semblait sur de bons rails, suite au début d’annonces de casting et à la mise en place de la phase de pré-production avec un début de tournage prévu pour le mois de Mars 2017, serait en train de couler à pic, au fond du lac du camp de Crystal Lake. La mauvaise nouvelle est tombée en ce lundi 06 février en provenance des Etats-Unis. De nombreuses rédactions outre-Atlantique ont confirmé en ce mardi 7 février que le projet était tué dans l’œuf.

La société Platinum Dunes vient en effet de retirer de ses plannings de sorties le prochain Friday the 13th qui était prévu pour le Vendredi 13 Octobre 2017. Ce retrait aurait pu être considéré comme lié aux difficultés d’un calendrier serré et à un planning difficile à tenir en post-production pour les effets spéciaux. D’après des informations de fridaythe13thfranchise.com, publiées le 7 février, en plus d’être retiré du planning des sorties, le tournage du prochain Vendredi 13 est purement et simplement annulé !

Jason Voorhees semble donc avoir visionné en Enfer la cassette maudite du film Rings qui condamne à mort tous ceux qui ont visionné l’enregistrement maudit au bout de sept jours… A moins que ce soit le chiffre 13 accolé au film prévu pour le mois d’octobre 2017… Cette nouvelle version de la saga Friday the 13th devait revenir en partie sur les origines de Jason avec le personnage de son père notamment, Elias Voorhees. Des explications devaient être apportées également sur les origines du Mal qui sommeillaient en Jason. Le film devait également contenir des scènes avec un Jason masqué de retour au camp de Crystal Lake pour concocter des séquences ponctuées de jump scare avec des ascenseurs émotionnels pour tenter de redonner ses lettres de noblesse au genre du slasher.

Les passionnés de la franchise pourront se rabattre en attendant sur le jeu vidéo de la société GunMedia et IllFonic, toujours prévu pour cette année, mais qui lui aussi a été repoussé afin de permettre aux équipes de livrer un titre de qualité pour les portages sur consoles de salon (Xbox One et PS4).

Selon des revelations de The Hollywood Reporter, cette rumeur est donc bien officiellement confirmée au sein des grands studios américains. Platinum Dunes et Breck Eisner auraient appris dans la journée de lundi l’abandon complet du projet.

La communauté de fans aux USA est encore sous le choc. Manque de chance, nous ne sommes pas un 01er avril ou un vendredi 13. Cette information et ce revirement spectaculaire font partie de la dure loi du marché à Hollywood !

Saw Legacy et le remake de Suspiria devraient donc disposer d’un boulevard à Halloween pour faire fonctionner la cash machine au box-office et récupérer les précieux dollars des teenagers américains en manque de sensations fortes dans les salles obscures et les déçus de l’absence de Vendredi 13.

Le réalisateur américain Harrison Smith serait d’ailleurs bien inspiré de tout tenter pour sortir son film Death House lors de la période d’Halloween suite à ce cataclysme pour les fans d’horreur et la Paramount. A défaut de revoir Jason, les spectateurs américains pourraient retrouver avec ce film de genre indépendant une brochette d’anciennes stars des films d’horreur des années 1980 : Kane Hodder (qui a incarné Jason à quatre reprises), Tony Todd (Candyman), Dee Wallace, Barbara Crampton, Debbie Rochon, Adrienne Barbeau, Bill Moseley, Michael Berryman, Lloyd Kaufman et Sid Haig notamment.

Les studios de la Paramount auraient pris ce choix radical d’annuler le prochain Friday the13th pour des raisons financières. Le paradoxe de la situation, un peu ubuesque, serait lié à un tout autre film. Les explications n’auraient rien à voir avec le projet d’un nouveau Vendredi 13 en lui-même.  Le grand retour du tueur au masque de hockey aurait été soudainement compromis suite à l’accident industriel du tout dernier opus de la saga Rings qui vient de sortir à l’échelle planétaire. L’échec du film Rings en salles et le piratage sur Internet viennent donc d’enterrer le projet d’un retour de Vendredi 13 en salles d’après les informations relayées par les principaux médias américains.

Le budget de Rings avoisinait les  25 millions de dollars. Lors de son tout premier week-end d’exploitation en salles, Rings a seulement récolté 13 millions de dollars au box-office. La production du prochain Vendredi 13 tablait sur un budget de 21 millions de dollars d’après des informations de fridaythe13thfranchise.com. La frilosité des studios et la crainte d’un échec commercial similaire auraient donc purement et simplement contraint la Paramount à annuler le nouveau Vendredi 13 pour des questions budgétaires et pour répondre à une nécessité de procéder à des économies donc.

Ne jamais enterrer définitivement Jason Voorhees !

Les studios Warner Bros – New Line sont susceptibles de récupérer les droits de la licence Vendredi 13 en 2018 d’après certaines rédactions américaines. Le treizième volet de la saga Friday the 13th pourrait donc voir le jour dans les années à venir. Jason Voorhees n’a donc toujours pas réellement déposé son masque de hockey, ni sa machette.

Le grand retour du maître de l’horreur John Carpenter à la production d’un futur épisode terrifiant de la franchise Halloween pourrait relancer la mode des slashers des années 1980 à Hollywood dans les années à venir et redonner ainsi espoir aux nombreux fans de films de genre et de la franchise Vendredi 13.

 

Sneaky Pete, une série de David Shore et Bryan Cranston : Critique saison 1

Après avoir été rejetée par CBS, Sneaky Pete, la série co-produite par Bryan Cranston, a finalement été achetée par Amazon, qui se paye un divertissement sympathique, malgré quelques clichés et grosses ficelles.

“When liars get caught in a lie, they don’t come clean, they build a bigger lie.”*

Après en avoir entendu parler pendant des mois, des années même, Sneaky Pete sort enfin sur Amazon. La série narre la supercherie mise en place par Marius, alias Pete, qui a une semaine pour rembourser les 100 000 dollars qu’il doit à Vince, un patron de casino, autrement ce dernier commence à couper les doigts de son frère. Ce synopsis sérieux donne lieu à une série pêchue, traitée avec beaucoup d’humour et d’optimisme, le tout accompagnée d’une bande-son pop rock vitaminée.

Une légèreté assumée de bout en bout, qui passe notamment par le traitement du méchant, incarné par le grandiose Bryan Cranston (Malcolm, Breaking Bad), qui reste en soit un personnage assez cliché, on pense à son interminable monologue de mafieux qui explique pourquoi il se doit de couper l’orteil d’Eddie (joué par Michael Drayer, vu dans Mr Robot) qui se liquéfie alors de peur. Mais le fait de rester à la surface de ce criminel froid et cruel permet de ne pas donner une atmosphère trop dramatique et sombre à la série, dont la volonté est de rester résolument légère. Même chose en ce qui concerne la famille de Pete, que Marius essaie d’arnaquer, et dont les membres semblent soudés mais qui sont en fait pleins de ressentiments. A chaque fois qu’un drame familial s’apprête à pointer son nez, la série le déjoue et renverse la situation en se cramponnant à son ambiance optimiste. On ne retient alors que les touchants échanges entre Marius et la cousine de Pete, Carly, ou encore sa romance naissante avec Julia, bien qu’elle soit peu développée dans cette première saison. Malheureusement, les grand-parents de Pete resteront antipathiques jusqu’au final.

La série accumule parfois des ressorts dramatiques un peu faciles pour faire monter le suspense, comme la carte d’identité de Marius malencontreusement perdue dans le coffre de son “cousin”, qui sont des scènes qu’on a vu et revu. Et bien que certains éléments auraient gagné à être plus subtils, le tout fonctionne. Et si ça marche c’est avant tout grâce au casting et surtout grâce à la superbe performance de Giovanni Ribisi, l’éternel petit frère de Phoebe dans Friends, qui réussit à donner dès le pilote, une épaisseur à son personnage, auquel on s’attache immédiatement. Et malgré ses mensonges qui ne cessent de s’accumuler, on souhaite toujours voir les choses aller de son côté. Si Sneaky Pete a droit à quelques complications superficielles, elle s’en sort plutôt bien en gardant un récit relativement fluide et facile à suivre sans que l’on se noie dans les sous-intrigues. On notera cependant un milieu de saison un peu long qui se rattrape avec un final énergique, digne d’un film de casse à la Ocean Eleven, avec ses split screen et son rythme dynamique.

*Quand les menteurs se font prendre, ils ne confessent pas, ils construisent un plus gros mensonge.

Sneaky Pete, saison 1 : Bande-annonce

Traqué par l’homme qu’il a trahi, un escroc change d’identité à sa sortie de prison. Ne sachant pas où aller, il prend l’identité de son compagnon de cellule et se rend dans la famille de celui-ci. Tout en donnant le change à ses nouveaux parents, le jeune homme doit trouver un moyen de sauver son jeune frère devenu la cible du gangster qui veut lui mettre la main dessus.

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Sneaky Pete : Fiche Technique

Créateurs : Bryan Cranston, David Shore
Réalisation : Seth Gordon (Ep 1)
Scénario : David Shore (Ep 1)
Interprétation : Giovanni Ribisi (Marcus/Pete), Margo Martindale (Audrey), Peter Gerety (Otto), Marin Ireland (Julia), Libe Barer (Carly), Shane McRay (Taylor), Bryan Cranston (Vince)…
Production : Bryan Cranston, James Degus, David Shore, Graham Yost.
Sociétés de production : Sony Pictures Television, Shore Z Productions
Format : 10 x 48 minutes
Chaîne d’origine : Amazon Video
Première diffusion : Pilote (7 août 2015), saison entière (13 janvier 2017)

Etats-Unis – 2017

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Critique des trois premiers épisodes

Avec sa nouvelle création, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, créée par Mark Hudis, Netflix remet au goût du jour une série de livres jeunesse du même nom, écrite par Daniel Handler, alias Lemony Snicket, et nous donne à voir une adaptation très, voire trop, littérale.

“Look away. This show will wreck your evening (…), every single episode is nothing but dismay.”*

La série nous plonge directement dans un décor aux couleurs éclatantes et aux maisons en carton-pâte, qui n’est pas sans rappeler l’univers de Pushing Daisies. Si on ne peut qu’applaudir la prise de risque, les fonds verts sont tellement évidents et le tout manquant cruellement de subtilité, qu’il nous est difficile de faire abstraction de ce décor qui nous agresse constamment et qui ne cesse de nous pousser hors du récit. L’univers très enfantin est mis en contraste avec le ton résolument pessimiste de la série, qui conte les terribles et injustes mésaventures des pauvres orphelins Baudelaire, créant une ambiance quelque peu burtonienne réjouissante. Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire se veut clairement caustique et décalée, misant sur l’humour noir, mais en vain, puisque le rythme excessivement lourd de la série plombe malheureusement toute tentative d’humour.

Le personnage de Lemony Snicket, interprété par Patrick Warburton, narre les atrocités qui parsèment le chemin des orphelins Baudelaire avec un flegme exquis. Son mélange de mélancolie et de détachement aurait pu apporter au show cet humour cocasse et noir recherché. Cependant son équanimité est contagieuse et la série toute entière semble anesthésiée. Ayant pris la décision d’adapter les romans très fidèlement, la série prend un aspect très, trop, littéraire et nous donne à voir des épisodes au non-rythme soporifique. Les enfants, Klaus et Violette, manquent atrocement de profondeur et de charisme. Et alors que Neil Patrick Harris (le légen- attendez la suite -daire Barney Stinson, dans How I Met Your Mother) nous offre une prestation plus qu’honnête du machiavélique Compte Olaf, le manque de dynamisme du montage casse son jeu et malgré tout l’enthousiasme que l’acteur, friand de ce genre de rôle, met dans son interprétation, il n’en ressort qu’un résultat fade.

Se pose alors la question de l’intérêt d’un tel projet. La série de livres de Daniel Handler avait déjà engendrée un film de Brad Silberling en 2004, avec Jim Carrey. Un Jim Carrey qui pour le coup, donnait au personnage du terrible tuteur des orphelins Baudelaire, une énergie folle et un sadisme délicieux. On est alors en droit de se demander la nécessité de cette série. Les acteurs interprétant les enfants ressemblent comme deux gouttes d’eau à leurs prédécesseurs, de même que le Compte Olaf qui se voit affubler de la même perruque et des mêmes vêtements. Netflix nous avait habitué à de meilleures adaptations avec la réjouissante série Daredevil, qui avait réussit à renouveler l’univers de ce super-héros avec brio. Mais ici, répéter l’histoire une troisième fois, qui plus est avec si peu de renouveau, semble alors redondant et superflu.

*Tirée du générique de la série « Passer votre chemin, cette série va ruiner votre soirée (…), chaque épisode n’est que consternation ».

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, saison 1 : Bande-annonce

Le comte Olaf cherche par les plus vils moyens à dépouiller les trois orphelins Violette, Klaus et Prunille de leur héritage. Les enfants doivent se montrer plus malins que lui, mettre en échec ses plans tordus et le reconnaître sous ses pires déguisements, afin de découvrir la vérité sur le mystérieux décès de leurs parents.

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Fiche Technique

Création : Mark Hudis
Réalisation : Barry Sonnenfeld, Bo Welch, Mark Palansky
Scénario : Daniel Handler, Emily Fox, Joe Tracz, Tatiana Suarez-Pico
Interprétation : Neil Patrick Harris (Compte Olaf), Malina Weissman (Violette), Louis Hynes (Klaus), Presley Smith (Prunille), (Patrick Warburton (Lemony Snicket), K.Todd Freeman (Mr. Arthur Poe)…
Production : Neil Patrick Harris, Tad Safran, John Weber, Cindy Holland, Barry Sonnenfeld, Daniel Handler
Sociétés de production : Sonnenfeld Productions Inc, What Is The Question ?, Paramount Television, Netflix
Pays d’origine : Etats-Unis
Genre : Série d’aventure
Format : 8 x 42-65 minutes
Chaîne d’origine : Netflix
Première diffusion : 13 janvier 2017

Etats-Unis – 2017

Édito : séries, ombres, surprises, et « cinéma doudou »

Édito Cinéma et Séries de Février 2017 :  des premiers décès de l’année aux futurs espoirs, des faux-semblants obscurs à la foi dans le progrès, de la conquête du cinéma doudou jusqu’à la télévision, des critiques aux blogueurs… Bref ! Un texte adressé aux pessimistes et aux optimistes, vers l’infini et l’au-delà.

Ça y est, des étoiles du cinéma nous ont déjà quitté cette année, Emmanuelle Riva (89 ans, ci-dessous) et John Hurt (77 ans, ci-contre) notamment. Les gens pleurent, plus avec des larmes mais avec des smileys tristes sur Facebook. C’est plus rapide, et puis pour partager sa peine – et notamment exposer son humanité -, il n’y a rien de mieux que les réseaux sociaux. Aussi, ça y est, le grand blond avec deux chaussures noires et dont le bronzage du visage est une réponse au titre de la série Orange is the new black est au pouvoir. Aux US, la populace est partagée, comme ici d’ailleurs. Les français sont préoccupés par la politique américaine ainsi que par nos élections arrivantes et de plus en plus excitantes au fil des scandales et des discours populistes. Puis fin janvier, on a eu un nuage de pollution / particules.

On peut déjà lire certains se plaindre d’une année 2017 qui commence mal ou s’annonce pire que 2016. Non désolé. Impossible d’être d’accord avec vous, à vous plaindre derrière vos écrans et vos filtres virtuels comme vous le faites. Chaque année, des gens meurent dans l’oubli, d’autres naissent et nous apportent l’espoir d’un monde meilleur ; des personnes subissent la terreur ici ou ailleurs, car la connerie finie n’a pas de frontières ; des guerres se poursuivent, d’autres se terminent, et quelques-unes sont lancées ; la fonte des glaces continue ; des irresponsables sont élus démocratiquement ; et comme d’habitude, certains essayent de prêcher leurs idées partisanes, dirigistes et égoïstes. Comme on dit : « chacun voit le soleil à sa porte », mais attention, malgré mon « bad things dropping », tout ne vire pas vers le bas. Car, comme chaque année, des choses se passent mal, et d’autres nous tirent vers le haut ! Et il y a une forte envie chez LeMagudciné de dire qu’il y a plus de choses positives que négatives dans ce monde, sauf qu’on adooooore se concentrer sur ce qui va mal. Bah oui, « l’herbe est toujours plus verte ailleurs » comme on dit. Contentez-vous déjà d’en faire pousser ici !

Dans le monde du ciné’, c’est le même cinoche justement. On se tape des films mauvais mais funs (Resident Evil Final Capter), des navets attendus (Cinquante nuances plus sombres attendu ce mercredi 8 février), des navets dégueulasses (le dernier Vin Diesel, « triple bouse, le retour du gros beauf » en est un bel exemple), des comédies françaises (Raid Dingue du Boon), des surprises cinématographiques (Un jour dans la vie de Billy Lynn), et des films funs (The Lego Batman Movie)… Des films se cassent la gueule, parfois faute à une promotion peu travaillée… On pense à Live by Night, de Ben Affleck, échec au box-office, qui a été suivi d’une mauvaise nouvelle – malgré que la Warner ait déclaré que le premier n’était pas la cause de la seconde : Ben Affleck ne réalisera pas The Batman. Mais à chaque année son lot de mauvaises nouvelles et déceptions, et son lot de bonnes news et joies profondes telles que l’arrivée ce mercredi 8 février du Silence de Martin Scorsese.

https://www.youtube.com/watch?v=0Vzyu8VcBaE

Puis on retrouve comme chaque année les éternelles attentes surpassionnées pour des blockbusters signés Disney, Fox ou Warner (non Universal n’a pas été cité ici, car qui attend sérieusement Fast and Furious 8 ? Bon soit, on peut attendre La Momie de Kurtzman avec les deux C : Cruise et Crow) : Star Wars The Last Jedi, T2 Trainspotting, les Gardiens de la Galaxie 2, Blade Runner 2049, Alien Covenant… Ça ne vous choque pas ? Que tout le monde attende des suites, des remakes, des reboots ? Non, dans le fond, chaque année depuis le début de la période du « cinéma doudou » (terme mis en place en 2015 par Nicolas Bonci ici), porté par des machines telles que Star Wars The Force Awakens ou Jurassic World, on se tape de plus en plus de films bouffis et vomissant de nostalgie cyniquement exploitée par les beaufs qui gèrent les majors et s’engraissent sur les petits cœurs des spectateurs. Loin d’utiliser un ancien matériau pour le faire évoluer, le travailler, l’explorer, l’expérimenter (on pense à Mad Max Fury Road de George Miller, ou encore à la nouvelle saga de La Planète des Singes initiée par Les Origines, poursuivi par L’Affrontement, et qui devrait se terminer avec Suprématie cet été), le « cinéma doudou » est un cinéma de la régression. Retour à l’enfance, aux premières sensations vécues devant un film culte, à la première fois devant tel ou tel film… La quête – digne de celle du Graal – de l’essence d’un film et/ou d’une saga originelle (ce que cherchait véritablement à faire Star Wars The Force Awakens – comme l’a admis Kathleen Kennedy et Lawrence Kasdan)… Ce cinéma ne cherche hélas pas à avancer, à faire du nouveau, de l’original, à explorer le potentiel d’une base ancienne. Avant (depuis Avengers on peut penser) et encore maintenant il faut le dire, on peut en lire pas mal se plaindre de l’arrivée massive des films de super-héros sur nos écrans. Mais le pire est là, le cinéma de la « nostalgia » réussit bien plus à hypnotiser le public que des hommes en armure ou jouant avec leur marteau. Et ça n’est pas prêt de se terminer.

Au contraire même, côté séries, on attend le retour du « holy grail » Twin Peaks, qui viendra clore la série comme il se doit, peut-on se dire d’un côté – et qui sera peut-être la première d’une série de nouvelles saisons, espèrent secrètement certains. Mais le véritable objet « doudou » télévisuel est apparu en 2016 avec la sortie de Stranger Things – pot pourri de ce qui a fait le succès des années 80s, d’E.T. L’Extraterrestre aux Goonies en passant par le cinéma de John Carpenter et ses partitions au synthétiseur. La série, qui a connu un large succès (qu’on pouvait facilement anticiper), se poursuivra en 2017. Et les fans s’excitent déjà sur l’une des premières photographies promotionnelles montrant les jeunots du show déguisés en chasseurs de fantômes (Ghostbusters). Ouch… Passons !

Les critiques, eux, continuent de gueuler comme des lards au Cercle (de Canal +), avec des invités souvent plus intéressants qu’eux, notamment Rafik Djoumi (Capture Mag, BiTS entre autres), exception silencieuse et sage dans un univers de bruits à en rendre la situation absurde et hilarante. D’un autre côté, des youtubers continuent d’alimenter le vide abyssal de la toile ; tandis que de l’autre, les blogueurs et journalistes bénévoles se passionnent sans gagner un euro à manger ; enfin les réseaux sociaux sont alimentés des avis de tous qui croient avoir quelque chose à dire mais surtout que ce quelque chose est assez intéressant pour inspirer, hypnotiser et dicter la conduite si possible, d’un clampin ou deux.

Bref, tout se passe comme d’habitude, ne vous inquiétez pas. Si l’homme orange va trop loin, vous pouvez être sûrs qu’un événement se produira pour venir rééquilibrer le jeu. Idem concernant les terroristes qui se la jouent déjà « cavaliers de l’apocalypse », ils ne feront pas long feu. Et mieux que ça, même dans cette période qui peut nous sembler être emplie de doutes et de ténèbres, nous progressons. Car on ne peut qu’avancer. Qui sait où nous amènera la réalité virtuelle en terme d’expérience narrative audiovisuelle ? Dans le pire du pornographique peut-être, mais où en sera le cinéma ?

Bref encore, pendant cette décennie et même ce siècle, nous n’arriverons peut-être pas à la société formidable imaginée par Gene Roddenberry dans Star Trek, mais déjà, nous avançons tous, « au mépris du danger, vers l’inconnu ».

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La femme qui est partie, un film de Lav Diaz : Critique

Chronique mélancolique et sombre d’une société philippine des années 90, La Femme qui est partie est pourtant le lieu de toutes les bontés et de toutes les beautés. Un film magistral de Lav Diaz.

Synopsis : Horacia sort de prison, trente ans après avoir été injustement incarcérée. Elle a deux raisons de vivre : se venger de l’homme qui l’a fait condamner et retrouver son fils…

Blissfully yours

Sorti dans le sillage de la déferlante La La land de Damien Chazelle, La Femme qui est partie, le dernier film du philippin Lav Diaz en est l’antithèse exacte.

Présenté au TIFF (Festival international de Toronto) après avoir été couronné du titre suprême à Venise, La Femme qui est partie est une œuvre qui n’a pas peur d’étirer le temps, de laisser au spectateur le loisir de s’approprier les personnages, de les apprivoiser presque. Sur les presque quatre heures que dure le film, Lav Diaz déroule très peu de dialogues finalement, contrairement à La-La Land où tout est verbalisé, et fortement surligné encore avec ça.

Le climax de La Femme qui est partie  est emblématique de l’écart entre ces deux films : une chorégraphie improvisée entre les deux héroïnes du métrage, un tribute à la comédie musicale autrement plus poignant que dans le film de Chazelle, puisqu’il s’agit de Somewhere du West Side Story de Robert Wise et de Jerome Robbins, et de Sunrise Sunset du Violon sur le toit de Norman Jewison, où la référence au genre n’est pas là que pour faire joli, ou pour rendre hommage, mais véritablement pour montrer dans un contexte spécifique le côté cathartique de la musique et de la danse, tout en montrant l’immense tendresse en train de naître entre les deux personnages. Eblouissant.

Censé se dérouler dans les années 90, malgré son intemporalité, et au plus fort des enlèvements de milliardaires en Asie et aux Philippines en particulier, le film met en scène Horacia Somorostro (Charo Santos-Concio), une femme qui a passé trente ans de sa vie derrière les barreaux. Instruite et plutôt bourgeoise, Horacia passe son temps à écrire, de beaux textes un peu à la mode de Paterson du récent film éponyme de Jim Jarmusch, à lire pour ses co-détenues et à les éduquer, à apporter un embryon de vie culturelle dans son entourage, une détenue modèle, une gentillesse intrinsèque.

Très vite, on apprend qu’elle est enfermée pour un crime qu’elle n’a pas commis, et c’est grâce aux aveux de l’impétrante, une co-détenue et sa meilleure amie, qu’elle est libérée, aveux d’un coup monté destiné à lui nuire. Horacia aura deux buts à sa sortie : se venger de l’homme qui a commandité ce coup monté, et retrouver ses enfants.

Avec Brillante Mendoza, Lav Diaz est l’autre homme fort du cinéma philippin, mais contrairement au premier, qui ne dédaigne pas les images secouées d’une caméra fébrile à l’épaule, le dernier soigne terriblement ses images, ici un noir et blanc sublime, sombre et inquiétant, qui confère une aura expressionniste au film. Dans sa quête de Rodrigo (Michael de Mesa), l’homme à abattre, Horacia se transforme en espion qui scrute dans la nuit la maison de ce dernier. De fait, la majeure partie du film se passe dans les ténèbres de la nuit, et Horacia va vivre parmi les laissés-pour compte, une sorte de Cour des Miracles qui reçoit cette exacte même gentillesse qu’elle avait en prison : Mameng, une SDF déséquilibrée (Jean Judith Javier), Bossu (Nonie Buencamino), un vendeur ambulant de balut (des œufs couvés cuits à la vapeur, pas exactement au goût des occidentaux que nous sommes, mais symbole s’il en est du pays du cinéaste), des éboueurs de nuit, Rodrigo lui-même qui tente de s’échapper de la tour d’ivoire dans laquelle sa richesse, mal acquise de surcroît, le confine par peur des enlèvements, et last but not least, Hollanda, une transgenre magnifique interprétée magistralement par John Lloyd Cruz, la star des écrans philippins qui n’a pas eu peur d’embrasser ce rôle atypique de sa carrière. Tous ces personnages sont confrontés à leur existence passée, une facette différente d’eux-mêmes, et la force du film de Lav Diaz est cette dichotomie qui nourrit les questions existentielles et métaphysiques qu’ils se posent entre eux, et à eux-mêmes. Les notions de culpabilité, de rédemption, de rapport à un Dieu omniprésent sont celles qui sont au centre de leurs turpitudes, avec une esquisse de la société post-marcos en filigrane…

Le film connaît très peu de mouvement de caméra, et pour ainsi dire pas d’action, mise à part des scènes de pleurs et sanglots très émouvants vers le début du film, et une bastonnade d’une violence saisissante plutôt vers la fin. La musique est absente, hormis une musique intra-diégétique qui accompagne la séquence la plus joyeuse du métrage, un feu de camp à la plage entre les transsexuelles de la ville. Tout n’est que calme et silence, et le film fait penser par moments au récent Ornithologue du portugais João Pedro Rodrigues : chant des oiseaux, croassement des grenouilles, aboiement des chiens errants, chaque son trouve sa place dans l’univers de Lav Diaz…

Et pourtant, La femme qui est partie nous intrigue et nous interpelle constamment, aucune des 226 minutes n’est superflue, et la brillante mise en scène du cinéaste, exigeante et sans compromis, est payante, car elle embarque le spectateur avec lui, corps et âme, spectateur qui se love à son tour dans la dureté de la nuit, dans l’espoir de voir poindre pour tous une lumière au bout du tunnel.

La femme qui est partie hérite d’un casting particulièrement acéré jusque dans les plus petits rôles, donnant presque un aspect documentaire au métrage. Des détenues aux gardes du corps de Rodrigo, du prêtre dubitatif aux petits commerçants de Manille, tous ont une authenticité et un sérieux dans leur rôle. Quant aux acteurs principaux, des stars dans leur pays, ils réussissent la gageure de s’effacer entièrement derrière un rôle minimaliste et pourtant très intense, et en même temps très loin de leur univers. Des personnages qui à coup sûr les hanteront aussi longtemps qu’ils nous hanteront.

La femme qui est partie : Bande annonce

La femme qui est partie : Fiche technique

Titre original : Ang babaeng humayo
Réalisateur : Lav Diaz
Scénario : Lav Diaz, inspiré d’une nouvelle de Léon Tolstoï
Interprétation : Charo Santos-Concio (Horacia Somorostro), John Lloyd Cruz (Hollanda), Michael De Mesa (Rodrigo Trinidad), Nonie Buencamino (Bossu), Shamaine Buencamino (Petra), Mae Paner (Warden), Mayen Estanero (Nena), Marjorie Lorico (Minerva), Lao Rodriguez (Le prêtre), Kakai Bautista (Dading), Jo-Ann Requiestas (Taba), Jean Judith Javier (Mameng), Daniel Palisa (Harry)
Photographie : Lav Diaz
Montage : Lav Diaz
Producteurs : Ronald Arguelles, Lav Diaz
Maisons de production : Sine Olivia Pilipinas, Cinema One Originals
Distribution (France) : ARP Selection
Récompenses : Lion d’Or, Mostra de Venise 2016
Budget : PHP 4 000 000 (env. 75 000 EUR)
Durée : 226 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 1er Février 2017

Philippines – 2016

 

Vendredi 13 : Tournage imminent pour la licence phare des années 1980 sous la direction de Breck Eisner

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Les fans d’horreur et de films de genre attendent la période d’Halloween chaque année avec impatience. 2017 pourrait être un excellent cru et permettre aux trentenaires de savourer de délicieuses madeleines de Proust. De nombreuses licences phares horrifiques seront en effet de retour lors de cette célébration populaire américaine: Saw, Chucky, Cloverfield, Insidious ou bien encore Hellraiser notamment. L’un des plus increvables boogeyman (croque-mitaine) du cinéma Hollywoodien, Jason Voorhees, sera également de la partie pour terrifier les citoyens américains qui joueront à se faire peur dans les salles obscures lors du week-end d’Halloween cette année.

Peu d’éléments avaient encore filtré sur cette cuvée 2017 de la franchise Vendredi 13. Le film était entouré de nombreux mystères (serait-ce un reboot ou une préquelle ?) et de plusieurs rumeurs ces derniers mois (le film fut un temps envisagé comme un found footage ou un projet sur les origines de Jason). Ces indications et ces revirements, peu rassurants pour les fans de la saga, pouvaient laisser augurer le pire. Le prochain Vendredi 13 semblait glisser vers la mauvaise pente et se diriger tout droit vers une phase de développement maudite (development hell). En ce début d’année 2017, des nouvelles rassurantes viennent d’être communiquées par la production sur le nouveau volet de la saga Friday the 13th. A l’approche du début du tournage imminent, plusieurs éléments ont en effet filtré dans de nombreux médias américains. Les scénaristes et l’équipe du film devront concocter un nouvel épisode de qualité afin de ne pas livrer uniquement un film commercial et de piètre qualité. Il ne faudra pas reproduire les erreurs du reboot de 2009 et du très décevant Freddy vs Jason de Ronny Yu. Les spectateurs risquent en effet d’être assez exigeants pour le grand retour de la licence horrifique majeure de la Paramount.

Le mystère et les zones d’ombre qui entourent le grand retour de Jason Voorhees aux abords du camp de Crystal Lake se dissipent de plus en plus. De nouvelles informations ont filtré sur le prochain volet de la saga Vendredi 13.

Ce futur long-métrage n’est pas anodin pour l’ensemble de la franchise. Il constituera en effet le treizième film mettant en scène la croisade sanglante de Jason Voorhees. La version 2017 de Vendredi 13 sera réalisée par Breck Eisner (The Crazies, Sahara). Le travail d’écriture du scénario du film a été confié à Aaron Guzikowski (Prisoners, Papillon). La société de Michael Bay, Platinum Dunes, déjà impliquée sur le reboot de Marcus Nispel en 2009, produira ce long-métrage en association avec la Paramount.

Les meurtres devraient se dérouler aux alentours du jeudi 12 octobre et du samedi 14 octobre

La date de sortie du film est fixée aux USA pour le vendredi 13 octobre 2017. Ce nouvel opus de la franchise qui met en scène le tueur au masque de hockey devrait sortir sur les écrans en France dès le 18 octobre 2017.

D’après des informations de Bloody Disgusting, le tournage de ce nouveau long-métrage de la franchise Friday the 13th devrait débuter le 19 mars prochain et durer jusqu’au 4 mai 2017 à Conyers, dans l’état de Géorgie. Les étapes de pré-production auraient déjà débuté dans cette ville selon des informations de fridaythe13thfranchise.com. Un autre opus de la saga Vendredi 13 avait déjà été tourné non loin de là. Les équipes du film Friday the 13th Part VI s’étaient installées dans la ville de Covington à l’époque.

De nouvelles informations en provenance des Etats-Unis

La rédaction de Bloody Disgusting vient donc de dévoiler et de relayer les annonces de casting pour ce prochain blockbuster horrifique. L’équipe du film serait à la recherche de deux jeunes jumeaux pour interpréter le rôle de Jason Voorhees dans sa jeunesse. Les spéculations vont bon train pour éclaircir le mystère autour de ces deux acteurs recherchés. Est-ce tout simplement pour incarner le même rôle de Jason pour anticiper les restrictions et les limites horaires liées à la présence d’enfants et de jeunes adultes sur un plateau de tournage ? De nombreux fans ou certains sites dédiés à l’univers de la franchise Vendredi 13 échafaudent des théories sur ces deux jeunes acteurs recherchés pour le tournage du film par les responsables du casting. Jason aurait sans doute pu avoir un frère jumeau ! Cet élément relève plus de la rumeur mais pourrait apporter des perspectives intéressantes sur l’univers et la mythologie de la saga.

 

Tel père, tel fils ?

Une partie importante du film devrait être consacrée aux origines de l’histoire de Jason. Le scénario pourrait notamment s’intéresser à ses parents. Bloody Disgusting a eu connaissance d’une autre annonce de casting pour le prochain Vendredi 13 qui confirme ce marqueur fort. La production recherche un acteur pour incarner le rôle du père de Jason, Elias Voorhees. Ce personnage majeur et emblématique serait une grande première dans toute la franchise au cinéma. Elias Voorhees devrait marquer ce nouveau film de son empreinte. Il pourrait être à l’origine du Mal qui anime Jason dans chaque nouvel opus. Elias Voorhees a déjà été aperçu dans des comics américains mais jamais encore dans un long-métrage.

Il devrait être dépeint dans ce prochain film sous les traits d’un père monstrueux qui terrorise son foyer par des actes de maltraitance. Il représenterait une menace pour son épouse Pamela et son fils Jason. L’annonce de casting décrit Elias Voorhees comme un garde forestier qui travaille aux alentours du camp de Crystal Lake. D’après des révélations de Bloody Disgusting, Elias percevrait la méchanceté et la perversité de Jason, son rejeton, et les ravages que cela causerait sur Pamela, sa compagne. Elias Voorhees les abandonnerait tout en gardant son emploi dans les environs.

 

Dans les précédents films, Jason était un enfant handicapé, assez innocent, souffrant de malformations. Il périssait par noyade, victime indirecte de la négligence d’une jeunesse débauchée qui privilégiait une pause cigarette, une prise massive de drogue ou une partie de jambes en l’air plutôt que d’assurer la surveillance de l’espace de baignade du camp d’été de Crystal Lake. Le twist final du tout premier Vendredi 13 de 1980 avait posé les bases de la saga. Pamela Voorhees était la véritable tueuse du tout premier opus de Sean S. Cunningham. Elle vengeait la mort par noyade de son fils en assassinant les jeunes présents au camp de vacances aux abords du lac. La mort de Pamela Voorhees, décapitée par une animatrice de colonie de vacances, est à l’origine de la résurrection de Jason et de son inépuisable soif de vengeance.

 

L’annonce détaillée de l’agence de casting pour le rôle d’Elias Voorhees suggère donc pour ce tout nouveau film que le Mal ou qu’un genre de malédiction ou de mauvais esprit habiterait Jason depuis sa naissance. Le scénario du film risque donc de séduire les fans hardcore de l’univers du camp de vacances de Crystal Lake et du tueur qui ne quitte presque jamais sa terrible machette. La cuvée 2017 de Vendredi 13 sera donc composée de plusieurs séquences à des périodes de temps différentes.

A anniversaire exceptionnel, scénario exceptionnel pour le 13ème Vendredi 13 de la saga

Les origines du Mal qui sommeille en Jason pourraient être dévoilées à l’occasion de ce film. Une tentative d’explication, digne des meilleures séries Z italiennes des années 1970, pourrait être apportée par les scénaristes pour justifier la résurrection de Jason dans chaque film. Ce personnage de colosse zombifié quasi indestructible qui s’apparente presque aux golems de l’Antiquité a marqué durablement les films d’horreur des années 1980 et le genre du slasher.

Le scénario se précise donc de plus en plus pour ce nouveau volet de la franchise. A l’occasion du treizième film de la saga Vendredi 13, la production chercherait notamment à revenir sur les origines et à explorer la genèse du personnage de Jason Voorhees et de son entourage.

L’adaptation de Breck Eisner pourrait donc s’apparenter aux récentes relectures d’Halloween par Rob Zombie qui s’était attaché à la jeunesse et à l’adolescence de Michael Myers. Le résultat final fut assez décevant même si, comme pour le cas du Daredevil maudit de Mark Steven Johnson, la version director’s cut et avec un montage différent apporte un meilleur équilibre aux reboots de Rob Zombie.

 

Jason Voorhees : le Père Fouettard des camps d’été

La violence brute de Jason et de sa mère a fait un nombre colossal de victimes (plus d’une centaine…) parmi la jeunesse américaine sur l’ensemble des différents films de la saga Vendredi 13. La plupart des longs-métrages de la franchise ont été copieusement censurés et édulcorés pour leur sortie en salles. Les cas les plus frappants concernent la séquence où une malheureuse jeune femme reçoit un coup de hache en plein visage, la scène du meurtre de Kevin Bacon allongé sur son lit (deux saynètes issues du tout premier film) ou la fin particulièrement douloureuse et atroce d’un jeune homme, littéralement coupé en deux à la machette, alors qu’il se déplaçait sur ses deux mains, les pieds en l’air et la tête à l’envers (l’épisode 3). Ces scènes d’une violence graphique extrême ont été raccourcies et remontées.

La version 2017 devrait être vraisemblablement classée R aux Etats-Unis permettant au réalisateur et aux équipes chargées des effets spéciaux de réserver quelques séquences gores et, malheureusement pour les féministes, autoriser quelques scènes de nudité gratuites au détriment des scream queens.

Le cinéaste Breck Eisner (The Crazies) aura la lourde tâche d’apporter une vision nouvelle à la franchise Vendredi 13. Il aura une mission difficile à relever, raconter les origines du personnage mythique de Jason Voorhees sans calquer son projet sur une pâle copie de la version d’Halloween de Rob Zombie. Les fans nostalgiques de la saga espèrent découvrir un long-métrage horrifique de bonne facture, inventif, efficace et qui ne cède pas à la facilité. La plupart des Vendredi 13 ont débouché sur des films frustrants, qui paraissent très datés aujourd’hui. Ils accumulent de nombreux clichés sur la jeunesse et transformeraient presque Jason en Père Fouettard moralisateur et conservateur incitant la jeunesse américaine à ne pas se droguer et à ne pas consommer avant le mariage. Reste le charisme indéniable et l’effroi provoqué par le croque-mitaine qui inondent l’écran à chacune de ses apparitions. L’aspect machiavélique et la mise en scène des meurtres des malheureux adolescents qui ont croisé la route du tueur au masque de hockey ont terrifié une génération entière de cinéphiles mordus d’horreur.

Les rumeurs enterrées

La rédaction de Coming Soon avait déjà dévoilé les propos du producteur Brad Fuller, il y a quelques mois. Il était revenu sur les ambitions du projet de ce prochain Vendredi 13 et avait donné quelques pistes concernant le scénario.

On reviendra sur les origines, mais ce seront des origines que personne n’a encore vues. Pamela [Voorhees, la mère de Jason] sera toujours là bien sûr, mais ce sera un peu différent de ce qu’on connaît déjà.

Des rumeurs évoquaient également la possibilité que ce prochain Vendredi 13 soit un film entièrement en found footage comme Le Projet Blair Witch ou REC. Cette piste a donc été définitivement abandonnée par Breck Eisner.

Vendredi 13 : Quésaco ?

Pour les non-initiés à l’univers de la saga Friday the 13th, Jason Voorhees est réellement revenu d’entre les morts à partir du second film. Il était affublé alors d’un superbe sac à patate (véridique !) que n’aurait pas renié Elephant Man. Le célèbre masque de hockey a été introduit à partir du troisième film de la franchise. Dans le cinquième long-métrage, les bandes sur le masque ne sont plus rouges mais bleues pour un twist final resté célèbre. Jason X se déroulant dans l’espace, Jason Voorhees subit une séance de « tuning » assez incroyable avec un look futuriste et assez robotisé du masque du croque-mitaine tristement célèbre qui a fait les belles heures des studios Paramount et New Line.

La musique stridente et terriblement angoissante de Harry Manfredini avec le thème musical culte de Vendredi 13 a participé au succès et à la légende de la franchise.

Les acteurs ayant incarné le colosse et la force brute maléfique Jason Voorhees restent célèbres auprès des fans et dans de nombreux festivals ou lors des conventions sur le thème des films d’horreur et du cinéma fantastique. Kane Hodder a enfilé le costume pour les épisodes 7, 8, 9 et 10. Richard Brooker est le premier à avoir réellement porté le masque de hockey dans l’épisode 3. Ted White a beaucoup souffert face à la résistance et à la colère du jeune Tommy Jarvis (le comédien Corey Feldman). Derek Mears est le dernier à avoir interprété le rôle de Jason dans le film de Marcus Nispel.

Les dynamiques de la terreur à Crystal Lake et de la franchise relancées grâce à un jeu vidéo

Un jeu vidéo, basé sur la franchise Vendredi 13, est prévu pour l’année 2017 sur PC, Xbox One et PS4. Ce titre multijoueur en ligne permettra aux joueurs de revivre l’ambiance des films. Friday the 13th, the video game a été développé par IllFonic et Gun Media. Le jeu a bénéficié d’une campagne de financement participatif sur la toile. Afin d’assurer le fan service, Kane Hodder (l’interprète de Jason dans quatre films) et Tom Savini (le génie des effets spéciaux qui a notamment travaillé sur le tout premier film de 1980) se sont impliqués dans la conception et le design du jeu.

La concomitance de la sortie du jeu à quelques mois d’intervalle seulement de l’arrivée au cinéma d’un film de la licence Vendredi 13 risque de mobiliser les fans et les geeks dans les salles obscures. Si le film de Breck Eisner s’avérait de bonne facture, la franchise Vendredi 13 pourrait revenir en odeur de sainteté à Hollywood dans les années à venir. Les campeurs et les vacanciers américains sont dorénavant prévenus.

The man behind the Mask

Selon des informations de fridaythe13franchise.com, Platinum Dunes aurait confié à la société Legacy Effects tout le travail des accessoires, des effets spéciaux ainsi que la mission périlleuse, car attendue avec beaucoup d’attention par les fans hardcore, de la conception du masque de Jason Voorhees. Selon les premières informations en provenance des Etats-Unis, le design pourrait ressembler à celui utilisé pour la toute première fois dans Friday the 13th : Part 3. Cet équipement de sport était amené au camp de vacances de Crystal Lake par un jeune américain farceur du nom de Shelly. Ce masque de gardien de hockey des années 1980 est resté le symbole de Jason Voorhees à travers tous les films, à la manière du chapeau et des griffes pour Freddy Krueger, du masque blanc de Michael Myers ou du visage atroce reconstitué en peau humaine de Leatherface

Legacy Effects est une société très réputée à Hollywood. Leurs équipes ont notamment travaillé sur les films Shutter Island, Iron Man II, Thor, The Hunger Games, World War Z, Godzilla, The Revenant et Power Rangers.

Vendredi 13 : Le carton d’Halloween au box-office américain pour 2017 ?

Le 13ème volet de la saga culte de la Paramount devrait donc sortir le Vendredi 13 Octobre 2017.

Le tout nouveau film de Breck Eisner va éveiller la curiosité des fans de pop-corn movies et de films fantastiques en apportant un éclairage nouveau sur les origines de Jason et sur la mythologie de la franchise Friday the 13th.

Les studios Paramount pourraient marquer un retour fracassant de la franchise au box -office avec une sortie programmée bien en amont d’Halloween. Les cinéphiles américains mordus d’horreur et en quête de grands frissons et de montagnes russes dans les salles obscures devraient donc disposer de quatre belles semaines d’exploitation du film pour avoir la chance de le découvrir dans un multiplexe. La production devrait donc être quasi assurée de rentrer dans ses frais. Les derniers longs-métrages de la franchise remontent déjà à 2009 pour la version de Marcus Nispel et à 2003 pour l’affrontement improbable entre Freddy et Jason sous la direction de Ronny Yu.

La concurrence risque d’être particulièrement rude et intraitable face à Jason et ses vieux os… Insidious Chapitre 4, Saw Legacy, Jeepers Creepers 3 Cathedral et Cloverfield Anthology Movie débarquent effectivement en salles à la même période. La poupée Brave Gars Chucky et le cénobite Pinhead inciteront également les jeunes à passer Halloween chez eux, devant leurs écrans de télévision, avec une sortie en direct-to-video pour The Cult of Chucky et pour Hellraiser Judgment.

 

Les chiffres de la saga Vendredi 13 (Source : jpbox-office.com)

  1. Vendredi 13 de Sean S. Cunningham en 1980 – 39 754 601 $ de recettes aux USA – 603 008 entrées en France
  2. Vendredi 13 – Chapitre 2 : le tueur du vendredi de Steve Miner en 1981 – 21 722 776 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  3. Vendredi 13 – Chapitre 3 : Meurtres en 3 Dimensions de Steve Miner en 1982 – 34 581 519 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  4. Vendredi 13 – Chapitre 4 : chapitre final de Joseph Zito en 1984 – 32 980 880 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  5. Vendredi 13 – Chapitre 5 : Une nouvelle terreur de Danny Steinmann en 1985 – 21 930 418 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  6. Vendredi 13 – Chapitre 6 : Jason le mort vivant de Tom McLoughlin en 1986 – 19 472 057 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  7. Vendredi 13 – Chapitre 7 : Un nouveau défi de John Carl Buechler en 1988 – 19 170 001 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  8. Vendredi 13 – Chapitre 8 : L’ultime retour – 14 343 976 $ de recettes aux USA – ce film n’est pas sorti dans les salles en France
  9. Vendredi 13 – Chapitre 9 : Jason va en Enfer de Adam Marcus en 1993 – 15 935 068 $ de recettes aux USA – entrées non comptabilisées en France
  10. Jason X de Jim Isaac en 2001 – 12 610 731 $ de recettes aux USA – 79 712 entrées en France
  11. Freddy contre Jason de Ronny Yu en 2003 – 82 556 855 $ de recettes aux USA – 343 349 entrées en France
  12. Vendredi 13 de Marcus Nispel en 2009 – 64 997 188 $ de recettes aux USA – 129 477 entrées en France
  13. Vendredi 13 de Breck Eisner en 2017

 

Et les mistrals gagnants, un film d’Anne-Dauphine Julliand : Critique

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Mélancolie douce et ode à la vie, avec Et les Mistrals gagnants, premier documentaire d’Anne-Dauphine Julliand

Synopsis : Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual ont entre six et neuf ans. Ils vivent dans l’instant. Avec humour et surtout l’énergie optimiste de l’enfance, ils nous prennent par la main, nous entraînent dans leur monde et nous font partager leurs jeux, leurs joies, leurs rires, leurs rêves, leur maladie. Avec beaucoup de sérénité et d’amour ces cinq petits bouts d’Homme nous montrent le chemin du bonheur. Un film à hauteur d’enfant, sur la vie tout simplement.

« Le temps est assassin et emporte avec lui
Les rires des enfants et les mistral gagnants
Et les mistral gagnants… »

Jamais des paroles de chansons n’auront pu si bien correspondre aux propos tenus dans un documentaire. La chanson de Renaud résonne en nous, chacun ayant sa propre signification des « mistrals  gagnants ».
Avec le documentaire d’Anne-Dauphine Julliand, les mistrals gagnants prennent cette forme douloureuse et difficilement tarissable qu’est celle de la maladie infantile. Cette maladie avec laquelle on nait, et non pas celle qui nous attrape au cours de notre vie.
Ils sont âgés de maximum 9 ans, et sont pourtant d’infatigables guerriers, grandissant en avance sur leur temps.
Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual sont des bouts de choux, des bambins, des chérubins, et ont pourtant bien plus soufferts que la plupart d’entre nous. Ils sont venus au monde avec la maladie, et ne cesseront de tout faire pour s’accommoder à cette dernière. Chacun s’en accapare de façon différente : Camille fait tout de suite exploser sa colère et ne cesse de prouver la rage qui sommeille en lui. Imad, quant à lui, fait dans la patience. Charles, Ambre ou Tugdual sont beaucoup plus sereins, ne l’omettant jamais, cependant.

La caméra de la réalisatrice est l’œil que nous portons sur eux. Un oeil bienveillant, mais dans lequel s’immisce la douleur. Aux rires viennent se mêler les larmes. Les séquences de fou rire, de plaisirs innocents précèdent les piqûres ou les poses de sonde, en vue d’une dialyse.
Anne-Dauphine Julliand ne sombre jamais dans quelconque voyeurisme. Elle offre aux spectateurs des tranches de vie dont on ressort difficilement indemnes. On s’attache, énormément,  on se prend d’affection, et on ne souhaite plus les lâcher. Impossible de ne pas sourire, voire rire, souvent de manière niaise mais émerveillée, devant tous ces petits faits du quotidien (notamment la séquence de la balançoire ou celle d’une partie de Dobble endiablée).

« Quand on est malade, ça n’empêche pas d’être heureux. »

Voguant entre de nombreuses valeurs de plan, la réalisatrice impose des moments intimes, mais également des instants de fuite, de relâchement, le but n’étant pas d’oppresser les enfants, mais bien de leur céder la place. Ils nous prennent par la main, nous guident, cela pour notre plus grand plaisir.
Il faut savoir que Et les mistrals gagnants est tourné à une seule caméra. Ainsi, les enfants peuvent sortir du champ selon leurs désirs. Il était important pour la réalisatrice de ne leur imposer aucune contrainte.

Toutefois, on regrettera cette dimension larmoyante, à laquelle contribue la musique extra-diégétique, nous enivrant de mélancolie.
Aussi, Et les mistrals gagnants est porteur d’un nombre important de questions et de réflexions. Autour du film gravite ce sujet sensible et non moins tabou qu’est la mort. Alors que chez les adultes, aborder cette question conduit souvent à bon nombre d’interdits et de paroles prohibées, les enfants parviennent davantage à la prendre en considération. Derrière leur maladie se cache une issue qu’ils savent fatale. Ainsi, des remarques anodines tel que « Il n’y a que quand je serai mort que je ne serai plus malade» sont remplies d’insouciance chez eux, mais s’avèrent bouleversantes pour nous. Sont également traités, même si plus en surface, la question des services hospitaliers, du rôle du parent dans la prise en charge de l’enfant et de la maladie. Mais attention, cela ne fait pas de Et les mistrals gagnants un film superficiel !

Et outre le film en lui même, Et les mistrals gagnants est la preuve que le crowfunding peut être porteur de projets qui méritent toute notre attention. 93 000 euros récoltés sur les 50 000 espérer, plus de 1757 donateurs. Une vraie belle réussite pour un film qui vaut plus que le coup d’œil et qui nous permet d’apprécier toujours un peu plus la vie.

Enfin, se termine la séance. Après un générique comme partie constituante du film, qui nous offre les images supplémentaires que l’on attend de peur de ne pas être rassasié, on s’interroge : « Que sont devenus ces enfants ? », « Imad a-t-il pu avoir sa greffe ? ». Et les réponses nous sont apportées : Imad a bénéficié d’une greffe de rein grâce à son père, Ambre continue le théâtre, Charles est rentré chez lui. Vint ensuite de plus triste nouvelle : peu après le tournage, Camille s’en est allé. Les mistrals gagnants ont emporté avec eux les rires d’un enfant.

Et les mistrals gagnants : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=Fd8X4n_Ki0E

Et les mistrals gagnants : Fiche technique

Réalisateur : Anne-Dauphine Julliand
Scénario : Anne-Dauphine Julliand
Photographie : Katell Djian, Isabelle Razavet, Laurent Brunet, Alexis Kavyrchine, Matthieu Fabbri
Montage : Lilian Corbeille
Musique : Rob
Producteurs : Edouard de Vesinne
Sociétés de production : Incognita Films
Distribution (France) : Nour Films
Durée : 79 minutes
Genre : Documentaire
Date de sortie : 1er février 2017

France – 2017

Le Cercle – Rings, un film de F. Javier Gutiérrez : Critique

Après les quatre opus (deux japonais et deux américains, sans parler du prequel et des 8 dérivés) sortis entre 1998 et 2005, la saga horrifique Le Cercle – Rings refait vainement surface sur un cahier des charges teen contemporain en référence à Don’t Breath.

Synopsis : Une jeune femme s’inquiète pour son petit ami lorsqu’ il commence à s’intéresser aux mystères entourant une vidéo censée tuer celui qui la regarde 7 jours après l’avoir visionnée. Elle se sacrifie pour le sauver et fait alors une terrifiante découverte : il y a « un film dans le film » que personne n’avait encore vu…

Revenir d’entre les morts

Le remake américain sorti en 2002 avec Naomi Watts avait permis au scénario de Hideo Nakata (sur une adaptation du roman de Kōji Suzuki, l’équivalent japonais de Stephen King), de trouver un très large public pour ne pas dire devenir de notoriété publique avec un box office international de 250 millions. Un nouveau mythe cinématographique, comme le furent Nosferatu, Dracula, Freddy Krueger, Jason Voorhees, Michael Myers…? Sadako Yamamura, alias Samara Morgan outre Atlantique, est tirée d’une véritable légende qui aurait vraisemblablement existé. Il faut savoir que la culture japonaise est nettement plus poussée concernant l’au-delà. Une véritable mythologie/ croyance autour d’esprits vengeurs (appelés « Onryō ») subsiste au même titre que n’importe quelle religion. L’écrivain japonais se serait inspiré de deux Onryō très connus dans la littérature et théâtre japonais (kabuki): Okiku, une femme assassinée et jetée dans un puits par un samouraï dont elle avait repoussé les avances, et Oiwa, jeune femme empoisonnée par une crème défigurante envoyée par une autre femme qui avait des vues sur son mari. Ce dernier avait ordonné son exécution à la simple vue de celle-ci, mais elle mourra par accident avant. On se demande si le réalisateur espagnol, F. Javier Gutiérrez, a bien vraiment assimilé les différentes interprétations de ce personnage et sa mythologie, tant la mise (au poker) est sur un message méta-assourdissant, l’âme qui rejoint un autre corps après la mort. Plutôt que de tisser intelligemment les ficelles d’une version qui aurait pu être remarquable, il (ou les producteurs!) choisit d’accorder toute l’importance du divertissement sur la (con)quête de Julia pour sauver son petit ami Holt à l’ère d’internet où les écrans sont partout. La surprise est certainement la participation de Vincent D’Onofrio qui, pour jouer un aveugle, aurait demandé les conseils de son ami Charlie Cox (Daredevil). Malheureusement, les séquences sombrent rapidement dans une réplique insignifiante de Don’t Breath du jeune génie uruguayen Fede Alvarez qui n’a que deux longs métrages à son actif ! On apprécie également la présence furtive en introduction de Lizzie Brocheré (American Horror Story: Coven, The Strain, Falling Water).

Mais les plaisirs tournent court, car malgré une photographie pimpante et un soin en demi-teinte apporté aux effets spéciaux (la sortie de la télé aurait pu être améliorée en post-production), l’intrigue est rapidement noyée dans une peinture déjà-vue hollywoodienne sur fond de romantic story. En effet, quoi de plus neuf que de décrire la lutte vaine pour sa propre survie à coup de montage effréné et de jump scares mal aboutis? La mise en abyme du « film dans le film » n’a aucune profondeur et encore moins de légitimité lorsque le récit enchaîne paramnésie cinématographique et bien-pensance américaine en terme de divertissement facile. L’horreur a, ces dernières années, perdu ses lettres de noblesse avec des films pop corn n’attirant que de jeunes spectateurs naïfs. Dans le noirUnfriended, OuijaFriend Request sans oublier de citer le sequel inutile Blair Witch l’année dernière… L’intention première, étant de calquer un succès sur de nouvelles technologies avancées dont témoignent les années 2010, dépasse le stade du « défi relevé » que moyennement. L’écriture est avortée, la photographie est surestimée et le montage désordonné. Seul le premier film énoncé précédemment se démarque par un réel amour pour le genre et un hommage à moitié soigné. Si nous arrêtions de considérer le divertissement comme un produit éphémère et consommable, nous arriverions peut-être à accoucher d’un peu plus de talent. Retournons sur « l’original » de Gore Verbinski, visionnaire, dont on pourra très prochainement apprécier A Cure For Life, le 17 février sur nos écrans plutôt que de s’attarder sur cet ersatz stérile. Ou mieux encore sur l’anthentique de Nakata! Une étoile et demi pour ne s’être qu’à moitié ennuyé. Instants Vidéo Gags promotionnels ? Mieux vaut en rire non?

Vain et mal amené, ce troisième film US se veut renouveler le mythe, mais n’y apporte absolument rien d’efficace, si ce n’est la performance de Vincent D’Onofrio…

Le Cercle – Rings : Bande Annonce

Le Cercle – Rings : Fiche Technique

Réalisation : F. Javier GutiérrezLe-Cercle-Rings-affiche-paramount-picture
Scénario : David Loucka, Jacob Estes et Akiva Goldsman
Interprétation : Matilda Lutz (Julia), Alex Roe (Holt), Johnny Galecki (Gabriel), Vincent D’Onofrio (Burke), Aimee Teegarden (Skye), Bonnie Morgan (Samara)…
Photographie : Sharone Meir
Montage : Steve Mirkovich, Jeremiah O’Driscoll
Musique : Matthew Margeson
Producteurs : Christopher Bender, Neal Edelstein, Ehren Kruger, Roy Lee, Mike Macari, Laurie MacDonald, Walter F. Parkes, Amy Sayres, J.C. Spink
Productions : Macari/Edelstein, Parkes+MacDonald Image Nation, Vertigo Entertainment, Waddieish Claretrap
Distribution : Paramount Pictures
Durée :  102 minutes
Genre : Horreur
Date de sortie : 1er février 2017

États-Unis – 2017