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Un nouveau trailer de la série Marvel’s Iron Fist

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Avant de rejoindre l’équipe des Defenders, le nouveau héros Marvel, Iron Fist, l’homme au poing d’acier se dévoile à travers une nouvelle bande-annonce pour son aventure solo, attendue sur Netflix le 17 Mars 2017

Iron Fist sera le dernier personnage à rejoindre l’univers Marvel sur le petit écran. La série Iron Fist succède aux aventures de Daredevil, Luke Cage et Jessica Jones. Le maître des arts martiaux fera équipe avec ses camarades super-héros dans la série Defenders. Actuellement en tournage, The Defenders est attendu pour l’automne 2017. Iron Fist se concentre sur le personnage de Daniel Rand,  de retour à New York, après une mystérieuse absence. Finn Jones, remarqué dans Game of Thrones pour le rôle Loras Tyrell, incarne le personnage principal. Jessica Henwick (Star Wars : The Force Awakens, Game of Thrones), David Wenham (300 : La naissance d’un empire), Jessica Stroup (Jack Reacher : Never go back), Tom Pelphrey (Banshee), seront également au casting. On retrouve Rosario Dawson (Lego Batman : le film), Carrie-Anne Moss (Matrix) et Simone Missick (Wayward Pines), déjà présentes dans les précédentes séries Marvel/Netflix. Scénarisé par Scott Buck (Rome, Dexter) et Tamara Becher, Iron Fist est prévue pour une sortie Netflix le 17 mars 2017.

Daniel Rand s’annonce comme un personnage complexe et torturé. Son interprète Finn Jones a déclaré que son personnage « est désespérément avide de famille, d’aide, d’orientation, de gens comme repère et d’une équipe dans [The Defenders]. Mais en raison de ce qui se passe dans Iron Fist, il est très peu confiant. C’est à sa manière sinon rien. ». » On retrouvera le héros Marvel dans un état de trouble dès le début de la série. « Quand il arrive à New York, il essaie vraiment de trouver qui il est et ce qu’il veut devenir. Dans une grande partie de Iron Fist, c’est sa quête et il essaie de découvrir qui sont ses parents tout en devenant le Iron Fist. »

Synopsis officiel :

Le milliardaire Danny Rand, disparu après des années, est de retour à New York pour reprendre l’entreprise familiale. Mais pour y parvenir, il devra affronter la corruption et le crime qui gangrène ses proches. Pour cela, il pourra compter sur sa connaissance des arts martiaux et sa capacité à utiliser le Poing de fer, une technique étudiée auprès des moines de K’un L’un. Il aura dans son combat de précieux alliés tels que Colleen Wing, un détective privé.

Bande-annonce Iron Fist : 

Découvrez Jessica Henwick dans le rôle de Colleen Wing la « Fille du Dragon » dans un extrait exclusif de la saison a venir.

Legion, une série de Noah Hawley : critique du pilote

Alors qu’on commençait à en avoir marre des films et séries Marvel, voilà que Noah Hawley nous fait penser le contraire en sortant le très surprenant pilote de Legion, la nouvelle série inspirée de l’univers X-Men, diffusé mercredi dernier sur FX.

Gainsbourg, Bollywood et démon aux yeux jaunes.

Si Marvel et DC se font la guerre au cinéma, c’est aussi le cas sur le petit écran. Entre Arrow, The Flash et bientôt The Defenders qui réunira tous les super-héros Marvel des séries Netflix, les shows dédiés aux super-héros s’additionnent ; et aussi alléchante qu’était la bande-annonce de Legion, il y avait de quoi s’inquiéter, notamment avec l’inégale nouvelle saga de films X-Men. Mais c’était sans compter sur le talent de Noah Hawley, écrivain surtout connu par les sériephiles comme le créateur de la très bonne série Fargo, inspirée du film des frères Coen.

Hors du temps, dans un décor rétro futuriste, où des gens aux habits tous droit sortis des seventies pianotent sur des tablettes, Legion frappe immédiatement par sa minutie des décors et sa photographie sublime. Alternant les couleurs pâles et délavées de l’hôpital psychiatrique dans lequel David, un jeune schizophrène, est interné, à l’orange chaleureux ou au bleu électrique, la série de Noah Hawley a une esthétique singulière qui nous plonge dans une aventure sensorielle.
Ouvrant sur une séquence qui retrace la vie de David qui entend des voix depuis sa naissance, Legion surprend par la fluidité et le dynamisme de sa réalisation. Une mise en scène audacieuse qui ne se donne aucune limite.  Noah Hawley (qui réalise ce premier épisode), retourne la caméra, use des ralentis et des surimpressions. Une abondance d’effets qui vient brouiller une structure narrative déjà bien fragmentée et qui nous plonge dans la tête de David, paranoïaque schizophrénique à l’esprit discordant et torturé. On se retrouve alors encore plus perdu que lors d’un épisode de Mr Robot, comme si l’on se retrouvait face à l’adaptation sérielle de The Dark Side Of The Moon de Pink Floyd (l’influence est d’ailleurs très claire, puisque la fille dont David s’entiche se prénomme Syd Barrett, qui n’est d’autre que le nom de l’un des musiciens du groupe). Plongé dans un trip surréaliste, nos sens se bousculent et, entre une chanson des Rolling Stones et des Who, on entend des chuchotements et autres sons parasites qui viennent altérer notre perception de la réalité. Et bien que Legion demande une certaine concentration, elle ne nous perd jamais. Au contraire, elle fascine de par sa capacité à filmer l’intérieur d’un esprit aussi complexe et désordonné avec autant de maitrise et paradoxalement, de limpidité.

Legion mélange les genres, parfois à la limite de l’horrifique comme lors de cette scène oppressante où l’hôpital baigne dans une lumière rouge avec en fond, les cris des patients que l’on entend à travers les murs désormais sans portes ou encore lors des apparitions aussi soudaines que terrifiantes de l’effroyable démon aux yeux jaunes. Mais on retrouve à bien des moments l’humour incongru de Fargo, avec ce patient, constamment “caché”, imperturbable, dans la végétation du mur de la salle commune ou avec des scènes surprenantes comme la danse bollywoodienne sur Pauvre Lola de Gainsbourg. Humour saugrenu appuyé par les expressions naïves, presque enfantines de David, joué par un très bon Dan Stevens (Matthew Crawley dans Downton Abbey) au regard perdu et halluciné.

Loin des séries de super-héros qu’on connait, sans combats hyper chorégraphiés, Legion surprend par son originalité et sa prise de risque et nous offre un des meilleurs pilotes de série aussi déconcertant que captivant. Mais une fois sorti de l’asile et lorsque David prendra de plus en plus conscience de ses pouvoirs, la série continuera-t-elle à nous déstabiliser par son audace ou s’assagira-t-elle ?

Legion, saison 1 : Bande-annonce

L’histoire de David Haller, le fils schizophrène du professeur Xavier, un homme sujet depuis l’adolescence à une maladie mentale. Au cours d’un de ses nombreux séjours en hôpital psychiatrique, une étrange rencontre avec un patient lui fait réaliser que les voix qu’il entend et les visions auxquelles il est confronté pourraient se révéler vraies.

Legion : Fiche Technique

Création : Noah Hawley
Réalisation : Noah Hawley, Michael Uppendahl, Dennie Gordon, Larysa Kondracki, Tim Mielants, Hiro Murai
Scénario : Noah Hawley
Interprétation : Dan Stevens (David Haller), Rachel Keller (Syd Barrett), Jean Smart (Melanie Bird), Audrey Plaza (Lenny Busker), Jeremie Harris (Ptonomy Wallace), Amber Midthunder (Kerry Loudermilk), Katie Aselton (Amy Haller), Bill Irwin (Cary Loudermilk)…
Direction artistique : John Alvarez, Michael Corrado
Décors : Michael Wylie
Costumes : Carol Case
Photographie : Craig Wrobleski
Montage : Curtis Thurber, Regis Kimble
Musique : Jeff Russo
Casting : Regis Kimble, Nicole Daniels
Production : Simon Kinberg, Bryan Singer, Jeph Loeb, Noah Hawley, Brian Leslie Parker, John Cameron, Jim Chory, Lauren Shuler Donner
Sociétés de production : FX Productions, Marvel Television, 26 Keys Productions
Chaine d’origine : FX
Pays d’origine : États-Unis
Genre : Drame, fantastique, action
Format : 8 x 60 minutes
Diffusion : à partir du 09 février aux États-Unis

États-Unis 2017

Violent Delights : Les attentats du 13 novembre bientôt au cœur d’un film à Hollywood

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La tragédie des attentats du 13 novembre au Stade de France, aux terrasses des cafés et des restaurants ainsi qu’au Bataclan pourrait être au cœur d’un long-métrage américain dans les années à venir.

Selon la rédaction d’Allocine, des informations ont été dévoilées depuis le marché du film de la Berlinale au sujet d’un long-métrage, actuellement en développement, qui aborderait la terrible soirée du 13 novembre 2015 à Paris. Ce long-métrage poignant intitulé Violent Delights sera réalisé par Rachel Palumbo. La cinéaste signerait ainsi son tout premier projet de fiction, après le documentaire Sapere Aude. Le fils de Val Kilmer, Jack Kilmer, devrait occuper le rôle principal. Timur Magomedgadzhiev est également annoncé au casting de ce film.

The Hollywood Reporter précise que les deux comédiens interpréteront deux artistes (un musicien et un peintre). Leur vie va basculer lors des attaques terroristes. 137 personnes ont perdu la vie cette nuit-là et 413 ont été blessées. Aucune date de sortie n’a encore été communiquée pour ce long-métrage. Violent Delights pourrait être une ode à la capitale et à l’art de vivre à la française, à la manière de l’ouvrage Paris est une fête d’Ernest Hemingway, publié de manière posthume en 1964. Ce livre a connu un succès en librairie suite aux attentats du 13 novembre 2015.

La twittosphère ne semble pas se réjouir de ce projet cinématographique comme le rapporte la rédaction de 20 Minutes.

Les conséquences dramatiques des attentats de Charlie Hebdo seront également bientôt au cœur d’un film émouvant avec l’adaptation de la bande dessinée La Légèreté de Catherine Meurisse par Julie Lopes Curval.

BAFTA 2017 : Ultime triomphe pour La La Land avant les Oscars

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Vainqueur de cinq prix aux BAFTA 2017, l’équivalent britannique des Oscars, plus rien ne semble arrêter La La Land. Avant la consécration au Dolby Theatre ?

A Londres se tenait dimanche soir la 70ème cérémonie des British Academy of Film and Television Arts, la plus célèbre académie de remise de remise de récompenses britanniques . Et un seul constat : La La Land confirme qu’il est le véritable rouleau compresseur de la cérémonie des prix cinématographiques. En remportant les trophées de Meilleur Film, Meilleur réalisateur, Meilleure actrice, Meilleure musique et Meilleur photographie, La La Land est le grand gagnant de la soirée. A côté, il ne reste que les miettes pour Manchester by the Sea (Meilleur acteur, Meilleur scénario adapté) et Lion (Meilleur acteur dans un second rôle, Meilleure adaptation). A noter que Ken Loach a remporté pour la première fois un BAFTA (hors prix d’Honneur) avec Moi, Daniel Blake, sacré Meilleur film britannique. Les perdants de la soirée sont respectivement Nocturnal Animals et Moonlight, respectivement nommés 9 et 4 fois et tout deux repartis les mains vides. Pour La La Land, il ne lui restera plus qu’à définitivement s’imposer au Dolby Theatre, le 26 février prochain lors de la 89ème cérémonie des Oscars où le film est nommé quatorze fois.

Palmarès complet de la cérémonie des BAFTA 2017 :

Meilleur film : La La Land de Damien Chazelle

Meilleur film britannique : Moi, Daniel Blake de Ken Loach

Meilleur réalisateur : Damien Chazelle pour La La Land

Meilleure actrice : Emma Stone dans La La Land

Meilleur acteur : Casey Affleck dans Manchester By the Sea

Meilleure actrice dans un second rôle : Viola Davis dans Fences

Meilleur acteur dans un second rôle : Dev Patel dans Lion

Meilleur film d’animation : Kubo et l’armure magique de Travis Knight

Meilleur documentaire : 13th d’Ava DuVernay

Meilleur film en langue étrangère : Le Fils de Saul de László Nemes

Meilleur scénario original : Manchester By The Sea

Meilleure adaptation : Lion

Meilleur réalisateur, producteur ou scénariste britannique pour leur première oeuvre : Under the Shadow de Babak Anvari

Meilleure musique : Justin Hurwitz pour La La Land

Meilleure photographie : Linus Sandgren pour La La Land

Meilleur montage : John Gilbert pour Tu ne tueras point

Meilleurs décors : Les Animaux Fantastiques

Meilleurs costumes : Jackie

Meilleur son : Premier Contact

Meilleurs maquillages et coiffures : Florence Foster Jenkins

Meilleurs effets visuels : Le Livre de la jungle

Meilleur court métrage britannique d’animation : A Love Story de Khaled Gad, Anushka Kishani Naanayakkara, Elena Ruscombe-King

Meilleur court métrage britannique de fiction : Home de Shpat Deda, Afolabi Kuti, Daniel Mulloy et Scott O’Donnell

Meilleur Espoir (EE Rising Star Award) : Tom Holland

BAFTA d’Honneur : Mel Brooks

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Le Concours, un film de Claire Simon : Critique

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Rêve de réussite et passion cinéphile dans Le Concours, nouveau documentaire de Claire Simon

Synopsis : C’est le jour du concours. Les aspirants cinéastes franchissent le lourd portail de la grande école pour la première, et peut-être, la dernière fois. Chacun rêve de cinéma, mais aussi de réussite. Tous les espoirs sont permis, toutes les angoisses aussi. Les jeunes gens rêvent et doutent. Les jurés s’interrogent et cherchent leurs héritiers. De l’arrivée des candidats aux délibérations des jurés, le film explore la confrontation entre deux générations et le difficile parcours de sélection qu’organisent nos sociétés contemporaines.

Après Le Bois dont les rêves sont faits sorti en 2016, Claire Simon est de retour sur grand écran pour Le Concours, documentaire sur le concours d’entrée à la Fémis, réputée pour son caractère sélectif, mais ô combien attrayant. ll faut savoir que seules 6 personnes sont sélectionnées pour environ 3000 postulants. Autant dire que les places valent très chères et sont plus que très convoitées.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Le Concours n’évoque pas la progression d’un étudiant unique à travers les différentes épreuves d’admission. Claire Simon fait le choix d’illustrer formellement et simplement chaque étape, en parvenant à parfois filmer un étudiant qui la réussira, alors qu’un autre échouera. Les choix de la réalisatrice sont intéressants et correspondent aux attentes du spectateur. Le concours d’admission n’est pas embelli, l’image renvoyée n’est en aucun cas un embellissement de la réalité. Le film se fait présentation d’un des examens autour duquel tournent le plus de mystères.

Mais la directrice du département réalisation de la Fémis ne se contente pas de donner un aperçu des épreuves afin d’appâter de futurs candidats ou de conforter certains dans l’envie de le passer. Aux portraits d’étudiants filmés à travers leurs oraux ou leurs écrits se mêlent l’envers du décor, celui des professeurs. Ces derniers donnent naissance à de nombreuses séquences drôles, de quoi décrisper le spectateur au milieu de ce stress ambiant. Les avis des examinateurs, leurs impressions, leur franc parler aboutissent à de réelles perles que l’on ne peut qu’apprécier. On retiendra cette séquence lorsqu’un étudiant doit construire un scénario autour d’un sujet donné, ici, une simple phrase. Nait alors une scénario complètement alambiqué, dans lequel l’étudiante vient elle-même se perdre, faute à une multitude de personnages ayant tous des liens entre eux. Les têtes des professeurs/examinateurs sont alors mémorables et on ne peut s’empêcher de rire tant la confusion règne. Claire Simon ne se conforme pas dans le portrait formel d’un concours, toutes les facettes sont exploitées.
Il est également intéressant d’assister aux débats entre correcteurs après évaluation des écrits : entre prises de position en faveur d’un étudiant et remise en question de la correction des autres, Le Concours devient une fiction à part entière tant chaque personne présente à l’écran est incarnée et parfois obstinée dans ses convictions.
La photographie de ce documentaire est simple et se place comme un œil discret, une caméra immersive. L’absence de tout artifice visuel, que ce soit en terme d’image ou de montage, est à souligner. Les étudiants et les professeurs sont abordés de la même façon, et la notoriété de l’école tend à se faire oublier le temps d’un film. Jamais les mérites de l’enseignement ne sont vantés ou dépeints comme géniaux. La Fémis devient simplement une grande école dans laquelle les étudiants tentent d’intégrer.

Toutefois, Le Concours tend à donner l’impression que l’examen d’entrée à la Fémis est d’une certaine facilité et, qu’ainsi, chaque épreuve est facile à surmonter.

Très peu d’élèves semblent stressés ou déconcertés par les examens, chacun semble confiant, ce qui n’est pas le cas lorsque 3000 étudiants passent un concours. Mais Claire Simon met également en lumière les petits défauts du concours et les incohérences qui peuvent subvenir chez les examinateurs, notamment lors de l’entretient final, lorsqu’il ne reste plus que 20 étudiants dans chaque domaine. Que ce soit sur la maturité, l’âge, le milieu social ou la manière de s’exprimer, les remarques des enseignants prouvent bien toute la subjectivité de ce concours d’entrée. De quoi ne pas en rassurer plus d’un.

Malgré le lien étroit entre Claire Simon et La Fémis, Le Concours ne nous est pas présenté comme un film de propagande afin de donner envie aux étudiants français de passer cet examen. Même s’il s’avère très simple, aussi bien sur sa forme que sur son fond, les différentes facettes dépeintes, que ce soit du côté des étudiants ou des professeurs, apportent toute crédibilité et véracité à l’œuvre.

Le Concours : Bande-annonce

Le Concours : Fiche Technique

Réalisation : Claire Simon
Photographie : Claire Simon
Montage : Luc Formelle
Producteurs : Belinda Leduc, Arnaud Dommerc
Sociétés de production : Andolfi
Distribution (France) : Sophie Dulac Distribution
Durée : 119 minutes
Genre : Documentaire
Date de sortie : 8 février 2017

France – 2017

Cinquante nuances plus sombres, un film de James Foley : Critique

À l’occasion de la Saint-Valentin, Christian Grey revient dans le second volet de la saga érotique Cinquante Nuances de Grey. Le premier opus avait rapidement été taxé de navet, recevant même plusieurs Razzies. On aurait donc pu s’attendre à ce que Cinquante nuances plus sombres redresse la barre : malheureusement, le film emboîte tristement le pas au précédent et cultive la même nullité.

Synopsis : Anastasia Steele, désormais assistante d’édition, renoue avec son ex Christian Grey quelques mois après leur rupture. Alors qu’elle l’avait quitté après avoir réalisé qu’il prenait du plaisir en infligeant des châtiments corporels aux femmes, elle accepte de remettre le couvert à une condition : cette fois, elle imposera ses termes. Transi, le millionnaire lui en fait la promesse et se montre changé. Mais rapidement, les fantômes du passé resurgissent…

On le sait, la saga littéraire à succès d’E. L. James est au départ dérivée d’une fan fiction librement inspirée de Twilight. De fait, malgré un érotisme provocateur et un contexte plus ancré dans la réalité, le phénomène Fifty Shades s’est rapidement imposé comme une bluette faussement transgressive, majoritairement destinée à un public féminin. Au cinéma, son adaptation n’a pas dérogé pas à la règle : encore plus sage, gommant tout aspect potentiellement choquant, le premier opus revêtait des allures de drame romantique niais estampillé young adults, totalement dépourvu de charge sexuelle et d’enjeux. Mais la suite, annoncée comme plus sombre et plus subversive, nous promettait une romance plus débridée, sans plus aucune règle ni aucun secret. Alors, le résultat est-il à la hauteur des attentes ? Pas vraiment.

Cinquante nuances plus niaises 

Alors que le titre nous laisse sous-entendre que le récit va basculer dans des sphères plus sombres, il n’en est rien. Au contraire, l’intrigue fait la part belle à l’amour, la passion, voire la romance enflammée, « parfum vanille ». Car oui, Christian Grey est un homme nouveau, transfiguré par la force et la pureté des sentiments sincères qu’il éprouve envers la belle Anastasia, sa sauveuse, son salut. Terminé le sadisme, fini la domination. A la place, le fringant millionnaire de seulement 27 ans (rappelons-le), désormais guéri de ses penchants malsains, se laisse aller aux joies du bonheur simple et se plie en quatre pour reconquérir la femme de sa vie à grands coups de bouquets garnis et de déclarations transies. Des fleurs, des fleurs et encore des fleurs viennent inonder le quotidien de sa jeune promise, émerveillée par un tel changement. Virée idyllique en bateau au rythme d’une ballade mollement électro-RnB signée Taylor Swift et ZAYN (ancien One-Direction), feux d’artifice éblouissants, bals masqués luxueux et liesse à tous les étages : la relation lumineuse qui unit Christian à Anastasia est parfaite. Pour preuve, lui qui est habituellement si ténébreux et inaccessible ouvre son coeur, dévoile son passé douloureux, se laisse toucher et demande à sa moitié de s’installer avec lui, avant de carrément vouloir l’épouser ! On l’aura compris, en plus d’une bande son mièvre et sans goût qui affadit le moindre plan, Cinquante Nuances plus sombres est un film commercial calibré au millimètre près pour séduire les YA fans de bluettes « sauce piquante », histoire de mettre un peu de piment dans leur Saint-Valentin.

Cinquante nuances plus coquines

Niveau sexe (puisqu’il faut bien l’avouer, l’érotisme sulfureux est l’un des arguments de vente majeurs de la franchise), on est encore loin de 9 Semaines 1/2 et Basic Instinct, mais l’alchimie entre Dakota Johnson et Jamie Dornan est plus convaincante que dans le volet précédent et leurs instants d’intimité, assez nombreux, viennent efficacement apporter une pointe de croustillant au scénario, dont la platitude et le vide avoisinent le néant. Au moins, on peut se réjouir de voir que Christian et Anastasia remettent le couvert avec un enthousiasme débordant, s’adonnant à des parties de jambes en l’air survoltées en toutes circonstances (sous la douche, dans un ascenseur) et agrémentées de quelques gadgets qui renouent avec l’esprit du roman dont la notoriété était en partie liée à son audace et son inventivité en la matière. Entre accessoires divers, lingerie coquette, bijoux « intimes » et situations excitantes, Anastasia explore sa sexualité et repousse ses limites, se laissant aller à des pratiques hors-normes, à tel point qu’on peut entendre résonner le titre « Not Afraid Anymore » lorsque la jeune femme demande à son amant de la conduire dans la chambre rouge… Elle n’a plus peur. Bien évidemment, la pudeur est de mise dans ce film qui ne montre aucune nudité frontale même si la sensualité de Dakota Johnson et le sex appeal de son partenaire sont constamment mis en avant. Elle se mord la lèvre, se courbe et se penche, se laisse porter, se prélasse de façon indolente comme une femme trophée et soumise ; tandis qu’il exhibe ses abdominaux saillants tel un mâle alpha et s’adonne à une démonstration de virilité mémorable lors d’une séance de sport musclée. Sans avoir peur de tomber dans les clichés les plus communs et de porter à l’écran des archétypes éculés dans sa représentation des sexes, Cinquante Nuances plus sombres nous offre cependant quelques séquences « chaudes » qui raviront les amateurs de la saga.

Cinquante nuances plus glauques

Le problème majeur de Cinquante Nuances plus sombres, en plus de son visuel papier glacé désincarné, sa réalisation convenue, sa BO indigeste, sa mauvaise direction d’acteurs, son manque d’enjeux scénaristiques et sa niaiserie, réside dans son message très douteux. En réalité, lorsqu’on prend le temps de réfléchir, on remarque rapidement que Christian Grey, vendu comme le prince charmant idéal, est un stalker et un psychopathe : il suit ou fait suivre sa bien-aimée partout, garde des dossiers sur toutes ses « soumises » (dont certaines sont devenues folles et suicidaires), connaît tout sur ses partenaires, se comporte en dominateur tentaculaire qui décide des moindres faits et gestes d’Anastasia et exerce son influence à tous les niveaux de sorte à avoir la mainmise sur ses « proies » comme un tueur sur ses victimes. A ce titre, le parallèle n’est pas si absurde car le héros, qui explique que sa mère toxicomane est décédée sous ses yeux lorsqu’il avait quatre ans, avoue ne se choisir que des femmes ressemblant à sa génitrice pour les sadiser et les maltraiter, pratiques sexuelles qui l’ont sauvé puisqu’à en croire les dires de son « initiatrice » Mme Robinson (Kim Basinger, venue cachetonner), si elle ne l’avait pas révélé ainsi à lui-même, il serait en prison ou pire. Comprendre que Christian Grey, sous ses airs de parfait gentleman, est en réalité un fou, ce qui ne pose visiblement aucun problème à Anastasia quand on voit que la jeune femme, légèrement crédule et idiote, accepte volontiers de se plier à tous les désirs de son homme aussi déplacés soient-ils (ingérence dans sa vie professionnelle, suppression de tout libre-arbitre et nécessité absolue de la posséder entièrement). On constate donc que le film véhicule malheureusement un message très rétrograde sur la condition de la femme, propos également relayé par les personnages secondaires entre Leila la névrosée qui a perdu la tête après s’être fait larguer comme une vieille chaussette par Christian, ou Jack Hyde le patron abusif d’Anastasia qui tente d’exercer sur elle un droit de cuissage en s’immisçant dans son intimité…

Pour conclure, Cinquante Nuances plus sombres n’opère aucune rupture de ton ni de style avec le volet précédent et embraye sur la même médiocrité, n’ayant de sombre que son amorce de thriller (la vengeance de Jack Hyde, la jalousie de Mme Robinson et l’obsession névrotique de Leila envers Anastasia) qui se poursuivra sans doute dans la suite de la saga, comme l’annonce un bref teasing à la fin du générique. Une recette plate et sans relief, faussement transgressive, qui au mieux fera passer le temps aux spectateurs les moins exigeants (les images sont jolies) et qui au pire fera tiquer dans sa façon rétrograde d’aborder la représentation du genre à l’écran.

Cinquante nuances plus sombres : Bande-annonce

 

Cinquante nuances plus sombres : Fiche Technique

Titre original : Fifty Shades Darker
Réalisation : James Foley
Scénario : Niall Leonard, d’après Fifty Shades Darker de E.L. James
Interprétation : Dakota Johnson (Anastasia Steele), Jamie Dornan (Christian Grey), Bella Heathcoate (Leila Williams), Rita Ora (Mia Grey), Kim Basinger (Elena Lincoln alias Mme Robinson), Luke Grimes (Elliot Grey), Eric Johnson (Jack Hyde), Hugh Dancy (John Flynn)…
Image : John Schwartzman
Décor : Nelson Coates
Costumes : Shay Cunliffe
Son: Mark Noda
Montage: Richard Francis-Bruce
Musique: Danny Elfman
Producteurs :  Dana Brunetti, E. L. James, Marcus Viscidi et Michael De Luca
Distributeur: Universal Pictures International France
Genres : Drame, Romance, Thriller érotique
Date de sortie en France : 8 février 2017
Durée: 115 min

Etats-Unis – 2017

Sweet/Vicious : la nouvelle série de MTV

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Après le documentaire The Hunting Ground et la chanson de Lady Gaga “Til It Happens To You” créée pour l’occasion, c’est maintenant au tour des séries de traiter de la culture du viol sur les campus américains.

Avec la vengeance des filles de Riverdale contre le slut-shaming dont elles sont victimes, les figures féminines prennent décidément le dessus dans les séries qui commencent à s’intéresser à des sujets trop souvent éludés ou banalisés. Et c’est avec la fin imminente de Teen Wolf que Sweet/Vicious voit le jour. Originellement intitulée Little Darlings, il s’agit de la première série signée Jennifer Kaytin Robinson, dont la diffusion vient de prendre fin en janvier  dernier sur MTV.

Sweet/Vicious est une comédie noire qui met en scène un duo 100% féminin. Ophelia, hackeuse solitaire aux cheveux verts électriques et Jules, la “sorority girl” par excellence et ninja vengeresse la nuit, vont s’allier pour mettre de l’ordre sur le campus et s’occuper des prédateurs sexuels qui sévissent en toute impunité.

Du côté des acteurs on retrouve Eliza Bennett, Taylor Dearden (la fille de Bryan Cranston), Brandon Mychal Smith (You’re The Worst) et Nick Fink.

Sweet/Vicious : Bande-annonce

Le Corbeau, un film de Henri-Georges Clouzot : critique

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Partant d’un fait divers, Clouzot dresse, dans Le Corbeau, un tableau sombre de l’humanité

Synopsis : dans une petite sous-préfecture de province, des lettres anonymes dénoncent plusieurs habitants et, en particulier le Docteur Rémy Germain.

Après le succès de L’Assassin habite au 21, qui a pris des allures de petites comédies policières (mais qui cache bien son jeu, car c’est loin d’être aussi léger que ce qu’il paraît), Clouzot revient avec Le Corbeau. Et, au-delà d’une interprétation impeccable et d’un scénario très réussi, le réalisateur prouve qu’il maîtrise la mise en scène avec une maestria rare. Cadrages, mouvements de caméra, jeux d’ombres et de lumières, tout est absolument exceptionnel, d’autant plus que les effets ne sont jamais gratuits : ils contribuent tous à planter une ambiance et à renforcer un scénario déjà fort sombre.

Espionnage et suspicions

Ce scénario nous raconte, on le sait, l’histoire d’une petite ville, sous-préfecture quelconque, « ici ou ailleurs », dont les habitants sont victimes de lettres de dénonciations anonymes. Le premier réflexe qui s’impose, c’est que tout le monde suspecte tout le monde, et inversement. Dès la scène d’ouverture, les rumeurs circulent, quand deux petites vieilles s’amusent à dire que le père supposé de l’enfant mort n’est pas forcément son géniteur…

Et le cinéaste va se plaire à filmer ces messes basses, ces on-dit que l’on voit presque circuler. Mieux encore : sa caméra va mimer les indiscrétions des personnages. La mise en scène insiste sur les ouvertures et fermetures, les portes, les fenêtres, etc. Dès le plan d’ouverture, on découvre le village à travers une fenêtre, comme si on l’espionnait déjà. Et tout au long du film vont se multiplier ces plans pris à travers des portes, des fenêtres, le guichet de la poste, une serrure, etc. Tout le monde espionne les villageois. Y compris nous, et c’est là la grande force de la réalisation de Clouzot : nous mettre, nous spectateurs, directement au cœur du processus. A travers ce cinéma, qui est un art du voyeurisme par excellence, à travers cette caméra qui s’infiltre partout et pour laquelle rien n’est fermé, il nous met en situation d’espionnage. Nous ne vallons guère mieux que ce corbeau ; nous sommes lui, même : lors du défilé d’un enterrement, la caméra se met carrément à la place d’une lettre anonyme posée par terre sur le parcours.

De même, Clouzot sait parfaitement créer un suspense sur l’identité du corbeau en jouant sur les apparitions des personnages. Les différents personnages du film ne se contentent pas d’arriver à l’écran, ils y apparaissent presque par magie. Ils ne semblent pas là puis, d’un coup, on aperçoit leur présence. Du coup, les questions se posent inévitablement : depuis combien de temps sont-ils là ? Qu’ont-ils vu ? Entendu ? Certains se cachent même : le docteur Vorzet derrière son journal (comme l’archétype de l’espion) ou Germain derrière son rideau… Ce jeu sur les apparitions de personnages contribue fortement à l’instauration d’une ambiance pesante et d’une suspicion généralisée.

Un mystérieux docteur

Les accusations sont celles que l’on a habituellement dans ce genre de cas : maris cocus, détournements d’argent, etc. Avec une victime qui concentre la majorité des attaques du corbeau, le mystérieux docteur Germain (Pierre Fresnais, sec et rigide, l’exact opposé du rôle joyeux et agréable qu’il jouait dans le premier film de Clouzot). Personnage sombre et énigmatique, il a tout pour attirer la haine contre lui : on ne sait rien de son passé, il est séduisant mais peu sociable, talentueux et efficace donc susceptible d’attirer la jalousie, etc.

A ses côtés, Ginette Leclerc joue merveilleusement bien l’équivalent d’une femme fatale, toute en séduction et en fragilité. Le film convoque aussi de grands noms du cinéma français, dont certains étaient déjà présents dans le précédent film de Clouzot : Noël Roquevert, Pierre Larquey, etc.

Foule en furie

Le Corbeau ne se contente pas d’être un formidable suspense. La vision très noire du genre humain, qui sera une des caractéristiques du cinéma de Clouzot, s’y affirme avec force. Outre le thème de la culpabilité (tout le monde est coupable de quelque chose) et de la jalousie malsaine, le film montre comment une foule peut être amenée à un haut niveau de folie haineuse. Comment la jalousie, les frustrations, les petites haines ordinaires peuvent être transformées en un violent mouvement de masse si elles sont dirigées correctement. Comment les démagos peuvent manipuler des foules en les tenant par leurs haines.

C’est alors la quête d’une victime expiatoire et, à terme, la destruction de toute forme sociale. « Campagne d’assainissement », dira le corbeau. On reconnaît bien là le discours de tous les démagos haineux jouant sur les craintes et les frustrations. Discours appuyé sur un relativisme moral qui tendrait à nous faire croire que tout est possible, que rien n’est interdit, que la frontière entre Bien et Mal n’est qu’une vue de l’esprit. « Toutes les valeurs morales sont corrompues ». On songe, bien entendu, au discours que tiendra, quelques années plus tard, le personnage d’Orson Welles dans Le Troisième Homme. Et si, à cela, on ajoute la responsabilité d’une administration incompétente, on obtient un film hautement politique, toujours terriblement d’actualité de nos jours.

En cela, Le Corbeau n’est pas seulement un chef d’œuvre, mais l’un des films les plus importants du cinéma français.

Le Corbeau : Bande Annonce

Le Corbeau : Fiche Technique

Réalisateur : Henri-Georges Clouzot
Scénario : Louis Chavance, Henri-Georges Clouzot
Interprétation : Pierre Fresnay (Docteur Germain), Ginette Leclerc (Denise Saillens), Pierre Larquey (Docteur Vorzet), Noël Roquevert (Saillens), Pierre Bertin (le sous-préfet), Micheline Francey (Laura Vorzet), Liliane Maigné (Rolande).
Directeur de la photographie : Nicolas Hayer
Montage : Marguerite Beaugé
Musique : Tony Aubin
producteurs : René Montis, Raoul Ploquin
Société de production : Continental
Société de distribution : La Société des Films Sonores Tobis
Genre : drame, policier
Date de sortie : 28 septembre 1943
Durée : 92 minutes

France – 1943

Silence, un film de Martin Scorsese : Critique

Véritable testament ecclésiastique de son auteur, Silence est un chef d’œuvre traitant de la transcendance de la foi. Martin Scorsese évite la propagande religieuse grâce à un traitement psychique brillant et une image superbement travaillée. Un long métrage qui dépasse son statut de réflexion sur la religion et qui paraît nécessaire dans notre société.

Synopsis : XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

Bloqué depuis le début des années 2010 dans une filmographie à l’image clinquante (Hugo Cabret, Le Loup de Wall Street), Martin Scorsese renoue avec un cinéma viscéral et se pose en digne héritier des légendes japonaises du 7e art. Adapté du roman éponyme de Shūsaku Endō, il aura fallu presque 30 ans au cinéaste pour concrétiser son projet, au point d’être attaqué en justice pour la trop grande durée de sa pré-production. Dévoilant le combat mental de deux jésuites à la recherche de leur mentor dans un japon féodal austère, Silence s’inscrit immédiatement comme un chef d’œuvre du maître Scorsese.

Le testament clérical de Martin Scorsese

Nous sommes en 1956, Martin Scorsese, jeune New-Yorkais d’origine sicilienne, abandonne ses études pour se destiner à une vie religieuse et rentre dans un séminaire afin de recevoir l’ordination. Le futur génie est tellement indiscipliné qu’il en est congédié un an plus tard, mais l’expérience l’aura marqué à vie. Issu d’une famille catholique traditionaliste, le cinéaste a toujours embrassé les thématiques de la religion au sein de sa filmographie. Point de propagande théologique, seulement l’impact de la foi dans une société ou un microcosme. En témoigne ses longs métrages aussi magnifiques que controversés tels que Kundun ou La Dernière Tentation du Christ. C’est d’ailleurs lors de la projection de ce dernier que le réalisateur fait la connaissance de l’archevêque de New York Paul Moore. Celui-ci lui offrit l’ouvrage Silence, paru en 1966 au Japon et écrit par un Japonais catholique nommé Shūsaku Endō. Le livre a été plébiscité pour sa capacité à analyser les tourments psychiques d’adeptes du christianisme. Sentant que l’œuvre est idéale pour sublimer ses thématiques ecclésiastiques, Martin Scorsese se lance dans l’adaptation ambitieuse et complexe du roman. C’est seulement 28 ans plus tard que le metteur en scène réussit son pari : accoucher d’une œuvre universelle sur la foi sans faire de prosélytisme outrancier.

Perdu dans une esthétique clinquante à l’excès depuis Hugo Cabret (avec CGI douteux en supplément), le maître sicilien retrouve la puissance visuelle qui l’a tellement caractérisé. Orienté vers une dissertation filmique, Silence transcende son sujet religieux pour en faire une profession de foi intemporelle. Pour ce faire, c’est le réalisme et le jusqu’au boutisme qui priment. La reconstitution du Japon féodal du XVII, en pleine Pax Christi, semble parfaitement aboutie. Et même si on se demande pourquoi des prêtres portugais parlent et apprennent la langue anglaise, les décors et la beauté de l’image surpassent de très loin ce détail. C’est d’ailleurs dans la photographie et la composition des cadres que Silence impressionne le plus. Lorgnant clairement vers la contemplation, sans en être un fervent adepte, Scorsese semble plus apaisé qu’à l’habitude mais aussi plus torturé. Le cinéaste se place toujours à proximité de ses personnages, on pense d’ailleurs souvent à Casino, dans le traitement du destin de ses héros. Toutefois, le metteur en scène ne révolutionne pas son cinéma. Steadycam, « God Watching Shots » et plans fixes millimétrés, on ressent un véritable soin apporté à l’image. Ainsi et ce, dès le premier plan, la photographie de Rodrigo Prieto est une merveille pour les pupilles. L’inspiration paraît évidente, notamment Kurosawa (Ran, Vivre) pour les couleurs, Kenji Misumi (La légende de Zatôichi, Baby Cart) pour les cadres et même Buntarō Futagawa (le chef d’œuvre Orochi : le Serpent) pour l’intensité et la durabilité des plans. C’est dans cette union parfaite que la réalisation de Scorsese confine à la perfection technique, nous prouvant encore qu’à 74 ans, il n’a pas fini de nous combler.

L’Universalité de la Foi

Silence est avant tout l’histoire de deux hommes, des prêtres fougueux et idéalistes, désireux de prêcher une parole qu’ils qualifient plus de « vraie » que de « divine ». Sebastião Rodrigues (Andrew Garfield, tout bonnement parfait) et Francisco Garupe (Adam Driver, loin des pleurnichages de Kylo Ren), désireux de sauver leur mentor, Cristóvão Ferreira (Liam Neeson, retrouvant sa grandeur), ayant été forcé d’apostasier et de renier sa foi. Si les mauvaises langues reprocheront à Scorsese son portrait métaphysique touchant de très près aux croyants et à la religion, il convient de montrer à quel point l’ambition du cinéaste semble pure. Le long métrage n’est pas qu’une œuvre sur la religion, il reste un labyrinthe mental prodigieux par sa justesse et marquant par sa dureté. Ces deux jeunes figures divines deviennent déifiées par des villageois japonais, perdus tels des brebis égarées. A ce moment, comment prêcher la parole absolue dans un pays symbolisé par un marécage ? Comment transmettre un idéal dans un pays historiquement bouddhiste ? Martin Scorsese donne également beaucoup d’importance aux joutes verbales, avec des dialogues de haute volée écrit avec le scénariste Jay Cocks. Ainsi, plus qu’un combat, c’est une brisure mentale qui s’opère chez chaque personnage. Ce combat est également représenté par le personnage de l’inquisiteur Inoue (l’immense Issei Ogata), véritable tyran du christianisme. Chacune de ses apparitions inspire une crainte viscérale au spectateur, étant toujours filmé comme une figure impénétrable.

Néanmoins, point de théologie forcée ou de catéchisme approximatif. L’Histoire est formellement respectée, que ce soit dans les détails des décors ou le vocabulaire déclamé. De même, c’est l’universalisme des thématiques qui trône au-delà du simple christianisme. On suit alors un calvaire de martyrs religieux, tout comme les Chrétiens d’Orient en leur temps, les monothéistes face à l’Empire Romain ou même les musulmans face à leur bannissement des États-Unis aujourd’hui. C’est d’ailleurs ce même personnage de l’inquisiteur qui confirme cette thèse pacifiste. « Je n’ai rien contre vous, ni contre votre foi » déclame-t-il ainsi, désirant uniquement confronter le père Rodrigues face aux contradictions de sa religion. Même si la situation paraît justifiée dans le contexte du pays (dans le Japon féodal du XVII, la xénophobie régnait en maître, notamment à cause des maladies transmises de l’étranger), les images restent dures et les supplices éprouvants. A l’instar de La Dernière Tentation du Christ, Martin Scorsese exprime les douleurs psychiques de ces véritables figures christiques. Peut-on abjurer ses croyances pour sauver ses fidèles d’une mort certaine ? Comment conçoit-on le fait d’être un Christ sauveur ? Devant ces questions, le spectateur se retrouve comme Rodrigues face à ses convictions : le silence assourdissant de son seigneur.

Testament lyrique et absolu sur la religion, Silence est un long métrage majeur de son auteur et nécessaire dans notre société. Digne d’une dissertation sur la transcendance des convictions, Martin Scorsese évite les lourdeurs grâce à une mise en scène racée et une image absolument somptueuse. De par ses immenses qualités, tout en conservant un rythme lancinant proche de la contemplation, Silence se pose en miracle de cinéma.

Silence : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=0Vzyu8VcBaE

Silence : Fiche Technique

Titre original : Silence
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Jay Cocks et Martin Scorsese, d’après Silence de Shusaku Endo
Interprétation: Andrew Garfield (Rodrigues), Liam Neeson (Ferreira), Adam Driver (Garupe), Shinya Tsukamoto (Mokichi), Yosuke Kubozuka (Kichijiro), Issei Ogata (Inoue)
Décors : Dante Ferretti
Costumes : Dante Ferreti
Montage : Thelma Schoonmaker
Musique : Howard Shore
Production : Vittorio Cecchi Gori, Barbara De Fina, Randall Emmett, Gaston Pavlovich, Martin Scorsese, Emma Tillinger Koskoff et Irwin Winkler
Sociétés de production : Cappa Defina Productions, Cecchi Gori Pictures, Fábrica de Cine, SharpSword Films, Sikelia Productions, Verdi Productions, Emmett/Furla/Oasis Films et Waypoint Entertainment
Sociétés de distribution : Paramount Pictures (États-Unis), Metropolitan Filmexport (France)
Langue : Anglais, japonais
Durée : 161 minutes
Genre : Drame historique
Dates de sortie : 8 février 2017

États-Unis, Taïwan, Mexique – 2015

Seuls, un film de David Moreau : Critique

David Moreau signe un blockbuster français de qualité, mais assez inégal. Une lourde responsabilité pesait sur les épaules de Seuls qui ne répond pas à toutes les attentes. Néanmoins le film se tient et se trouve être une œuvre mature, qui cède tout de même à quelques facilités.

Synopsis : Leïla, seize ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu’aujourd’hui, il n’y a personne pour la presser. Où sont ses parents ? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l’unique survivante d’une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes : Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile et paranormal. Mais sont-ils vraiment seuls ?

Adapté de la bande-dessinée éponyme, Seuls est une des rares tentatives du cinéma français à s’attaquer au registre fantastique. A part le récent Personal Shopper d’Olivier Assayas, les films de genre se font discrets en France. Ainsi adapter l’œuvre franco-belge de Bruno Gazzoti et Fabien Vehlmann de cinq tomes en film s’annonçait comme un pari risqué mais ambitieux. Le paysage cinématographique français privilégie sa zone de confort, et s’éloigne rarement de ses comédies et drames d’auteur. Seuls attire donc avant tout la curiosité par son initiative, comme a pu le faire récemment Arès, l’une des rares production SF françaises. Pour ce film ambitieux, la réalisation a été confiée à David Moreau. Si son dernier film était la comédie 20 ans d’écart, il est habitué au registre fantastique/horreur pour avoir réalisé et écrit le thriller Ils et le film d’épouvante/fantastique The Eye.

Une œuvre sombre et oppressante

Le projet original se transforme en une œuvre intéressante et captivante mais tout de même assez bancale. Seuls saisit avant tout par sa photographie soignée. Le gris omniprésent souligne la vacuité des paysages urbains. Les décors modèlent un Paris imaginaire souligné par des plans rappelant les cases d’une bande-dessinée. La ville est un personnage qui domine tout le métrage et délivre une ambiance oppressante. Les tenues des personnages s’accordent avec cette toile de fond terne. Le soin apporté aux couleurs et à la photographie amène un univers riche et sombre, tout en installant une ambiance angoissante. L’atmosphère joue un rôle clé dans le film et est maîtrisée en tout point par David Moreau. Ici le réalisateur offre un film d’épouvante « light » brillant à certains moments par des séquences noires et inquiétantes. Le teen-movie fantastique se retrouve finalement plus convaincant que le dernier opus d’Hunger Games ou de la saga Labyrinthe par son aspect ambigu et mystérieux. Le film multiplie également les références. Le brouillard qui parcourt la ville n’est pas sans rappeler le monstre de Lost, et les personnages qui déambulent au sein de ce grand vide font écho à des scènes de The Walking Dead ou Je suis une légende.

Un ensemble inégal mais ambitieux

Faire porter un film par une bande de cinq jeunes acteurs débutants était dangereux. Globalement, les adolescents s’en sortent bien. Sofia Lesaffre incarne la protagoniste Leila avec justesse et Stéphane Bak joue un rôle plus sombre aux antipodes de son image de comique. Les autres membres de la bande sont convaincants, néanmoins les scènes dramatiques frôlent parfois le ridicule et le jeu des jeunes acteurs n’est pas au niveau. Si Leila représente un personnage féminin fort, les autres de la bande restent assez stéréotypés. Le méchant du film s’avérera très caricatural et des plus risibles. L’écriture du film représente ainsi son principal défaut, malgré une mise en scène de qualité. Si Seuls captive tout du long, le rythme du film est mis à mal par de nombreuses coupures qui font passer de scènes dramatiques à scènes comiques en un instant. Bien amené, le twist final s’avère prégnant et intense. A ce moment-là, le film aurait du s’arrêter et se suffire à lui-même devenant ainsi un divertissement fort et universel, mais non exempt de défauts. Néanmoins, le besoin de franchiser le film surplombe le reste, et Seuls s’allonge sur les 10 dernières minutes pour offrir une dernière scène grotesque qui gâche le propos du film.

Imparfait, Seuls reste un film qu’il faut soutenir, tant sa démarche est rare. A travers un film comme Seuls, le cinéma français peut se faire plus confiance et oser plus souvent s’attaquer au registre fantastique.

Seuls : Bande-annonce

Seuls : Fiche Technique

Réalisation : David Moreau
Scénario : David Moreau et  Guillaume Moulin d’après la série de la bande dessinée éponyme Bruno Gazzoti et Fabien Vehlmann
Direction artistique : Gwendal Bescond
Costumes : Élise Bouquet et Reem Kuzayli
Photographie : Nicolas Loir
Son : Dominique Gaborieau, Gwennolé Le Borgne et Nicolas Provost
Musique : Robin Coudert
Production : Abel Nahmias et David Moreau (coproducteur)
Sociétés de production : Echo Films1 Scope Pictures (étrangère) ; Studio Canal  (coproduction)
Sociétés de distribution : Studiocanal (France) ; Telescope (Belgique), Frenetic Films (Suisse romande). Langue originale : français
Durée : 90 minutes
Genre : fantastique
Date de sortie : 8 Février 2017

France – 2017

Lego Batman, un film de Chris McKay : Critique

Le bat-justicier de Gotham est de tous les plans dans ce spin-off de La Grande Aventure Lego qui réitère avec plus ou moins de succès la recette gagnante du film signé Phil Lord & Chris Miller (21 & 22 Jump Street) : un prodige d’animation couplé à un ton joueur et très référentiel.

Back in black

De La Grande Aventure Lego, on ne retenait (presque) que lui. Sa trogne sévère et musclée, ses blagues faisant toujours mouche, cet air d’ado mégalo toujours bon à sortir LA punchline ultime et sa garde-robe oscillant toujours entre le noir très noir ou le gris très foncé. Fatalement, à force de s’arroger les meilleurs passages dudit film et se muer en un second couteau de luxe, il n’a pas fallu beaucoup de temps aux grands pontes de la Warner pour déceler tout le potentiel contenu dans un éventuel spin-off du personnage. Déjà nanti d’une large mythologie et de la technologie apte à l’exploiter, le succès semblait assuré ; la seule question restant en suspens était de savoir si exploiter le filon comique déployé par le Bat au gré de ses courtes apparitions était possible, et ce sans en affecter la rythmique ou même le ton référentiel. Une problématique rapidement balayée ici, puisque à l’instar de la gaudriole geek qu’avait été le premier film, Lego Batman tisse un condensé de pop culture, mâtiné du même fumet méta exploité par le tandem Lord/Miller. On se retrouve ainsi, explorant à 1000 à l’heure, une histoire qui oscille entre parodie et révérence dédiée à ce grand gaillard à la penderie monochrome, et dont le penchant méta très affirmé aura vite fait de transformer son métrage en véritable coffre à jouet hystérique rempli de personnages directement issus de la pop-culture. Voldemort, Godzilla, les Dalek de Doctor Who, le Joker sont ainsi autant de figures du Mal qui cohabitent ici pour mener la vie dure au Batman, non sans manier l’auto-dérision en égratignant au passage les déboires de Warner et de leur récent Suicide Squad, encore copieusement décrié. Une manière de rendre encore plus méta ce joyeux bordel référentiel et bien jouissif comme il faut.

Beaucoup de briques pour rien…

Reste que le film, tient difficilement la comparaison avec La Grande Aventure LEGO. Si l’exécution singe avec parfois beaucoup de difficultés le travail effectué par Phil Lord et Chris Miller, c’est bel et bien parce que Lego Batman n’a pas une moelle aussi subversive que ne l’avait son ainé. Condamné à devoir raconter les errements du Batman dans un stand-alone tout ce qu’il y a de plus classique, Lego Batman ne peut ainsi faire illusion plus longtemps, si bien que la technique semble ici utilisée à tort et à travers comme pour mieux masquer l’évident manque d’idée que doit gérer le film. Cela a pour résultante de voir le métrage user d’une flopée de poncifs assez éculés et d’instaurer un foisonnement (de décors comme de personnages) qui bien vite se mue en un joyeux bordel incontrôlable. C’est d’ailleurs au milieu de toutes ces explosions et autres délires à 100 à l’heure qu’on remarque l’importance de l’absence du tandem Lord/Miller (parti depuis shooter les prochaines aventures de Han Solo) : le duo arrivait à puiser dans l’énergie communicative de la mise en scène, le terreau apte à faire germer leurs nombreuses mises en abîmes, et ce, sans altérer la bonne construction du métrage.

Si Lego Batman n’a rien à envier question dynamique à La Grande Aventure Lego, reste que le spin-off consacré au chevalier noir pâtit d’une certaine carence question scénario confondant foisonnement et bordel généralisé. Une tare qui n’enlève ceci dit en rien le plaisir ressenti devant ce film d’animation détonnant et qu’on se le dise, clairement original. 

 Lego Batman : Bande-Annonce

Lego Batman : Fiche Technique

Réalisation : Chris McKay
Scénario : Seth Grahame-Smith
Doublage : Will Arnett, Michael Cera, Zack Galifianakis, Rosario Dawson, Ralph Fiennes, Mariah Carey, Jennie Slate, Billy Dee Williams, Channing Tatum, Jonah Hill
Musique : Lorne Balfe
Montage : David Burrows
Production : Roy Lee, Dan Lin (en), Phil Lord et Chris Miller
Production déléguée : Will Allegra, Ryan Harris, John Powers Middleton et Zareh Nalbandian
Coproduction : Ryan Halprin
Sociétés de production : Animal Logic, DC Entertainment, Vertigo Entertainment, Village Roadshow Pictures et Warner Bros. Animation
Société de distribution : Warner Bros
Langue originale : anglais
Genre  : Animation, super-héros, comédie
Durée : 104 minutes
Dates de sortie : 8 février 2017

Etats-Unis – 2017

La rédaction annonce ses favoris aux César 2017

Ce 24 février, l’Académie des Césars remettra ses prestigieuses statuettes aux films et cinéastes qui ont fait l’année 2016. L’annonce des nominations un mois plus tôt a aussitôt suscité de vives conversations entre les spectateurs passionnés que nous sommes. Après un exercice de pronostics dans quelques-unes des principales catégories, quelques favoris se détachent du lot.

  • Dans la catégorie Meilleur film, notre favori est Divines
  • Dans la catégorie Meilleur réalisateur, notre favori est Bertrand Bonello, pour son film Nocturama
  • Dans la catégorie Meilleure actrice, notre favorie est Isabelle Huppert, dans Elle, suivie de très près par Soko dans La Danseuse
  • Dans la catégorie Meilleur acteur, notre favori est Gaspard Ulliel dans Juste la fin du monde
  • Dans la catégorie Meilleure film d’animation, notre favori est Ma vie de Courgette
  • Dans la catégorie Meilleur film étranger, notre favori est Toni Erdmann
  • Dans la catégorie Meilleure actrice dans un second rôle, notre favori est Nathalie Baye dans Juste la fin du monde
  • Dans la catégorie Meilleur acteur dans un second rôle, notre favori est Vincent Cassel dans Juste la fin du monde
  •  Dans la catégorie Meilleur premier film, notre favori est La Danseuse

Rendez-vous le 24 février, pour savoir si nos pronostics se révèlent justes ou pas.