Arrow : saison 1 & 2 : Critique série

Saison Arrow saison 1 & 2 : Mieux vaut une bonne série qu’un mauvais blockbuster

Tandis que Marvel semble tout réussir au cinéma (en tout cas ces ce que disent les chiffres) grâce à une stratégie d’univers partagé tendant dangereusement à étouffer dans l’œuf toutes intentions originales, son passage à la télévision avec Agent of S.H.I.E.L.D ne fut pas des plus réussis, la faute à un scénario poussif et des personnages creux. Chez DC comics en revanche c’est plutôt l’inverse : les films ne réussissent pas toujours leur coup, ce qui s’explique avec la politique de Warner (propriétaire de DC depuis un moment déjà) qui laisse étonnamment une certaine liberté aux réalisateurs pour adapter leur panthéon. Ainsi les Batman de Nolan seront des succès mais Green Lantern de Martin Campell aura été un flop retentissant et le Superman de Snyder, bien que rentable, n’a pas fini de faire criser pas mal de fans.

Une stratégie différente parfois payante mais comportant quelques risques. En revanche, là où DC écrase Marvel, c’est à la télévision. Cela remonte à loin, déjà dans les années 60 la série Batman avec Adam West était un très populaire, et qui se souvient qu’a la même époque il y avait eu aussi une série Spiderman ? Personne, car même Stan Lee ne veut plus en entendre parler. On pourrait aussi discuter longuement de la merveilleuse série animée sur le chevalier noir de Paul Dini, ou même de Smallville qui s’est étalée sur 10 saisons pour le pire, mais parfois le meilleur. DC à la télé, c’est une affaire qui roule. Alors comment ne pas leur faire confiance pour adapter un nouveau justicier à l’écran ? Pourtant des craintes il y en avait et elle se résumait toutes à une seule chose, l’identité du héros : Green Arrow.

Green Arrow c’est qui ? C’est l’équivalent de Hawkeye chez Marvel, un humain lambda dont la seule particularité est une aptitude redoutable à l’arc. Un milliardaire philanthrope qui se ballade la nuit pour arrêter les criminels en tout genre accompagné de son acolyte Speedy…et là c’est le moment où on se dit que ça ressemble beaucoup à Batman avec un arc et un slip vert, et on aurait pas tort de le penser car à son époque, il n’était que cela…un simili chevalier noir, avec même une cave secrète pour ranger tous ses gadgets High Tech… Ajouter à cela que le personnage était déjà apparu dans Smallville et qu’il ne dispose pas d’un ennemi juré charismatique comme le Joker ou Lex Luthor, lui offrir sa propre série n’avait rien d’un plan sans accrocs. Et pourtant, une fois de plus DC a battu Marvel.

Arrow n’essaie pas de se hisser au niveau des productions cinématographiques, contrairement à Agents of S.H.I.E.L.D qui multiplie les effets spéciaux coûteux pour cacher son vide scénaristique. Il s’agit d’une série dans la pure tradition du genre, avec une intrigue qui se relance régulièrement, des personnages nombreux et surtout qui ne semble pas être trop écrite à l’avance, se laissant assez de marge pour évoluer ou corriger ses erreurs en cas d’échec. Les premiers épisodes laisseront un goût de déjà vu : un approche réaliste à la Nolan, une ambiance familiale de Soap opéra qui parfois rappelle les feux de l’amour ou Gossip Girl, une structure dans le style « méchant de la semaine »…bref Arrow s’inscrit dans une tradition télévisuelle bien rodée afin de s’installer tranquillement, mais les flash-back réguliers sur l’île et les scènes d’actions étonnamment rythmée et nerveuses feront la différence. Au fil des semaines, la série finit par prendre son identité, reléguant de plus en plus au second plan tout le coté romances, amitiés, secrets de familles, pour aller vers l’action et le thriller pur, devenant de plus en plus addictif.

L’écriture progresse, les personnages se densifient un peu, les scènes d’actions sont toujours aussi réussie et les comédiens, sûrement d’abord choisi pour leur physique, finissent par incarner parfaitement leurs personnages. Stephen Amell (Green Arrow), qui n’en menait vraiment pas large au début avec sa tronche de quarterback sorti d’un film avec Lindsay Lohan, devient attachant à force de ne pas se prendre trop au sérieux, son duo avec Emily B. Rockard (Felicity), l’informaticienne qui cumule les gaffes, fonctionne à merveille et apporte la touche d’humour qui manquait parfois à la série. Il en va de même pour les autres personnages devenant au fur et à mesure aussi important que le justicier lui-même et Super héros oblige, quelques méchants réussissent à sortir du lot comme John Barrowman, anciens de Doctor Who et Torchwood qui retrouve enfin un rôle de premier plan à la télévision (de quoi se consoler de son absence dans l’épisode des cinquante ans du seigneur du temps). D’autres personnages viendront compléter cette belle famille comme l’ambigu Slade Wilson/Deathstroke, la ligues des assassins et bien d’autres figures emblématiques de l’univers DC, pas toujours là où on les attend, mais toujours traités avec respect, changeant souvent leurs origines mais gardant leur essence intacte.

Tout n’est pas forcément réussi non plus, quelques interprètes un peu à la ramasse comme Michael Rowe (Floyd Lawton/Deadshot) un peu trop caricatural ou encore Cathy Lotz (Black Canary) qui finit par devenir exaspérante à faire sa moue sexy en toute circonstance (même en plein combat)… des petites erreurs de casting qui peuvent parfois rebuter, et quelques envolée scénaristiques maladroites comme l’arrivée de la suicide squad ou l’inutilité de certain méchants comme le compte Vertigo ou Ravager, sans compter le coté bipolaire de toute les femmes de série grand public : « je ne t’aime pas mais ne t’avise surtout pas de mater une autre femme ! ». Ce genre de personnage qui gonfle tout le monde et ne donne pas une image sympathique de la féminité mais qui, pour une raison obscure, continue d’exister…. Néanmoins on retrouve tout de même le charme de certain show des années passées, qui apprennent de leurs erreurs pour en ressortir plus fort encore, au milieu de toutes ces séries virtuoses qui semblent ne laisser aucune place à l’imprévu.

Arrow est donc contre toute attente une bonne surprise. Suffisamment divertissante et pas trop prétentieuse, la série continue et on peut espérer qu’elle ait encore de beau jours devant elle. Avec en plus l’annonce de la série Flash dans le même univers partagé, le futur s’annonce imprévisible et plutôt intéressant. Reste à savoir si les studios comptent lier le tout ensemble (série et cinéma) pour leur film Justice League et pour la série Gotham… En attendant, on peut toujours continuer à rire de Marvel qui multiplie ses projets de séries avant même de songer a corriger son premier essai.

Synopsis : Après un violent naufrage, le milliardaire et playboy Oliver Queen, porté disparu et présumé mort depuis cinq ans, est découvert vivant sur une île isolée dans la Mer de Chine. Quand il rentre chez lui, à Starling City, Il devient un justicier qui va réparer les torts de sa famille, lutter contre la criminalité et redonner à la ville de Starling son ancienne gloire. Oliver joue également le rôle d’un coureur de jupons riche, insouciant et négligeant afin de cacher son identité secrète.

Fiche technique : Arrow saison 1 & 2

Titre original : Arrow
Genre : policier, action, Aventure
Créateur(s): Andrew Kreisberg, Greg Brelanti, Marc Guggenheim
Avec : Stephen Amell, Katie Cassidy, David Ramsey, John Barrowman, Manu Bennett, Paul Blackthorne…
Production : Andrew Kreisberg, Greg Brelanti, Marc Guggenheim
Pays d’origine : États-Unis
Date : 2013
Chaîne d’origine : CW
Épisodes : 46
Durée : 45 min
Statut : en cours (saison 3 annoncée)

 

 

 

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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