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Raid dingue, un film de Dany Boon : critique

Montrant davantage de sobriété tant dans le traitement de l’humour que de la conduite de son récit, Raid dingue, le dernier né de Dany Boon est pourtant pavé de maladresses. En résulte donc un film français loin d’être dingue plutôt qu’une comédie d’action réussie.

Synopsis : Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est d’un point de vue purement policier sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d’elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues. Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l’agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d’arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.

Bienvenue chez les machos! 

Dany Boon fait sans conteste parti des artistes français les plus décriés. Génie de l’humour et roi du box-office français pour les uns, symbole de la comédie populaire et du divertissement neuneu pour les autres, ses diverses réalisations n’ont pas laissé le public indifférent. Et ce pour diverses raisons, les principales étant une certaine efficacité dans le côté gagesque des personnages, et bien évidemment leurs colossaux succès dans les salles de cinéma. Profitant aussi de budgets de plus en plus considérables, surtout dans le paysage cinématographique français (rappelons que Supercondriaque a bénéficié d’un budget d’environ 31 millions d’euros), Boon se laisse aller à de multiples délires visuels, parfois très bien exploités pour illustrer son propos. On peut facilement faire la fine bouche devant ses œuvres, force est de reconnaître que le ch’ti sait y faire avec une caméra, montrant une réalisation impeccable ou encore rendant assez palpitant quelques séquences d’action. On se souvient notamment de la course poursuite sur autoroute dans Rien à Déclarer à bord d’une 2CV tombant en morceaux, ou encore du sauvetage final de Supercondriaque en pleine zone de guerre avec fusillades et pyrotechnies à la clé. Et ce modeste côté actionner se retrouve complètement dans RAID Dingue, sa dernière réalisation.

Car Dany Boon s’essaye cette fois à la comédie d’action, genre prolifique aux États Unis mais plutôt rare chez nous, à l’exception par exemple de quelques Belmondo fleurant bon les seventies, et qui sert pleinement de référence ici.  Pour illustrer l’arrivée de cette gaffeuse pistonnée (Alice Pol) dans l’univers très masculin et testostéroné du RAID, outre un budget encore plus colossal (plus de 34 millions d’euros), il s’est entouré de certains membres pour documenter son histoire, notamment les trois seules femmes de France faisant parties de cette unité, et a véritablement filmé au sein des locaux officiels. Ce souci d’authenticité favorise l’immersion et fait plonger avec facilité le spectateur au cœur du récit. Et pour mener ce dernier, Boon fait preuve d’une sobriété qu’on ne lui connaissait guère (sauf peut-être à l’instar de son premier film, La Maison du Bonheur). Avec une mise en scène toujours aussi lisible, renforcé par une lumière et un étalonnage des couleurs bien géré, il met de côté les gags en rafale pour davantage se concentrer sur des aspects plus dramatiques, voulant démontrer le quotidien parfois difficile de ces hommes dont la bravoure n’est plus à prouver. Mais si l’on salue l’idée, le rendu n’est en définitive pas du meilleur acabit.

Car le problème est bien là : Dany Boon n’est pas à l’aise lorsqu’il s’éloigne des sentiers battus. Le film s’évertue par exemple à faire un parallèle avec la triste actualité de nombreuses grandes villes d’Europe, à savoir les attentats terroristes, accompagné d’un regard plutôt incisif sur l’inappropriée omniprésence des journalistes pour couvrir ces événements. Cette tentative reste malgré tout maladroite car traitée à travers des séquences à peine survolées, rapidement expédiées. L’intensité dramatique n’ayant jamais le temps de s’installer, l’impact est quasi nul. Il en est de même pour le personnage qu’interprète Boon : en retrait par rapport à ses précédentes réalisations, son ton volontairement grave et surjoué à certains moments ne convainc pas. Ce n’était pas l’objectif du film dira-t-on, car RAID Dingue est avant tout une comédie. Mais là encore, bien qu’amoindries, les différentes parties comiques ne sont pas très originales. Les situations sont soit vues et revues (on aura encore droit à la sempiternelle séquence d’entrainement aux allures de clipshow enchaînant les gags prémâchés sur fond de musique pop) soit manquent relativement de folie.

Cette folie montre quand même ses bribes lorsque le personnage de Johanna Pasquali débarque à l’écran. Car là est le véritable argument du film : Alice Pol ! Si les instants drôles l’entourant ne sont pas tous réussis, ce personnage doux rêveur dégage une telle sympathie qu’il est difficile de résister. Emplie de charme, d’une grande naïveté et bêtise, mais également d’une détermination sans borne et un caractère passionné, elle incarne une Pierre Richard au féminin assez irrésistible. Folie qu’on retrouve également chez Yvan Attal dans un rôle à contre-emploi. Jouant le bad guy avec un accent russe à couper au couteau, il est à l’origine des principales scènes drôles du film, à l’image de celle des travestis, qui, si elle ne brille pas par sa subtilité, a le mérite de déclencher quelques rires.

Ces deux personnages, si l’on ajoute une réalisation maitrisée et également une ou deux scènes d’action réussies bien que trop timides, demeurent les principaux points forts du film. Pour le reste, RAID Dingue ne marquera pas les annales de la comédie française, et ne réconciliera pas les détracteurs de l’acteur-réalisateur.

Raid dingue : Bande-annonce

Raid dingue : Fiche technique

Réalisation : Dany Boon
Scénario : Sarah Kaminsky et Dany Boon
Interprétation : Alice Pol (Johanna Pasquali), Dany Boon (Eugène Froissard), Michel Blanc (Jacques Pasquali), Yvan Attal (Viktor), Sabine Azéma (Marie-Caroline Dubarry), Patrick Mille (Edouard Dubarry), François Levantal (Patrick Legrand), Florent Peyre (Olivier Lopez)…
Photographie : Denis Roudan
Montage : Elodie Codaccioni
Son : Lucien Balibar, Guillaume Bouchateau, Thomas Gauder
Producteurs : Jérôme Seydoux, Dany Boon, Patrick Quinet, Eric Hubert, Romain Le Grand, Vivien Aslanian
Sociétés de production : Pathé, Les Production du Ch’timi, TF1 Films Production, Artemis Productions
Distribution (France) : Pathé Distribution
Durée : 105 minutes
Genre : Comédie, Action
Date de sortie : 1er février 2017

France – 2016

American Honey, un film d’Andrea Arnold : Critique

Auréolée du Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, American Honey est une œuvre aussi atypique que marquante. Filmé en caméra à l’épaule, le long-métrage immortalise les pérégrinations d’un groupe de jeunes marginaux dans une Amérique sinistrée. Une ode à la liberté poétique et déjantée qui capture la modernité et la sauvagerie d’une époque singulière.

Synopsis : Star, une adolescente défavorisée habituée du système D, subsiste en vivant de petits larcins. Un jour, elle tombe sur Jake et sa bande, un groupe de jeunes libres et sans attaches qui sillonnent le pays en faisant du porte-à-porte pour gagner leur croûte. Attirée par leur mode de vie, elle décide d’embarquer avec eux pour un road-trip mouvementé riche en émotions à travers une Amérique aride et sinistrée.

Un récit initiatique du XXIème siècle 

American Honey, c’est avant tout une œuvre électrisante et forte qui marque les esprits durablement. Mais pourquoi ce film a-t-il un tel impact sur le public ? Sans doute parce qu’Andrea Arnold est parvenue à retracer l’errance d’une jeunesse aussi trash que désœuvrée qui n’a rien à perdre. Sans attache, en perpétuel mouvement, ces jeunes partagent tout et ne possèdent rien, ils vivent au jour le jour dans un joyeux n’importe quoi improvisé et profitent à fond du moment présent. Entre cuites, beuveries, feux de camp, rituels sauvages, flirts enfiévrés et sensations fortes, ces héros modernes brûlent leurs ailes sans peur du lendemain, comme si rien n’avait d’importance. Projetée dans cet univers à la fois violent et merveilleusement débridé, Star va découvrir ses limites et se forger une expérience de vie significative qui va influer sur sa construction et son évolution identitaires. A travers les différentes étapes de ce road-trip qui oscille entre onirisme et réalité crue, l’héroïne grandit, change : en ce sens, on peut envisager American Honey comme un récit d’apprentissage contemporain. Mais le film peut également être perçu comme une sorte d’anti-conte de fées où l’espoir n’existe plus. A ce titre, lorsqu’un routier demande à la jeune Star quels sont ses rêves d’avenir, elle est prise de court et avoue que personne ne lui avait jamais posé la question. Plus tard, Jake aura la même réaction. Preuve que ces jeunes, totalement ancrés dans l’air du temps, ne se projettent plus : ils se contentent de survivre dans l’instant. Cette culture de l’instantané, la réalisatrice la capture à la perfection grâce à des dialogues majoritairement improvisés, des acteurs pour la plupart amateurs et un style naturel et survolté tantôt nerveux tantôt contemplatif où sa caméra d’épaule suit le mouvement bordélique et désorganisé de ce groupe de marginaux barrés mais attachants.

Splendeur et misère d’une Amérique à deux vitesses

La réalisatrice Andrea Arnold est britannique, et pourtant, avec American Honey, elle a réussi à s’approprier l’essence même des Etats-Unis, en ayant d’abord l’idée de reprendre les codes d’un genre cinématographique typiquement américain : le road-movie. Son film, c’est l’Amérique. L’Amérique des grands espaces avec ses vallées, ses déserts, ses rivières, ses dunes, ses plaines et ses champs à perte de vue. L’Amérique urbaine avec ses buildings, ses autoroutes, ses parkings, ses supermarchés, ses Burger King et ses Taco Bell. L’Amérique profonde aussi, avec sa country, ses rednecks et ses cowboys. L’Amérique des inégalités, avec d’un côté les pauvres et les laissés pour compte qui vivent dans des caravanes en bord de route avec leurs chiens et leurs parents drogués ou alcooliques ; et les riches de l’autre, reclus dans leurs pavillons cossus, retranchés dans leurs banlieues résidentielles. C’est l’Amérique de Kim Kardashian. C’est l’Amérique de Bruce Springsteen. C’est l’Amérique du rap et du hip-hop. C’est l’Amérique capitaliste. D’ailleurs, à travers le personnage de Krystal, sorte de patronne auto-proclamée motivée uniquement par la course au profit et le plaisir de dominer, on peut y voir la métaphore d’un système économique autoritaire et oppressant qui glorifie la performance, la win et qui bannit la lose, qui humilie ses perdants. Affublée d’un bikini aux couleurs du drapeau confédéré, cette figure tyrannique, qui se revendique comme une « Américaine pur sucre », est donc le symbole de cette Amérique liberticide que tous cherchent à fuir mais dont chacun dépend à cause de l’argent, nerf de la guerre. Mais la puissance du long-métrage réside dans son énergie et dans la force de vie qui en émane à chaque instant. Malgré les galères, malgré les malheurs, les personnages fourmillent, s’agitent et évoluent au milieu d’une faune colorée et variée (ours, loups, chiens, écureuils, papillons de nuit, araignées etc) dont se dégage une impression d’agitation constante : les héros ne sont pas statiques, ils bougent, ils se déplacent, ils s’accrochent. En ce sens, il jaillit d’American Honey une forme d’optimisme brut et instinctif, un cri de lutte qui nous entraîne et qui nous fait sentir libre et invincible, galvanisés par les rythmes tribaux et primaires d’une bande originale viscéralement brute mais tellement cathartique. Bizarrement, malgré son message désenchanté, le film n’est jamais déprimant. La cinéaste brosse le portrait sauvage d’une époque singulière avec une rage primitive portée par l’énergie d’une jeunesse en roue libre qui garde les poings levés, prête à combattre. On se dit que tout n’est pas perdu et qu’American Honey est l’exutoire dont on avait besoin.

D’amour et d’eau fraîche

La cinéaste n’oublie pas d’introduire dans son film un ingrédient romanesque qui vient pimenter l’intrigue, à savoir une histoire d’amour explosive et torturée entre Star la nouvelle recrue et Jake le mentor du groupe. Cette love story enflammée s’impose comme un ressort scénaristique habile et fin, qui met en lumière un malaise symptomatique de cette jeunesse sans filet. Habitués à grandir comme des herbes folles, sans amour ni réelle éducation, Star et ses compagnons d’infortune n’ont pas de pudeur, pas de gêne, pas de barrières. Ils font tout ensemble : ils urinent dans les champs en rang d’oignon, se promènent à moitié nus, couchent les uns avec les autres, et ainsi de suite. Star va même plus loin en se mettant en danger avec des inconnus et en vendant ses charmes, comme si elle n’avait aucun respect pour son corps, aucune valeur. Mais alors, qu’en est-il des sentiments authentiques ? C’est là que le bât blesse. Ces personnages ne savent pas comment aimer, ne savent pas gérer ce qu’ils éprouvent. Ils n’ont jamais appris à communiquer, à s’exprimer, ni même à s’ouvrir. Star et Jake sont amoureux mais ignorent comment s’y prendre, et c’est cette dimension si particulière qui rend leur relation déchirante et complexe, mais surtout très belle. On est emporté par leur fougue et leur passion, et frustré par leur incapacité à se comprendre mutuellement. Cette romance chaotique, vouée à l’échec (ou non ?) correspond bien à l’esprit d’American Honey : une fuite en avant sans but, dont on ne connait pas l’issue. D’ailleurs, on peut juste déplorer la fin ouverte qui nous laisse dans le doute, même si on peut l’interpréter comme une sorte de libération et de renaissance pour l’héroïne, qui, après un baptême du feu haut en couleurs, prend conscience de son existence propre. Mais que fera-t-elle ensuite ? Les paris sont ouverts et Andrea Arnold laisse libre cours à notre imagination. Le film s’achève comme il a commencé : freestyle, dans le mépris des règles et des traditions.

En conclusion, American Honey est une œuvre authentique et peu ordinaire qui ne manquera pas de s’imposer comme le film de toute une génération en perte de repères et en quête de liberté : c’est le témoignage d’une époque. Avec ce cri du cœur, Andrea Arnold bouleverse sans jamais toucher au pathos, et c’est cette énergie, ce dynamisme qui font de son film un objet cinématographique étincelant et indomptable qui marque les esprits et qui fait réfléchir. En somme, la cinéaste nous offre un voyage unique et nous emporte dans une frénésie aussi bordélique que joyeuse qui ne laissera sûrement personne indifférent.

American Honey : Bande-annonce

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American Honey : Fiche Technique

Titre original : American Honey
Réalisation : Andrea Arnold
Scénario : Andrea Arnold
Interprétation : Sasha Lane (Star) ; Shia LaBeouf (Jake) ; Riley Keough (Krystal) ; McCaul Lombardi (Corey) ; Arielle Holmes (Pagan)…
Image : Robbie Ryan
Décor : Kelly McGehee
Costumes : Alex Bovaird
Montage: Joe Bini
Sociétés de production :  Parts and Labor, Protagonist Pictures, Pulse Films
Producteurs :   Thomas Benski, Lars Knudsen, Jay Van Hoy, Lucas Ochoa, Pouya Shahbazian, Alice Weinberg
Distributeurs : A24 ; Focus Features
Genres : Road-movie, drame
Date de sortie en France : 8 février 2017
Durée:  163 min

Royaume-Uni – Etats-Unis – 2016

Un jour dans la vie de Billy Lynn, un film d’Ang Lee : Critique

Il semble bien que personne en France n’aura l’occasion de voir Un jour dans la vie de Billy Lynn dans le format 120 images/secondes, en plus du 4K et de la 3D, dans lequel Ang Lee a conçu son nouveau film. Il est d’autant plus dommage de constater que cette vaine révolution technologique se soit faite aux dépens d’une écriture qui aurait rendue pertinent ce drame intimiste.

Synopsis : En 2004, un jeune soldat américain dont l’action en Irak a été filmée et diffusée sur Youtube, est mandaté par le gouvernement pour parader en tant que héros national. C’est à ce titre qu’il est invité, avec son bataillon, à participer à un événement sportif dans son Texas natal. Mais, après ce spectacle, ils devront retourner au front. 

American heroes

Cette notion de héros militaire est depuis plusieurs années au cœur de la plupart des films de guerre américains (on peut considérer que Clint Eastwood lancé le mouvement avec son diptyque Mémoires de nos pères/ Lettres d’Iwo Jima), mais Ang Lee détourne la sempiternelle question des valeurs nécessaires à l’obtention de ce statut pour se concentrer sur celle du rapport que la société civile entretient avec ces vétérans. Pour cela, l’ancien réalisateur de Tigre et Dragon et du Secret de Brokeback Mountain adapte un roman de Ben Fountain, intitulé « Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn » et lui-même inspiré par un spectacle patriotard auquel a assisté l’auteur. Une pure fiction basée, non pas sur une histoire vraie, mais sur une anecdote vraie donc. Peut-être est-ce là le défaut dont vont découler tous ceux qui feront de cette adaptation un scénario bancal. Et pourtant, l’idée d’affronter des jeunes hommes brisés par un conflit aussi absurde que meurtrier à l’insouciance d’une société superficielle avait de quoi offrir une attaque brutale contre le militarisme américain, et en particulier celui qui animait le pays sous l’ère Bush. Toutefois, que le récit n’aille pas jusqu’au bout de sa démonstration mortifère, et que s’y voient greffées des sous-intrigues à unique fin pathos, ont le résultat paradoxal d’en saborder la portée dramatique.

Le film nous fait donc suivre une journée de Billy Lynn et des membres de son régiment d’infanterie alors qu’ils sont exploités comme de vulgaires produits publicitaires pro-militaristes dans le cadre de la mi-temps d’un match de football à Dallas. Parce que réduire la narration à ces quelques heures aurait été trop limité, Ang Lee n’hésite pas à multiplier les flashbacks renvoyant à l’entrainement et à la guerre. Des scènes de guerre qui d’ailleurs sont fort réussies grâce à leur mise en scène immersive, et qui semblent justifier à elles-seules l’énorme dispositif technologique mis à profit. Le but avoué de ces nombreux passages est en fait d’appuyer le drame vécu par Billy lors de la perte de son sergent dont il était très proche. Si proche qu’elle en vient à s’habiller d’une dimension crypto-gay loin d’être indispensable au propos. Que celui-ci soit de plus interprété par un acteur aussi peu attachant que Vin Diesel enterre définitivement la part tragique de cette relation prématurément brisée. Autre choix de casting qui n’aide en rien cette sensiblerie larmoyante : Kirsten Stewart en sœur handicapée. Loin d’être aussi insupportablement apathique que dans Personal Shopper, la jeune actrice participe pour beaucoup à la peinture surabondamment misérabiliste servant de background familial à ce pauvre Billy.

En plongeant un soldat traumatisé en plein cirque médiatique, Ang Lee dévoile les contradictions de cette société américaine qui préfère regarder des matchs de foot et des concerts de Beyoncé qu’ouvrir les yeux sur le calvaire des jeunes qu’elle envoie au casse-pipe. Un propos malheureusement sapé par une écriture qui s’égare maladroitement.

Fort heureusement, ces deux pistes de lecture malhabiles ne sont pas le cœur du récit. Ils ne font en fait, comme le flirt avec la pom-pom girl, que le parasiter. Les coulisses du show sont en revanche passionnantes. Parce qu’elles sont filmées avec le même procédé immersif que les scènes de guerre, elles servent parfaitement le propos en jouant sur le parallèle entre une surmédiatisation oppressante et le syndrome post-traumatique propre aux survivants de la guerre. De là surgit une question qui fait froid dans le dos : ces personnages ont-ils davantage perdu leur humanité lorsqu’ils se sont vus transformés en machines à tuer ou en icônes de la pop-culture ? Entre le cynisme que dégage le personnage de Steve Martin et la superficialité incarnée par celui de Chris Tucker (deux acteurs de talent trop rares soit dit en passant), Un jour dans la vie de Billy Lynn s’avère particulièrement belliqueux à l’égard de la relation d’une Amérique va-t’en-guerre et tape-à-l’œil à l’égard  de cette jeunesse qu’elle n’hésite pas à sacrifier sur l’autel d’un interventionnisme intéressé. Ce discours ouvertement antimilitariste est toutefois difficile à valider tant Ang Lee prend soin à sacraliser ces jeunes soldats et s’applique à filmer leurs interprètes en gros plans. Leur excellent jeu permet ainsi de rendre palpable leurs troubles et leurs doutes… qui convergeront vers une détermination enjouée de retourner sur le champ de bataille.

Le drame, aussi bien psychologique que politique, de voir des jeunes soldats retourner vers un massacre annoncé perdra donc, dans les dernières minutes, tout son mordant qui représentait pourtant ce que le film avait jusque-là de meilleur. C’est là qu’une histoire vraie, qui aurait permis de nous annoncer leur destin tragique, aurait pu permettre à Ang Lee de retomber sur ses pieds. Au lieu de cela, sa façon de jongler, dans un scénario bavard et maladroitement tire-larme, entre antimilitarisme primaire et patriotisme immature fait s’effondrer ses velléités de mettre en place un pamphlet contre le détournement de l’industrie du spectacle au profit d’une propagande militariste et gouvernementale. Un semi-échec vis-à-vis d’un sujet au fort potentiel, d’autant plus regrettable que les meilleures idées de la réalisation semblent avoir été uniquement pensées pour être mises au profit de ces fameux moyens techniques dont on ne profitera jamais.

Un jour dans la vie de Billy Lynn : Bande-annonce

Un jour dans la vie de Billy Lynn : Fiche technique

Titre orignal : Billy Lynn’s Long Halftime Walk
Réalisation : Ang Lee
Scénario : Jean-Christophe Castelli, d’après le roman « Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn » de Ben Fountain
Interprétation : Joe Alwyn (Billy Lynn), Kristen Stewart (Kathryn Lynn), Vin Diesel (Shroom),  Garrett Hedlund (Dime), Steve Martin (Norm Oglesby), Chris Tucker (Albert)…
Photographie : John Toll
Montage : Tim Squyres
Direction artistique : Mark Friedberg
Décors : Kim Jennings, Thomas Minton, Aziz Rafiq, Gregory S. Hooper
Musique : Jeff Danna, Mychael Danna
Producteurs : Marc Platt, Ang Lee, Rhodri Thomas et Stephen Cornwell
Productions : Studio 8, LStar Capital, Film4 Productions, Bona Film Group, The Ink Factory, Marc Platt Productions et TriStar Productions
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Durée : 113 minutes
Genre : Drame, guerre
Date de sortie : 1er février 2017

États-Unis/Grande-Bretagne/Chine – 2016

 

13 Reasons Why : La nouvelle série Netflix produite par Selena Gomez

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Une voix d’outre-tombe nous entraîne dans 13 Reasons Why, la nouvelle série-frisson de Netflix produite par Selena Gomez !

13 Reasons Why (Treize raisons en VF) de Jay Asher, c’est le best-seller pour jeunes adultes qui a inspiré Tom Carthy. Le réalisateur, qui avait eu un Oscar pour son long métrage Spotlight en 2016 dans la catégorie meilleur film, a décidé d’adapter ce roman dramatique en série sur Netflix. A la production, ce n’est autre que Selena Gomez en charge du projet, la jeune chanteuse et actrice l’a annoncé il y a quelque jours via son instagram en nous dévoilant une bande-annonce de la série.

Rappelons que la jeune femme est la personnalité la plus suivie sur instagram avec 108 millions d’abonnés et, qu’après sa longue absence sur les réseaux sociaux, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe auprès de ses «selenators», ravis de la voir faire son grand retour et d’annoncer un projet d’une telle envergure. Projet qu’on a, nous aussi, hâte de découvrir.

Il faut savoir que la jeune femme avait déjà été co-productrice de la série de Disney Les sorciers de Waverly Place, qui a lancé sa carrière. Le projet de 13 Reasons Why devait être au début un film, puis finalement, Selena Gomez a laissé Netflix s’en charger sous forme d’une série de 13 épisodes. Loin d’être seule à porter ce projet, la chanteuse est accompagnée par sa mère Mandy Teefey, par Kristel Laiblin et par la société Anonymous Content. Concernant le pilote, c’est à Brian Yorkey, également showruner sur 13 Reasons Why, que l’on doit le scénario.

D’après le trailer dévoilé ce 25 janvier, 13 Reasons Why raconte l’histoire d’une jeune lycéenne, Hannah Baker (joué par Katherine Landford) conduite à se suicider à cause de treize de ses camarades. Au travers d’enregistrements sur lesquels raisonnent la voix de la défunte, elle dénonce ceux qui l’ont poussée à mettre fin à ses jours. L’intrigue commence quand un lycéen découvre ces cassettes dans un carton à son nom, déposé au pied de sa porte. Le jeune homme (joué par Dylan Minnette vu dans Chair de Poule), ancien camarade de classe et amoureux d’Hannah, sera chargé de transmettre les enregistrements aux coupables.

C’est dans cet univers scolaire mais néanmoins obscur que la série prend place et nous révèle, au fil des épisodes, le passé et la personnalité de l’absente. Dans la bande-annonce, derrière une musique aux sonorités pop et mystérieuses à la fois, les voix de Selena Gomez (pour le thème musical) et des personnages s’entrecroisent tandis que la jeune Hannah nous invite : «Si vous voulez connaître la vérité, il suffit juste d’appuyer sur le bouton lecture». Affaire à suivre donc le 31 mars prochain sur Netflix.

Depuis l’annonce de la série par Selena Gomez – qui affirme avoir été beaucoup aidé par sa maman dans le projet après avoir découvert le roman en 2009 – une communauté d’internautes s’est engagée contre les suicides d’adolescents et le harcèlement scolaire qui est encore beaucoup trop présent de nos jours.

 

Denis Villeneuve va réaliser la prochaine adaptation de Dune

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Après Dune de David Lynch en 1984, Denis Villeneuve va réaliser la prochaine adaptation de la célèbre saga de science-fiction sur grand écran. 

Denis Villeneuve va réaliser Dune. Le cinéaste canadien, finaliste aux Oscars dans la catégorie meilleure réalisation a brillé en décembre 2016 avec le somptueux Premier Contact. Déjà attendu fin 2017 avec la suite de Blade Runner, Villeneuve s’attaque désormais à l’adaptation de la saga littéraire de Frank Herbert. Publié en 1965, Dune est aujourd’hui le roman de science-fiction le plus vendu au monde. Il est le premier pilier d’une œuvre de 6 romans, intitulé le Cycle de Dune. Le roman trace une fresque politique qui se déroule sur la planète d’Arrakis. L’intrigue se déroule autour de l’Épice, une mystérieuse substance convoitée dans tout l’univers. Dune est une œuvre riche et complexe. L’adapter sur grand écran représente un vrai défi.

Dune a connu une première adaptation au cinéma en 1984 par David Lynch. Le film a été un échec commercial et critique. Plus tard, l’œuvre d’Herbert a aussi été adaptée par deux séries télés en 2000 et en 2003. Alejandro Jodorowsky a tenté de l’adapter dans les années 70. Salvador Dali devait incarner la rôle de l’empereur et Pink Floyd devait composer la musique. Le projet n’a jamais abouti mais a mené au documentaire Jodorowsky’s Dune, qui retrace la production dantesque et chaotique du film.

Si c’est un projet pharaonique qui attend Denis Villeneuve, le réalisateur est soutenu par Brian Herbert, fils de l’auteur.

« C’est officiel : Legendary Pictures a confié au très talentueux Denis Villeneuve la réalisation d’une nouvelle saga Dune »

Brian Herbert a également a répondu sur Facebook à un fan inquiet de l’adaptation d’un de ses livres favoris « Je comprends vos craintes. Dans le cas présent, cependant, je suis convaincu que tout sera mis en œuvre pour rendre justice à l’héritage de Frank Herbert ».

Les premiers éléments d’information indiquent que l’adaptation devrait se décliner sous plusieurs films au cinéma, mais également à la télévision.

 

Splinter Cell : l’adaptation du jeu vidéo avec Tom Hardy avance bien…

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Après Assassin’s Creed, la firme Ubisoft continue sa politique d’adaptation au cinéma puisque Splinter Cell, l’un des jeux phares du groupe est en bonne voie de finalisation, qui plus est avec Tom Hardy en tête d’affiche. 

Interrogé par Collider, le producteur Basil Iwanyk a accepté de dévoiler quelques infos sur le projet qui sera une adaptation directe du jeu-vidéo, lui-même inspiré des écrits d’un maître de l’espionnage, Tom Clancy.

« Nous avons un scénario. Il est un peu long, mais c’est le meilleur que nous ayons eu. (…) Nous allons déterminer où réaliser les coupes, puis nous l’enverrons à Tom Hardy. Cette version tient compte de notes qu’il nous a soumises. Il recevra ce scénario dans quelques semaines, et on espère commencer avant la fin de l’année ».

Iwanyk a par ailleurs rappelé que Tom Hardy était le choix idéal : l’acteur britannique qu’on a pu voir dans Inception est en effet un vrai gamer dans l’âme, connaissant des gens du milieu, et mieux encore, des membres des forces spéciales (qui seront d’ailleurs sans doute impliqués sur le projet en tant que consultants). Un véritable atout dans cette production classifiée PG-13  qui aura pour objectif de brasser un large public afin de faire connaître davantage la licence à travers le monde ; un peu comme l’a fait tout récemment Assassin’s Creed (de Justin Kurzel) dont les faibles scores au box-office n’ont d’ailleurs pas entaché la motivation des studios à continuer l’aventure :

« Le succès financier d’Assassin’s Creed est encore en devenir car nous vivons dans un monde international; c’est toujours en cours… »

Des propos qui prouvent en substance que les têtes pensantes d’Ubisoft fondent de grands espoirs dans l’exploitation de leur dernier-né sur le territoire chinois, devenu depuis le succès surprise de Warcraft, un territoire majeur question rentabilité. A cela, Iwanyk, décidément intarissable ajoute :

« Le défi de rendre Splinter Cell intéressant était que nous n’avions pas ce background [des jeux Assassin’s Creed], et donc, pas à respecter une identité. Cela nous a permis de créer notre monde et de détailler les personnages. Il s’agira plus d’un film d’action badass avec Tom Hardy que d’une adaptation de jeu vidéo ».

A l’en croire, il semblerait ainsi que l’on s’oriente davantage vers un film d’espionnage punchy qu’une vraie adaptation telle que l’on pourrait l’espérer. Un choix audacieux que l’on espère voire couronné de succès, car en plus de Splinter Cell, Ubisoft entend aussi adapter son récent best-seller The Division, avec Jake Gyllenhaal et Jessica Chastain dans les rôles principaux. Autant dire donc que la firme de divertissement n’a pas le droit à l’erreur, tout comme Doug Liman, qui a été nommé réalisateur. Pour les néophytes, Splinter Cell est avec le plus récent Assassin’s Creed, l’un des jeux phares de la firme française Ubisoft. On y incarne Sam Fisher, un ex-membre des NAVY Seals qui officie pour le compte d’une entité ultra-secrète de la CIA, Echelon 3. Rompu à toutes les méthodes de camouflage et d’infiltration, l’agent est envoyé au gré de ses nombreuses itérations vidéoludiques aux quatre coins du monde afin de prévenir conflits et autres problèmes liant des nations étrangères. Autant dire un rôle tout indiqué pour Tom Hardy, qui avec sa condition physique et son charisme n’aura aucun mal à enfiler le treillis noir caractéristique de l’espion et son cynisme légendaire.

Affaire à suivre donc !

Festival de Cannes 2017 : Pedro Almodóvar, Président du Jury de la 70e édition

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Après George Miller, c’est un autre visionnaire du cinéma qui tiendra la Présidence du Festival de Cannes 2017, Pedro Almodóvar.

Après avoir présenté six films sur la Croisette, Pedro Almodóvar a été invité par Pierre Lescure, Président du Festival, et Thierry Frémaux, Délégué général, pour tenir la Présidence du Jury de la 70e édition du Festival de Cannes. Le réalisateur espagnol s’est dit « très heureux […] reconnaissant et honoré » de tenir cette responsabilité, un an après avoir présenté Julieta en compétition officielle, mais reparti bredouille de la Croisette.

« Pour sa 70e édition, le Festival de Cannes est heureux d’accueillir un artiste unique qui jouit d’une immense popularité. Son œuvre s’est déjà inscrite pour toujours dans l’histoire du cinéma. Une longue fidélité unit Pedro Almodóvar au Festival, dont il a été membre du Jury en 1992 sous la présidence de Gérard Depardieu », ont déclaré Pierre Lescure et Thierry Frémaux.

Il fallait de la modestie et de l’humilité pour accepter une telle fonction, surtout pour celui à qui la Palme d’Or a toujours échappé. Nombreux sont ceux qui se sont indignés que Tout sur ma mère, Volver ou La Piel que Habito ne soient repartis qu’avec des prix secondaires. Pedro Almodóvar se contentera d’avoir un prix de la mise en scène (Tout sur ma mère), un prix du scénario et de voir ses actrices -les femmes de sa vie, comme il aime à le répéter- être saluées par un prix collectif d’interprétation féminine pour Volver. Pour les critiques, ce n’est pas assez, tant le cinéaste espagnol s’est imposé comme une figure incontournable du cinéma européen. Pedro Almodóvar fut même l’icône de l’affiche de la soixantième édition du festival. Tenir la Présidence du Jury est la preuve que le cinéaste n’en tient finalement pas rigueur à l’organisation du Festival de Cannes.

Le Festival de Cannes se déroulera du mercredi 17 au dimanche 28 mai 2017. La Sélection officielle et la composition du Jury seront dévoilées à la mi-avril.

Le tournage du remake US du film Intouchables vient de commencer

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L’adaptation américaine du succès français Intouchables vient de débuter. Pour lancer le tournage, Kevin Hart a dévoilé une première photo sur Instagram.

Le tournage du remake US d’Intouchables vient enfin de commencer. Kevin Hart et Bryan Cranston, connu pour son rôle du personnage Heisenberg  dans la série télé culte Breaking Bad, reprendront respectivement les rôles d’Omar Sy et de François Cluzet. La pré-production aura été chaotique. Tom Shadyac (Professeur Foldingue) devait réaliser le film avant d’être remplacé par Paul Feig (Ghostbusters). Le remake est désormais entre les mains de Neil Burger le réalisateur de Limitless et Divergente. Colin Firth avait été également confirmé pour jouer le rôle de François Cluzet, avant d’être remplacé. Dans le premier rôle féminin on retrouve Nicole Kidman à l’affiche du film Lion réalisé par Garth Davis, qui sortira en France le 22 février prochain.

Jim Carrey avait été approché mais avait refusé et avait déclaré «  je n’ai pas envie de le souiller par ma présence. Intouchables mérite tout le succès qu’il a eu ». Kevin Hart, l’interprète du personnage d’Omar Sy a déclaré en 2014 « Revisiter Intouchables représenté un vrai défi. Son succès en salle, l’engouement qu’il a généré… Nous abordons donc ce remake très sérieusement. Je vais donc plonger au cœur du scénario et faire un appel à un coach pour me préparer pour le rôle afin d’offrir quelque chose de différent, de ce que j’ai pu offrir jusque là. » Il veut néanmoins rassurer les spectateurs français « On ne veut pas perdre ce qui fait le cœur du film. Même si c’est notre vision de l’histoire, on ne veut clairement pas trop la modifier.

L’acteur a posté une première photo de son personnage sur Instagram.

« 1er jour de tournage d’Intouchables. Je suis très excité à l’idée de jouer ce personnage. Il se sent prisonnier car il juge que le système, en plus de le retenir, ne lui donne pas sa vraie chance. Apprendre à se soucier des autres et de leurs besoins va le faire changer. J’ai hâte que vous fassiez connaissance avec ‘Dell Enorme big up à Omar Sy qui était absolument incroyable dans l’original. Je vais faire en sorte que tu sois fier, mec. Je suis un grand fan. »

L’adaptation américaine du film d’Olivier Nakache et Eric Toledano n’a pas encore de date de sortie précise, mais devrait arriver sur vos écrans fin 2017/début 2018.

Prix Lumières 2017 : Elle rafle les principaux trophées

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Tout juste nommé à onze reprises aux prochains César, Elle se voit plébiscité par la presse étrangère lors de la traditionnelle cérémonie des Lumières. La confirmation que le film est le grand favori des César et qu’Isabelle Huppert n’est plus qu’à une marche d’être honorée par les Oscars.

Depuis 1996, les Prix Lumières récompensent les meilleurs films français ou francophones de l’année écoulée selon un jury composé exclusivement de représentants de la presse étrangère (une centaine de membres pour vingt pays). La cérémonie est considérée comme un avant-goût des César. Et cette année, c’est Elle qui a fait la différence et a tout raflé puisqu’il a été sacré meilleur film, Paul Verhoeven a obtenu la distinction de meilleur réalisateur et Isabelle Huppert a à nouveau été saluée pour sa performance. Jean-Paul Léaud a été récompensé du prix du meilleur acteur pour son interprétation du Roi Soleil mourant dans La Mort de Louis XIV. Divines, l’autre outsider aux César, a également été distingué en recevant les statuettes de meilleure révélation féminine et meilleur premier film. Frantz de François Ozon, également nommé à onze reprises aux César, Victoria ou Ma Loute sont cependant repartis bredouille de la cérémonie. L’Académie des Lumières a rendu un hommage spécial à l’actrice Marion Cotillard et au délégué général du Festival de Cannes Thierry Frémaux pour leur contribution au rayonnement mondial du cinéma français.

L’an passé, Mustang était reparti avec les statuettes du meilleur film et du meilleur premier film.

Le palmarès des Prix Lumières 2017 :

Meilleur film : Elle de Paul Verhoeven

Meilleur réalisateur : Paul Verhoeven pour Elle

Meilleure actrice : Isabelle Huppert dans Elle

Meilleur acteur : Jean-Pierre Léaud dans La Mort de Louis XIV

Meilleur scénario : Céline Sciamma pour Ma vie de Courgette

Meilleure image : Jonathan Ricquebourg pour La Mort de Louis XIV

Meilleure révélation masculine : Damien Bonnard dans Rester Vertical

Meilleure révélation féminine : Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena dans Divines

Meilleur premier film : Divines de Houda Benyamina

Meilleur film francophone : Hedi, un vent de liberté de Mohammed Ben Attia

Meilleur film d’animation : Ma vie de Courgette de Claude Barras

Meilleur documentaire : Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

Meilleure musique : Ibrahim Maalouf pour Dans les forêts de Sibérie

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Six, une série de William Broyles Jr et David Broyles : Critique

La Navy Seal débarque sur History Channel avec Six, une série qui dépeint le danger constant et oppressant des opérations secrètes…

Synopsis : Afghanistan, en 2014. L’équipe « Six » de la Navy Seal cherche à éliminer un chef taliban, mais la mission tourne court lorsqu’ils découvrent qu’un citoyen américain travaille avec les terroristes.

History Channel a qui l’on doit déjà la géniale Vikings vient de dévoiler les premiers épisodes de sa nouvelle série, Six, créée par William Broyles Jr. (déjà scénaristes sur les films Apollo 13 et Mémoires de nos pères ) et son fils, Davis Broyles.

Inspirée d’une histoire vraie, Six suit l’aventure des membres d’un commando d’élite de la Navy Seal qui nous sont présentés lors d’une mission périlleuse en Afghanistan en 2014, alors que ceux-ci sont à la recherche d’un terroriste taliban nommé Muttaqi. Mené par Richard « Rip » Taggart (interprété par Walton Goggins), ces hommes sont forcés de prendre des décisions peu éthiques et traumatisantes afin de remplir leur mission à bien.

La série qui joue beaucoup sur les flashbacks pour expliquer la voie prise par certains membres après cette mission en Afghanistan, apporte peu à peu des informations indispensables à la compréhension de ces personnages et une raison pour les spectateurs d’éventuellement s’attacher à eux. C’est ainsi que l’on apprend les raisons pour lesquelles le capitaine de l’équipe, Rip, a quitté la Navy Seal et est devenu un agent expert en sécurité pour une compagnie pétrolière au Nigeria. Devenu alcoolique, celui-ci est capturé par Boko Haram avec un groupe d’écolières et une professeures nigérianes. Toutefois, il peut compter sur ses anciens camarades qui se lancent dans une mission sauvetage qui va couvrir l’intrigue principale de cette première saison de huit épisodes.

Centrée aussi sur les autres membres de l’équipe, Six explore par ailleurs les différentes crises familiales que chacun de ces hommes rencontrent dans leur foyer respectif, à Virginia Beach. Le loyal et coriace Joe « Bear » Graves (Barry Sloane Revenge, 2011-2015 ; The Whispers, 2015) n’arrive pas à concevoir d’enfant avec sa femme ; le surfeur et rebelle Alex Caulder (Kyle SchmidBeing Human, 2012-204 ; Lost Girl, 2014) est en plein divorce et Ricky « Buddha » Ortiz (Juan-Pablo Raba – Narcos, 2015-2016 ; Agents of Shield, 2015) au bord de la retraite anticipée (forcée par sa femme Jackie, jouée par Nadine Velazquez) se dispute régulièrement avec Jackie de sa préférence pour ses frères d’armes plutôt que sa propre famille. Quant à la nouvelle recrue de l’équipe, Robert Chase (Edwin Hodge – American Nightmare), il est traité comme un bleu et est gentiment bizuté par ses collègues.

Cette partie humaine et sentimentale de nos héros est sans aucun doute l’élément le plus intéressant de la série. Toutefois, la série souffre de superficialité. Six n’est pas Frères d’Armes (Band of Brothers de Steven Spielberg et Tom Hanks, 2001), ni Homeland (de Gideon Raff, Howard Gordon et Alex Gansa, depuis 2011), ni même 24 heures chrono (de Joel Surnow et Robert Cochran, 2001-2010) dont elle s’inspire très gauchement dans sa façon d’aborder le terrorisme islamique radical. Néanmoins, et c’est là que le bât blesse, Six est une autre production lambda axée sur la guerre et ses répercussions. Elle est remplie de clichés qui donnent au téléspectateur un sentiment de déjà vu. Les charismes et jeux d’acteurs de Walton Goggins (qui a déjà merveilleusement œuvré dans The Shield, Justified et même dans Sons of Anarchy) et ses collègues Barry Sloane et Kyle Schmid ne réussissent pas à rehausser le niveau de cette peinture recyclée de militaires transformés par des événements vécus en mission à l’étranger et qui doivent faire face aux grands méchants loups d’extrémistes musulmans, malgré une crise éthique existentielle et des problèmes familiaux de poids.

Six – Bande-annonce

Six – Fiche Technique

Créateurs du programme : David Broyles, Harvey Weinstein, William Broyles Jr.
Casting : Juan Pablo Raba (Narcos), Dominic Adams (Devious Maids), Barry Sloane (Revenge), Edwin Hodge (Chicago Fire), Kyle Schmid (Copper), Nadine Velazquez (Major Crimes) et Brianne Davis (If Loving You is Wrong).
Chaîne d’origine : History
Genre : Drame, Guerre
Nationalité : Américaine
Nombre de saisons : 1
Format : 42 minutes

Premier épisode : 18 janvier 2017

Ocean’s Eight : La première photo des braqueuses

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Ocean’s Eight : Le gang de Georges Clooney est remplacé par une nouvelle équipe entièrement féminine dans cette première photo du remake de la saga Ocean’s.

Ocean’s Eight se dévoile enfin à travers une première photo. Le film sera à la fois un spin-off et un reboot de la trilogie Ocean porté par Brad Pitt, Georges Clooney ou encore Matt Damon. D’ailleurs, on le verra dans ce remake dans le rôle du personnage de Linus Coldwell, qu’il a interprété dans les trois Ocean, sortis entre 2001 et 2007. L’équipe de braqueuses sera entièrement composée de femmes. Sandra Bullock jouera le rôle de la sœur de Danny Ocean, faisant ainsi un lien avec la trilogie originale. Dans l’équipe de malfaiteurs, on retrouvera également Cate Blanchett (Lou), Rihanna (Nine Ball), Mindy Kaling (Amita), Awkwafina (Constance) Helena-Bonham Carter (Rose), Anne Hathaway (Daphne Kluger), et Sarah Paulson (Tammy). Richard Armitage et James Corden seront aussi au casting de ce reboot. Ocean’s Eleven était déjà une adaptation du film L’inconnu de Las Vegas avec Frank Sinatra, sorti en 1960.

Le film réalisé par Gary Ross (Free State of Jones) devrait centrer son intrigue autour du vol d’un collier très précieux. Dans le rôle du méchant, on retrouvera Damian Lewis, connu pour avoir interprété l’ancien Marines Nicholas Brody dans Homeland. Kim Kardashian, Kate Holmes, Anna Wintour, Zayn Malik ou encore Zac Pozen sont confirmés pour des caméos dans Ocean’s Eight. Ancré dans l’univers de la mode, le film sera produit par Georges Clooney et Steven Soderbergh (Effets Secondaires). La sortie est prévue aux États-Unis le 8 juin 2018. Ocean’s Eight fera face aux Indestructibles 2 et Jurassic World 2.

Première photo officielle 

Pour la première fois, Warner Bros, producteur et distributeur du long métrage, a dévoilé le cliché lundi 30 janvier 2017 sur son compte Instagram. Rihanna, membre du casting, a aussi posté cette photo sur son compte Twitter.

Sandra Bullock, Cate Blanchett, Rihanna, Mindy Kaling, Awkwafina, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway et Sarah Paulson.

 

La sortie en salle est prévue pour l’été 2018.

Les Médicis : Maîtres de Florence en DVD et VOD le 1er février !

Créée par Frank Spotnitz et Nicholas Meyer, Les Médicis : Maîtres de Florence est une série historique qui fait s’entremêler de multiples intrigues romanesques plus sulfureuses et scandaleuses les unes que les autres, le tout au beau milieu d’un cadre somptueux. Dans la lignée des Tudors et des Borgias, le show plaira sans doute aux amateurs du genre.

Florence, XVème siècle. Giovanni de Médicis, père fondateur de la dynastie, décède dans de mystérieuses circonstances… Sa colossale fortune et la banque familiale reviennent à son fils aîné Cosimo qui a, depuis toujours, dû mettre ses ambitions artistiques de côté pour reprendre un jour le flambeau de l’entreprise. Mais dans cette période troublée, il va devoir déjouer les conspirations des représentants des grands pouvoirs et mener une lutte acharnée.

Une fresque historique un peu cheap

Diffusée sur la Rai en Italie et disponible dans l’offre SFR Play en France, cette coproduction anglo-italienne dont Wild Bunch prend en charge la distribution internationale s’impose comme une fresque historique et épique en demi-teinte. Agréable et parfois captivant, le show n’est toutefois pas à la hauteur de ses ambitions et manque de cachet. Preuve en est avec l’épisode pilote particulièrement peu réussi, qui pose les jalons d’une fiction inégale oscillant entre médiocrité et qualité. D’un côté, on peut rapidement être dérouté voire rebuté par le kitsch ambiant, les décors en carton-pâte, les couleurs criardes et les flashbacks appuyés qui rendent le tout assez lourd. De l’autre, on ne peut s’empêcher d’être séduit par l’ambiance mystérieuse, les interprètes convaincants, les beaux costumes, l’aspect artistique et culturel indéniable de la série, et le prestige des Médicis. Par conséquent, on a tout de même envie d’en découvrir davantage sur la destinée hors du commun de cette famille de banquiers florentins, mécènes incontestés auprès de nombreux artistes de la Renaissance, mais clan ô combien trouble à la réputation ternie par de nombreux scandales. Tous les ingrédients d’un bon divertissement historique -à la fois glamour, instructif et sulfureux- sont ici réunis : les scénaristes ne sont pas avares de péripéties. Meurtres, empoisonnements, rivalité fraternelle, complots politiques, corruption, exil, manigances en tous genres, trahisons et amours illicites sont au programme de cette série mouvementée. Pourtant, on aurait aimé davantage de relief, des petits plus qui nous accrochent sur la longueur, de la malice, de la finesse, mais aussi de la grâce et de la magnificence. Les Médicis : Maîtres de Florence manque d’éclat et reste terne, sans jamais parvenir à se hisser au rang des Tudors, Vikings, Borgias et autres récits historiques du même acabit qui, en dépit d’un certain manque de budget, réussissent à nous surprendre et nous happer autrement (force et charisme des héros, transgression des tabous, stratégies politiques retorses, sexe à tous les étages et sombres secrets d’alcôve).

Un divertissement qui reste honnête

Les Médicis : Maîtres de Florence demeure un divertissement honnête qui arrive, sur la longueur, à faire oublier ses faiblesses. Les faux décors en arrière plan finissent par échapper à notre attention, tout comme la facilité scénaristique de la série parfois prévisible et paresseuse. Malgré tout, on se plait à évoluer dans une époque révolue dont le faste rejaillit sous nos yeux, et on se prend au jeu, comme lorsque la peste noire décime le peuple de Florence dans l’épisode 3, ou que Cosimo se fait empoisonner par son ennemi à la veille de son jugement dans l’épisode 4. Sans être innovants, ces segments narratifs ont le mérite de remplir le cahier des charges et nous apportent efficacement leur lot de suspense et de twists. On apprécie de voir des alliances et des mésalliances se former sur ce grand échiquier politique qu’était l’Italie du Quattrocento et du Cinquecento, les amours se lier et se délier en dépit des interdits et des conventions sociales, et ainsi de suite. Par ailleurs, on peut noter que la présence (un peu trop) furtive de Dustin Hoffman à l’écran se justifie par un « whodunnit » sympathique, aspect de l’intrigue à la fois ludique et haletant qui maintient notre curiosité : qui a tué Giovanni ? Cette question, fil rouge de toute la saison, ne trouvera de réponse qu’à la fin du dernier épisode, subterfuge qui permet aux scénaristes de s’assurer la fidélité des spectateurs jusqu’au bout. Pour résumer, les fans du genre ne pourront qu’adhérer à cette nouvelle série historique qui, sans être révolutionnaire ni excellente, nous fait passer un bon moment et a le mérite de lever le voile sur un des plus grands noms de la Renaissance florentine. Ce sous-Borgia, petit plaisir coupable que l’on regarde par automatisme mais qui n’est pas déplaisant, offre pour les curieux un bonus making-of qui nous fait plonger dans les arcanes du tournage.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Format image : 1.77, 16/9ème compatible 4/3

Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Anglais Dolby Digital 5.1

Durée : 8 épisodes de 54 min. environ

 Prix public indicatif : 29,99 € le coffret 3 DVD

Compléments :

Les secrets de la série : making-of de la série (42’)

Les Médicis : Bande-Annonce (VF)