Film de « combat judiciaire » sur fond de fait divers qui a marqué l’actualité des années 90/2000, Le Procès du siècle, par son traitement convenu et ses portraits binaires dignes du meilleur téléfilm sur TF1, n’engendre que morosité et s’oublie trop rapidement. Quelle en est la faute?
Synopsis : Deborah Lipstadt, historienne et auteure reconnue, défend farouchement la mémoire de l’Holocauste. Elle se voit confrontée à un universitaire extrémiste, avocat de thèses controversées sur le régime nazi, David Irving, qui la met au défi de prouver l’existence de la Shoah. Sûr de son fait, Irving assigne en justice Lipstadt, qui se retrouve dans la situation aberrante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Comment, en restant dans les limites du droit, faire face à un négationniste prêt à toutes les bassesses pour obtenir gain de cause, et l’empêcher de profiter de cette tribune pour propager ses théories nauséabondes ?
J’accuse…
Deux oppositions se malmènent jusqu’à ce que l’une intente un procès pour diffamation à l’autre. La rationnelle Rachel Weisz pour qui l’empathie est directe, professeure impliquée en études juives (« Modern Jewish and Holocaust Studies »), courant tous les matins avec son chien qu’elle amène à l’université, s’érige contre l’antipathique Timothy Spall (n’oublions pas ses rôles de vilain dans Harry Potter, Il était une fois) infâme négationniste et antisémite qui crache ses contre-vérités dans des romans biographiques sur Adolf Hitler grâce auxquels il s’autoproclame historien. Il est donc dès les premières minutes, d’une évidence outrancière, facile de « choisir son camp ». Le comportement est naturel chez le spectateur qui veut voir roué de coups celui qui supporte le néo-nazisme. L’interprétation de Timothy Spall, sans accroc, ne facilite aucunement l’adhésion. Le parti pris est donc certain. L’intérêt se perd donc dans ce combat dont l’issue est connue d’avance pour ceux qui « googlisent » le nom des protagonistes. Combat judiciaire embaumé par de bons sentiments et une volonté de correspondre aux films du genre, film à oscars, aux prestations lyriques surdimensionnées, ici heureusement équilibrées, mais à deux doigts de verser de l’autre côté.
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Malgré une photographie satinée, jouant sur les intérieurs chaleureux, d’autres efforts sont trop visibles. La Cour d’assises est baignée d’une lumière claire quasi-divine magnifiant le tableau et des stéréotypes d’écriture viennent polluer la mise en scène qui n’a rien de réellement originale. Citons le rôle des journalistes tantôt hyènes tantôt fascinateurs qui sont relayés sur le banc des interrogations (scène de la conférence de presse finale), ou encore la prise de parole introductive de Rachel Weisz (il faut admettre qu’il est difficile de lui accoler un autre nom tant l’actrice transpire l’Actor Studio, mais ce n’est pas un reproche) en amphi devant des étudiants avant d’être alpaguée par Timothy Spall, le meeting en salle de réunion des avocats très « Spotlight » ou les joggings nocturnes pour souligner l’aspect héroïque… Trop de déjà-vus grossissent le trait et ankylosent. Soutenu par un rythme de téléfilm d’après-midi, le 7ème long métrage du sexagénaire britannique nous rappelle que le cinéaste n’est pas au niveau, surtout connu pour avoir réalisé Bodyguard avec Kevin Costner et une vingtaine d’unitaires, téléfilms, feuilletons ou séries TV. Les codes varient-ils donc entre le petit et le grand écran? Et pourquoi ce mépris pour la télévision quand en vient la comparaison avec ce format ? Car il faut bien admettre que Le Procès du siècle n’a rien du film de l’année, mais tout d’un bon film du dimanche soir sur une grande chaîne. Ces questions méritent d’être soulevées, à défaut que d’autres ne se heurtent à la compréhension/empathie/intérêt du spectateur. Et pourtant le scénario de David Hare (The Reader, The Hours) est très proche de la réalité avec la collaboration étroite de Déborah Lipstadt, mais les deux producteurs n’avaient pas à déverser ces 10 millions sur huit ans pour rendre hommage à l’université Emory d’Atlanta d’avoir obtenu un fonds d’un million pour traduire en plusieurs langues les pv du procès, fidèlement reconstitué.

Le film assez creux ne remporte que relativement l’adhésion, sans trop divertir ni trop ennuyer. C’est le problème de beaucoup de fictions, d’adaptations sans réel positionnement ni angle d’attaque. Mais les performances des acteurs rehaussent la curiosité et l’on finit par se prendre au jeu du « Who wins » (qui l’emporte?) pour l’oublier les heures suivantes à la sortie du cinéma…
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Le Procès du siècle : Bande annonce
Le Procès du siècle : Fiche Technique
Titre original : Denial
Réalisation : Mike Jackson
Scénario : David Hare, d’après l’ouvrage History on Trial: My Day in Court with a Holocaust Denier de Deborah Lipstadt
Interprétation: Rachel Weisz (Deborah Lipstadt), Tom Wilkinson (Richard Rampton), Timothy Spall (David Irving),
Andrew Scott (Anthony Julius), Jack Lowden (James Libson), Caren Pistorius (Laura Tyler), Alex Jennings (Sir Charles Gray), Mark Gatiss (Robert Jan van Pelt), Andrea Deck (Leonie), Sally Messham (Meg), John Sessions (Professeur Richard Evans)…
Montage : Justine Wright
Musique : Howard Shore
Photographie : Haris Zmbarloukos
Production : Gary Foster et Russ Krasnoff
Sociétés de production : BBC Films, Participant Media, Shoebox Films, Krasnoff/Foster Entertainment
Sociétés de distribution : SND (France), Bleecker Street Media (États-Unis), Entertainment One (Royaume-Uni)
Budget : 10 millions de dollars
Durée : 110 minutes
Genre : drame historique
Date de sortie : 26 Avril 2017
Grande Bretagne – 2016


aspects. C’est formidable les histoires ! C’est la nourriture de l’âme et une vraie nécessité dans notre monde… Donc une priorité viscérale pour moi !





Au-delà de son caractère croustillant et de son histoire de la naissance des tabloïds, le documentaire de Clara et Julia Kuperberg vient de nouveau apporter un éclairage bienvenu sur le cinéma comme industrie, sur la puissance des studios et l’éternelle machine à stars que le cinéma représente aussi. A l’heure où


end le contre-pied du genre hollywoodien. En revanche, les frissons et l’angoisse sont au rendez-vous puisque le spectateur finit par être au supplice, emmuré six pieds sous terre avec le personnage, et on suffoque, et on compte ce qu’il reste en sa possession pour se raccrocher au monde extérieur tandis que ses chances de s’en sortir s’amenuisent. Un fort suspense et une grande tension dramatique se dégagent du film, grâce à des éléments pourtant anodins : la jauge de batterie d’un téléphone, une radio, deux bouteilles d’eau, un morceau de gâteau et une poignée de croquettes pour chien. Ce minimalisme radical, qui évite aussi les effets d’emphase et les moments de tragédie larmoyante, rendent Tunnel assez implacable dans son mécanisme narratif. On notera à titre anecdotique la présence d’un carlin, hérité d’une autre victime de l’éboulement qui n’a pas survécu : l’idée d’appliquer les codes du survival à un chien fonctionne étonnement et fait naître en nous une certaine tendresse envers l’animal.
euses et révoltantes qui dressent un constat peu flatteur pour la Corée du Sud. Mais plutôt que d’adopter un ton grave, moralisateur ou engagé, le cinéaste désamorce l’importance de ce qu’il dénonce avec un humour permanent. A la fois très farcesque dans les situations qu’il dépeint et dans le jeu de ses acteurs, mais aussi très noir dans certaines de ses répliques, Tunnel mélange le drame à la satire sociale pour en réalité montrer comment les rouages politiques, administratifs et économiques de toute une nation peuvent s’avérer criminels. Cet aspect peu parfois s’avérer déroutant car on quitte la détresse du héros pour rire d’un gag idiot ou se moquer des personnages secondaires, oubliant presque le drame qui se joue sous terre, ce qui nous pousse à nous interroger sur notre degré de compassion et d’implication : comment peut-on s’amuser pendant qu’un homme agonise sous nos pieds ? C’est là tout le paradoxe et la complexité de la nature humaine et c’est ce que cherche à dévoiler le réalisateur, en nous mettant en face de nous-mêmes. Les choix et les décisions qui incombent à chacun deviennent alors cruciaux et s’imposent comme des miroirs qui reflètent toutes les sociétés, toutes les cultures et tous les gens. En prenant des héros ordinaires, en mettant en scène des messieurs et mesdames tout-le-monde, Tunnel nous pousse dans nos retranchements et nous pose en acteurs : et nous, qu’aurions-nous fait ?


1/ M Le Maudit (Fritz Lang, 1931) : Fritz Lang a certes réalisé plusieurs films qui ont su esquisser sa superbe carrière, il reste toutefois convaincu que son plus beau chef d’œuvre réside en M le maudit. Un film policier, criminel et noir qui vient se dresser parmi les incontournables classiques du cinéma et qui vient surtout dénoncer la nature et le comportement humain. Pourquoi tuer une jeune fille innocente ? Qui est le Mörder ? Qui pour lui rendre justice ? Quelle justice ? M le Maudit est le premier film parlant de Lang et ce dernier a fait de ses dialogues et de ses sons un usage méticuleux afin de créer une ambiance oppressante, angoissante et dérangeante. On note le multiple usage du célèbre ‘In the hall of the mountain king’ siffloté par le tueur. Un grand classique, pièce maitresse du cinéma, à consommer sans modération.
2/ Freaks (Tod Browning, 1932) :
3/ Les temps modernes (Charles Chaplin, 1936) : Pionniers du cinéma muet, les chefs d’œuvres de Charlie Chaplin resteront universels. Il est d’ailleurs évident que, des années après, nous ressentons encore vivement la critique et l’engagement de ses films, toujours valables aujourd’hui. Les temps modernes dénonce le modernisme et l’industrialisation du travail à la chaîne. Le personnage de Charlot enchaîne les gags et nous fait rire du début à la fin, grâce à un comique de situation toujours important dans le cinéma muet. C’est aussi le premier film dans lequel on entend la voix de l’acteur lorsqu’il chante. Chaplin est définitivement un des plus grands artistes que le cinéma ait connu : il sait mêler mélancolie, lyrisme, comique tout en critiquant clairement la société. Il a toujours aimé l’humain, et il faudrait être difficile pour ne pas admirer Chaplin.
4/ King Kong (Ernest B. Schoedsack, Merian C. Cooper, 1933): Le film peut être rapproché avec Le monde perdu, film de 1925 réalisé par Harry O. Hoyt dont il est une continuation du travail sur les effets spéciaux. En effet, on retrouve sur les deux films la même équipe qui s’occupe des effets spéciaux avec à sa tête Willis O’Brien. Il va développer à travers ces films des techniques comme la transparence ou l’animation stop motion. Mais là où Le monde perdu est une adaptation du roman d’Arthur Conan Doyle, King Kong est une œuvre originale écrite pour le cinéma. C’est une version moderne du conte de La belle et la bête. Le film propose également une véritable mise en abîme du cinéma et surtout un personnage majeur pour l’Histoire du cinéma qui connaîtra énormément de succès et qui perdurera jusqu’à aujourd’hui.
5/ Frankenstein (James Whale, 1932): « Il est vivant ! Il est vivant ! » cette réplique de Frankenstein est désormais l’une des plus cultes de l’histoire du cinéma. Adapté de l’œuvre de Mary Shelley, le film de James Whale introduit le monstre le plus iconique du 7ème art. La créature déambule à travers le long-métrage comme une figure discrète et inadaptée au monde qui l’entoure. Le docteur Frankenstein est au courant de la terreur qu’il est en train de créer tout comme James Whale est conscient du monument culturel qu’il est en train d’enfanter. Le long-métrage manie avec anticipation la création du monstre pour ensuite maîtriser son suspense autour du potentiel ravage que le monstre pourrait causer. A le revoir aujourd’hui, on peut se demander en quoi le monstre a pu terrifier son audience à l’époque. Néanmoins, on ne peut que souligner l’atmosphère gothique et angoissante maîtrisée par James Whale, qui inspirera le cinéma pendant plus de 80 ans.
5/ ex-aequo/ Scarface (Howard Hawks, 1932) : Avec Le Petit César et Public Enemy, Scarface est l’un des films de gangster les plus emblématiques des années 30. L’oeuvre étant sortie avant que le code de censure ne soit mis en place, la violence y est montrée frontalement et l’érotisme est à peine voilé. Tony Camonte est bestial, pervers et impulsif, un Tommy DeVito (