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Baywatch – Alerte à Malibu, un film de Seth Gordon : Critique

Depuis ce mercredi 26 juin, les sauveteurs de Malibu sonnent l’alerte dans Baywatch, adaptation de la série homonyme. Au programme : des personnages réussis qui sauvent le film d’un naufrage, mais pas du bain de pétrole.

Synopsis : Le légendaire sauveteur Mitch Buchannon est contraint de s’associer à une nouvelle recrue, Matt Brody, aussi ambitieux que tête brûlée ! Ensemble, ils vont tenter de déjouer un complot criminel qui menace l’avenir de la Baie…

Alerte au naufrage

Le projet Baywatch semblait tout avoir : un ton déjanté, une bande-son cool au possible, et un casting parfait mené par Dwayne « The Rock » Johnson. L’histoire ne semblait pas folle, mais son traitement oui : poursuite sur un scooter tellement lent que Johnson doit pousser avec ses jambes ; planque dans une morgue, etc. Toutefois, malgré l’annonce et les bandes-annonces alléchantes du projet, des éléments venaient obscurcir le tableau.

Seth Gordon d’abord. Réalisateur des sympathiques et inégaux Comment tuer son boss ? et Arnaque à la carte, Seth Gordon a appliqué à Baywatch les points positifs et négatifs de ses précédents films. Nous trouvons ici de formidables personnages, un high-concept au fort potentiel de folie débridée comique… Une ambiance bien caractérisée. Tout est limpide. Et puis l’intrigue, ici policière, s’essouffle rapidement pour devenir prétexte à suivre les personnages géniaux.

La bande à Dwayne

Les personnages sont formidables, portés par un excellent casting et une écriture plutôt bonne les concernant. Du nouveau Mitch, interprété par le « coolest of the coolest » d’aujourd’hui Dwayne Johnson (qui remplace donc David Hasselhoff) à la nouvelle C.J. (ancien rôle de Pamela Denise Anderson repris ici par le mannequin Kelly Rohrbach), en passant par le nouveau Matt Brody (rôle repris par l’excellent Zac Efron) et le jeune timide et empoté Ronnie Greenbaum (joué par un très drôle Jon Bass), l’équipe fonctionne. Mais des personnages peuvent-ils réellement supporter tout un film ?

https://www.youtube.com/watch?v=JIJmL1ONfG8

Ci-dessus, Ronnie a du mal à contenir son admiration pour C.J. et se met dans une situation embarrassante.

La gueule d’un noyé bouffé par les requins et poiscailles du coin

Le titre ci-dessus est tout à fait explicite sur l’ensemble visuel de Baywatch. Comment des personnages, bien écrits et excellemment interprétés, peuvent-ils exister à l’écran quand le montage les fait disparaître de l’image ? Comment des personnages peuvent-ils supporter des coupes violentes dans l’action et son déroulement, au point de mettre en place des incohérences monstrueuses (ah un personnage a l’idée de filmer des bandits, mais les mecs n’y penseront pas après, même bien en face de la preuve) ? Le montage est en cause. Et celui-ci est réellement catastrophique, en particulier sur la deuxième moitié du film.

Non seulement la cohérence, la construction visuelle de bien des scènes, et le déroulement de l’intrigue (déjà peu intéressante) en souffrent violemment, mais la comédie en prend aussi pour son grade. Bien sûr, des grands films ont été coupés de grandes scènes – on pense à Die Hard With A Vengeance et sa fin brillante coupée du montage pour devenir une scène alternative culte. Autre cas : le jeu vidéo Star Wars Le Pouvoir de la Force II vendait dans une de ses belles bandes-annonces une bataille entre le héros et Darth Vader sur une planète enneigée. Le combat et toute l’action sur cette planète furent complètement absents du jeu. Dans Baywatch, de grandes scènes d’une belle puissance comique ont véritablement disparu du film pour servir au marketing : elles apparaissent dans les bandes-annonces et même dans les extraits officiels du film ; et elles participent au bêtisier de fin de film. Certes, de nombreux petits dialogues « drôles » censés faire mouche jalonnent le film, mais ne fonctionnent pas. N’allez donc pas dire qu’il est écrit ici que la comédie aurait pu être parfaite. Passons pour arriver à un dernier constat concernant l’imagerie : les effets spéciaux riment ici avec « Playstation 2 ». En effet, ceux-ci sont datés en plus d’être catastrophiques par moments tant ils ont été finis à la truelle. Que peut alors faire notre équipe chérie de sauveteurs et sauveteuses face à ces vagues monstrueuses de CGI ?

Conclusions au « téléphoque »

On ressort ainsi du film frustré. Frustré face à un tel gâchis de potentiel, déçu face à la prise de contrôle du chaos sur le long métrage et tous ses enjeux, dont les éléments essentiels qui forment sa comédie. Et pourtant, quel amusement passé avec ces personnages, dans cette ambiance chaude et drôle portée par une formidable bande-son (toutefois peu aidée par la composition originale). Quelle introduction, et même première moitié de film ! Quel plaisir pris face à cette comédie irrévérencieuse et grossière, lourde et absurde, folle et burlesque ! Et pourtant, Baywatch n’est pas aussi déjanté qu’il le fût vendu dans ses bandes-annonces et extraits. Si le film aspirait au niveau de ses géniaux modèles (21 & 22 Jump Street), Baywatch a déjà bien du mal à tenir son chaotique cahier des charges. Le métrage frustre et déçoit, autant qu’il réjouit. Vous pouvez compter sur les éternels caméos, ici davantage mal placés que bien écrits malgré une bonne intention concernant la présence de David Hasselhoff.

Enfin, une suite devrait voir le jour, si tant est que le succès au box-office soit au rendez-vous. On le souhaite. Mais il faudra d’autres scénaristes, un autre réalisateur et d’autres producteurs à la barre. Pourquoi pas Todd Phillips, ou -on peut toujours rêver-, Phil Lord et Christopher Miller ?

Bande-Annonce : Baywatch

https://www.youtube.com/watch?v=ldjVZnGCZ38

Fiche Technique – Baywatch : Alerte à Malibu

Réalisation : Seth Gordon
Casting : Dwayne Johnson, Zac Efron, Alexandra Daddario, Priyanka Chopra, Kelly Rohrbach, Ilfenesh Hadera, Jon Bass, Hannibal Buress…
Scénario : Damian Shannon et Mark Swift, d’après une histoire de Jay Scherick, David Ronn, Thomas Lennon et Robert Ben Garant, d’après la série éponyme créée par Michael Berk, Douglas Schwartz et Gregory J. Bonann
Direction artistique : Tom Frohling et Lisa Vasconcellos
Décors : Stepherd Frankel
Costumes : Dayna Pink
Musique : Christopher Lennertz
Montage : Peter S. Elliot
Production : Michael Berk, Gregory J. Bonann, Beau Flynn, Dany Garcia, Dwayne Johnson, Joe Medjuck, Tom Pollock, Ivan Reitman, Douglas Schwartz et Tripp Vison
Sociétés de production : Paramount Pictures, Seven Bucks Productions, The Montecito Picture Company, Flynn Picture Compagny
Distributeur France : Paramount Pictures
Budget : 69 000 000 $
Genre : Comédie d’Action
Durée : 1h57
Date de sortie : 21 juin 2017

États-Unis – 2017

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Cars 3, un film de Brian Fee : Critique

Après un second opus indigne des studios Pixar, Cars 3 permet à la franchise de reprendre convenablement la route grâce à un soupçon de maturité, à défaut d’être moins enfantin.

Synopsis : Dépassé par une nouvelle génération de bolides ultra-rapides, le célèbre Flash McQueen se retrouve mis sur la touche d’un sport qu’il adore. Pour revenir dans la course et prouver, en souvenir de Doc Hudson, que le n° 95 a toujours sa place dans la Piston Cup, il devra faire preuve d’ingéniosité. L’aide d’une jeune mécanicienne pleine d’enthousiasme, Cruz Ramirez, qui rêve elle aussi de victoire, lui sera d’un précieux secours…

La saga reprend la route pour une dernière course de bonne tenue

Dans l’inconscient collectif, les studios d’animation Pixar sont reconnus pour leurs longs-métrages originaux, enivrants et poétiques à souhait. D’ailleurs, depuis leur premier succès en 1995 (Toy Story), ils sont devenus en un rien de temps la référence en la matière, jamais ou que trop rarement égalés par la concurrence. Mais tout modèle possède un défaut ! En ce qui les concerne, il s’agit de la saga Cars. Si cette dernière a su marquer les petits garçons qui ne parlent encore que de Flash McQueen en ce moment, elle est surtout ce qu’il y a de plus commercial pour la firme. Entre un premier opus certes sympathique mais bien loin de l’émotion d’un Monstres & Cie ou encore du Monde de Nemo (sans compter le rachat douloureux de Pixar par Disney au même moment), et un second, sans âme comme ce n’est pas permis, la série des Cars n’a fait qu’exister par le merchandising : jouets et autres produits dérivés, jeux vidéo, mini-série télévisée (Cars Toons), spin-offs (Planes et sa suite)… Le jour où Cars 3 a été annoncé, autant dire que l’engouement n’était pas vraiment au rendez-vous. D’autant plus qu’en cette année 2017, les studios ont un projet original à nous faire découvrir, bien plus alléchant sur le papier (Coco, attendu pour le 29 novembre). Était-il judicieux de blâmer cette suite de la sorte ? Pas vraiment.

Le premier signe qui montrait un changement radical dans la franchise, c’était la toute première bande-annonce disponible depuis novembre 2016. Le film s’y présentait de manière réaliste (animation à la limite du live) et sombre (teintes grisâtres, accident violent, vrombissements de moteur à la place d’une musique…). Si beaucoup de parents furent indignés par cette vidéo, inadaptée pour leurs jeunes marmots, l’équipe du film y dévoilait toutefois une ambition au combien honorable : celle de faire évoluer la saga, de la faire avancer, grandir (comme ses spectateurs qui la suivent depuis son commencement en 2006). En voyant le résultat final, le changement se fait remarquer, le tout ayant acquis une certaine maturité. Et pour cause, plutôt que de mettre excessivement en avant les comic reliefs (comme l’insupportable Martin) ou de proposer une toute nouvelle gamme de personnages, Cars 3 remet son héros sur le devant de la scène et s’y intéresse pleinement. Le film lui offre un dernier tour de piste en abordant des thématiques beaucoup plus adultes, profondes et significatives telles que la passation de flambeau (John Lasseter and co laissant la place à de nouvelles recrues) ou encore le deuil (le décès du scénariste Daniel Gerson). Ainsi, aussi bien pour les enfants que les plus grands, la franchise gagne en ampleur et en intérêt grâce à ce Cars 3 sachant se montrer malin – le film allant jusqu’à critiquer le merchandising même en révélant ce qui attend McQueen s’il perd la course – et touchant. À tel point qu’il parvient sans mal à dépasser le premier opus, qui ne se contentait alors que de son univers gentillet.

Bien entendu, l’évolution s’est également faite d’un point de vue technique, le rendu ayant évolué depuis le tout premier Cars. Même si, et il fallait s’y attendre, ce troisième opus oublie le côté réaliste de sa bande-annonce pour revenir à l’univers cartoonesque de la saga, l’animation a de quoi bluffer ! En effet, celle-ci propose des paysages aussi saisissants que dans Le Voyage d’Arlo, donnant souvent l’impression de faire face à un véritable film. Un constat qui s’applique également aux personnages, qui perdent leur aspect plastique au profit d’une véritable carrosserie, mise en valeur par des jeux de lumières et de reflets tout aussi détaillés que maîtrisés. Cela peut paraître anecdotique de mettre le doigt sur ce qui semble être un détail visuel, mais cela apporte beaucoup de crédibilité à cet univers de voitures parlantes. On pourrait même parler d’une certaine immersion lors des séquences de courses, ces dernières étant plus fluides, vivantes et percutantes qu’à l’accoutumée. Si l’on peut encore ressortir l’exemple de l’accident de McQueen, la scène du « circuit boueux » reste tout aussi épique et spectaculaire. Le tout aidé par une bande son aux petits oignons.

Pourtant, malgré tous ces changements plus que bénéfiques, une certaine déception se fait ressentir lors du générique de fin. Celle de voir que ce Cars 3, même avec des ambitions plus adultes, garde néanmoins le côté (excessivement !) enfantin de ses prédécesseurs. Que ce soit par le biais d’une intrigue sans surprise (cela ressemble beaucoup au premier opus), d’un humour à ras les pâquerettes et de comic reliefs indigestes répondant toujours présents malgré un temps d’apparition moindre, la saga ne parvient toujours pas à changer de vitesse. Sur ce fait, elle reste au point mort, donnant moins d’impact que prévu à ce gain de maturité. Certes, l’ensemble offre une vision plus complexe de Cars aux jeunots et un divertissement familial sympathique pour les adultes. Mais il manque encore une fois ce qu’il aurait fallu de matière, d’ambiance, de travail scénaristique… bref, ce petit quelque chose qui aurait fait de Cars 3 un Pixar à part entière et non un film d’animation à gros budget lambda et très premier degré : une émotion qui prend aux tripes, une poésie suintant de l’image à tout instant.

Sans pour autant parvenir à faire perdre le statut de bête noire de la saga, Cars 3 en est une sympathique conclusion (ou pas ?). Beaucoup plus posé et mature, ce nouvel opus se présente au public tel un bon petit film d’animation, sans prise de tête, à voir en famille. Une sorte de mise en bouche au très attendu Coco, qui promet d’être un spectacle pixarien à souhait et de passer sous silence la sortie de ce troisième Cars. Rendez-vous donc le 29 novembre 2017 pour retrouver l’originalité et l’émerveillement propre à la firme !

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Cars 3 : Bande-annonce

Cars 3 : Fiche technique

Réalisation : Brian Fee
Scénario : Jonathon E. Stewart, Brian Fee, Ben Queen, Eyal Podell, Kiel Murray, Bob Peterson et Mike Rich
Doublage : Owen Wilson (Flash McQueen), Cristela Alonzo (Cruz Ramirez), Chris Cooper (Smokey), Nathan Fillion (Sterling), Larry the Cable Guy (Martin), Armie Hammer (Jackson Storm), Ray Magliozzi (Dusty), Tony Shalhoub (Luigi)…
Genre : Animation
Direction artistique : William Cone
Montage : Jason Hudak
Musique : Randy Newman
Producteur : Kevin Reher
Productions : Walt Disney Pictures et Pixar Animation Studios
Distributeur : Walt Disney Studios Motion Pictures
Date de sortie : 2 août 2017
Durée : 1h49

États-Unis – 2017

Paris Art & Movie Award : une 3ème édition au Théâtre du Balzac

La troisième édition du Paris Art & Movie Award (PAMA) aura lieu cet été dans la capitale, un événement à ne pas manquer pour les cinéphiles, d’autant plus que nous faisons partie du jury ! On vous dit ce qu’il faut savoir…

Il y a quelques mois, CineSeriesMag est contacté par les organisateurs d’un événement a priori inconnu du grand public. Le Paris Art & Movie Awards organise sa troisième édition avec comme volonté de mettre en valeur les cinéastes indépendants, un peu comme le Sundance Festival, mais dans notre capitale. « Le second festival à ne pas manquer à Paris (en 2016) » selon The Culture Trip Magazine. Et oui, avant les Césars et après le Champs Elysées Film Festival… Et nous avons été appelés pour un partenariat exceptionnel. Mais qu’est-ce que le PAMA ?

Nous avons donné la parole à Mathieu Beurois, le fondateur :

Créer un festival de cinéma a toujours été un de mes rêves. Rencontrer les réalisateurs, les auteurs, les artistes, et mettre en perspective les films avec leur présence et leurs réponses directes. J’ai créé en 2015 le Paris Art and Movie Awards, à Saint-Germain-des-Prés, sur une impulsion, en me disant « cette fois je le fais ». Le succès a été aussi important qu’inattendu, les artistes et le public ont comparé l’événement aux meilleurs festivals underground de New-York… Je suis soutenu dans l’organisation par Auregan, qui est co-fondatrice de l’événement, et par une petite équipe de bénévoles fidèles d’année en année.

Un festival indépendant est fragile. Nous avons des partenaires de communication de haute volée, mais le festival s’autofinance entièrement pour l’instant. Nous grandissons vite, nous avons des films magnifiques et des membres du jury très connus d’année en année, comme Mark Dacascos l’an dernier ou Mélanie Doutey cette année. Nous avons aujourd’hui un festival de qualité, qui rassemble le glamour et l’exigence artistique : nous souhaitons sécuriser l’avenir de l’événement en continuant à rassembler des partenaires motivés et humains, comme la BNP qui nous soutient depuis le début et qui cette année est notre seul co-financeur.

Dès sa création, le festival a proposé une cérémonie de remise des prix, à l’américaine. J’ai fait beaucoup de festivals en tant que réalisateur, et ce moment là est le plus fort. Nous voulons motiver les jeunes créateurs, leur donner envie de continuer, car faire des films c’est beaucoup de lutte. On espère que le PAMA apporte un soutien, une étincelle qui dit « on veut voir vos films. Faites vos films. » C’est pour cela que nous avons créé le réseau Alumni cette année : tous les artistes sélectionnés au festival chaque année (qu’ils gagnent ou pas), deviennent membres, et bénéficient d’un suivi particulier entre chaque édition du festival.

Le PAMA est également le seul festival indépendant à se tenir à Paris en français et en anglais. C’est nécessaire pour ouvrir les auteurs français au reste du monde, et pour attirer les artistes internationaux qui ne parlent pas notre langue.

Pour la première fois, le PAMA aura un Président du Jury qui n’est autre que Mélanie Doutey pour gérer et coordonner les votes des 14 jurys (7 hommes et 7 femmes) qui regarderont tous les films et liront tous les scripts. Le festival est un hommage à l’élégante Audrey Hepburn et aura lieu le lundi 3 juillet au prestigieux cinéma Le Balzac sur les Champs Élysées.

La sélection est tombée ce lundi 19 juin et plus d’une trentaine de films venus du monde entier vont concourir dans les catégories suivantes: Meilleur Film, Meilleur court-métrage français, Meilleur court-métrage international, Meilleure Actrice, Meilleur Acteur, Meilleur Musique, Meilleure Danse, Meilleur Film Animé, Meilleur Scénario… Ce sera l’occasion d’aller à la rencontre des acteurs et réalisateurs de demain.

Quatre longs métrages et trois courts internationaux à visionner et des scénarios à lire pour donner notre verdict le 3 juillet, date à laquelle les plus curieux et moins cinéphiles pourront regarder les courts métrages français en compétition.

Profitons de cette première grande opportunité pour nous imposer comme nouveau média en pleine évolution !

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Il y a 42 ans … « Les Dents de la Mer » de Steven Spielberg

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Sorti le 20 juin 1975 aux Etats-Unis, « Les Dents de la Mer » fête aujourd’hui ses 42 ans. Pour l’occasion, retour sur le développement du long-métrage, du roman au tournage mais aussi de la réception du film, du succès populaire à son héritage.

L’auteur et le roman :

Avant d’avoir été un long métrage, Les dents de la mer a d’abord été un roman. Familier avec le milieu des lettres de père en fils, c’est Peter Benchley qui va s’atteler à l’écriture du roman en 1972. Journaliste pour le Washington Post puis rédacteur des discours du président Lyndon B.Johnson, c’est en voyant le documentaire Bleue est la mer, blanche est la mort en 1971 que l’idée lui vient d’écrire un roman sur un requin attaquant une plage de la côte Est des Etats-Unis. Idée qui prendra forme avec la lecture d’un article de presse du Daily News mentionnant la capture d’un requin de plus de deux tonnes.  Après un an de travail, en janvier 1973, Peter Benchley remet la version finale du roman à son éditeur. Néanmoins un dernier problème apparaît, le choix d’un titre. De « Eaux tranquilles » à « L’été du requin », Peter Benchley n’avait envisagé pas moins de cent vingt-cinq titres différents. Finalement ce sera « Jaws » qui sera retenu pour sa brièveté. Le roman est donc publié  au  début de l’année 1974 et devient rapidement un best-seller vendu à des centaines de milliers d’exemplaires. Faisant de son auteur une star qui va se spécialiser dans les romans marins par la suite, avec des oeuvres comme L’île sanglante ou Les monstres des grands fonds.

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L’apparition de Peter Benchley dans « Les Dents de la Mer » dans le rôle d’un journaliste.

Rapidement, deux producteurs sont intéressés pour faire une adaptation cinématographique du roman, il s’agit de Richard D.Zanuck et David Brown. Ils ont chacun à leur tour dévoré le roman et rachètent les droits pour le cinéma. De son côté Peter Benchley n’est pas très confiant pour une adaptation cinématographique pensant que : « Je ne nourrissais pas d’avantage d’illusions au sujet d’une adaptation au cinéma. En admettant qu’on le capture, je savais qu’il était impossible de dresser un grand requin blanc et que, à Hollywood, aucun ingénieur ne serait capable de le fabriquer. »

Le réalisateur, l’équipe du film et le tournage :

Pour réaliser le film, les deux producteurs pensent à un jeune réalisateur qui vient de finir le tournage de son premier long-métrage : Steven Spielberg. Agé alors seulement de 25 ans, il accepte le projet et s’entoure de l’équipe avec laquelle il a travaillé pour Sugarland Express, son précédent long-métrage. Pour le scénario, c’est Peter Benchley qui en écrit une première mouture, puis Steven Spielberg, afin de se familiariser avec l’histoire et les personnages.

Un rapprochement peut d’ailleurs être fait entre Duel, un téléfilm devenu par la suite un long métrage de Steven Spielberg et les Dents de la mer. En effet, tous deux, à l’encontre des normes de l’époque, ont été tournés en décors réels. Ils possèdent chacun un scénario épuré et resserré autour de l’action et du suspense. Les protagonistes de ces deux films doivent affronter une menace invisible qui n’apparait que très rarement à l’écran et qui n’est poussée que par ses instincts les plus primaires. Et enfin, Steven Spielberg réutilisera le bruitage de la chute du camion dans le canyon à la fin du film Duel pour le plan sous marin de la mort du requin dans Les dents de la mer.

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Quant aux acteurs, pour le rôle de Martin Brody, le chef de la police locale, Peter Benchley imaginait Paul Newman dans le rôle et Steven Spielberg imaginait lui plutôt Charlton Heston. Finalement aucun des deux n’accepte le rôle et c’est Roy Scheider, alors connu pour French Connection de William Friedkin qui aura le rôle. Ensuite pour le rôle de Matt Hooper, le scientifique océanographe, Steven Spielberg a approché Jon Voight, Jeff Bridges et Richard Dreyfuss. Ils refusent tous les trois dans un premier temps. Puis, Richard Dreyfuss, en se découvrant à la tête d’affiche d’un film se trouve ridicule et pense que sa carrière est fichue, et revient alors vers Steven Spielberg pour avoir le rôle. Enfin, pour le rôle de Bart Quint, le chasseur de requin, Robert Duvall se propose pour le rôle mais Steven Spielberg rejette sa candidature, le trouvant trop jeune et préférant Robert Shaw.

De son côté l’équipe des effets spéciaux commence la fabrication des requins avec l’aide de Robert Mattey, le créateur de la pieuvre qui attaque le Nautilus dans 20 000 lieues sous les mers de Richard Fleisher que Steven Spielberg sort de sa retraite. Une seconde équipe part quant à elle en Australie pour tourner des images de vrais requins blancs avec des spécialistes ; Ron et Valerie Taylor qui avait travaillé avec Peter Gimbel sur Bleue est la Mer, blanche est la mort. Enfin, une troisième équipe part faire des repérages pour le choix de la ville qui accueillera le tournage avec de nombreuses restrictions. En effet, pour le tournage en pleine mer, il fallait une zone accessible facilement et rapidement, d’où l’on ne voyait plus la côte et avec une mer peu profonde (moins de dix mètres) pour pouvoir utiliser le requin.

Les-Dents-de-la-Mer-Requin

Enfin, Steven Spielberg voulant tourner en décors réels et donc en pleine mer, au plus près de l’eau, Bill Butler, le directeur de la photographie du film développe un nouveau caisson hermétique pour ne pas abîmer la caméra. Le caisson  permet également de changer la focale rapidement, sans en sortir la caméra, pour pouvoir s’adapter rapidement aux fluctuations de l’eau. Bill Butler décide aussi de ne pas prendre de trépied et de directement tenir la caméra entre ses genoux, à nouveau, pour pouvoir tourner le plus rapidement possible et pour pouvoir s’adapter aux caprices de la mer.

Mais les producteurs veulent absolument que le film soit tourné avant l’été car la menace d’une grève des acteurs en juin et l’arrêt du tournage les effraient. Ainsi, alors que le scénario n’est pas terminé, que les effets spéciaux ne sont pas prêts, l’équipe de tournage se met en route vers Martha’s Vineyard où les deux mois de tournage originellement prévus deviendront six mois.

Après six mois de prises de vues en pleine mer avec une moyenne de seulement quelques secondes de films tournées par jour, un budget multiplié par trois et de nombreuses difficultés quotidiennes le tournage prend finalement fin. Steven Spielberg n’assistera d’ailleurs pas au dernier jour de tournage de peur que l’équipe du film ne lui joue une mauvaise blague après ce tournage très difficile.

Le succès :

Dès sa sortie le 20 juin 1975, le film connait un immense succès aux Etats-Unis puis à travers le monde. Aux Etats-Unis, le film est diffusé à travers tout le pays dès sa sortie, une pratique qui n’est pas encore une norme à l’époque mais que Les Dents de la mer va favoriser. Le film devient un phénomène que les producteurs veulent faire durer tout l’été. Pour cela, ils refusent la diffusion du film dans certaines salles de cinéma. Ce qui provoque le déplacement des spectateurs à un point tel que les cinémas sont obligés de refuser certains spectateurs pour cause de salle pleine. Rapidement, le film détrône les plus grands succès du cinéma au box office. La campagne marketing du film en jouera d’ailleurs en créant des affiches spécifiques où le requin dévore les recettes de ces succès.

Les-Dents-de-la-Mer-Box-Office

Par la suite, le tournage compliqué du film fera aussi parler de lui, ce que les studios n’aimaient pas à l’époque, refusant généralement de faire des making-of. Mais un livre sera publié : « The jaws log » qui originellement devait être écrit par Steven Spielberg lui-même mais qui sera finalement écrit par Carl Gottlieb et qui raconte jour après jour les mésaventures qui ont eu lieu durant le tournage.

Fort de son succès critique et populaire, le film va connaitre quatre suites ; une première, en 1978, Les Dents de la mer : 2ème partie réalisée par Jeannot Szwarc puis une seconde en 1983, Les dents de la mer 3 réalisée par Joe Alves et enfin une troisième en 1987, Les dents de la mer 4 : La revanche réalisée par Joseph Sargent.

L’héritage :

Les autres producteurs vont aussi vouloir surfer sur la vague de l’animal mangeur d’Hommes avec des films comme Piranhas de Joe Dante en 1978 ou encore Grizzly, le monstre de la forêt réalisé par William Girdler en 1976.

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Le film créera aussi un sous-genre, celui des films de requins qui connaitra un grand succès jusqu’à aujourd’hui avec des films comme Sharknado, Instinct de survie ou encore Piranha 3D qui lui rend ouvertement hommage avec Richard Dreyfuss reprenant son rôle.

Les références :

Il y aura aussi de nombreuses références au film dans la culture populaire. Notamment avec l’introduction du film Y a-t-il un pilote dans l’avion de Kareem Abdul-Jabbar, Lloyd Bridges et Peter Graves mais aussi avec une scène de Retour vers le futur 2 de Robert Zemeckis.

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Ou encore en 1995 avec la création de la société de production « Bad Hat Harry » par Bryan Singer (réalisateur de « Usual Suspect », « X-men ») dont le nom est une réplique culte du film : « That’s some bad hat Harry »et dont le logo est une version animée de la scène où elle apparaît.

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Le film collera aussi une image négative aux requins que l’auteur du roman, Peter Benchley regrettera, devenant un fervent défenseur de la lutte contre la chasse des requins. L’animal étant désormais en voie d’extinction. L’affiche du film sera aussi reprise par une pétition contre la chasse aux requins.

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Aujourd’hui :

Le film est devenu une œuvre culte qui inspire de nombreux réalisateurs et qui connait encore et  toujours le même succès, que ce soit en salle, en dvd/bluray, à la télévision ou encore lors de projections sur l’eau…

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Quentin Tarantino : Portrait d’un réalisateur unique

Enfant terrible du ciné US à l’aura de rock star, encyclopédie vivante du 7ème art, mais aussi pour ses détracteurs : plagieur, pornographe de la violence et recordman du nombre de déclinaisons du mot fuck en une seule phrase : Quentin Tarantino est surtout et avant tout un grand cinéaste : portrait d’un réalisateur unique.

Quand Quentin Tarantino sort enfin de l’ombre du vidéo club où il travaille à Los Angeles, et auquel il doit une grande partie de son érudition, il créé l’événement avec Reservoir dogs (1991). Le film impose une vision personnelle au milieu de références avoués au cinéma de De Palma, Scorsese et de films d’action asiatiques (le script s’inspire d’un passage du City on fire de Ringo Lam (1987)). Bête de festivals, le film, repéré à l’origine par une amie d’Harvey Keitel (qui le produira en plus de jouer un des rôles principaux), annonce ce qui fera la signature de son auteur : la décontraction et le rythme des dialogues dans un univers drôle et violent à la bande son cool et rock.

Dès son œuvre suivante (Pulp Fiction 1994), Tarantino rafle le pactole tant rêvé : la palme d’or à Cannes. Remise des mains du grand Clint Eastwood, elle finit de l’envoyer sur orbite.

https://www.youtube.com/watch?v=TJ60Bx2k4V8&t=25s

Farce mafieuse découpée en trois grandes histoires qui se croisent et se décroisent, le film révolutionne la vieille formule hollywoodienne et fera moult émules, pas toujours très maîtrisées ou intéressants. Travolta est remis au goût du jour via un rôle de mafieux drogué un peu couillon, à mille lieux de ses précédentes performances et Samuel Jackson apparaît pour la première d’une collaboration qui dure aujourd’hui encore et devient l’acteur « cool » tarantinien au phrasé parfaitement adapté à la prose de l’auteur.

Le duo revient en 1997 avec l’adaptation (seul film à ce jour où l’histoire originale n’est pas de Tarantino) de Punch Creole d’Elmore Leonard (1992) renommé Jackie Brown.
Pam Grier tient le premier rôle d’une histoire mêlant arnaques et humour au casting à nouveau trois étoiles. De Niro joue un truand amorphe et stupide dont les limites seront mises à rude épreuve par une Bridget Fonda excellente en nymphette superficielle fumeuse de pétards.
L’hommage à Elmore Leonard, l’une des influences majeures de Tarantino, est réussi le film alternant moments doux et mélancoliques dans un emballage drôle et décalé qui rend l’œuvre immédiatement culte.

Il faut attendre 2001 pour voir Q.T. débarquer avec son hommage aux films asiatiques de la Shaw Brothers (Un seul bras les tua tous (1967) de Chang Cheh entre autres). Le film scindé en deux parties (Kill Bill volume 1 (2003) et Kill Bill volume 2 (2004)), en raison de sa durée excessive pour un film de série (près de 4h), montre une autre facette du talent protéiforme de son auteur. Si la patte est reconnaissable entre mille, la première partie est beaucoup moins axée sur les dialogues et bien plus sur l’action. Le film est un nouveau coup de maître et ses parties volontairement différentes se complètent comme les deux faces d’une même pièce. Le volume deux rend ainsi hommage aux westerns spaghettis et au cinéma gore italien avec un rythme plus posé. A noter que Samuel Jackson fait une apparition furtive dans le rôle d’un pianiste.

Grand amateur de films de genre (comme il l’a à nouveau montré dans Boulevard de la mort (2007), un hommage aux slashers des années 70), mais aussi féru d’histoire, Quentin propose sa version du film de guerre et surtout sa vision baroque, violente et déjantée de la seconde guerre mondiale.
Inspiré en partie par les Douze salopards (1967) et ses personnages dégueulasses et borderlines, Inglorious Basterds (2009) réunit, sous la coupe de Brad Pitt, une troupe d’officiers juifs envoyés pour dessouder Hitler himself.
Le film est, une fois de plus, découpé en chapitres et commence par introduire le génial Christoph Waltz (aussi bon pour réciter du Tarantino que Sam Jackson, ici présent comme narrateur) dans la défroque de Hanz Landa, un mélange d’officier et d’inspecteur aussi intelligent et retors que Sherlock Holmes mais à la morale bien plus perverse. Les chapitres s’enchaînent sans temps mort et proposent, en plus d’une intro magnifique (considérée par Tarantino comme sa scène la mieux écrite), une montée de suspense se terminant en fusillade éclair au montage hallucinant. Le seul bémol du film est également la seule erreur de casting de Q.T. à ce jour, à savoir le personnage de Shoshana trop caricatural pour intéresser et surtout exécrablement interprété par une Mélanie Laurent incapable de la moindre nuance et déclamant (mal) son texte avec le même air vide du début à la fin.

Le réalisateur revient ensuite avec deux westerns.
Le premier, Django Unchained (2012), revisite la traite des Noirs dans un récit violent et radical où Leonardo DiCaprio et Samuel Jackson brillent dans les rôles de deux ordures sans morale. Le second, Les huit salopards (2015), tourne très vite au huit clos paranoïaque en mélangeant le The Thing de John Carpenter (prenant au passage une partie du score d’Ennio Morricone, abandonné sur la table de montage par Carpenter) et le roman Les dix petits nègres d’Agatha Christie. S’ils séduisent la critique, le final violent et les personnages tous plus pourris les uns que les autres laissent le public un peu en retrait, le film étant l’un des moins populaires de Tarantino en terme de box office, là où Django avait été son plus plus grand succès.

A quelle sauce Tarantino va-t-il nous revenir ? Un troisième western pour boucler une trilogie far-west comme il l’avait fait avec l’univers des gangsters à ses débuts ou un projet tout autre ? Le bonhomme ayant déclaré vouloir se retirer au bout de dix films, il ne nous reste donc que deux projets à voir. Les paris sont ouverts mais une chose est sûre, la suite et fin de sa carrière sera saignante !

 

Les films les plus attendus de cet été 2017

Blockbusters kaboom ou cinéma d’auteur, films engagés ou comédies régressives… en été, le cinéma ne prend pas de vacances. Eh bien, nous non plus ! Dans les 3 mois à venir, il y a même quelques films très hétéroclites que l’on attend de pied ferme. Après un sondage interne, nous avons pu vous préparer un guide de ce que cette belle saison annonce de plus prometteur, de Dunkerque à Transformers, en passant par Baby Drive.

Ça y est, 9 mois qu’on l’attendait, c’est l’été! La saison évoque la bronzette en bikini, des mojitos au bord de la piscine ou des chouchous sur la plage mais elle reste aussi une belle période de cinéma. Les chiffres sont généralement contradictoires durant la saison estivale puisque, alors que les entrées sont globalement en baisse, seul un petit de nombre de films y réunit des box-offices record. Sortir en été est donc devenu un pari très délicat. On comprend alors pourquoi de nombreux gros studios, à commencer par Disney, ait cessé de distribuer ses plus grosses productions pendant ces quelques semaines. Pour les spectateurs que nous sommes, les attentes restent fortes à l’égard de films qui se savent assez solides pour oser sortir sur grand écran alors qu’une part importante de leur public est en vacances. Nous avons fait le tour de nos attentes, et il semble que cet été 2017 sera riche en propositions cinématographiques et que l’on profitera des salles climatisées de nos cinéma de quartier !

Top 5 : les films les plus attendus de cet été 2017

1/ Dunkerque de Christopher Nolan

Les films de Christopher Nolan font, depuis sa trilogie Batman, l’événement au cinéma. Avec Inception et Interstellar le réalisateur a su nous en mettre plein la vue, inventant sans cesse de nouvelles formes et autres vues de l’esprit. Il ne faut pas non plus oublier son talent pour mettre en scène des histoires-puzzle, dans lesquelles le spectateur se plaît à se perdre. Alors, quand on a appris que Nolan allait filmer le Débarquement à Dunkerque, il n’en fallait pas plus pour attirer notre attention. On attend des scènes de guerre mémorables (attention à la comparaison avec Il faut sauver le soldat Ryan), mais surtout, on se demande quel questionnement métaphysique il va bien pouvoir nous sortir. Dans tous les cas, il faut s’attendre à un gros carton en salles.
Ça sort quand ? Le 19 juillet

2/ Song to Song de Terrence Malick (ex-aequo)

Avec son casting 4 étoiles, Song to Song s’annonce comme un portrait brumeux de romances tumultueuses, ainsi que Terrence Malick sait le faire. Avec son style visuel si singulier et grandiloquent, déjà opéré dans A la Merveille ou notamment Knight of Cups, le réalisateur américain continue à vouloir dessiner les affres des sentiments humains dans un environnement contemporain urbain flamboyant. Surtout que Song to Song s’insère dans le décorum musical, composé par de nombreux guests. Mais un film de Terrence Malick divise toujours : entre ceux qui s’ennuient devant ce marasme poétique et d’autres qui s’infiltrent à corps perdu dans ce lyrisme béat. Mais la possibilité d’accéder à la vision si intime d’un aussi grand réalisateur est toujours un moment particulier.
Ça sort quand ? Le 12 juillet

2/ Les Proies de Sofia Coppola (ex-aequo)

Un Colin Farrell séducteur et alangui dont le sort repose entre les mains d’une poignée de « vengeful bitches »… Le pitch déjà bien alléchant n’a rien à envier aux décors et à la lumières qui promettent d’être sublimes. Jeux de dupes et beautés empoisonnées se côtoient dans cet univers cossu et feutré au service d’un huis-clos en costumes, servi par une brochette de stars hollywoodiennes. Que demander de plus, d’autant qu’un film de Sofia Coppola suscite en général toujours l’événement. Gageons que le remake de l’œuvre de Siegel nous en mette plein les yeux avec grâce et féminité.
Ça sort quand ? Le 23 août
Retrouvez également notre critique cannoise.

Top-film-attendu-ete-2017-baby-drive3/ Baby Driver de Edgar Wright

Les bonnes comédies françaises sont rares. Les bonnes comédies américaines sont rares. Par contre, la comédie britannique a trouvé son maître, et il se nomme Edgar Wright. Rappelez-vous : il est à l’origine de la fameuse trilogie du cornetto, avec Shaun of the Dead, Hot Fuzz, et Le Dernier pub avant la fin du monde, avec le duo comique Simon Pegg et Nick Frost. Edgar Wright nous avait alors démontré son talent pour revisiter les codes des genres tout en nous faisant hurler de rire. Cette fois-ci, les humoristes ne sont pas de la partie, mais il faut compter sur un casting 4 étoiles : Kevin Spacey, Jon Hamm et Jamie Foxx accompagneront le Baby Driver, joué par Ansel Elgort, le Caleb Prior de Divergente, ainsi que Lily James de Downton Abbey. Et les premiers retours sont très, très bons…
Ça sort quand ? Le 19 juillet

Top-ete-2017-film-attendu-la-planete-des-singes4/ La Planète des Singes : Suprématie de Matt Reeves

Saga culte des années 70, La Planète des Singes a connu un reboot très réussi en 2011 sous la direction de Rupert Wyatt. Montrant la chute du monde des hommes et l’ascension des singes au pouvoir, le film évitait brillamment le manichéisme, et le flambeau était repris avec brio par Matt Reeves en 2014. L’accent était définitivement mis sur les singes et le film faisait le choix audacieux d’avoir la plupart de ses dialogues en langues des signes, moyen de communication des primates. Un blockbuster qui sortait du tout venant dans le genre, bien écrit, mis en scène avec savoir-faire tout en promettant une fin de trilogie qui introniserait l’ascension de César, protagoniste de la série. Cette suite, toujours menée par Matt Reeves, qui arrive cet été est la promesse d’un spectacle tonitruant qui, on l’espère, ne laissera pas ses réflexions et son intelligence sur le bas côté.
Ça sort quand ? Le  2 août

Top-ete-2017-film-attendu-blockbuster-transformers5/ Transformes : The Last Knight de Michael Bay (ex-aequo)

Des robots dinosaures, Excalibur et Winston Churchill : pas de doute, en passant une fois de plus l’Histoire au mixeur, Michael Bay persiste et signe dans le sillon hautement régressif dans lequel se nimbe son cinéma depuis ses débuts. Ce n’est pas pour autant que le postulat résolument crétin de ce dernier nous effraie car avec Anthony Hopkins, qui à coup sûr, sur-jouera le lord britannique pédant, on est assuré d’obtenir du grand spectacle et l’assurance d’une maestria visuelle dont est friand cet apôtre du carnage dénommé Michael Bay. En définitive, on pourra résumer tout ça d’une seule phrase : Transformers : The Last Knight sera sans aucun doute un spectacle crétin, mais un spectacle avant tout. Et on n’en demande pas vraiment plus à celui qui compte bien réécrire l‘Histoire à seule fin de vendre des jouets et de caser Omar Sy dans un énième blockbuster US.
Ça sort quand ? Le 28 juin

Top-film-attendu-ete-2017-120battemnts-par-minutes5/ 120 Battements par minute de Robin Campillo (ex-aequo)

« Silence = mort ». C’est l’un des slogans chocs de l’association Act Up, créée à Paris dans les années 90 pour dénoncer l’omerta existante autour des ravages du sida, ravages passés sous silence parce qu’ils concernaient pour l’essentiel la communauté homosexuelle. A l’heure où une certaine crispation des mœurs se fait ressentir et où la normalisation d’une pensée réactionnaire semble de plus en plus admise, le nouveau film de Robin Campillo 120 battements par minute tombe à point nommé pour rappeler que la résistance est toujours possible. Le film a été primé à Cannes où il a reçu le Grand Prix du Jury. Cette reconnaissance lui donne d’ores et déjà une visibilité certaine. Peut-être qu’elle permettra aussi à ce film coup de poing, témoignage d’un passé récent encore vibrant qui n’a pas été lissé dans les livres d’histoire, de rencontrer un large public.
Ça sort quand ? Le 23 août
Retrouvez également notre critique cannoise.

Ils ont failli y être : Atomic Blonde (16/08), It Comes at night (21/06), Le Redoutable (13/09) et La Tour Sombre (09/08).

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The Affair saison 2 : en DVD depuis le 6 juin 2017

La deuxième saison de The Affair est sortie en DVD le 6 juin dernier, une saison plus mystérieuse et contrastée que la précédente.

Après une première saison narrant le début de la liaison sulfureuse entre Noah et Alison, les deux amants quittent leurs conjoints respectifs pour se mettre ensemble. Mais la routine semble s’être insidieusement installée dans le couple et on retrouve alors les deux protagonistes distants l’un de l’autre, leur idylle passionnée ayant eu du mal à survivre à la réalité du quotidien.

Alors que la première saison était centrée sur les deux personnages principaux et racontait l’histoire de leur point de vue, la seconde multiplie les perspectives en ajoutant les points de vue de leurs ex-conjoints, Cole et Helen. Le quatuor amène alors beaucoup plus de contraste dans la narration et nous montre les personnages sous de nouveaux angles. A présent, Helen et Cole ne sont plus spectateurs de l’histoire mais acteurs, et on en découvre alors plus sur la relation entre Cole et Alison, plus complexe qu’il n’y paraissait.

Cette deuxième saison, plus mystérieuse, mêle le thriller au drame avec le meurtre de Scotty, le frère de Cole, et la recherche du coupable. Si la série pâtit légèrement de ce mélange de genre, elle garde néanmoins son côté drame psychologique et ses thématiques universelles finement traitées.

Pour ce qui est des bonus du coffret DVD, The Affair saison 2 nous offre une visite de Montauk, nous expliquant pourquoi ce lieu était parfait pour le tournage, par rapport à l’atmosphère que l’équipe recherchait. Les bonus nous proposent aussi une série de portraits, celui d’Alison, de Noah, de Cole et enfin celui d’Helen. D’une durée d’environ deux minutes chacun, les profils sont courts mais efficaces, si on aurait aimé avoir une analyse plus poussée de la psychologie de chacun, il est intéressant d’avoir un aperçu de la manière dont chaque acteur perçoit son personnage. Enfin, l’allée des souvenirs nous donnent des détails sur ce qui fait la série, c’est-à-dire ses différents points de vue, et nous explique comment ils ont réussi à filmer les différentes perspectives et pourquoi c’était si important d’avoir la version de chaque personnage.

The Affair saison 2 : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=VI5-2xxbJ0w

Caractéristiques techniques du DVD :

Image : 1.78 / Ecran : 16/9
Audio : Anglais 5.1 Dolby Surround – Français, Allemand 2.0 Dolby Surround Sous-titres : Français, Allemand, Néerlandais, Anglais pour sourds et malentendants

Bonus : • Le profil des personnages • Visite de Montauk • L’allée des souvenirs

COFFRET 4 DVD – 12 épisodes de 45 min

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Visages Villages, un film d’Agnès Varda & JR : critique

Visages Villages est d’abord le récit de la rencontre entre deux artistes, deux générations : Agnès Varda et JR. C’est aussi un documentaire qui met en avant la France et ses habitants avec une certaine ironie et toujours une grande douceur.

Road movie

Passées les premières minutes et cette voix off (celles de JR et Agnès Varda) un peu agaçante car sur-jouée avec des vannes pas toujours bien senties, on comprend que l’intérêt de Visages Villages est à trouver ailleurs que dans les digressions de ses deux protagonistes. En effet, c’est quand ils filment visages et villages que les deux réalisateurs et artistes trouvent leur équilibre. Nous partons donc à la rencontre de ses corps qui parfois nous livrent une partie de leur histoire. Le film (financé en partie via la plateforme Kiss Kiss Bank Bank) semble n’avoir aucun plan de route et c’est le hasard qui prédomine, quitte parfois à donner une impression de brouillon et à laisser les deux baroudeurs divaguer de manière peu productive. Pourtant, il y a aussi de la joie, de la mélancolie et de la douceur dans ce qui est visible à l’écran. C’est que JR et Agnès Varda ont la volonté de mettre l’autre en avant, de réunir, de construire une petite collectivité, même éphémère. Ils amènent les personnages qui sont avant tout des personnes réelles à se livrer, à s’émouvoir. De cette femme, dernière habitante d’une rue promise à la destruction, qui voit tout à coup son portrait en géant s’étaler sur sa maison, à ses familles réunies à Pirou (une plage de Normandie) sorte de village fantôme jamais habité et soudain peuplé de rires, en passant par ses trois femmes de dockers qui s’étirent en grand sur les conteneurs et acceptent de « s’asseoir dans leurs cœurs ». La solitude est aussi interrogée, revisitée.

Et pourquoi pas une chèvre ? 

En chemin, Agnès Varda s’émeut du sort des chèvres dont on brûle injustement les cornes pour plus de rentabilité et voilà que surgit d’un garage un homme qui observe la chèvre photographiée et placée là au milieu de nulle part. De cette rencontre incongrue naît le burlesque, le désir d’imagination. C’est ce que recherchent les deux artistes depuis toujours, Agnès Varda par ses films et JR par ses photographies-collages anonymes. Les yeux d’Agnès Varda finissent par nous hanter, alors qu’ils partent en voyage sans son corps (comprenez que JR les a photographiés puis affichés sur un train), ceux de JR restent invisibles car sa création, sa liberté se jouent toutes deux de son anonymat partiel, fabriqué. Les deux en jouent, se chamaillent, s’écoutent parler et au détour d’un rendez-vous manqué avec Godard, se retrouvent, se découvrent et décident de continuer la route ensemble. La musique de Mathieu Chedid vient accompagner discrètement ce voyage improvisé, nos cœurs finissent, quant à eux, apaisés.

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Visages Villages : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=YlQ104-3XYs

Visages Villages : Fiche technique

Réalisation : JR, Agnès Varda
Scénario et commentaires : Agnès Varda, JR
Musique originale : -M-
Productrices : Rosalie Varda, Emilie Abinal
Coproducteurs: Charles S. Cohen, Julie Gayet, Nadia Turincev, Nicole Fu, Etienne Comar
Photographie : Claire Duguet, Nicolas Guicheteau, Valentin Vignet, Romain Le Bonniec, Raphael Minnesota, Robert de Angelis, Julien Fabry
Montage : Agnès Varda avec Maxime Pozzi, chef monteur
Sociétés de production : Ciné Tamaris, Social Animals, Rouge International, Arte France Cinéma, Arches films
Distributeur : Le Pacte
Durée : 1h 29min
Date de sortie : 28 juin 2017

France – 2017

Edmond : La pièce d’Alexis Michalik bientôt adaptée au cinéma

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Alexis Michalik travaillerait sur un projet ambitieux pour les besoins du cinéma. Le jeune metteur en scène prometteur rêve en effet d’adapter sa pièce de théâtre Edmond dans le courant de l’année 2018.

Alexis Michalik, comédien, auteur et metteur en scène pour le théâtre, connait un véritable triomphe en cette année 2017 avec sa pièce Edmond. Cette œuvre a en effet récolté cinq prix lors de la soirée exceptionnelle de la Nuit des Molière, l’équivalent de la cérémonie des César pour le théâtre, le 29 mai dernier. Alexis Michalik, âgé de 34 ans, avait déjà remporté un franc succès au théâtre avec ses pièces précédentes : Le Porteur d’Histoire et Le Cercle des Illusionnistes.

L’artiste nourrit pourtant un nouveau projet fou. Il a en effet l’intention d’adapter sa pièce Edmond au cinéma. Alexis Michalik souhaiterait voir ce film aboutir dans le courant de l’année 2018. Le metteur en scène aurait l’intention d’écrire et de réaliser lui-même cette adaptation.

Cette information a été annoncée le vendredi 16 juin par Alexis Michalik lui-même alors qu’il était invité sur les antennes de France Inter. Il a dévoilé ses intentions d’adapter au cinéma sa propre pièce de théâtre, Edmond. L’intrigue de cette œuvre, lauréate de cinq Molière en 2017, dévoile le contexte dans lequel Edmond Rostand, l’auteur de Cyrano de Bergerac, a écrit le chef-d’œuvre qui l’a rendu célèbre.

Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : Cyrano de Bergerac.

Alexis Michalik est en réalité impliqué sur ce projet depuis une dizaine d’années. D’après des informations d’AlloCiné, le comédien et metteur en scène souhaitait faire d’Edmond un long-métrage dès le début. N’ayant pas pu trouver de réalisateurs passionnés et motivés par ce projet, Alexis Michalik aurait alors remodelé cette œuvre pour la mettre en scène pour le théâtre. Après le succès public et critique de la pièce Edmond, l’artiste serait donc enfin en passe de réussir son pari fou de raconter la genèse de Cyrano de Bergerac dans une œuvre cinématographique. Reste à savoir si Gérard Depardieu, l’interprète inoubliable du film de Jean-Paul Rappeneau en 1990, effectuera un cameo dans la version  cinéma d’Edmond en 2018.

Edmond se joue chaque soir, du mardi au dimanche, jusqu’en décembre 2017 au Théâtre du Palais-Royal. La troupe de la pièce regroupe les acteurs Anna Mihalcea, Christian Mulot, Christine Bonnard, Guillaume Sentou, Jean-Michel Martial, Kévin Garnichat, Nicolas Lumbreras, Pierre Benezit, Pierre Forest, Régis Vallee, Stéphanie Caillol et Valérie Vogt.

Liste complète des Molière récoltés par la pièce Edmond en 2017 :

– Molière du meilleur spectacle du Théâtre privé

– Molière du comédien dans un second rôle pour Pierre Forest

– Molière de la Révélation masculine pour Guillaume Sentou

– Molière de l’auteur francophone vivant pour Alexis Michalik

– Molière du metteur en scène pour Alexis Michalik

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Sans Pitié, un film de Sung-hyun Byun : Critique

Réjouissante Séance de Minuit au dernier Festival de Cannes, Sans Pitié est un polar nerveux dans la pure tradition du cinéma hongkongais, qui n’oublie pas de crier son amour à Scorsese et Tarantino.

Synopsis : Jae-ho, qui se rêve chef de gang, fait la loi en prison auprès des autres détenus. Mais son autorité est remise en cause à l’arrivée de Hyun-su, un nouveau venu.

Sans-pitie-The-Merciless-affiche-2017Sans Pitié est le troisième long métrage de Sung-hyun Byun, un changement radical pour le cinéaste dont le dernier fait d’armes était d’avoir réalisé Watcha’ wearin’?, une comédie romantique torride introuvable en France. Pourtant, le cinéaste bénéficie d’une cote d’appréciation assez remarquable dans son pays et son film fut présenté sur la Croisette avec une excitation palpable. Depuis quelques années, c’est une tradition pour le Festival de Cannes de mettre à l’honneur la Corée du Sud dans ses séances de minuit. En 2014, les spectateurs avaient pu découvrir The Target, Office avait été diffusé en 2015 et les festivaliers avaient pu voyager à bord du Dernier Train pour Busan en 2016. Thierry Frémaux et son équipe ne pouvaient décemment pas omettre ce petit bijou de nervosité et de virtuosité tout droit venu du Pays du Matin Calme qui, chaque année, nous balance une droite en pleine figure (souvenez-vous de The Strangers). Et si en plus, dès les premières images, Sans Pitié a des allures de Reservoir Dogs et Les Infiltrés, on est en droit de s’attendre à quelque chose de radical. Le réalisateur sud-coréen ne cache d’ailleurs pas son amour pour le cinéma de Quentin Tarantino et Martin Scorsese.  Il faut dire que Sans Pitié reprend en partie la trame du film de Scorsese – lui-même remake du film hongkongais Infernal Affairs – mais en change considérablement les ressorts dramatiques. Il en conserve l’élément déclencheur du film, à savoir l’infiltration d’un policier dans un gang sud-coréen spécialiste du trafic de drogues et les multiples rebondissements qui vont en découler. De Reservoir Dogs, il garde le climat de suspicion et la relation paternaliste Mister White/Mister Orange avec ses personnages. Mais en se revendiquant clairement comme film d’action, Sans pitié lorgne davantage du côté du cinéma hongkongais et de ses fusillades explosives. Toutes ces références ne pouvaient donc qu’annoncer un beau programme.

Sans Pitié confirme la réjouissante vitalité du cinéma d’action sud-coréen

Sans-pitie-The-Merciless-fight-scene-2017Et en ce sens, Sans Pitié réussit là où d’autres auraient très bien pu tomber dans la facilité et la référence lourdingue. La qualité de Sung-hyun Byun est qu’il s’impose comme un artisan pointilleux qui conserve l’ambiance nerveuse, sèche et élégante des films qui l’ont influencé pour mieux s’engager sur une voie singulière. Car le film se démarque par un refus catégorique du manichéisme. Les policiers ne sont pas gentils et les malfrats ne sont pas méchants. Et la réciproque ne vaut pas plus. Chacun a ses raisons (argent, ambition, etc.) pour exercer les sacrifices qu’il faut. Les deux personnages principaux semblent être dans un premier temps les archétypes du film noir mais ils progressent lentement vers un traitement plus subtil de leur caractère. Il est difficile de deviner leurs intentions, tant celles-ci sont constamment tourmentées par la volonté de s’en sortir et des suspicions réciproques. La manipulation narrative du récit renverse à plusieurs reprises le film avant de véritablement nous dévoiler la psyché des protagonistes. Mais outre sa narration retorse, c’est dans la mise en scène que Sans Pitié est original, ainsi que dans son montage précis qui alterne les scènes d’actions et les séquences plus intimes entre les personnages. Il suffit de voir les scènes de règlements de comptes qui virent à l’anarchie totale pour constater que la caméra effectue des mouvements audacieux et rarement vus dans des espaces aussi confinés. Question narration, le montage pourra irriter ceux qui ne supportent pas les allers et retours dans le temps, spécialement quand les indices visuels pour différencier les époques sont absents, mélangeant ainsi toutes les intrigues si l’on n’est pas un tant soi peu concentré. Certains regretteront aussi que le cinéaste ne se soit pas plus évertué à dresser un état de la criminalité de son pays, Sans Pitié ne disant finalement pas grand chose de la Corée du Sud. Les uns crieront donc à l’esbroufe mais les autres apprécieront largement le spectacle. Pas étonnant alors qu’une standing ovation de sept minutes ait eu lieu lors de la présentation du film à Cannes.

Sans Pitié s’impose donc un film d’action d’une efficacité à toute épreuve, respectueux des codes du polar noir, tout en lui apportant des nuances radicales. Au final, ce qui est perdu en cohérence narrative est contrebalancé par une énergie redoutable qui fait de Sans Pitié, une nouvelle référence du genre.

Sans Pitié : Bande-annonce

Sans Pitié : Fiche Technique

Titre original : Bulhandang (titre international : The Merciless)
Réalisation : Sung-hyun Byun
Scénario : Sung-hyun Byun, Kim Min-soo
Interprétation : Kyung-Gu Sol (Han jae-ho), Si-wan Yim (Jo Hyun-su), Kim Hie-won (Ko Byung-gab), Jeon Hye-Jin (Cheon Chief)
Photographie : Cho Hyoung-rae
Montage : Kim Sang-Bum, Kim Jae-Bum
Musique : Kim Hong-jip, Lee Jin-hee
Costume : Cho Hee-ran
Décors : Han Ah-rum
Producteurs : Michelle Kwon, Simon Lee (II), Park Ji-sung, An Eun-mi, Yi Jin-hee, Miky Lee, Jeong Tae-Sung
Sociétés de Production : /
Distributeur : ARP Sélection
Budget : /
Festival et Récompenses : Présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2017
Genre : Thriller
Durée : 120 minutes
Date de sortie : 28 juin 2017

Corée du Sud – 2017

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Le Collier rouge : François Cluzet et Nicolas Duvauchelle à l’affiche du nouveau film de Jean Becker

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Le tournage du nouveau film de Jean Becker, Le Collier Rouge, aurait débuté. Ce nouveau long-métrage serait une adaptation cinématographique du roman de Jean-Christophe Ruffin. Le casting réunit notamment François Cluzet et Nicolas Duvauchelle.

Selon des informations du Film Français, le tournage du prochain film de Jean Becker, Le Collier rouge, a débuté. Ce nouveau projet cinématographique du réalisateur de Bienvenue Parmi Nous, L’été meurtrier et d’Un Crime au paradis bénéficie d’un casting prometteur. François Cluzet et Nicolas Duvauchelle, nommés tous les deux cette année pour le César du meilleur acteur, sont notamment actuellement mobilisés pour les besoins de ce long-métrage, adapté de l’œuvre littéraire de Jean-Christope Ruffin. L’actrice Sophie Verbeeck (A trois on y va)  et la chanteuse Maurane sont également annoncées au casting de ce nouveau projet de Jean Becker.

Le Collier rouge va plonger les spectateurs dans un drame après le choc des tranchées de 1914-1918. Un héros de la guerre est retenu prisonnier dans une caserne déserte au cœur d’une petite ville lors de l’été 1919. Seul son chien ne l’a pas abandonné. L’animal aboie jour et nuit devant la porte close. Non loin de là, une femme, qui s’épuise au travail de la terre, attend et espère des jours meilleurs. Un juge, un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes, va devoir démêler la situation du prisonnier. La clef du drame entre ces trois personnages pourrait bel et bien être en réalité ce malheureux chien.

La rédaction de Sud-Ouest a dévoilé des subtilités sur les personnages principaux :

Héros perturbé du premier conflit mondial, Morlac croupit dans une cellule, veillé par le chien qui l’a accompagné au cœur des tranchées. Juge militaire écœuré par plus de quatre années de tueries, Lantier tente de comprendre pourquoi Morlac, qui refuse toute aide, a « pété les plombs ». La réponse se trouve peut-être chez Valentine, la compagne de l’insoumis…

Le Collier Rouge s’apparente selon le quotidien régional à une « allégorie sur la fidélité et la loyauté ». Après la comédie plus légère Bon Rétablissement, ce nouveau film de Jean Becker, sur fond de Première Guerre Mondiale, s’annonce donc poignant et devrait faire la part belle aux émotions.

Jean Becker s’est confié à la rédaction de Sud-Ouest sur ses intentions :

Comme le roman, le film n’est surtout pas une évocation historique de la guerre de 14, mais une histoire entre deux types, une femme et un chien, où il est question de fidélité et d’amour. Ce qui m’intéressait, c’était le cheminement de la pensée de Morlac, un type simple, un paysan qui vit un cauchemar. Morlac est un anarchiste, mais pas un anar’ de métier.

Le scénario du film a été coécrit par Jean Becker, Jean-Christophe Rufin et Jean-Loup Dabadie. Le tournage aurait débuté le 23 mai en région parisienne. L’équipe du film serait actuellement en Charente pour de nouvelles prises de vue à Montbron et à Cherves-Châtelars. Le long-métrage Le Collier rouge devrait être visible dès la fin de l’année 2017.

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La Momie, un film d’Alex Kurtzman : critique

Avec La Momie, première incursion dans le Dark Universe, les studios Universal n’ont pris guère de risques en proposant un blockbuster d’aventure parsemé d’idées et d’épouvante, dynamique au demeurant avec un Tom Cruise au top de sa forme, mais dont le caractère trop bancal nuit à la sympathie de l’ensemble.

Synopsis : Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain. Nick Morton, membre d’une unité d’élite de l’armée américaine, accompagnée d’une mystérieuse chercheuse, vont tout faire pour l’arrêter.

the-mummy-la-momie-review-Annabelle-Wallis-Tom-CruiseIl est intéressant de voir comment un film peut être perçu de manière différente sur son territoire d’origine et à travers le monde. C’est notamment le cas avec ce reboot de La Momie, introduisant le Dark Universe, où les studios Universal s’amuseront à réveiller un par un les vieilles icônes horrifiques ayant fait leurs beaux jours. D’un côté, les États-Unis, où son démarrage fut bien laborieux, ne récoltant que 32 millions de dollars pour son 1er week-end, et n’étant en rien aidé par des critiques catastrophiques niant tout aspect un tant soit peu réussi du long métrage. De l’autre côté, le reste du monde, où le film fait un véritable carton en empochant 140 millions de dollars de recettes, mais avec des jugements toujours aussi sévères. Syndrome récemment détecté du côté du DC Universe, notamment à travers Batman vs Superman ou plus encore Suicide Squad, jamais un tel bashing n’a été aussi palpable. Est-il seulement justifié ?

« Bienvenue dans un monde nouveau, peuplé de dieux et de monstres »

Nous serons tout d’abord tentés de répondre par la négative tant ce nouveau cru de La Momie se montre convaincant dans sa première partie. Car la première heure du long métrage, osons le dire, contient de bonnes idées, rendant ce blockbuster, certes classique et à première vue symptomatique de la tendance actuelle des remakes à tout-va, plutôt sympathique. Il ne cherche d’ailleurs aucunement à concurrencer le précédent film de 1999 par Stephen Sommers, qui à l’instar d’un Indiana Jones proposait un cocktail exotique à base de frissons, d’aventures et d’humour le tout pendant les années 20. Ici, la trame se déroule de nos jours, entre les déserts du Moyen-Orient et l’Angleterre, dans un cadre volontairement plus contemporain. Cette modernisation de l’intrigue s’accompagne également d’un traitement de l’épouvante plus appuyé, rendant des scènes parfois dérangeantes (bien que filmé hors champ, on assiste quand même au meurtre d’un nourrisson !) parfois particulièrement creepy. A ce titre, les zombies accompagnant la momie sont très réussis, à tel point que la minutie du maquillage et le travail sur la lumière, peuvent effrayer les plus jeunes. Ils sont d’ailleurs à l’origine d’une des scènes d’action les plus réussies du film, à savoir une course poursuite en forêt mêlant humour et spectaculaire, bien que le point d’orgue reste indéniablement ce crash en avion, semblant sortir tout droit d’un épisode de Mission Impossible, et dont le réalisme vous fera vous cramponner à votre siège. Mais la réalisation n’est pas le seul point fort du film.

Sofia-Boutella-dans-le-film-la-momie-Dark-UniverseCar pour un divertissement de cet acabit, il est à noter que la caractérisation des personnages est réussie. Tout d’abord, la principale intéressée : la momie elle-même. Interprétée par Sofia Boutella, de plus en plus à l’aise dans le registre de l’entertainment (Kingsman, Star Trek…), celle-ci confère à son personnage un côté à la fois sexy et terrifiant, intriguant et inquiétant, et dont la colère, bien que tirant son origine d’une basique histoire de jalousie envers son jeune frère prétendant au trône, entraîne des situations très efficaces (l’attaque de Londres par exemple). L’autre personnage féminin, interprété par Annabelle Wallis, s’éloigne de manière bien agréable de la demoiselle en détresse et s’apparente davantage à une femme au caractère bien trempée, présente sur le terrain et n’hésitant pas à se battre. Pas vraiment le choix quand on est la comparse de Tom Cruise ! Ce dernier, fidèle à lui-même en matière d’exécution de ses cascades, apporte tout de même une certaine fraîcheur dans son interprétation de cet anti-héros, notamment un sens du second degré et de l’auto dérision qu’on ne lui connaissait pas.

Rythmée, pêchue et sans temps mort, cette première heure ne laissait présager que du bon par la suite. Et pourtant…

« La+momie-film-2017-russel-crowe-alias-Docteur- JekyllLe syndrome de la double personnalité » 

Il est assez cocasse pour un film nous présentant le Docteur Jekyll dans le cadre du Dark Universe de posséder lui-même une double personnalité, diamétralement opposée l’une de l’autre. Car si la première partie nous séduisait par son parti pris et ses personnages, la seconde nous ennuie littéralement, s’embourbant dans des facilités scénaristiques déplorables. A tel point qu’on se demande si nous sommes toujours dans le même film, ou si l’équipe de scénaristes a changé en cours de route, composée pourtant de Christopher McGuarrie, scénariste de Usual Suspects et réalisateur de belles réussites (Jack Reacher, Mission Impossible : Rogue Nation…). C’est bien simple, l’intrigue avance à l’aide de grands bouts de ficelle sur une route clairsemée de brèches : motivation des personnages plus qu’obscure, séquences inutiles et au ton involontairement comique (des zombies qui nagent la brasse sous l’eau ?!), sidekick comique rébarbatif et épuisant, alors qu’il se faisait plutôt discret au début… De même, le film accuse une chute du rythme qui l’avait jusqu’ici caractérisé pour laisser place à un ventre mou des plus lourds et des séquences d’action plutôt ratées, l’attaque de Londres mise à part. Pourquoi ne pas avoir davantage soigné le combat entre Tom Cruise et Russel Crowe, deux acteurs tournant pour la première fois ensemble, et dont le duel ne possède aucun semblant d’intensité ? Pourquoi ne pas avoir instauré un vrai climax final entre la momie et le héros plutôt que cette résolution bâclée et expéditive ? La fin est certes logique dans son déroulement, puisque le film n’est que le premier rouage d’un univers étendu, mais il n’empêche qu’on était en droit d’attendre une confrontation digne de ce nom, qui finalement ne se résumera qu’à quelques coups sur le visage. L’intrigue perd donc de son éclat, et le film de son charme.

Rassurons-nous tout de même, La Momie est loin d’être un cas d’école comme ont pu être certains films malades et désarticulés (Les 4 fantastiques en tête). Bien que bancal et maladroit, il introduit de manière plutôt honnête la nouvelle franchise d’Universal. Mérite-t-il ainsi ce déferlement de haine ? Assurément non !

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La Momie : Bande-annonce

La Momie : Fiche technique

Réalisation : Alex Kurtzman
Scénario : David Koepp, Christopher McGuarrie, Dylan Kussman, sur une idée de Jon Spaihts, Alex Kurtzman et Jenny Lumet
Interprétation : Tom Cruise (Nick Morton), Russel Crowe (Henry Jekyll), Annabelle Wallis (Jenny Halsey), Sofia Boutella (Ahmanet), Jake Johnson (Chris Vail), Courntey B. Vance (le colonel Greenway), Marwan Kenzari (Malik)…
Photographie : Ben Seresin
Montage : Gina et Paul Hirsh, Andrew Mondshein
Direction artistique : Franck Walsh, John Frankish, Andrew Ackland-Snow, Tom Whitehead, James Lewis, Will Coubrough, Justin Warburton-Brown, Steve Carter
Costumes : Penny Rose
Décors : Jon Hutman, Dominic Watkins
Musique : Brian Tyler
Producteurs : Alex Kurtzman, Chris Morgan, Sean Daniels, Sarah Bradshaw, Jeb Brody, Roberto Orci
Sociétés de production : Universal Pictures
Distribution (France) : Universal Pictures International France
Durée : 111 minutes
Genre : Aventure, fantastique, épouvante
Date de sortie : 14 Juin 2017
États-Unis – 2017