Sans jamais aller au-delà de son statut de série B et de DTV commercial, Resident Evil : Vendetta reste une adaptation divertissante et mieux maîtrisée que les nanars de Paul W.S. Anderson.
Synopsis : Alors que l’agent du BSAA Chris Redfield infiltre un manoir pour affronter Glenn Arias, le criminel le plus recherché du moment, Rebecca Chambers, ancienne membre des STARS devenue professeur à l’université, va aider la police dans une enquête impliquant une mort mystérieuse. Sans le savoir, elle va découvrir un nouveau genre de virus, qui ramène les morts à la vie pour les transformer en créatures assoiffées de sang…
Bien plus posé et maîtrisé que chez Paul W.S. Anderson
Resident Evil en film, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Et pour cause, beaucoup pensent que l’adaptation cinématographique s’arrête à la saga de maintenant six films, signée par Paul W.S. Anderson. Un ensemble de bousins débiles au possible qui se veulent être des hommages aux jeux sans pour autant avoir l’air de longs-métrages dignes de ce nom. Mais en y regardant de plus près, ils découvriront que la société génitrice de la franchise vidéoludique, Capcom, est à l’origine de films d’animation (Degeneration en 2008 et Damnation en 2012). Des DTV purement commerciaux et adressés exclusivement aux fans de la première heure, qui ont toutefois le mérite d’être bien plus regardables et appréciables que les tâcherons vomitifs d’Anderson. Pour comprendre à quel point le fossé est immense entre ces derniers et les divertissements de Capcom, il suffit de s’arrêter en cette année 2017 et de comparer le dernier film live (Resident Evil : Chapitre final) ainsi que le troisième opus fait par ordinateur qui nous intéresse ici, à savoir, Resident Evil : Vendetta.

Le premier atout dont peut se vanter d’avoir Vendetta comparé au film d’Anderson, c’est d’avoir un scénario. Non pas que celui-ci soit extraordinaire, ayant tout d’une série B de bas étage : nos héros devant sauver le monde d’un psychopathe prêt à contaminer la Terre entière. C’est tout aussi cliché et ridicule, d’autant plus que le script n’a pas peur des ellipses et autres facilités d’écriture, donnant l’impression de sauter bien des étapes de l’intrigue pour respecter une durée rachitique de 1h30. Mais quelque part, comme les opus précédents, Vendetta prend le temps de poser les bases de son histoire. De proposer des personnages bien plus attachants et charismatiques le temps de quelques scènes. Et surtout, de livrer un scénario qui soit cohérent de bout en bout, s’imbriquant dans la saga vidéoludique sans faire défaut à ses prédécesseurs ni aux nombreux jeux existants. Bien qu’il soit conseillé de connaître ces derniers ne serait-ce qu’un minimum pour connaître les personnages et l’univers Resident Evil (le film étant un chouïa hermétique aux profanes), Vendetta parvient sans mal à raconter son histoire convenablement et à tenir le rythme jusqu’au générique de fin… à défaut d’innover et de se sortir de son statut de série B.
Là où Vendetta se démarque également par rapport au Chapitre final d’Anderson, c’est par ses séquences d’action. Loin d’être spectaculaires et ambitieuses, elles sont pourtant bien plus abordables que dans les films live. Un constat que nous devons principalement à un montage beaucoup plus posé et à une utilisation de ralentis sans abus, rendant le long-métrage non pas clipesque mais lisible. Et grâce à cela, quelques-unes de ces scènes gagnent même en jouissance car jouant à fond la carte de l’iconisation des personnages cultes de la franchise (Chris Redfield et Leon S. Kennedy filmés comme des héros à part entière) et les faisant se déchaîner face aux zombies (on croirait voir des ersatzs de John Wick défourailler du mort-vivant). Certes, nous sommes à des années-lumière de l’essence même Resident Evil, à savoir, de l’action dans une atmosphère tendue et angoissante (malgré une introduction plutôt réussie dans un manoir, clin d’œil au tout premier jeu). Mais le tout reste agréable à suivre si l’on veut éviter de se prendre la tête… et de se taper une migraine épileptique avec le Chapitre final !

Et il est impossible de conclure cette critique sans parler de l’animation ! Pour ceux qui suivent la trilogie de Capcom, ils ont remarqué que chaque film adoptait le visuel des jeux de leur époque : Degeneration s’accorde avec Resident Evil 5 et Damnation au spin-off vidéoludique intitulé Révélations. Il est donc normal qu’en termes d’évolution graphique Vendetta se rapproche de Resident Evil 6 et se montre bien plus agréable pour la rétine que ses aînés. En effet, le film se permet des jeux de lumière plus convaincants, créant pour l’introduction une ambiance angoissante efficace, et un visuel bien plus détaillé qu’à l’accoutumée (notamment pour ce qui est des décors et accessoires). Cependant, à cause d’un budget plus restreint que les autres films d’animation sortant en salles, Vendetta n’arrive toujours pas à se défaire des carences techniques de ses prédécesseurs. Comme des textures graphiques négligées, se remarquant lors des gros plans ou bien des instants gores (le sang donnant un côté cartoonesque), conférant à l’ensemble une animation assez glaciale. Ou bien la performance capture, toujours exploitée au minimum de ses capacités et livrant pour le coup des personnages inexpressifs, à la gestuelle des plus approximatives. En clair, comme pour Degeneration et Damnation, Vendetta ne donne nullement l’impression d’être un film. Mais plutôt un banal montage enchaînant les cinématiques d’un jeu vidéo. Et pour quelqu’un n’étant pas un mordu de la console, le visionnage de ce long-métrage peut s’avérer très frustrant et hermétique.
À l’instar de ses prédécesseurs, Vendetta n’est qu’une série B d’animation sans ambition, qui n’a pour but que de compléter la saga vidéoludique sans toutefois lui apporter quoi que ce soit. Cependant, cet opus reste également une bien meilleure adaptation que les films de Paul W.S. Anderson. Sachant se montrer regardable, divertissante et surtout respectueuse du matériau d’origine. Le minimum syndical pour intéresser les aficionados des jeux. Mais il en faut tout de même bien plus pour attirer l’attention des profanes, qui passeront à côté de ce titre sans jamais en entendre parler de leur vie. Pouvons-nous le leur reprocher ? Non, cela va sans dire…
Resident Evil – Vendetta : Bande-annonce
https://www.youtube.com/watch?v=X3zgQFne_Vg
Resident Evil – Vendetta : Fiche technique
Titre original : Resident Evil – Vendetta
Réalisation : Takanori Tsujimoto
Scénario : Makoto Fukami et Joe McClean, d’après la série vidéoludique de Capcom
Doublage : Kevin Dorman (Chris Redfield), Matthew Mercer (Leon S. Kennedy), Erin Cahill (Rebecca Chambers), Kari Wahlgren (Nadia), Arif S. Kinchen (D.C.), Arnie Pantoja (Damian), John DeMita (Glenn Arias), Cristina Vee (Maria)…
Direction artistique : Hiroaki Ueno
Musique : Kenji Kawai
Producteur : Hiroyasu Shinohara
Productions : Capcom Company et Marza Animation Planet
Distribution : Sony Pictures Releasing
Durée : 97 minutes
Genre : Animation
Date de sortie : 6 septembre 2017
Japon – 2017
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Là où It Follows trouvait son efficacité dans le regard nouveau qu’il portait sur son genre, assumant sa dimension de slasher et s’appropriant l’horreur de manière frontale, It Comes at Night souffre quant à lui d’avoir une approche plus prétentieuse sur son propre récit. Comme The Witch, il cache les contours les plus prévisibles de son récit sous une couche de développements « arty ». C’est une chose principalement visuelle, qui passe par un soin apporté sur l’ambiance et un maniérisme des plans qui impressionne par sa maîtrise mais qui subit le contrecoup d’une froideur trop technique. Il est évident que Trey Edward Shults est un metteur en scène consciencieux qui, accompagné d’une photographie somptueuse, construit une ambiance pesante avec habilité grâce à un travail sur l’obscurité et les jeux de lumières rarement vu dans le domaine. Les scènes de nuit, que ce soit dans les déambulations de la caméra dans une maison inquiétante sous une faible lumière ou encore les expéditions oniriques dans une forêt insondable, ont une force picturale assez impressionnante virant presque vers l’expressionnisme. It Comes at Night est magnifique, bourré d’idées de mise en scène qui permettent de faire monter une tension souvent insoutenable et qui montre que l’horreur n’est jamais aussi bien que lorsqu’elle se focalise sur une ambiance. Mais malheureusement on aura du mal à ressentir quoique ce soit face à une œuvre plus rhétorique que vraiment sensorielle et qui aligne surtout les symboliques pour jouer sur le doute plutôt qu’elle ne cherche à nous troubler à travers la psyché de ses personnages.
Un constat qui frappe dès la scène d’ouverture qui se veut brute et marquante, mais qui est dénuée d’émotions et dont on a du mal à s’y impliquer. S’ensuivent peu après des plans sur un tableau de Pieter Brueghel, Le Triomphe de la Mort, inspiré de l’époque de La Grande Peste et qui met l’Homme face à son égalité dans la mort. Avec ça, It Comes at Night expose ses enjeux et thématiques sans grande subtilité car, même si le spectateur n’est pas familiarisé avec le tableau, il s’attarde suffisamment dessus pour qu’on voit ce que signifie ce dernier. Surtout qu’au cours de son intrigue, il réemploie beaucoup d’éléments visuels issus de cette oeuvre d’art. Laissant le doute sur l’épidémie qui a frappé le monde, et qui d’ailleurs prend la forme de la peste, pour se recentrer sur les deux familles qui vont être amenées à cohabiter, le film va jouer sur la paranoïa et le doute qui jonchent de telles situations. La peur de l’autre, les frontières – symbolisées par la porte rouge qui permet l’accès à la maison – etc. Tout ça finit par prendre la forme d’une fresque pertinente sur l’Amérique notamment sous le gouvernement Trump, mais ce n’est jamais vraiment dans sa dimension politique que le film révèle ses plus belles fulgurances. C’est autour de la fièvre adolescente du fils que It Comes at Night trouvera ses réflexions les plus passionnantes. Faisant entrevoir le surnaturel et l’onirisme, il plonge dans une horreur plus psychologique et fascinante qui donne toute la liberté d’interprétation du film notamment sur sa conclusion. Malheureusement cet aspect de l’histoire rentre maladroitement en collision avec l’aspect plus terre à terre de la cohabitation entre les deux familles. L’enchaînement entre l’un et l’autre est souvent didactique, c’est d’autant plus dommage que c’est la partie la plus prévisible qui prend les devants de la scène. En particulier lorsque cela aboutit à un dernier acte qui joue maladroitement ses cartes et peine à confronter ses personnages à l’horreur malgré des acteurs vraiment très convaincants, surtout un Joel Edgerton impeccable en patriarche prêt à tout et Kelvin Harrison Jr. très juste dans le rôle de son fils.
It Comes at Night est un thriller psychologique aussi passionnant que terriblement frustrant. Le film n’est jamais à court d’idées mais ne les exploite que très maladroitement. C’est d’autant plus dommage que visuellement on a affaire à des propositions de cinéma audacieuses, Trey Edward Shults prouve clairement qu’il est un cinéaste de talent. Mais son erreur est de ne pas avoir su choisir entre l’horreur pure ou le thriller plus retors, ce qui fait que son récit a constamment le cul entre deux chaises et n’aboutit dans aucune des deux directions. Il est trop souvent au-dessus de son sujet et malgré ses réflexions politiques loin d’être inintéressantes, il loupe le coche de l’émotion et du malaise adolescent qui aurait été bien plus troubles. Plus encore, c’est de lui que provient l’interprétation la plus enrichissante du récit et du titre It Comes at Night, et qui sied parfaitement à l’épais mystère de son contexte. D’où vient vraiment cette étrange épidémie ?

Mais au-delà de la forme, le fond de l’histoire est également jusqu’au-boutiste. Très roumain en cela (car pas forcément pour les autres aspects), Ana mon amour est bavard. Mais par moments, quand les protagonistes ne bavardent plus, ils ne font vraiment pas semblant…On pense aux scènes de sexe bien sûr, mais à d’autres scènes également. On pourrait croire à de la provocation facile, mais les scènes explicites soulignent la force de ce qui se passe entre Ana et Toma.
Ana mon amour est un titre assez significatif de ce qui se trame dans ce couple. Ce possessif qui rend Toma serein tant qu’Ana est dépendante de lui, ce possessif qui lui donne, croit-il, la légitimité de parler à sa place, de médecin en médecin, qu’il s’agisse d’une gynécologue ou d’un psychiatre. Ce possessif qui accroche la jeune femme en demande de soutien constant, ou peut-être pas, le sait-elle vraiment, et qui rend Toma indispensable à ses yeux, qui finit peut-être par valoir amour. Ana est « son » amour, l’objet de son désir plutôt que sujet. La répétition dans une bonne partie du film de situations assez identiques ponctuées par les crises d’Ana aurait pu lasser à la longue, mais elle montre avec beaucoup d’habileté les impasses de cette relation toxique, pour ne pas dire perverse.
Filmé avec force et finesse à la fois, le métrage est également servi par deux interprètes qui jouent l’écoulement du temps qui passe et de l’amour qui se désagrège avec beaucoup de conviction. Depuis certaines scènes difficiles à jouer (sexuelles ou encore scatologiques, passionnelles dans tous les cas) jusqu’aux subtiles évolutions du langage corporel (les incessants tics d’Ana), Diana Cavaliotti et Mircea Postelnicu passent avec brio de leurs personnages d’étudiants fougueux à ceux d’adultes fatigués, sans plus aucune illusion mais décillés, aguerris. Ana mon amour est un beau film injustement écarté (ou presque) du palmarès berlinois, celui-là même qui a honoré son précédent opus ; c’est un film exigeant qui risque de passer à côté de son public en raison d’une certaine torpeur qui se dégage malgré tout du film.
Dans un genre tellement vu et revu que celui du film de zombies ou d’infectés, il est difficile de marquer les esprits. D’autant plus que la comparaison avec des œuvres classiques même plus de 40 ans après, se fait encore et toujours. Malgré tout cela, chaque année un nouveau film de zombies vient pointer le bout de son nez et 2017 ne fera pas exception. C’est donc le réalisateur anglais,
The Last Girl sous ses traits au départ plutôt classique de « survival », offre donc un nouveau souffle au genre ultra référencé du film de zombie. Le long-métrage bénéficie en outre