Tuez Charley Varrick ! débarque en DVD et Blu-ray chez Wild Side

Ce mercredi a débarqué en DVD et Blu-ray le « dernier des indépendants ». Son nom : Charley Varrick. Qu’a accompli le Gusse ? Il vient de braquer 765 000 dollars à la mafia par erreur. Suspense, corps meurtris et jeu de chat et souris dans une Amérique décadente.

Synopsis : Charley Varrick (Walter Matthau) dévalise une petite banque de campagne avec l’aide de sa femme et de deux acolytes. Mais le braquage ne se passe pas comme prévu… Et il comprend rapidement que l’important magot qu’il a dérobé appartient en réalité à la mafia, qui fera tout pour le récupérer…

Double survival pour Charley Varrick dans l’Amérique des seventies

Charley Varrick est un survivant, et par deux fois même. Pilote pulvérisateur, il est « le dernier des indépendants », qui vit tant bien que mal de son activité de plus en plus monopolisée par les grandes firmes. Aussi il braque une petite banque, pensant récolter un butin aussi léger que le bâtiment. Il n’en est rien, il braque près de 765 000 dollars, appartenant à la mafia. Ainsi, Varrick doit à survivre à une deuxième grosse entreprise, l’une des plus mortelles d’ailleurs. Don Siegel filme ici la chronique de l’échec de l’« american way of life ». Légalement ou illégalement, l’audace américaine ne peut plus être. Le sourire de la réussite entrepreneuriale a laissé place au visage retenu et silencieux de l’interprète de Varrick, Walter Matthau. Quand au petit blondin complice de Charley jouant au gangster, il ne connaît ni son heure de gloire, ni sa descente aux enfers ; il meurt dans un mobil-home miteux sous les coups d’un agent mafieux.

D’ailleurs ces hommes de l’ombre ne sont plus sensibles au charme de leurs propres prostituées. Aussi l’un d’entre eux porte le costard et travaille dans des bureaux aux grandes fenêtres, soit ouverts à tous les regards. Un autre, tueur à gage, s’appelle non pas Michael Corleone ou Tony ‘Scarface’ Montana, mais Sally. Ce dernier, interprété par l’immense Joe Don Baker (que l’on a pu adorer dans Les Nerfs à Vifs / Cape Fear de Martin Scorsese), sourit d’ailleurs beaucoup. Pervers, probablement, mais pas psychopathe. Méticuleux, et challenger prêt à tous les défis, même les plus mortels, indubitablement. Alors que les grands pontes mafieux soupçonnent l’un des leurs d’être un traître en cause du braquage, Sally n’a pas à abattre tout le monde. Le directeur de la petite banque a du soucis à se faire. Il se fait braquer alors que c’est la première fois qu’il gère le transit d’une aussi grosse somme. « Pur hasard » répond-il paniqué. En effet, ça l’est. Mais la grande famille mafieuse ne croit jamais au hasard. Le directeur, qui était satisfait de sa nouvelle et petite situation de vie au Nouveau Mexique, dans le coin d’Albuquerque, doit prouver son innocence. Il se suicide. À l’inverse de Charley Varrick, le directeur a cédé son indépendance, et échoué sous le poids de l’entreprise.

Walter Matthau interprète Charley Varrick.

Charley lui, expose à peine ses émotions. Tout en retenue, Walter Matthau interprète un homme qui vit et perçoit les éléments et événements avec recul. Non dénué d’émotions (on verra l’homme subtilement abattu par la perte de sa femme), ni d’instinct (Charley n’hésitera pas à draguer et coucher avec la secrétaire du costard mafieux), Varrick est davantage un personnage intelligent et concentré. Il envisage la possibilité de rendre l’argent, se considérant lui-même comme une cible mouvante après le braquage. Il prépare sa fuite et celle de son camarade, tout en anticipant la possibilité que ce dernier meure, et en réfléchissant à ce que sa mort pourrait lui apporter. Varrick est un survivant assagi, non pas parce qu’il serait prêt à mourir, ou préparé à sa chute face aux firmes, mais parce qu’il est prêt à continuer de vivre dans l’anonymat, qui lui a tant fait de mal en tant qu’entrepreneur indépendant, mais qui par la suite, va lui être salvateur face à la grande main noire mafieuse. Quant à la police, pas d’inquiétude, elle est aussi dégourdie que ridicule et burlesque. Même la vieille et délurée voisine casanière de Varrick est mieux renseignée que les policiers qui s’agitent dans tous les sens.

Braquage en DVD et Blu-ray

Cet autre portrait glauque de l’Amérique signé Siegel a eu le droit à une belle restauration que ce soit au niveau visuel ou sonore. On regrettera à nouveau qu’il n’y ait qu’un unique bonus toutefois très riche. Et comme d’habitude, le livre écrit pour l’occasion par Doug Headline viendra compléter et dépasser ce manque en proposant notamment une analyse plutôt conséquence de l’œuvre du génial Don Siegel. Wild Side livre ainsi à nouveau une belle édition pour un film à la (re)découverte incontournable.

Extrait – Tuez Charley Varrick ! (Charley Varrick)

[amazon_link asins=’B01M9I9B74,B01NAYVKBE’ template=’ProductGrid’ store=’cineseriesmag-21′ marketplace=’FR’ link_id=’e669f6c8-5db4-11e7-b242-8fc0c675d502′]

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

Master restauré HD – Format image : 1.85, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Français Dolby Digital 2.0, Anglais DTS 2.0 & Dolby Digital 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h47

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master restauré HD – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais & Français DTS HD Master Audio 2.0 – Sous-titres : Français – Durée : 1h50

COMPLÉMENTS :

– Le Dernier des Indépendants (72’) : entretien avec l’équipe de tournage sur la conception du film.

+ « Le premier des indépendants » le livre de 180 pages, écrit spécialement par Doug Headline, illustré de photos d’archives rares.

Prix public indicatif : 29,99€ le Coffret Blu-ray+DVD+Livre

[irp]

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 

Gavagai, et autres malentendus : du postcolonialisme mou

"Gavagai" entend nous instruire de la grande affaire des rapports post-coloniaux, mais n'aboutit qu'à un petit drame sans aspérité.

Fureur apache (1972), de Robert Aldrich : le cimetière des mythes

Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…

La trilogie du « Docteur Mabuse » de Fritz Lang : quarante ans d’une saga criminelle allemande

Réunis dans un magnifique coffret, les trois films que l’immense Fritz Lang a consacrés au génie du crime permettent de réaliser à quel point ils furent le reflet de leurs époques troublées respectives. Car ces œuvres ne sont pas seulement des films noirs paranoïaques qui inspireront une multitude de cinéastes – jusqu’à aujourd’hui. Ils traduisent l’idée que le chaos génère le mal et que, s’il adopte bien des visages, le mal n’en demeure pas moins intemporel.

La Guerre des prix : le pacte de non-rétribution

"La Guerre des prix", premier film d'Anthony Dechaux porté par Ana Girardot et Olivier Gourmet, plonge dans les coulisses des négociations commerciales entre agriculteurs et grande distribution. L'édition vidéo signée Diaphana prolonge cette réflexion grâce à des bonus qui reviennent sur le tournage et les mécanismes du système alimentaire.