Planes, un film de Klay Hall : Critique

Synopsis : Dusty Crophopper est un avion épandeur qui n’a qu’un seul rêve : faire de la compétition et voler parmi les avions les plus rapides que le monde ait connu. Malheureusement, Dusty n’est pas taillé pour la compétition et il a le vertige. Mais contre toute attente, il se retrouve sélectionné pour participer le Grand Rallye du Tour du Ciel après les éliminatoires auxquels il a participé. De ce fait, il demande de l’aide à Skipper, un ancien as de l’aéronaval, afin de l’entraîner, de combattre sa peur du vide et de viser le titre de champion du monde de l’avion le plus rapide de la planète..

Planes : Disney se crashe dans le commercial

À l’heure actuelle, Cars 2 reste le Pixar le plus décevant de l’histoire de l’animation. Pourquoi ? Notamment à cause de son aspect purement commercial (plus de personnages histoire de vendre plus de jouets dans les magasins) et son aspect fade, alors que les studios sont notamment connus pour leur originalité et leur poésie (Toy Story 2 et 3 mis à part, étant donné que ces deux opus valent le premier sans hésiter). Néanmoins, la notoriété du premier film auprès du jeune public a eu raison des critiques mitigées, faisant de ce Cars 2 l’un des plus beaux succès au box-office pour Pixar. Et c’est sur ce détail que Walt Disney Pictures et DisneyToon Studios (autre filiale du studio aux grandes oreilles remplaçant sur le coup Pixar), décident de continuer l’aventure avec un spin-off intitulé Planes, centré cette fois-ci sur les avions (comme l’annonce le titre). Nouveau produit commercial ou petite pépite à rajouter aux chefs-d’œuvre de l’oncle Walt ?

Il faut savoir qu’initialement, Planes ne devait même pas débarquer dans les salles de cinéma. En effet, il était prévu que ce long-métrage bénéficie d’une sortie directe dans les bacs (DVD et Blu-ray). Une fois cela en tête, tous les défauts de Planes paraissent évidents. À commencer par son aspect visuel, qui semble venir d’une époque passée, celle où l’animation ne faisait que débuter. Bon, il faut bien avouer que cette déclaration est plutôt sévère, surtout quand on regarde à quoi ressemblent aujourd’hui le premier Toy Story, Fourmiz ou encore L’Âge de Glace. Pour sûr, en une décennie, l’animation a fait un bon en avant en proposant des textures plus lisses, des couleurs mieux travaillées et des animations moins chaotiques. Malheureusement pour Planes, le travail effectué relève du minimum syndical, tant son univers graphique manque de fluidité (alors que des courses aériennes nécessitaient pourtant le contraire). Et comme Pixar n’est pas en charge du projet, on sent aussitôt le manque d’âme et de poésie qui auraient donné à ce long-métrage un impact moins fade. Rien que pour la comparaison, Cars 2 possédait tout de même un charme visuel certain (rappelez-vous les passages lumineux et colorés à Tokyo). Là, nous nous retrouvons plutôt avec un épisode de Cars Toon, c’est pour dire !

Autre gros point faible de Planes : son scénario. Autant dire que les personnes chargées de l’écriture n’ont pas été bien loin pour livrer le script final. En effet, ils ont repris le concept de Cars (enchaînement de courses durant lesquelles le personnage principal va évoluer petit-à-petit) en changeant juste la personnalité du héros : à la place d’un Flash McQueen arrogant, fonceur et ivre de célébrité, nous avons un Dusty Crophopper timide, pas sûr de lui et modeste au possible. Rien qu’avec un tel constat, Planes sent le produit commercial à plein nez, qui, comme Cars 2, cumule les personnages secondaires inutiles (ils n’apportent vraiment rien à l’histoire) et clichés (exemple du Mexicain qui ne pense qu’à faire la fiesta). Planes se présente ainsi aux adultes, notamment ce qui fuient Cars et son univers, comme un film d’animation mille fois vu et hautement ennuyeux.

Sinon, le jeune public y trouvera sûrement son compte auprès de ce divertissement, certes hautement classique, mais qui peut se montrer amusant pour les 4-5 ans. Notamment grâce à de petits gags et des personnages qu’ils trouveront sûrement amusants. Même s’il se montre commercial et use fortement de la notoriété de Cars pour attirer les jeunots et forcer les parents à les emmener au cinéma, Planes n’est pas entièrement un piège à pigeons, arrivant à divertir les enfants, comme tout bon film d’animation estampillé Disney. C’est déjà ça, non ?

Mais avec un tel long-métrage, Disney aura bien du mal à crier victoire. Même si la suite est récemment sortie et semble être bien plus appréciée que ce premier opus, Planes fait un peu tâche parmi les récents films d’animation. Surtout que bien plus tard dans l’année, le studio aux grandes oreilles sortait une certaine Reine des Neiges, qui, à l’heure actuelle, a battu bien des records. Même Turbo (de DreamWorks), sorti une semaine après Planes, a bien plus de mérite sur le papier, proposant une aventure classique mais un brin déjantée et véritablement amusante. Enfin… quand il faut faire plaisir aux plus jeunes, difficile de dire non par moment…

Planes – Bande-annonce

Fiche technique – Planes

États-Unis – 2013
Réalisation : Klay Hall
Scénario : John Lasseter, Klay Hall et Jeffrey M. Howard
Doublage : Dane Cook/Fred Testo (Dusty Crophopper), Stacy Keach/Michel Vigné (Skipper), Carlos Alazraqui/Bernard Gabay (El Chupacabra), Danny Mann/Emmanuel Garijo (Sparky), Priyanka Chopra/Leïla Bekhti (Ishani), Brad Garrett/Frantz Confiac (Chug), Teri Hatcher/Marika Duchenay (Dottie), Cedric the Entertainer/Pascal Casanova (Leadbottom)…
Date de sortie : 9 octobre 2013
Durée : 1h32
Genre : Film d’animation
Directeur artistique : Ryan L. Carlson
Animation : Ethan Hurd et Scott Seeto
Montage : Jeremy Milton
Musique : Mark Mancina
Budget : 50 M$
Producteurs : Tracy Balthazor-Flynn, John Lasseter, Tony Cosanella et Kip Lewis
Productions : Walt Disney Pictures, DisneyToon Studios et Prana Studios
Distributeur : The Walt Disney Company France

Festival

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Deauville 2026 : The Last Pickpocket in New York, les mains dans les poches

Comment survivent les voleurs à la tire dans notre société moderne ultra connectée, où l'argent est devenu virtuel et les téléphones des traceurs ambulants ? En partant de cette question simple, "The Last Pickpocket in New York" propose un polar urbain délicieusement rétro qui rend hommage aux classiques du genre. Porté par la performance impeccable de John Turturro, le film convainc plus par son atmosphère nostalgique que par son scénario ingénu.

Deauville 2026 : The Man I Love, la fureur de vivre

Dans "The Man I Love", Ira Sachs met en scène Rami Malek dans le rôle d'un acteur confronté à la mort. Entre répétitions, danses, chants et désirs sexuels, il compose une ode à la vie exaltant le plaisir de chaque instant. Un drame queer qui manque malheureusement de consistance et d'émotion pour pleinement s'affirmer.

Deauville 2026 : Mouse, la souricière du chagrin

Présenté en compétition au Festival de Deauville après avoir reçu un très bon accueil à la Berlinale, "Mouse" déploie un récit de deuil adolescent sensible et délicat porté par un somptueux duo d’actrices. En filmant l’intime avec autant de tendresse que de naturalisme, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson s’imposent comme des cinéastes incontournables du cinéma indépendant américain.

Newsletter

À ne pas manquer

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

The Dog Stars : Ridley Scott s’essaie au post-apo (en pantoufles)

Dans un monde post-pandémique, Ridley Scott livre un survival maîtrisé mais sans surprise, porté par Jacob Elordi, Josh Brolin et Margaret Qualley dans les paysages du Colorado.