Portrait : Leonardo DiCaprio, l’enfant chéri d’Hollywood

Petit prodige du cinéma américain, Leonardo DiCaprio a séduit le public et les plus grands réalisateurs. Longtemps prisonnier de sa jolie frimousse, il a su prouver tout en restant humble qu’il était un acteur talentueux, maîtrisant à merveille, à la fois l’art de la performance et celui de l’élégante sobriété.

 Le « Golden Boy »

On pourrait dire que tout prédestinait cette gueule d’ange aux yeux bleus perçants à conquérir un jour le monde du 7ème art.

Né en 1974 d’un père italien et d’une mère allemande, Leonardo Dicaprio grandit dans les quartiers populaires de Los Angeles. Soutenu par ses parents, il embrasse une carrière d’acteur dès son plus jeune âge après avoir suivi des cours de comédie. En 1993, il est choisi pour jouer aux côtés de son acteur préféré Robert de Niro dans le film Blessures Secrètes, un rôle décisif dans la carrière du jeune acteur. La même année, il incarne un handicapé mental dans Gilbert Grape, donnant la réplique à Johnny Depp. Une prestation qui lui vaudra d’être nominé pour l’Oscar du « Meilleur Acteur dans un second rôle ». Il a alors 19 ans.

Petit surdoué du grand écran, le jeune DiCaprio enchaîne les rôles secondaires jusqu’à Roméo+Juliette dans lequel il obtient le rôle principal. Mais c’est véritablement en prêtant ses traits à celui qui deviendra une figure emblématique du cinéma américain, Jack Dawson, que l’acteur accède au statut de star. Sur le tournage du film de James Cameron, il fait la connaissance de Kate Winslet qui prendra une grande importance dans sa vie et qu’il retrouvera en 2009 pour partager la tête d’affiche d’une oeuvre sensible et cruelle, signée Sam Mendes, Les Noces Rebelles. La boucle est bouclée. C’est pour lui le début de la gloire. Le joli minois du grand écran intéresse les plus grands réalisateurs tels que Danny Boyle qui lui offre sa première performance dans La Plage, Steven Spielberg, Christopher Nolan, et plus récemment Clint Eastwood et Quentin Tarantino. Qui d’autre que Quentin Tarentino pour proposer aux spectateurs de découvrir un DiCaprio campant non seulement un second rôle mais qui plus est, un personnage raciste, amoral et violent ? En 2013, dans un tout autre registre, c’est au personnage culte de Fitzerald, Gatsby, que l’acteur donne vie, l’un des personnages les plus emblématiques de la littérature. DiCaprio prouve à nouveau qu’il est capable d’interpréter deux rôles aux antipodes à quelques mois d’intervalle, sans ne jamais perdre ni de sa superbe, ni de sa crédibilité. 

Au début des années 2000, DiCaprio rencontre celui qui sera à l’origine d’une collaboration unique, Martin Scorsese. Un couple de travail qui se formera en 2003 pour le film Gangs of New York. S’en suivront quatre autres oeuvres dans lesquelles l’acteur incarnera des personnalités en quête de grandeur et de reconnaissance, Aviator en 2004, Les Infiltrés en 2006, Shutter Island en 2010 et Le Loup de Wall Street en 2013. DiCaprio devient le nouvel enfant chéri du réalisateur, comme l’avait été avant lui Robert de Niro à qui Scorsese avait offert des rôles mémorables. En plus de lui apporter succès et expériences, le réalisateur permet à l’acteur de prendre sa revanche auprès de ceux qui, après Titanic, doutaient encore de sa capacité à être autre chose qu’un sex symbol.

« The Revenant »

 Le retour du héros

Après une performance à couper le souffle dans Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese, Leonardo DiCaprio s’était offert un break loin des caméras. Des vacances au soleil ? Loin de là, si l’on sait que l’acteur en a profité pour se consacrer à son deuxième amour, l’écologie, et que l’autre moitié du temps, il préparait son grand retour …

En 2013, il nous éblouissait par sa fougue et son talent pour incarner des personnalités tourmentées, dont lui seul à le secret. En 2016, c’est devant la caméra du réalisateur Alejandro González Iñárritu que l’acteur étrenne son jeu toujours irréprochable.

Un  acteur récompensé

Éternel «minet» depuis son rôle dans Titanic, DiCaprio, malgré son talent d’acteur incontestable, peinait à faire reconnaître qu’il faisait définitivement partie des Grands. Même ses fans n’y croyaient plus, et pourtant, à 41 ans, Leonardo DiCaprio remporte l’Oscar du « Meilleur Acteur » pour son rôle dans le très intense The Revenant. Certainement l’une des plus grandes injustices du monde du cinéma enfin réparée. Non content de nous éblouir d’une nouvelle performance hors du commun, l’acteur nous offre l’un des plus beaux discours de l’histoire de la cérémonie des oscars, devant une maman très fière et son amie de toujours, la ravissante Kate Winslet. Mais DiCaprio n’est pas du genre à oublier sa chère planète, même un soir tel que celui-ci où il est à l’honneur. Au contraire, il profite d’avoir les regards braqués sur lui pour passer un message. Talentueux, modeste ET engagé.

Un acteur engagé

En 1998, l’acteur fonde « La Fondation Leonardo DiCaprio » avec la perspective d’oeuvrer pour la protection de la planète. Au programme : préserver la faune, la flore, les océans, prévenir du changement climatique et offrir de l’eau potable à ceux qui n’en ont pas. Rien que ça ! Non loin de s’en tenir à ces jolies résolutions, DiCaprio signe un contrat de 3 ans avec la marque de montres de luxe TAG Heuer, qui s’engage à reverser des royalties à la fondation « Natural Resources Defense Council » et « Green Grass International ». Il produit son propre documentaire en 2007, sur les traces d’Al Gore, La Onzième heure, Le dernier virage sur les conséquences du réchauffement climatique et sera prochainement aux côtés du président américain Barack Obama dans Avant le déluge, un documentaire signé Fisher Stevens, actuellement en production.

Considéré par les américains comme une véritable « Green Star », Leonardo DiCaprio est également un homme généreux et à l’écoute, comme en à récemment témoigné sa réaction suite aux attentats de Nice en juillet 2016. Touché, l’acteur a réuni de nombreuses stars, telles que Marion Cotillard ou Naomi Campbell, lors d’un Gala de charité destiné à soutenir les victimes et leur famille. Influent et très apprécié par ses pairs, il est parvenu a récolter la somme de 2,1 millions d’euros ce soir-là et l’acteur a même tenu à donner de sa fortune personnelle. Un geste que les français n’oublieront pas, celui d’un homme bon et altruiste. 

D’enfant star à muse de Martin Scorsese, Leonardo DiCaprio a eu un parcours exemplaire. Toujours appliqué, discret, modeste et réfléchi, chacun des films dans lesquels il a un jour tourné se transforme en or. Acteur, scénariste, mais aussi défenseur des causes perdues, Leo a le coeur sur la main. 

Une générosité énorme, à la vie comme à l’écran, Leonardo DiCaprio est définitivement une personnalité à suivre, si ce n’était pas déjà fait. 2016 aura marqué un tournant dans la carrière de l’acteur, désormais oscarisé, une récompense méritée qui nous conforte dans l’idée que l’interprète de Jack Dawson a fait du chemin depuis Titanic, beaucoup de chemin.  

The Revenant : Bande annonce 

Auteur : Yael Calvo

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Le cinéma dans la peau, de l’écran à la plume

Le cinéma est un langage construit, 24 mensonges par seconde, et écrire sur lui est une manière de prolonger cette fabrication tout en se découvrant soi-même. Que représente le cinéma ? Comment le traduire par des mots ? Qu’est-ce que l’exercice révèle de soi ? À travers ces témoignages personnels, les rédacteurs du Mag du Ciné explorent leur relation intime à l’écriture critique, entre perception, émotion et identité.

Top Films 2025 : les meilleurs films selon la rédaction

En 2025, le cinéma a révélé une vitalité rare : entre gestes d’auteurs affirmés, récits intimes, propositions radicales et nouvelles voix, l’année compose un paysage foisonnant où mémoire, doute et réinvention se croisent sans cesse. À travers ce top, la rédaction du Mag du Ciné dresse un état des lieux du cinéma contemporain, entre œuvres marquantes, visions singulières et explorations formelles qui témoignent d’un art toujours en mouvement.

Ces scènes de l’imaginaire, du rêve, qui nous fascinent, nous subjuguent

Entre rêve et réalité, le cinéma nous offre des scènes suspendues qui fascinent et subjuguent. De Huit et demi à Edward aux mains d’argent, de Life of Chuck à Le Vent se lève, ce dossier explore l’imaginaire et l’onirisme des grands auteurs, où la magie des images nous émerveille et nous surprend.