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Musique de Dunkerque : l’immersion « survival » et claustrophobe d’Hans Zimmer

Avec Dunkerque, le duo formé par Christopher Nolan et Hans Zimmer continue sa longue collaboration ; et l’inertie qu’il y a entre les deux n’a jamais été aussi prégnante. Cette musique, omniprésente chez Nolan, est un catalyseur de tension dans son cinéma. Cette fois-ci, le cinéaste décide de délaisser les mots et les explications pour une immersion physique et d’une âpreté de tous les instants. C’est alors que la musique d’Hans Zimmer s’adjoint à la mise en scène pour composer une œuvre aussi puissante qu’étouffante.

Dunkerque, film de genre qui réagence ses propres codes, est une histoire de survie : l’intention de Christopher Nolan est de simuler le chaos et la terreur de la situation guerrière pour travailler en tandem avec les effets sonores qui oppressent son public. Christopher Nolan a des thèmes qui lui sont chers, comme celui de la dissection du temps. Sauf que la première qualité du réalisateur, est de ne jamais tomber dans la redite. On le voit bien, avec ses précédents films, où Interstellar devenait un saut de foi émotionnel impressionnant ; et maintenant avec Dunkerque. On a tous connu le cinéma de Christopher Nolan, extrêmement bavard, voire imbuvable dans sa volonté de nous asséner ses explications théoriques. Mais Dunkerque est un virage important : l’épure est de mise et seule l’image sera vecteur de récit. Pour rendre son récit de guerre en trois parties (air, eau, terre) encore plus immersif, le meilleur allié de Nolan est son compositeur fétiche : Hans Zimmer.

Qu’on se le dise très vite, c’est à double tranchant. Pour les allergiques de cette association, Dunkerque ne dérogera pas à la règle, et sera un objet auditif et visuel étouffant qui ne saura jamais se jouer des silences. Pour ceux qui aiment l’alliage entre la mise en scène toute en variation de plan de Christopher Nolan et la partition claustrophobe et lyrique d’Hans Zimmer, Dunkerque deviendra l’épicentre d’une collaboration déjà bien fournie. Ici, la musique est une machine affûtée destinée à pénétrer dans notre psyché interne et à reproduire la peur, le chaos que les soldats connaissent à l’écran, en ne s’arrêtant jamais et en devenant l’épine dorsale portant l’image du premier au dernier cadre (« The Tide »). En conséquence de quoi, dès les premiers instants, la musicalité retentit et prend les allures de personnages du film. Utilisant avec minutie le motif de l’horloge, des Tic-Tac résonnent dans le creux de notre oreille pour nous immerger dans l’urgence qui se déplace dans l’ombre du film pendant que certaines sonorités ressemblent à des piqûres de rappel, à une sirène d’alerte qui vous font constamment sentir que le danger est proche (« The Mole »).

Dans Dunkerque, l’ennemi est invisible, les personnages n’ont pas de caractérisation propre, le lieu est un no man’s land aride, et l’action n’a qu’un seul enjeu : celui de la survie. Le score d’Hans Zimmer est un exercice de précision absolue et de structure, qui préfère dessiner la musicalité arpentant l’insécurité de la vie (« Home ») plutôt que de se balader autour de mélodies qui nous bombardent de montées chevaleresques pompeuses : de ce fait, son résultat final, proche parfois de l’ambiant, est souple et sait délier son rythme selon si Nolan utilise des plans larges ou resserrés. De prime abord, la simplicité même des textures de la BO, qui flirtent entre l’ambient et l’orchestration héroïque, peuvent déconcerter car elles se construisent à partir de boucles sombres, de plages aliénantes (« The Oil »), de secousses asphyxiantes, de nappes nébuleuses, de violons qui chuchotent dans le vide, mais la façon dont le mixage est construit, en pyramide, est terriblement complexe.

Hans Zimmer n’est pas un musicien qui y va avec le dos de la cuillère, et on aurait pu s’attendre à de grandes mélodies patriotiques ou à des symphonies victorieuses. Sauf que l’épure, l’abstraction cinématographique, de Dunkerque ne concernent pas seulement l’art graphique mais aussi le contexte sonore de l’œuvre : vous ne trouverez pas de grands thèmes ou de grandes mélodies dans Dunkerque. C’était l’objectif premier de la bande son : faire en sorte que l’ossature sonore du film ne soit que la représentation musicale de l’action (« Supermarine »), de la peur sachant que la mort est la seule émotion qui parcourt les personnages. Alors qu’une architecture indus, proche d’un Trent Reznor, s’immisce dans les soundtracks qui accompagne Dunkerque, c’est la peur qui devient le thème principal d’un film, qui par opposition au silence de cathédrale qui entoure les personnages, fait de sa musique le moteur de son découpage cinématographique.

Et même si l’utilisation du silence ou des simples sonorités naturelles auraient pu accentuer la tension et l’isolement de ses soldats, la musique est ainsi faite, sans aucune respiration, qu’elle se fait l’écho tentaculaire de la tragédie qui se déroule devant nos yeux. En dépit de son aspect un peu trop didactique dans les précédentes œuvres de Nolan, ne laissant guère place à l’imagination du spectateur, cette fois ci Hans Zimmer, comme dans Interstellar, fait de sa musique une traduction de ce qui se passe à l’écran plutôt que de n’être qu’un simple outil qui retranscrit l’engouement autour des enjeux. Enlevées de cette habituelle preuve de démonstration, les chansons qui s’insèrent dans Dunkerque n’en sont plus et deviennent alors le flux narratif même de l’œuvre, le portrait même de la thématique du film : la peur de l’inconnu. La peur du temps qui passe.

Dunkerque Musique Tracklist

1. The Mole
2. We Need Our Army Back
3. Shivering Soldier
4. Supermarine
5. The Tide
6. Regimental Brothers
7. Impulse
8. Home
9. The Oil
10. Variation 15 (Dunkirk)
11. End Titles

 

Jeanne Moreau : la carrière d’une légende du cinéma en images

Actrice, chanteuse, réalisatrice… Jeanne Moreau, l’étoile du cinéma français s’en est allée le 31 juillet 2017. Retour sur les instants cultes de la carrière d’une star solaire à la personnalité frondeuse.

« Elle est la plus grande amoureuse du cinéma français. La bouche frémissante, les cheveux fous, elle ignore ce que d’autres appellent « la moralité » (…), donnez-lui un vrai rôle, nous aurons un grand film. » François Truffaut

Née le 23 janvier 1928, elle intègre le Conservatoire de Paris en 1947, sa carrière sur les planches débute quand la comédienne en herbe se fait remarquer dans une pièce d’André Gide, Les Caves du Vatican, mis en scène par Jean Meyer. Elle débute sa carrière cinématographique en 1950, à 21 ans, avec son premier film, Dernier amour de Jean Stelli. En 1954, elle campe le rôle d’une vamp aux côtés de Jean Gabin et d’un autre comédien débutant, Lino Ventura dans Touchez pas au Grisbi de Jacques Becker. Actrice ensorcelante à la voix ravageuse, elle tourne sous la direction de grands réalisateurs du cinéma européen et américain, de Orson Welles (Le Procès, 1962) à Louis Malle (Ascenseur pour l’échafaud, 1957), en passant par Roger Vadim pour Les Liaisons Dangereuses (1960) avec Gérard Philip où elle incarne une Juliette de Merteuil vénéneuse. Elle épingle à son panthéon les oeuvres des plus grands : Joseph Losey (Eva, 1961, Monsieur Klein, 1976), Michelangelo Antonioni (La Nuit, 1961), Jacques Demy (Baie des anges, 1963), Luis Buñuel (Le Journal d’une femme de chambre, 1964), François Truffaut (Jules et Jim, 1962, La Mariée était en noir, 1967), Tony Richardson (Mademoiselle, 1966, Le Marin de Gibraltar, 1967), Bertrand Blier (Les Valseuses, 1974), Elia Kazan (Le Dernier Nabab, 1976), Rainer Werner Fassbinder (Querelle, 1981), Jean-Pierre Mocky (Miraculé, 1987), Wim Wenders (Jusqu’au bout du monde, 1991), Theo Angelopoulos (Le Pas suspendu de la cigogne, 1991), Amos Gitai (Désengagement, 2007), Tsai Ming-liang (Visages, 2009), Manoel de Oliveira (Gebo et l’ombre, 2012)... Jeanne Moreau connaitra une carrière d’exception avec plus de 130 films.

En images, les 12 films d’une muse du cinéma d’auteur, sollicitée par les plus grands metteurs en scènes et qui dira lors d’une interview accordée à «Télé Obs» :

«J’ai séduit beaucoup d’hommes. J’ai toujours été vers des hommes qui avaient du talent. Je n’ai pas eu des amants pour avoir des amants.»

« Ascenseur pour l’échafaud » (1958)

En 1956, Jeanne Moreau joue dans la pièce La Chatte sur un toit brûlant, elle y fait la rencontre de Louis Malle, qui lui confie, en 1957, le rôle d’une amante, complice du meurtre de son mari, bloquée dans un ascenseur. Sur des airs du trompettiste et compositeur Miles Davis, elle déambule sur les pavés de Paris, désemparée.  Ascenseur pour l’échafaudle film qui l’a révélée au grand public et l’a fait entrer dans la grande famille du cinéma est tiré du roman de Noël Calef et a reçu le prix Louis Delluc. Sa collaboration avec le cinéaste se poursuivra avec Les Amants (1958),  Le Feu follet (1963) et Viva Maria! (1965)

« La Notte ‘La Nuit’ » (1961)

Dans ce drame au titre tiré d’une toile de Roberto Siron, Michelangelo Antonion fait jouer Jeanne Moreau aux côtés de Marcello Mastroianni et de Monica Vitti, dans une histoire contant la fin tragique d’un amour à travers des errances sublimes dans la ville de Milan.

« Eva » (1962)

Dans ce film de Joseph Losey, elle campe Eva, une française indépendante qui rencontre à Venise Tyvian Jones, un écrivain usurpateur incarné par Stlanley Becker.

« J’ai accepté de tourner pour Orson Welles, alors que tout le monde disait de lui qu’il était cuit. »

« Le procès » (1962)

Le réalisateur de Citizen Kane mis au ban par Hollywood adapte le roman de Franz Kafka Le Procès, une relecture sur les méandres d’un système juridique déshumanisé où la puissance totalitaire de l’appareil bureaucratique broie l’individu. Dans ce film prothétique, Jeanne Moreau incarne Marika Burstner, une danseuse de night-club. Elle tournera avec Orson Welles, Falstaff (1966) et Une Histoire immortelle (1968)

« Jules & Jim » (1962)

https://www.youtube.com/watch?v=Y5VOmrQlY90

Le réalisateur des Quatre cents coups lui offre, en 1962, le rôle de Catherine dans le mythique Jules (Oskar Werner) et Jim (Henri Serre)l’histoire d’un triangle amoureux tragique sur fond de première guerre mondiale. Elle y chante Le Tourbillon de la vie avec Serge Rezvani à la guitare. Cette chanson marque le début de sa carrière comme chanteuse. Jeanne Moreau retrouve François Truffaut dans La Mariée était en noir (1967)

« La Baie des Anges » (1963)

https://www.youtube.com/watch?v=COMdB-B4EZc

La Baie des Anges, un film délicat de Jacques Demy, à la superbe photographie en noir et blanc signée Jean Rabier. Dans ce long métrage, Jeanne Moreau incarne la belle Jackie, une romanesque flambeuse à la chevelure blonde platine sur une musique de Michel Legrand.

« Le journal d’une femme de chambre » (1964)

Interview de Jeanne Moreau au sujet du film Le journal d’une femme de chambre :

Dans Le Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel adapté du roman d’Octave Mirbeau et paru en 1900, l’actrice campe avec brio Célestine, une femme de chambre aux côtés de Georges Géret et Michel Piccoli. Le film dresse un portrait au vitriol d’une bourgeoisie aux comportements pervers.

« Mata Hari, agent H21 » (1964) 

Dans Mata Hari, agent H21, Moreau interprète avec grâce et volupté ladite espionne, danseuse et courtisane de la fin du 19ème siècle. La mise en scène élégante de Jean-Louis Richard additionnée au scénario brillant de François Truffaut rendent l’ensemble harmonieux et raffiné.

« Mademoiselle » (1966)

Dans Mademoiselle, Tony Richardson aborde le thème des pulsions primitives. Dans ce film au scénario cosigné par les écrivains Marguerite Duras et Jean Genet, l’actrice incarne une institutrice dévorée par la frustration sexuelle. Elle rendra hommage à Duras en 2002 dans Cet Amour-là de Josée Dayan après avoir lui avoir prêté sa voix pour L’Amant de Jean-Jacques Annaud 10 ans plus tôt.

Pour Grégory Cavinato Membre de l’U.P.C.B. : « Mademoiselle est surtout un triomphe personnel pour Tony Richardson, cinéaste sous-estimé dont l’œuvre entière serait à redécouvrir et pour Jeanne Moreau qui démontre une fois de plus, avec ce rôle complexe et risqué, son courage et son immense talent. »

« Les Valseuses » (1974)

En 1974, Jeanne Moreau donne la réplique à Gérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere, dans Les Valseuses de Bertrand Blier. Elle incarne Jeanne Pirolle, une ancienne prisonnière, qui se suicide en se tirant une balle dans le vagin, après avoir dégusté un plateau de fruits de mer et fait l’amour avec le duo Depardieu-Dewaere.

« Querelle » (1981)

Le réalisateur allemand Rainer Werner Fassbinder lui confie  le rôle de Madame Lysiane, une tenancière d’un bordel, La Féria, où se joue le destin de Querelle un marin. Dans ce film, Jeanne Moreau chante « Each man kills the thing he loves ».

« La vieille qui marchait dans la mer » (1981)

La vieille qui marchait dans la mer sous la direction de Laurent Heynemann, transpose à l’écran un roman de Frédéric Dard. Jeanne Moreau y incarne Lady M, une vieille femme riche et excentrique aux deux-mille dix-sept amants. En vacances avec Pompilius Enaresco (Michel Serrault), elle jette son dévolu sur un dénommé Lambert (Luc Thillier).

« Cet Amour-là » (2002)

http://www.dailymotion.com/video/x96ws9

Moreau rendra vie au monstre sacré de la littérature en rejouant la passion artistique que Marguerite Duras partagea avec un jeune et fervent admirateur, Yann Andréa. En 1975, elle avait interprété India Song, une chanson écrite par Duras pour le film du même nom, sur la musique de Carlos d’Alessio.

Les Récompenses d’une artiste à la filmographie vertigineuse : en 1960, l’actrice décroche le prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes pour son rôle dans Moderato cantabile, de Peter Brook, adapté du roman de Marguerite Duras.

Jean-Paul Belmondo a dit à l’AFP « Pour moi, Jeanne Moreau, c’était la gaieté. Elle aimait beaucoup faire des farces et, évidemment, avec moi l’entente était parfaite », a ajouté l’acteur.

En 1992, Jeanne Moreau est récompensée d’un premier César de la Meilleure actrice pour La Vieille qui marchait dans la mer de Laurent Heynemann. Puis deux Césars d’honneur en 1995 et en 2008 ainsi qu’un Oscar d’honneur en 1998 saluant sa carrière et son talent outre atlantique.

En 1976, encouragée par Orson Welles, Jeanne Moreau réalise Lumière, un film sur l’amitié féminine aux côtés de Lucia Bosé. En 1979, elle conte les amours d’une jeune fille, à la veille de la Seconde Guerre mondiale dans L’Adolescente, avec Simone Signoret, une autre actrice à la carrière éclectique. Puis, elle se lance dans une série documentaire sur les stars hollywoodiennes et réalise un portrait de Lillian Gish.

En 1975 et en 1995, elle préside le jury du festival de Cannes en offrant la Palme d’or à Mohammed Lakhdar Hamina pour Chronique des années de braise et à Emir Kusturica pour Underground. Une actrice mythique, première femme élue à l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France en 2000,  qui a crée une école de Cinéma à Angers et prêtée sa voix pour le jeu vidéo Genesys, Jeanne Moreau, une actrice incandescente à qui France Télévisions rend hommage ce mardi 1er août avec deux films de Louis Malle : « Ascenseur pour l’échafaud » sur France 5 à 20h50 et « Viva Maria » sur France 2 à 23h20.

 

Les films de l’été : Moonrise Kingdom de Wes Anderson

Tout le mois d’août, les rédacteurs de CineSeriesMag vous font découvrir les meilleurs films de l’été. Aujourd’hui, c’est au tour de l’univers imaginaire de Wes Anderson de nous faire voyager avec Moonrise Kingdom.

Moonrise Kingdom : une destination poétique

« C’est le temps de l’amour, le temps des copains et de l’aventure. »

Moonrise Kingdom est l’histoire des Bonnie and Clyde juvéniles. Au beau milieu de la Nouvelle-Angleterre, sur une île bercée par la mélodie de Françoise Hardy, se situe le cocon de deux jeunes tourtereaux : Sam et Suzy. Fidèle à l’univers si personnel de Wes Anderson, Moonrise Kingdom est la septième réalisation du maître de l’imaginaire stylisé. Ce film, à l’ambiance 60’s, nous transporte au sein d’une aventure unique, toute droite sortie des chimères du réalisateur. Mais outre la singularité de cette œuvre, Moonrise Kingdom est surtout un incontournable de cette période ensoleillée.

moonrise-kingdom-plage

1965, sur l’île Prudence. La mer est calme et l’ambiance estivale. La découverte du campement des scouts nous plonge dès le début du film, dans une certaine nostalgie. Feu de camp, tentes, boussoles et cartes, Moonrise Kingdom a le don de faire remonter en nous, des souvenirs d’enfance. Cette aventure est construire telle une véritable chasse au trésor. C’est un cache-cache grandeur nature, toute en subtilité. À la recherche de l’emblématique duo à culotte façonné par Wes Anderson, le film nous plonge, durant 1h30, au centre d’une escapade rythmée par des paysages aux airs de vacances.

Sur le plan visuel, la dimension « carnet de voyage » y est omniprésente. Moonrise Kingdom nous fait découvrir, à travers un esthétisme symétrique, une carte postale de la Nouvelle-Angleterre ; sentiers côtiers et paysages champêtres. On s’y croirait presque ! Mais Moonrise Kindgom, c’est avant tout l’histoire d’un premier émoi amoureux. Qui dit période estivale, dit forcément amour de vacances. La romance juvénile de Sam et Suzy est une idylle insouciante, à la fois amusante et touchante. Mais ce qui fait la particularité de cette œuvre, c’est sa dimension narrative. Moonrise Kingdom est un conte poétique, qui tente, par le biais de sa narration et de son visuel, de nous évader le temps d’une heure-trente. Et c’est une réussite ! Pourtant, de nombreuses critiques ont dénoncé la mièvrerie de ce film. Mais pour apprécier à sa juste valeur cette aventure décalée, il est important de rentrer dans le jeu de cette romance ironique. En effet, loin de l’ambiance mélo-dramatique, Wes Anderson inscrit dans la réalité, le rêve de ces jeunes amoureux. C’est une évasion à la fois intemporelle et irréelle. Mais les vacances ne sont-elles pas faites pour lâcher prise ?

Moonrise Kingdom est donc une œuvre aérienne toute en légèreté. Alors, laissez-vous emporter par ce petit voyage dans l’univers romancé, de Wes Anderson.

Moonrise Kingdom : Bande Annonce

Fiche technique : Moonrise Kingdom

Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson et Roman Coppola
Interprétation: Jared Gilman (Sam), Kara Hayward (Suzy), Bruce Willis (Capitaine Sharp), Edward Norton (le chef scout Ward), Bill Murray (M. Bishop), Frances McDormand (Mme Bishop), Jason Schwartzman (Ben)…
Musique : Alexandre Desplat
Photographie : Robert D. Yeoman
Production : Wes Anderson/ Scott Rudin/ Steven Rales/ Jeremy Dawson
Société de production : Focus Features
Société de distribution (France) : Studio canal
Genre : Comédie dramatique
Durée : 93 minutes
Date de sortie française : 16 mai 2012

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Sam Shepard : disparition d’un géant loin des sentiers battus

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Sam Shepard, de son vrai nom Samuel Shepard Rogers IV, a quitté ce monde ce jeudi 27 juillet à l’âge de 73 ans. Une information confirmée par la famille ce lundi 31 juillet au New York Times. Le natif de Fort Sheridan, dans l’Illinois était un artiste prolifique, acteur, metteur en scène, scénariste, producteur et auteur de plus de 40 pièces, récompensé par un prix Pulitzer pour sa pièce Buried Child, en 1979.

Un paysage désertique. La silhouette squelettique de Harry Dean Stanton. Quelques notes de musique de Ry Cooder. Tout le monde connaît Paris Texas, le chef d’œuvre de Wim Wenders, Palme d’or à cannes en 1984. Mais qui sait que le scénario en a été écrit par l’acteur Sam Shepard, le même que l’on a revu récemment dans Midnight Special de Jeff Nichols ? Et que ce scénario était d’ailleurs l’adaptation d’une nouvelle écrite par Shepard lui-même, dans le recueil Motel Chronicles ?

https://www.youtube.com/watch?v=NpayP4XWJP8

Sam Shepard était un homme à part dans l’univers du cinéma américain. Romancier, scénariste, acteur et réalisateur, il a tracé son sillon, une œuvre exigeante et unique dans le paysage culturel des États-Unis. Comme acteur, on l’a retrouvé aussi bien devant la caméra de Terence Malick (Les Moissons du ciel) que de Jim Sheridan (Brothers), Wim Wenders (Don’t come knocking), Robert Altman (Fool for love), et il a même joué pour ses collègues acteurs Sean Penn (The Pledge), Billy Bob Thornton (De si jolis chevaux, d’après le roman de Cormac McCarthy) ou Tommy Lee Jones (The good old boys). Mais son rôle le plus marquant restera sûrement celui de Chuck Yeager, le héros de la conquête spatiale, dans le film culte L’Etoffe des héros, de Philip Kaufman.

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Parallèlement, Shepard mènera une carrière de scénariste, signant, parmi ses réussites les plus flagrantes, les scénarios de Zabriskie Point, de Michelangelo Antonioni, et Paris Texas, de Wim Wenders. Il sera également le co-scénariste de Renaldo et Clara, un film écrit et réalisé par Bob Dylan.

Enfin, en France, on ignore encore trop que Sam Shepard fut aussi romancier, nouvelliste et dramaturge et, en tant que tel, il laisse une œuvre considérable, qui lui a souvent servi de matériaux pour ses scénarios. Il reçut même un Prix Pulitzer en 1979 pour une de ses pièces de théâtre.

En bref, avec la mort de Sam Shepard, c’est un artiste complet qui disparaît, un grand homme, talentueux, qui n’avait pas peur de s’aventurer en dehors des sentiers battus. C’est une partie importante de l’univers culturel américain qui nous a quittés.

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The Originals saison 1 à 4, une série de Julie Plec : Critique

En 2013 fut lancée The Originals, une série qui s’intéresse aux Originaux, les touts premiers vampires installés à la Nouvelle-Orléans. Fort d’une intrigue plus sombre et des protagonistes plus adultes que sa série mère, retour sur le spin-off de The Vampire Diaries, qui commencera sa cinquième (et dernière saison) en 2018. Attention, risques de spoilers.

Synopsis : Le vampire Niklaus Mikaelson retourne à la Nouvelle-Orléans pour détrôner son ancien ami Marcel qui règne sur la ville depuis le départ des Originaux. La louve-garou Hayley, enceinte de Klaus, arrive aussi en ville dans l’espoir de découvrir ses origines, mais elle sera en danger à cause des sorcières qui perçoivent le futur bébé comme une menace.

Un spin-off plus mature que la série mère.

Alors que The Vampire Diaries a tiré sa révérence en mars dernier, il est temps de dresser le bilan des quatre premières saisons de The Originals.
Autant dire que ce spin-off est assez réussie. La première saison sert d’introduction et de mise en place pour l’ensemble des protagonistes et montre le rôle qu’ils vont jouer à la Nouvelle-Orléans. La série se recentre essentiellement sur la famille Mikaelson, et surtout les liens conflictuels entre Klaus (joué par Joseph Morgan), Elijah (Daniel Gillies) et Rebekah (Claire Holt), les derniers Originaux survivants. La saison 1 et les suivantes tournent autour de leur relation (même si l’actrice qui joue Rebekah est moins présente par la suite, elle trouve toujours le moyen de revenir de façon récurrente).
Par rapport au casting justement, les acteurs sont très bons et charismatiques dans leurs rôles, on reprend les points forts de The Vampire Diaries pour faire cette série dérivée. Par ailleurs, les fans comme les non-initiés trouveront leur compte dans cette histoire. On reconnait l’univers bien amené par Julie Plec, tout en apportant quelques nouveautés sans que le spectateur ne s’y perde. Chaque personnage montre un bon développement, et les secondaires ne sont pas en reste : Camille ‘Cami’ O’Connell (Leah Pipes), Davina Claire (Danielle Campbell) et Vincent Griffith (Yusuf Gatewood) ont chacun leur rôle à jouer dans la guerre entre les Mikaelson et Marcel Gerard (Charles Michael Davis).

Les saisons 2 à 4 sont clairement plus abouties que la première, avec plus d’ampleur dans son scénario. Même si la querelle avec les sorcières et Marcel perdurera un peu tout le long, la seconde saison place son danger au sein même de la famille de vampires avec la résurrection de plusieurs Originaux et l’arrivée d’une nouvelle sœur (Freya Mikaelson, interprétée par Riley Voelkel) dans la bande. Enfin, la troisième saison se renouvelle en faisant découvrir aux spectateurs les « premiers vampires » créés par les Originaux. Ils souhaitent se venger de leurs maîtres, ce qui provoquera encore de vives tensions au sein de la famille. The Originals n’a pas peur de tuer ses personnages, surtout lors de cette saison 3, qui montre une noirceur et une fatalité plus profonde que The Vampire Diaries qui était plus ciblé pour un public adolescent. La créatrice Julie Plec ne refait pas les mêmes erreurs décelées dans la série de Nina Dobrev. Dans The Originals, les personnages morts restent (pour la plupart) morts, ce qui est une bonne chose pour garder une certaine crédibilité.

La quatrième saison diffusée cette année, fait un bond dans le temps de plusieurs années, avec Hope, la fille de Klaus et Hayley Marshall (Phoebe Tonkin) qui a bien grandi. Finies les querelles au sein de la famille Mikaelson, mais aussi les tensions avec Marcel qui s’amenuisent, car ils vont devoir lutter tous ensemble pour affronter un adversaire plus redoutable, Le Hollow, une sorcière morte qui cherche à revenir et qui est à l’origine de la création de l’espèce loup-garou. Faute d’audiences, et avec la fin de The Vampire Diaries, la saison 4 est beaucoup plus courte. Composée de 13 épisodes, on va à l’essentiel : nous n’avons pas d’épisodes bouche-trous (même si ce n’était pas déjà le cas pour les trois premières saisons). Les storylines se concentrent sur Hope, la fille de Klaus, qui, finalement, est le cœur de la série depuis ses débuts, et la forme de rédemption que le vampire Klaus a toujours espéré obtenir. Toute la famille Mikaelson -Marcel y compris- reste à présent soudée afin de protéger la gamine. Reste à savoir comment ils comptent vaincre définitivement Le Hollow en saison 5.

Une bonne histoire tout le temps soutenue, un bon casting avec des intrigues équilibrées pour l’ensemble des protagonistes. Espérons que la dernière saison de The Originals sera à la hauteur.

La quatrième saison de The Originals a réuni en moyenne 0,94 millions de téléspectateurs et un taux de 0,32 sur les 18/49 ans.

The Originals : bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=t4iq622koiw

The Originals Saison 1 à 4 : fiche technique

Créateurs : Julie Plec
Réalisation : Chris Grismer, Jesse Warn, Jeffrey G. Hunt, Matthew Hastings, Leslie Libman, Michael A. Allowitz, Michael Robison
Scénario : Julie Plec, L.J. Smith,  Michael Narducci, Diane Ademu-John, Ashley Lyle, Marguerite MacIntyre, Bart Nickerson, Michelle Paradise, Charlie Charbonneau, Declan De Barra, Michael Russo, Christopher Hollier, Carina Adly MacKenzie
Interprétation : Joseph Morgan (Klaus), Daniel Gillies (Elijah), Claire Holt (Rebekah), Phoebe Tonkin (Hayley), Charles Michael Davis (Marcel), Leah Pipes (Cami), Danielle Campbelle (Davina), Yusuf Gatewood (Vincent), Riley Voelkel (Freya)
Direction artistique : Bill Eigenbrodt, Chester Kaczenski, Garreth Stover
Décors : Carol Bayne Kelley, Gary Baugh
Costumes : Jennifer L. Bryan
Photographie : Paul M. Sommers, Kurt Jones et Darren Genet
Montage : Erik Presant, Peter Basinski et Tyler L. Cook
Musique : Michael Suby
Producteurs : Julie Plec, Leslie Morgenstein, Michael Narducci et Gina Girolamo ; Diane Ademu-John, Matthew Hastings, Michael Narducci et Lance Anderson
Société(s) de production : Alloy Entertainment, My So-Called Company, Warner Bros. Television, CBS Television Studios
Format : 22 épisodes de 42 minutes
Diffusion : CW
Genres : dramatique, fantastique

États-Unis – 2013

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My Cousin Rachel, un film de Roger Michell : Critique

Loin de la bluette façon Coup de foudre à Notting Hill, le cinéaste Roger Michell livre avec son dernier opus, My Cousin Rachel, un film en apparence linéaire et innocent, mais qui, malgré quelques maladresses, décrit en filigrane le parcours d’une femme qui ne veut pas être réduite à une position dichotomique de bourreau ou de victime.

Synopsis : Angleterre, début du XIXème siècle. Philip, un jeune noble anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage secret avec la jeune et jolie veuve Rachel. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger par tous les moyens. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser…

La confusion des sentiments

Adapté par Alfred Hitchcock par trois fois (Rebecca, les Oiseaux, l’Auberge de la Jamaïque), c’est dire si son œuvre suscite certaines passions, l’écrivaine britannique Daphné du Maurier est une sorte de descendante directe des sœurs Brontë ou de Jane Austen pour le côté romantico-gothique de son œuvre. L’Auberge de la Jamaïque, son roman le plus célèbre, n’est pas sans rappeler les turpitudes des Hauts de Hurlevent, ne serait-ce que pour les Landes qui y sont décrites avec force et beauté, ou encore par le caractère ombrageux du maître des lieux.

My Cousin Rachel, un roman un peu moins connu de l’auteure, est de la même veine en apparence. Gothique par le (semblant de) mystère qui le caractérise, gothique par la présence de cette grande demeure aux alcôves spectrales. Une adaptation qui aurait pu avoir la même destinée que ses « sœurs ». Là où le bât blesse, c’est que Roger Michell, qui n’est certes pas Hitchcock, a non seulement choisi cette histoire dont la fin était ouverte, mais surtout il tue son film dans l’œuf, en annonçant dès la première ligne de dialogue (Did she? Didn’t she? Who was to blame?) que si mystère il y a, il ne sera peut-être pas résolu à la fin du film, que le doute est peut-être définitif, un parti pris de narration autant décevant que frustrant.

« She », c’est elle, la cousine Rachel (Rachel Weisz). Celle de Philip (Sam Claflin), le narrateur de l’histoire, mais aussi celle d’Ambrose, son tuteur, un autre cousin qui l’a pris en charge après le décès de ses parents. Ressemblant comme deux gouttes d’eau (joués d’ailleurs par le même Sam Claflin ), Philip et Ambrose ont dû être séparés lorsque la santé fragile du dernier l’oblige à aller vivre sous les cieux de l’Italie autrement plus cléments que ceux de sa Cornouaille natale. Ambrose, célibataire endurci et vieillissant, y fait la rencontre de Rachel, l’adule, l’épouse, pour finir par envoyer à Philip des appels au secours contre elle, rebaptisée « mon tourment », et meurt.

Philip ressent une haine immédiate pour cette veuve qu’il ne connaît pas, qu’il soupçonne d’avoir empoisonné son tuteur. Puis, une passion immédiate dès qu’il pose les yeux sur elle. Roger Michell montre ses excès presque enfantins avec beaucoup de justesse, et d’ailleurs il s’emploie à le dépeindre comme un enfant, torse nu le plus souvent, insouciant et inconscient jusqu’à la naïveté, ou la bêtise, selon le degré d’empathie du spectateur.

Et c’est là que le film gagne tout son intérêt : l’attraction aveugle de Philip pour Rachel, une femme plus âgée que lui, a quelque chose de touchant quand on se rappelle qu’il n’a jamais connu aucune femme, ni mère, ni tante ni même une servante d’aucune sorte car tous sont des hommes au château (« les seules femmes autorisées dans la maison étaient les chiennes » dira le narrateur). La seule femme qu’il connaît, la jeune Louise, est un garçon manqué…On pourrait paraphraser Zweig et affirmer que la confusion des sentiments est à l’œuvre à l’écran, et que Freud veille sur cette relation où Rachel dit de Philip qu’il « ressemble à un chiot à la recherche de sa mère » …

Le chef opérateur Mike Eley est plutôt convaincant dans sa manière de décrire cette Angleterre de carte postale, les landes, les falaises et tutti quanti, où la plèbe industrieuse et déférente, mais où les grands bourgeois sont vaguement décadents, ce qui donne un côté un peu ébouriffé à un récit par ailleurs bien lisse et plutôt classique.

Sam Claflin est aussi insipide que sur l’affiche d’ Avant toi, cette boursouflure croisée partout sur les sites de cinéma et dont la seule vue incite à ne pas aller voir le film. Il colle parfaitement à son rôle, un jeune homme un peu benêt que seule la culpabilité rendra enfin grave à la fin du film. Rachel Weisz est parfaite dans un rôle trouble, ambigu, on pourrait presque dire féministe avant l’heure, même si on la préfère dans des rôles plus punchy comme dans Youth de Paolo Sorrentino, ou The Lobster de Yorgos Lanthimos. Par ailleurs, dans le genre film en costumes dans une Angleterre d’aristos, on a également nettement préféré The Young Lady de William Oldroyd, ou Love and Friendship de Whit Stillman. Mais malgré nos réticences, et surtout malgré une fin frustrante qui laisse le spectateur sur sa faim, le tout lié directement au choix même de ce livre, My Cousin Rachel est un beau film bien rythmé et bien mis en scène qu’on suit sans déplaisir.

My Cousin Rachel : Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=gZKRb0mwRoo

My Cousin Rachel : Fiche technique

Titre original : My cousin Rachel
Réalisateur : Roger Michell
Scénario : Roger Michell, d’après le roman de Daphne du Maurier, My cousin Rachel
Interprétation : Sam Claflin (Philip), Iain Glen (Nick Kendall), Rachel Weisz (Rachel Ashley), Holliday Grainger (Louise Kendall), Poppy Lee Friar (Mary Pascoe), Andrew Knott (Joshua), Pierfrancesco Favino (Rinaldi)
Musique : Rael Jones
Photographie : Mike Eley
Montage : Kristina Hetherington
Producteur : Kevin Loader, Coproductrice : Anita Overland
Maisons de production : Fox Searchlight Pictures, Free Range Films
Distribution (France) : Sophie Dulac Distribution
Durée : 106 min.
Genre : Drame
Date de sortie : 26 Juillet 2017
Royaume-Uni, Etats-Unis – 2017

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Valérian, Walk with me : les films à voir ce week-end du 29 juillet 2017

Chaque semaine, une dizaine de nouveaux titres se partagent l’affiche. Dur de s’y retrouver. Heureusement, CineSeriesMag fait le tri pour vous. Ce week-end, on vous conseille Valérian et Walk with me.

Vous ne pouviez pas passer à côté. Cette semaine marquait le retour de Luc Besson, réalisateur autant adoré que détesté, avec Valérian, tiré de la BD Valérian et Laureline. Comme d’habitude, le film suscite de nombreux commentaires sur la Toile, bon ou mauvais, tout en devenant le deuxième meilleur démarrage de l’année. Et on a plutôt aimé : malgré des défauts qu’on ne peut ignorer, Valérian est un spectacle à l’univers visuellement dingue, en plus d’être une belle tentative de blockbuster made in France.

Nous vous recommandons également Walk with me, ce film danois qui voit se rencontrer un soldat mutilé et une jeune ballerine. Leurs deux mondes opposés vont les aider à se reconstruire l’un et l’autre. Autre histoire d’amour, My cousin Rachel, avec Rachel Weisz, Sam Claflin et Iain Glein, cette adaptation de Daphne du Maurier est brillamment mise en scène, tout en suspense, dans une Angleterre rurale et mystérieuse. Ne loupez pas non plus le documentaire sur Peggy Guggenheim, la collectionneuse qui a révélé et sauvé une bonne partie de l’art moderne.

Si vous ne l’avez pas vu, vous pouvez profiter de la ressortie de Fight Club de David Fincher, film culte avec Brad Pitt, Edward Norton et Helena Bonham Carter et véritable pamphlet contre la société de consommation… à moins qu’il ne soit qu’une vaste mascarade qui ne peut que se contredire lui-même ? Faut-il arrêter de parler du Fight Club ?

Toujours à l’affiche

Sacré meilleur réalisateur à Venise, Amat Escalante nous revient avec La Région Sauvage, oscillant entre austérité documentaire et violence sèche. C’est également une œuvre où le fantastique côtoie le sexuel, donnant ainsi une puissance évocatrice qui rappelle Under the Skin de Jonathan Glazer. Sinon, vous pouvez toujours vous détendre avec les deux gros blockbusters américains de l’été, Dunkerque ou Baby Driver. Les deux jouent avec la temporalité : le premier en la modulant et en la fragmentant, le second en la rythmant grâce à la musique.

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Valérian et la Cité des mille planètes, un film de Luc Besson : Critique

Descendu par la critique américaine et divisant la française, Valérian et la cité des milles planètes est loin de convaincre tout le monde. Pourtant malgré de gros défauts, l’œuvre de Luc Besson est un spectacle visuel éblouissant et l’un des films français les plus ambitieux de tous les temps.

Valérian, Valérian, Valérian. Le prénom est cité dans toute la presse spécialisée depuis quelques jours. L’œuvre de Luc Besson serait un navet et l’un des plus grands ratages de la décennie. Il faut dire que le film était attendu au tournant. En un premier temps, il suffit de jeter un coup d’œil au cinéma français de science-fiction pour comprendre la rareté et l’ambition du projet. Avec ce film, Luc Besson a voulu adapter la bande-dessinée de ses rêves pour un budget de 180 millions d’euros, sans faire appel à aucun studio américain. En ce sens, cela se ressent tout au long du film, malgré un casting principal étranger, Valérian : la cité des mille planètes est bien un film français.  Pour le meilleur et pour le pire. On se plait même à repérer quelques têtes françaises dans des personnages secondaires comme Alain Chabat alias Bob le pirate. Cela peut expliquer l’agressivité  de l’opinion américaine sur le film qui pourrait craindre de perdre son monopole sur les grosses productions. En résulte une œuvre hybride, qui capture avec beauté l’imaginaire français de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières sans réussir à offrir une structure globale au film, comme le savent faire les blockbusters hollywoodiens.

valerian-et-la-citee-des-milles-plantes-film-creature-alienValérian : la cité des mille planètes mérite d’être vu rien que pour l’expérience visuelle qu’il propose.  L’oeuvre est sublime et offre des tableaux colorés et saisissants tout le long du film. Le film de Luc Besson est plus imaginatif que les blockbusters de ces dernières années. Tout au long du métrage, on redécouvre le fantastique bestiaire de la bande-dessinée qui rendrait jaloux le dernier Star Wars. Car si beaucoup s’amusent à crier au plagiat  de la saga de Georges Lucas, il est bon de rappeler que c’est bien la bande-dessinée française qui a inspiré en partie la franchise stellaire. Le vaisseau Alex rappelle de très près le design du Faucon Millenium. Sur ce niveau-là, tout est parfait. Valérian et la cité des mille planètes est une folie de création, ne s’épuisant jamais sur la longueur. La séquence de Big Market, une poursuite dans le plus grand marché de l’univers, fonctionnant sur trois niveaux de réalité, est une merveille. Au contraire des producteurs derrière les grosses franchises hollywoodiennes, on ressent que Luc Besson est un grand fan de l’univers au point d’en faire trop et de vouloir trop mettre de peur de pas assez. Dans ce sens, le réalisateur redoute tellement que le public ne le suive pas qu’il prend plusieurs scènes pour re-expliquer sans cesse les mêmes choses. Ce sentiment de prendre le spectateur par la main atteint son apogée lors de la confrontation finale avec le personnage du commandant Arün Filitt, où à force de flashback, le film nous explique ce qu’on a déjà compris depuis les vingts premières minutes.

valeriancitedesmilleplanetes-danedehaan-caradelevingne-critiqueCar si Valérian brille par son imagination, il souffre de sa narration. L’histoire pourtant très simple est servie par un scénario alambiqué et très brouillon. Beaucoup de passages du film sont des prétextes à de très belles séquences mais alourdissent le récit tant l’histoire et ses enjeux ont du mal à s’installer.  Le tout n’est pas servi par un casting parfait, Dane DeHaan n’est pas très convaincant dans le rôle de Valérian, faussant un air cool qu’il n’a visiblement pas. On pourrait blâmer Luc Besson pour le casting d’un acteur qui ne correspond visiblement pas au personnage qu’il a écrit maladroitement. Cependant Lauréline est le véritable personnage fort du film, drôle et intrépide, Cara Delevingne surprend et se démarque de tout le reste des acteurs. Le pourtant aguerri Clive Owen cabotine comme jamais et n’a pas l’air concerné une seule seconde par le film. La séquence de danse avec Rihanna est ridicule et bien que ne développant aucun personnage, Luc Besson décide de lui offrir tout un arc narratif en dix minutes. La deuxième partie du film est la plus pénible car elle le dirige dans un désastre narratif qui galère malgré les fulgurances créatives. Les dialogues, surtout entre le tandem du film, sont téléphonés et pas à la hauteur du spectacle offert. Luc Besson, à l’image de Georges Lucas, n’est finalement qu’un visionnaire en terme de création, mais dont les capacités d’auteur ne suivent pas.

Valérian et la cité des mille planètes reste un film à soutenir, le cinéma français ne s’aventurant jamais dans ces eaux-là. Bien qu’un régal pour les yeux, l’oeuvre ambitieuse de Besson souffre d’un scénario qui ne sait pas gérer son univers si fort et vaste. Mais c’est un vent d’air frais entre des grosses productions qui ne sont que des suites, des remakes ou des adaptations de comics de super-héros.

Valérian et la cité des mille planètes : Bande-annonce

Valérian : Fiche Technique

Réalisation : Luc Besson
Scénario : Luc Besson, d’après la série de bande dessinée Valerian et Laureline de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières
Casting : Dane DeHaan (Valerian), Cara Delevingne (Laureline), Clive Owen (Arun Filitt), Rihanna (Bubble), etc
Photographie : Thierry Arbogast
Musique : Alexandre Desplat
Montage : Julien Rey
Production : Luc Besson, Virginie Besson-Silla, Camille Coureau
Sociétés de production : EuropaCorp, Fundamental Films, Gulf  Film, River Road Entertainment. Co-produit par Grive Productions, Novo Pictures, Orange Studio, TF1 Films Production et Universum Film
Société de distribution France : Europacorp
Durée : 137 minutes
Date de sortie : 26 juillet 2017

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The Escape Artist, une mini-série de David Wolstencroft : Critique

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Retour sur une mini-série britannique judiciaire passionnante, The Escape Artist (Perfect Crime), créée par David Wolstencroft (Versailles, Spooks) avec les fantastiques David Tennant (bientôt de retour dans Broadchurch sur France 2) et Toby Kebbell.

Synopsis : Tout réussit à Will Burton : marié à la fabuleuse Kate et père d’un enfant, il est aussi un brillant avocat adoré par tous n’ayant pas l’habitude de perdre une affaire même face aux cas les plus désespérés. Il s’occupe alors du cas du jeune Liam Foyle, suspect d’un meurtre d’une violence inouïe. Sans surprise, Burton réussit à le libérer. Mais en sortant du procès, l’avocat refuse de serrer la main de son client. Ce simple geste va avoir des conséquences dramatiques sur la vie de Will…

the-escape-artist-perfect-crime-mini-serie-david-tennant-tobby-kebbel-critique-tv-showThe Escape Artist (il a été traduit sous le titre Perfect Crime en VF) est une mini-série diffusée en trois épisodes sur la BBC1. Elle ne vous dit rien ? Pourtant, un remake français pour TF1 est sorti en 2016, La Main du Mal, avec Grégory Fitoussi, Joey Starr, Mélanie Doutey et Elodie Frégé, qui reprennent respectivement les rôles tenus par David Tennant, Toby Kebbell, Sophie Okonedo et Ashley Jensen. On avait finalement très peu entendu parler de sa série d’origine ce qui est regrettable vu sa qualité.

Sur le papier, la série ne semble pas si originale dans le sens où on a déjà vu des films et des séries de thriller judiciaire avec des rebondissements qui clouent les spectateurs sur leur siège et surtout qui posent ces mêmes éternelles questions : est-ce que tout le monde mérite d’être défendu ? Peut-on faire justice soi-même ? Cela dit, on oublie très rapidement les autres connexions avec d’autres œuvres cinématographiques et télévisuelles : The Escape Artist  sait nous tenir en haleine jusqu’au bout grâce à un scénario très bien ficelé construit sur trois actes et une mise en scène efficace et soignée. Alors que les Américains n’auraient pas hésité à tirer douze saisons de vingt-cinq épisodes, les Britanniques ont tendance à être plus raisonnables : ce choix de livrer peu d’épisodes est finalement productif. En effet, les trois épisodes sont très rythmés et addictifs et les thèmes autour des limites de la loi et livrer sa justice quitte à enfreindre les règles, bien développés et pertinents. Si l’on n’est pas plus surpris par la critique d’une justice qui ne fait pas toujours bien son travail, en revanche, nous trouvons tout de même un regard pertinent et culturel sur la justice en Grande-Bretagne notamment en exploitant les différences entre les justices anglaise et écossaise.

Will Burton est un personnage de plus en plus attachant au fil des trois épisodes face au drame qui lui tombe dessus. Il s’éloigne de plus en plus de l’homme parfait et lisse en n’hésitant pas à se servir de ses connaissances sur le système judiciaire et de ses failles pour arriver à ses fins personnelles. Le duel David Tennant contre Toby Kebbell fonctionne du tonnerre, même si le personnage de Burton est davantage mis en avant : si cela aurait pu être un reproche, on comprend aisément les intentions des scénaristes. Cela est certainement un moyen pour montrer comment un homme a priori droit dans ses bottes peut basculer dans un autre camp. Surtout si rien ne nous explique la naissance et les raisons de la cruauté de Liam Foyle, on sait en revanche que cet homme est irrécupérable pour la société.

the-escape-artist-perfect-crime-mini-serie-judiciaire-britannique-david-tennantL’ancien Doctor Who est magistral en avocat parfait sur tous les points qui va descendre en Enfer et devoir remettre toute sa vie et son métier en question. Toby Kebbell (vu dans Quelques minutes après minuit et Black Mirror) est également impeccable dans le rôle du méchant qui cache pourtant bien son jeu en société. On regrettera peut-être le personnage tenu par Sophie Okonedo (pourtant très à l’aise dans son rôle d’avocate tenace) qui manque un peu d’épaisseur et aurait pu être un peu plus exploitée.

Après avoir tout vu, avec un peu de recul, on peut légitimement se demander si certains rebondissements tiennent vraiment debout mais peu importe : on y croit et on est surpris par ce que les scénaristes nous racontent du début jusqu’à la fin.

The Escape Artist : Trailer

The Escape Artist : Fiche Technique

Créée par David Wolstencroft
Casting : David Tennant, Toby Kebbell, Sophie Okonedo, Ashley Jensen
Genre : Drame judiciaire
Format : 57 minutes
Premier épisode : 29 octobre 2013
Chaîne d’origine : BBC1

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La Colle, un film d’Alexandre Castagnetti : Critique

Bien loin du navet que nous étions en droit d’attendre, La Colle se révèle être un divertissement récréatif, étonnamment ambitieux. Un constat qui restera malheureusement sur le papier, tant l’intégralité du long-métrage ne parvient jamais à suivre l’envie du réalisateur de sortir du lot.

Synopsis : Benjamin est un lycéen replié sur lui-même, en panne d’inspiration pour la bande-dessinée qu’il essaye de faire et secrètement amoureux de la belle Leïla. Mais un jour, par un concours de circonstances, il se retrouve bloqué malgré lui en colle, avec les pires élèves de l’établissement et sa bien-aimé. C’est alors qu’il se rend compte que son vœu, souhaité sur un site Internet – que Leïla et lui soient ensemble – l’oblige à revivre sa colle jusqu’à ce qu’il parvienne à sortir avec elle…

Alexandre Castagnetti : collé pour n’avoir fait que le strict minimum !

« Le cinéma français, c’est nul ». C’est la phrase que l’on entend à tout bout de champ dans la bouche des spectateurs ces dernières années, bien que certains semblent pourtant s’en sortir au box-office (Les Tuche, Camping…). En même temps, ces derniers ne sont pas à blâmer tant la réputation de nos films nationaux laissent à désirer, et ce depuis déjà bon nombre d’années. La faute revenant principalement à la qualité (très) douteuse de la comédie, genre populaire dans nos contrées qui fourmillent de titres infâmes (Les Nouvelles Aventures d’Aladin en est le parfait exemple) et influencent pour le coup l’avis général du public. Et avec des longs-métrages un brin paresseux (Mon Poussin) ou bien totalement insipides (Bad Buzz), il n’est pas étonnant de voir autant de haine envers notre cinéma national, qui regorge pourtant d’excellents représentants passant un peu trop souvent inaperçus. Et ce n’est malheureusement pas La Colle qui va arranger quoi que ce soit, malgré sa sympathie et son aspect récréatif.

Dès sa bande-annonce, le nouveau film d’Alexandre Castagnetti faisait peur. En suivant les mésaventures d’un lycéen de la banlieue parisienne (même si ce n’est pas précisé dans le scénario, cela coule de source), le réalisateur avait toutes ses chances de tomber dans les clichés inhérents de ce type de décor : voir à chaque fois des personnes d’origine maghrébine au langage très limité, se résumant à du rap, de l’agressivité et une grammaire au ras des pâquerettes. De constater que l’histoire se déroule toujours dans une école qui paraît désaffectée à cause d’un sérieux manque d’entretien et de murs tagués à foison. Bref, le genre de tableau qu’on nous sert sans arrêt et qui nous bourre le crâne avec des faux-semblants assez injustes. Et avec les personnages exagérément archétypaux que nous proposait La Colle, le film risquait, comme la plupart de ses aînés, de s’enliser dans les poncifs. Mais Castagnetti a réussi à contourner cela, par le biais de son concept et de ce qui semble être un amour pour la bande-dessinée (le cinéaste avait adapté Tamara en 2016, ce qui est sans doute un signe).

Sans jamais se vanter d’avoir eu une idée originale – le cinéma hollywoodien l’ayant déjà fait depuis belle lurette via des titres comme Un jour sans fin et le récent Edge of Tomorrow en termes de boucle temporelle, sans parler de Breakfast Club pour ce qui est « d’être collé » –, Alexandre Castagnetti fait dans la simplicité afin de divertir son public. Il prend son personnage principal, un lycéen paumé, geek et secrètement amoureux de la belle du moment, et lui fait affronter une faille spatio-temporelle qui va lui permettre au passage de s’affirmer. Une histoire simple, universelle et donc très accessible, servant avant tout de prétexte au réalisateur de mettre sur un piédestal son affection toute particulière à l’univers de la BD. Une passion qu’il transmet à son héros (dessinateur à ses heures perdues) et qu’il confère à son film via un découpage en chapitres, des situations rocambolesques (le coup du chihuahua qui ferait presque penser au lapin de Monthy Python – Sacré Graal !) et des personnages hauts en couleur (dont un concierge hippie). Justifiant ainsi leurs archétypes excessifs pour nous balancer en pleine face qu’il ne faut pas se fier aux apparences. D’ailleurs, le scénario fait la part belle à cette thématique en insistant bien sur le fait qu’une histoire n’est rien sans ses protagonistes secondaires. Leur offrant une certaine importance dans le récit et une histoire à chacun, qui casse l’image que l’on se fait d’eux au premier abord (le beau gosse de service faisant de la danse classique, la racaille étant agressive pour exister…). Rien qu’avec cela, on sent l’envie d’Alexandre Castagnetti de donner une petite leçon au spectateur par la voie du divertissement. Et quelque part, cela fait du bien de voir une comédie française porteuse d’un message, qu’il soit complexe ou, dans ce cas précis, simple mais efficace.

Il est cependant dommage que le long-métrage, dans son intégralité, ne suive pas l’ambition du réalisateur. La Colle se veut délirant avec ses situations loufoques ? Sur ce point là, le film n’est pas des plus généreux, ne provoquant pas le rire que nous étions en droit d’attendre. Le film propose même certaines idées qui auraient mérité d’être exploitées (le meilleur ami Noir, véritable décalage entre le milieu aisé d’où il vient et l’endroit où il étudie), en vain. Le surjeu des comédiens est pour le coup explicite ? Il n’empêche que, malgré leur plaisir visible de jouer dans un tel divertissement, cela reste un art dans lequel ils n’excellent pas vraiment, en en faisant des caisses pour pas grand-chose. Des personnages secondaires sur le devant de la scène ? Ils n’ont pas assez d’envergure pour passionner l’assistance. La mise en scène s’inspire ouvertement d’une bande-dessinée ? Vous n’aurez que quelques dessins s’incrustant dans le récit et deux petites scènes visuellement farfelues à vous mettre sous la dent. Pas de style ni de montage spécifiques (comme le procédé du split screen) qui auraient pu offrir bien plus de panache et de prestance à l’ensemble. En gros, le film ne va pratiquement jamais au bout de ses idées, et se contente du strict minimum pour amuser la galerie. Par manque de moyens ? De talents ? De réelles ambitions ? Difficile de choisir tant ces trois suggestions semblent plausibles.

C’est ainsi que se présente La Colle : une énième comédie française que l’on aurait pu voir comme un navet, mais qui cache son ambition de vouloir casser les clichés et de sortir du lot, sans vraiment y parvenir par pure fainéantise. On se contentera donc d’un divertissement sympathique et récréatif qui amusera le temps de son visionnage sans pour autant impressionner ni rester dans les mémoires. Cela reste bien meilleur que Bad Buzz et À bras ouverts, mais ce n’est pas encore suffisant pour prétendre au titre de meilleure comédie française de l’année 2017.

La Colle : Bande-annonce

La Colle : Fiche technique

Titre original : La Colle
Réalisation : Alexandre Castagnetti
Scénario : Alexandre Castagnetti et Christophe Turpin
Interprétation : Arthur Mazet (Benjamin), Karidja Touré (Leila), Thomas VDB (M. Dugon), Issa Doumbia (Jean-Edouard), Sonia Rolland (l’infirmière), Alexandre Achdjian (Max), Noémie Chicheporiche (Myriam), Najaa Bensaid (Fraîcheur)…
Photographie : Vincent Gallot
Décors: François Emmanuelli
Costumes : Isabelle Ntakabanyura
Montage : Olivier Michaut-Alchourroun
Producteurs : Eric Juhérian, Stéphane Quester, Mathias Rubin et Jérémie Vitard
Productions : Récifilms, Neuf Janvier Production, Nexus Factory, NJJ Entertainment, Umedia, CN7 Productions, OCS, Palatine Etoile 14, Indéfilms 5, Cinémage 11 et uFund
Distribution : Universal Pictures International
Durée : 91 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 19 juillet 2017

France – 2017

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Transfiguration, un film de Michael O’Shea : Critique

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Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2016 et en compétition à Deauville la même année, Transfiguration est finalement passé inaperçu face à l’enthousiasme généré par la projection de GraveMais que vaut vraiment l’autre sensation horrifique de la Croisette ?

Synopsis : Queens, New York. Milo a 14 ans. Orphelin, son seul refuge est l’appartement qu’il partage avec son grand frère. Solitaire, il passe son temps à regarder des films de vampires. L’arrivée d’une nouvelle voisine fera naître en lui des sentiments nouveaux…

transfiguration-michael-o-shea-2017-affichePrétendant à la Caméra d’Or, la sélection du premier long métrage de Michael O’Shea à Un Certain Regard témoigne évidemment d’une proposition de cinéma nouvelle sur le mythe du vampire, pourtant en soi déjà un genre bien épuisé. Premier point, Transfiguration se déroule dans le ghetto new-yorkais où un jeune orphelin vit malgré lui avec sa nature de vampire. Dans cet environnement aux allures de The Wire, Michael O’Shea fait évoluer son personnage à travers les rues incertaines, les cages d’escalier et sa chambre où il passe le plus clair de son temps à étudier la condition des suceurs des sang. Plus loin, il va rencontrer une jeune fille, un peu superficielle et paumée dans ce monde où elle subit les violences de son grand-père et les abus de ses copains. C’est à cet instant précis que le film nous envoie son pathos au visage pour bien faire comprendre que c’est ce contexte qui favorise l’escalade de la violence. Dès lors, ce petit anti-héros victime du climat social dans lequel il vit comprend vite que seul l’amour pourra lui faire prendre conscience de l’absurdité de la violence. Difficile de faire plus moralisateur et caricatural.

Transfiguration ne va pas plus loin que le film hommage, incapable de flirter avec les les classiques du genre.

Transfiguration-michael-oshea-2017-cannesIl y a bien évidemment quelques bonnes idées dans la relecture du mythe du vampire, à commencer par le comportement froid et désincarné de cet adolescent, le fait qu’il puisse profiter du soleil ou de l’ail et soit insensible à la religion. Quoiqu’un peu suffisant, il est intéressant de voir Michael O’Shea à travers son protagoniste se moquer des nouveaux codes du vampire, loin de la créature agile et brillante que certains films ont pu oser représenter. Ce qui aurait pu faire de Transfiguration un bon film, c’est notamment son approche du vampire à travers le genre du drame social, tout en préservant son caractère indépendant avec une caméra au poing qui lui assure une immersion malsaine au sein de cet environnement dangereux. Mais en s’entêtant à développer une bluette de teen movie, Michael O’Shea se fait maladroit et n’arrive ni à exceller dans le film de vampire, ni le drame social, ni la comédie adolescente. Reste alors un cinéaste amoureux des vampires au point d’en faire des références à outrance. De Twilight à Nosferatu en passant par Morse ou des nanars sans noms, tout y passe. Il est à parier que Michael O’Shea pense avoir révolutionné le genre mais il n’atteint avec cette fable moderne qu’une représentation désincarnée et ennuyeuse de cette créature gothique qui ne cesse de fasciner depuis le roman de Bram Stoker.  Prétentieux, lourd et impersonnel, Transfiguration ne fera pas date. Dans le genre film de vampire indépendant, on lui préférera davantage A Girl Walks Home Alone at Night de Ana Lily Amirpour.

Transfiguration : Bande annonce VOST

Transfiguration : Fiche Technique

Titre original : The Transfiguration
Réalisation : Michael O’Shea
Scénario : Michael O’Shea
Interprétation : Eric Ruffin (Milo), Chloe Levine (Sophie), Larry Fessenden (Homme saoûl), Danny Flaherty (Mike)
Photographie : Sung Rae Cho
Montage : Kathryn J. Schubert
Musique : Margaret Chardiet
Costume : Samantha Hawkins
Décors : Danica Pantic
Producteurs : Susan Leber, Billy Mulligan, Daniel Hammond, Lauren McCarthy
Sociétés de Production : Transfiguration Productions LLC, Susie Q Productions
Distributeur : ARP Selection
Budget : /
Festival et Récompenses : Un Certain Regard au Festival de Cannes 2016, Compétition Internationale Festival Américain du Film de Deauville 2016, Compétition Internationale du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg 2016, Compétition Internationale du Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel 2016
Genre : Drame, horreur
Durée : 97 minutes
Date de sortie : 26 juillet 2017

États-Unis – 2016

 

Comic Con 2017 : Tous les trailers de vos séries préférées

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Découvrez les bandes-annonces de l’édition 2017 du Comic-Con de San Diego du côté des séries avec Stanger Things, The Defenders, Ghost Wars, Black Lightning, Vikings…

Clap de fin pour le San Diego Comic-Con International 2017. Riche en surprises, l’événement qui s’est tenu du 20 au 23 juillet 2017 a été l’occasion pour les cinéphiles et sériephiles d’avoir un aperçu de la saison 2017-2018 sur nos petits et grand écrans. Les fans de la grande messe dédiée à la culture pop ont pu découvrir les nouveaux trailers des séries de The Walking Dead à American Horror Story : Cult en passant par les super-héros de l’univers DC, Marvel, Netflix, des « sneak peak », et autres images inédites (« bloopers », etc.)

Ainsi, à l’occasion de cette mythique Convention Internationale, CineSeriesMag vous propose de découvrir toutes les nouvelles bandes-annonces dévoilées. Accrochez-vous, il y en a beaucoup.

Doctor Who – Christmas Special (BBC America) : Twice Upon a Time

BBC diffusera l’épisode spécial (Christmas Special) baptisé “Twice Upon a Time”. A la fin de l’épisode du 12ème Doctor, porté par l’acteur Peter Capaldi, le 13ème Doctor, sera incarné pour la première fois par une femme, Jodie Whittaker (Broadchurch).

Dirk Gently – Saison 2 (BBC America)

Une série adaptée des romans cultes de l’Anglais Douglas Adams (Le Guide du voyageur intergalactique), inspirés de scripts que l’auteur avait fait pour Doctor Who. Signés par Max Landis et le showrunner Robert Cooper la saison 2 de Dirk Gently’s Holistic Detective Agency suit les aventures de Samuel Barnett alias (Dirk Gently) et Elijah Wood (Todd Brotzman), son assistant, un groom solitaire, dans la peau de deux détectives holistiques. Un spectacle original, drôle, halluciné et très british mêlant à la fois des éléments surnaturels mystérieux et des concepts de science-fiction comme le voyage dans le temps.

Aux côtés de Elijah Wood et Samuel Barnett on retrouve Hannah Marks (Amanda Brotzman), Jade Eshete (Farah Black), Fiona Dourif, Jade Eshete, Mpho Koaho (Ken), Michael Eklund, Dustin Milligan, Miguel Sandoval, Neil Brown Jr., Richard Schiff et Kaitlyn Dever. La saison 2 introduit deux nouveaux acteurs Alan Tudyk (Mr. Priest) et Tyler Labine (Sherlock Hobbs).

La saison 2 de la série Dirk Gently’s Holistic Detective Agency est annoncée cet automne 2017, donc l’attente ne devrait pas être trop longue pour les fans du spectacle.

Arrow – Saison 6 (CW)

https://www.youtube.com/watch?v=DHZEeDEwRE0

La saison 6 arrive le 12 octobre prochain sur la chaîne câblée The CW, avec cette fois-ci dans le rôle du grand méchant, Michael Emerson, le fameux Ben Linus de la série Lost et Harold Finch dans Person of Interest.

Black Lightning – Saison 1 (CW)

https://www.youtube.com/watch?v=7dM8dI_-P9o

Attendu à la mi-saison sur CW, Black Lightning est le premier super-héros afro-américain de l’univers de DC Comics. Créé en 1977 par Tony Isabella et Trevor Von Eeden. Au casting de ce drame Cress Williams, China Anne McClain, Nafessa Williams et Christine Adams.

Synopsis : Jefferson Pierce, un ancien athlète Olympique qui est né avec la capacité de manipuler les champs électromagnétiques. Ce super-héros qui a raccroché son costume depuis plusieurs années, se voit dans l’obligation de ré-endosser son identité secrète lorsque sa fille et un de ses élèves se retrouvent en danger. Il redevient Black Lightning, un méta-humain qui contrôle les champs électro-magnétiques…

iZombie – Saison 4 (CW)

Vous pourrez retrouver Liv, la mangeuse de cerveau dans une saison 4 qui devrait débuter au printemps 2018.

DC’S Legends of Tomorrow – Saison 3 (CW)

https://www.youtube.com/watch?v=qwGNep39atY

Les fans du DCEU, pourront retrouver le 10 octobre 2017, la troisième saison sur la chaîne américaine CW.

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