Découverte de Si tu voyais son cœur à l’occasion de l’Arras Film Festival édition 2017. Premier film de Joan Chemla, Si tu voyais son cœur suit un jeune homme qui, traumatisé par la mort accidentelle de son meilleur ami, sombre dans les bas-fonds et les méandres de la folie. Rencontre avec la réalisatrice et l’acteur Karim Leklou.
Synopsis : Suite à la mort accidentelle de son meilleur ami (Nahuel Perez Biscayart), Daniel (Gael Garcia Bernal) échoue à l’hôtel Métropole, un refuge pour les exclus et les âmes perdues. Rongé par la culpabilité, il sombre peu à peu dans la violence qui l’entoure. Sa rencontre avec Francine (Marine Vacth) va éclairer son existence.
Planète FM 99.9 – Bienvenue à l’Arras Film Festival pour sa dix-huitième édition. Peut-on revenir sur la genèse du film ?
« Le film est né d’un très court roman autobiographique cubain, Mon Ange, de Guillermo Gonzales que j’ai très librement adapté. L’histoire est celle d’un exilé cubain à Miami, et j’ai essayé de la recontextualiser pour raconter l’histoire d’un exilé gitan à Marseille. »
Le Quotidien du Cinéma – Le film est un univers mental autour du personnage. Il aurait pu être assez abstrait mais vous l’ancrez dans une réalité sociable tangible et reconnaissable. Est-ce que pour vous cette manière de ménager les deux était une priorité dès la conception ?
« Absolument. Il y a un maillage de tons assez singuliers dans le film. Et c’était quelque chose que j’ai eu envie de travailler dès le départ. Et les frontières entre le concret et l’onirisme, le lyrique sont assez poreuses. Par rapport à Marseille, je m’en suis vraiment servie comme un décor. J’ai davantage plié la ville à ma conception que l’inverse, c’est-à-dire cette impression d’être dans un pays qu’on ne reconnaît pas nécessairement, ce qui donne peut-être ce sentiment d’être à la fois ancré complètement dans une réalité pour finalement mieux s’en départir et raconter une histoire plus universelle. »

CineSeriesMag – Comment avez-vous travaillé le glissement qu’opère le film à partir de situations concrètes, réelles et plutôt festives vers cet espace mental et les bas-fonds ? Avez-vous l’idée du montage non linéaire dès le scénario ? Ou alors, est-ce venu lors du tournage ou de l’écriture du montage ?
« Dès le scénario, je savais que j’allais amener le film vers ce que vous venez de décrire, qui est très juste. En effet, c’est un film très sensoriel. Et cette sensorialité a été travaillée au montage images et sons. Le travail du son participe beaucoup à l’immersion, à cela s’ajoute le travail du compositeur, Gabriel Yared, qui a été assez complexe, très fin. Le film étant assez silencieux, Gaël y est très peu bavard, la musique devait permettre d’expliquer des choses assez complexes, mentales, sans souligner, surligner ce qui se jouait à l’écran. »
CineSeriesMag – Justement, le travail musical se fait ressentir dès le début. Il peut d’ailleurs nous faire penser à celle du Vertigo d’Hitchcock. Dans la première scène du film, le mariage, il y a déjà un vertige tangible. Comme si la chute du meilleur ami était déjà exposée…
« Oui, c’est vrai. Alors initialement dans le scénario, la scène d’exposition du mariage n’était pas située au début. Mais quand j’ai vu les images, je me suis dit que c’était évidemment une scène très forte et que cela ferait une scène d’introduction assez mélancolique puisqu’on est immergés dès le départ dans le passé, même si l’on ne sait pas que c’est un flashback. Pour reprendre sur Vertigo, je n’ai pas du tout pensé à ça. Cela dit, j’adore Ravel, qui est l’inspiration première des musiques d’Hitchcock. »
« Il y a du concret, de l’onirisme. Je travaille beaucoup par contraste, par opposition et équilibre. »
– Joan Chemla –
Planète FM 99.9 – Pouvez-nous parler du reste du casting et la galerie de personnages qu’ils constituent ?
« Quand j’ai commencé à travailler sur la recontextualisation de cette histoire, avant même d’avoir écrit une ligne, j’avais besoin de mettre un visage sur cet acteur important qui allait porter le film. Et je me suis dit que, dans cet univers assez radical et noir, dans lequel je ne comptais faire aucun compromis, il va me falloir un visage familier qui capte une certaine empathie et qui amène de l’émoi aux spectateurs. La première idée, et la seule qui m’est venue, est celle de Gael (Garcia Bernal) que j’avais d’ailleurs adoré dans la Mauvaise Éducation d’Almodovar. Donc j’ai écrit chaque ligne du scénario pour Gaël avec le risque que ça lui ne plaise absolument pas. Donc ça, ça a été un élément hyper-important. Ensuite Marine Vacth, on a tourné un court métrage ensemble, L’homme à la cervelle d’or, avant Jeune et Jolie, et la collaboration s’est extrêmement bien passée. Pour moi, c’était évident que c’était l’unique actrice à qui je voudrais proposer cette histoire. Elle a été associée au projet dès le départ. Pareil (que pour Gael Garcia Bernal), avant même l’écriture du scénario, j’avais une sorte de foi continuelle de sa part. Nahuel c’est quelqu’un que je connais depuis quatre ans. On a tourné le film avec 120 battements par minute et Au Revoir Là-Haut. Bon le film (Si tu voyais son cœur) sort après ces deux films. Mais c’est vrai que c’est un acteur qui m’avait tout de suite (…) Nahuel pouvait apporter cette fragilité (…) au personnage. Enfin Karim, c’est grâce à mon directeur de casting qui l’a rencontré, et j’ai un coup de cœur, une évidence immédiate après l’avoir vu. (…) c’était un rôle difficile à caster. (…) Enfin il y a quelques acteurs non professionnels dans le groupe, et cet échange entre les acteurs non professionnels et les professionnels était un challenge, sur le papier pas forcément évident. Et ça s’est avéré être extrêmement productif parce qu’il y a un échange entre un acteur qui peut avoir une très grande complicité et un non-professionnel qui peut être extrêmement intense, très généreux. Donc ça créé un équilibre parfait dans le travail.»
« C’est tellement atypique, avec ses personnages très forts, je trouve que c’est très rare dans le cinéma français d’avoir un objet comme ça, »
– Karim Leklou –
Le Quotidien du Cinéma – Karim, vous incarnez le cerbère de cet hôtel sordide. Vous dégagez beaucoup de violence et de menace et en même temps vous avez un côté assez attachant qui nous empêche de le détester. En tant qu’acteur, comment avez-vous ménagé cette dimension ? Était-ce réfléchi ou instinctif ?
« C’était plutôt quelque chose de réfléchi puisque j’avais la chance d’avoir une réalisatrice à mes côtés qui veillait aux deux aspects, malgré le côté violent du personnage, pas vraiment détestable, qui est en quand même quelqu’un lui aussi touché par la vie. Du coup, ça a été travail qui a été vraiment réfléchi et amené grâce à Joan, que ce soit à travers le jeu, la diction ou même sur les scènes où il y avait une direction d’acteur très présente qui permettait de sortir de ce qu’on sait faire au quotidien. Il n’y avait donc pas forcément quelque chose d’instinctif même s’il y avait beaucoup de liberté qui était offerte sur le plateau. On a beaucoup discuté avec Joan de l’écriture et sur le plateau, il y avait quelque chose d’hyper-agréable à pouvoir entrer en toute confiance dans des sentiments vis à vis des autres acteurs. Ce qui n’est jamais plaisant. (…) Pour moi, la contrebalance était justement importante sinon on tombait dans quelque chose de stupide (…) puisqu’il y avait effectivement cette part de fragilité chez le personnage qui m’intéressait beaucoup. »

CineSeriesMag – Peut-on revenir sur la place de Marine Vacth dans le film. Son personnage semble être sur le fil du rasoir. C’est-à-dire qu’elle a une présence angélique, même fantasmagorique, et en même temps, vous veillez à l’inscrire dans le théâtre de tordus qui est dirigé par notre cerbère ici présent. Comment avez-vous fait pour garder un équilibre sur sa présence et éviter de tomber d’un côté ou de l’autre ?
« Vous avez raison. Je me suis dit que c’était l’une des très grandes difficultés auxquelles j’allais être confrontée, et je savais que ça allait être, comme vous dites, l’ensemble du film, sur le fil du rasoir. Ça s’est vraiment joué au montage, comment trouver l’équilibre, trouver les parties, et les tons. En effet, Marine, le personnage féminin du film (…) son arrivée ouvre une ère, une partie totalement nouvelle que rien ne laissait présager. Concernant Marine, je trouve vraiment que c’est une actrice très belle mais ce qui m’intéressait, c’était de fouiller son âme, quelque chose de noir et d’intense. C’est une actrice hyper-intense. On était d’accords sur ça. »
Bande-Annonce – Si tu voyais son cœur
Sortie publique du film le 10 janvier

A peine quelques scènes dans le premier épisode et totalement absent dans le deuxième, Negan, le grand antagoniste de la série manque à ce début de saison. Arrivé à la fin de la saison 6 alors que la série s’essoufflait depuis quelques temps, Negan avait réussit en une scène (la scène mythique du dernier épisode de la saison 6) à nous ramener au début de la série, lorsque le sentiment de sécurité n’existait pas, que la tension était omniprésente et la mort à chaque recoin. A lui seul, il avait réussit à rebattre les cartes et relancer l’intrigue de même que notre intérêt. Mais une série ne peut reposer entièrement sur un seul personnage et en l’absence de Negan, il ne reste plus grand chose à The Walking Dead pour nous captiver.
Annoncée comme étant l’affrontement final tant attendu entre Negan et Rick, la saison 8 était censée être un concentré d’action et de tension mais c’était sans compter sur toutes les mauvaises habitudes accumulées par la série. Se déroulant sur plusieurs timelines en simultané (avec non pas un mais deux flashfowards), le premier épisode alterne entre scènes d’action dynamiques et scènes lentes et contemplatives. Or ces bonds dans le temps ne font qu’une chose : casser le rythme. Voilà plusieurs saisons que The Walking Dead nous rabâche ce montage alterné, outre le fait que cette répétition de procédé scénaristique a tendance à agacer le spectateur, la série semble user de ce rythme dans le seul but d’allonger la sauce. Non pas pour apporter plus de suspense, mais par simple habitude scénaristique. Et cela se sent tout au long de ce début de saison sans originalité qui nous assomme avec une accumulation abusive de clichés. Si The Walking Dead a toujours été un mélodrame, elle en devient maintenant une parodie. La série qui se vantait d’être réaliste, violente et brutale nous sert dans le deuxième épisode une succession de gros plans sur les visages inquiets et pensifs des personnages, accompagnée d’une musique tire-larmes qui nous suivra tout au long de ces moments supposément émouvants. Même le jeu d’Andrew Lincoln qui s’est avéré très convaincant par le passé finit par devenir grotesque dans cette réalisation qui manque cruellement de subtilité.
Dans The Walking Dead, le zombie a toujours été un prétexte pour parler des relations humaines (et n’est-ce pas là le propre du film et de la série de zombie ?), mais si à une époque elle s’en servait comme outil, pour dire quelque chose ou augmenter la tension, le zombie ne sert à présent qu’à remplir l’espace, ne dévorant qu’un ou deux personnages secondaires par épisode dans le seul but de remplir le quota de morts et ainsi continuer à prétendre que le zombie représente encore un danger. Devenus accessoires, les zombies sont maintenant contrôlés par les personnages, qui s’en servent de piège, d’arme. Et s’il eût été intéressant de creuser ça, la série reste à la surface de cette évolution qui n’apporte rien de nouveau au niveau de la psychologie des personnages et qui dépossède alors le zombie de tout caractère inquiétant et terrifiant. Le comble pour une série de zombie.
Sur un air de “Rock You Like A Hurricane” des Scorpions, une voiture arrive en dérapant sur le parking du lycée d’Hawkins. Billy, le nouvel arrivant, en sort, tout vêtu de jean et mulet au vent; sa petite sœur, “Mad Max”, championne des jeux d’arcades file dans le bâtiment sur son skateboard. Stranger Things est bel et bien de retour.
Car là repose toute l’essence de la série, sur l’émotion et la tendresse de son univers dues à sa panoplie de personnages plus attachants les uns que les autres. Que ce soit les personnages principaux comme Jim Hopper, chef de police cynique et fatigué, ou les personnages très secondaires comme Erica, la petite sœur insolente et hilarante de Lucas; tous arrivent à nous émouvoir et nous faire rire. Et si certains ne parviennent pas à être tout à fait sympathiques (comme Billy ou le père de Nancy et Will, le barbant Mr. Wheeler), ils compensent grâce à une bonne dose d’humour et de parodie.
Abordant les sujets de la guerre froide et du racisme dans une saison peut être plus noire que la première, Stranger Things explore d’autres territoires à notre plus grand plaisir mais n‘échappe pas au piège du recyclage optimisé. Reprenant le même schéma que la première saison : Will qui est coincé dans l’Upside Down (ici coincé entre les deux mondes), les demogorgons (ou demodogs pour reprendre le terme de Dustin) qui envahissent petit à petit le monde et Eleven qui vient à la rescousse de tous : Stranger Things réutilise son intrigue de base, la rendant juste plus grande, plus impressionnante. Il aurait toutefois été intéressant de voir toutes les références et clichés qui abondent dans la série contrecarrés par une intrigue plus ambitieuse et originale que ce qui nous a été donné à voir, bien que la série ne pâtisse pas réellement de ce manque de renouveau dans l’intrigue, tant elle a de richesses à nous offrir. Le seul réel point noir est l’épisode 7, concentré uniquement sur Eleven qui part à la recherche de sa “sœur”, coupant le récit à un moment culminant, frustrant le spectateur pour, au final, dire ce que nous savions déjà sur Eleven.






Le public a aussi une part de responsabilité dans la représentation des femmes au cinéma. Quand un reboot de 


