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Série The Sinner : Sortie en DVD de la saison 1

Le mardi 3 avril sort en DVD la saison 1 de la série The Sinner, produite et interprétée par Jessica Biel, qui nous plonge dans l’esprit tourmenté d’une femme meurtrière malgré elle.

Produite et interprétée par Jessica Biel, la saison 1 de la série The Sinner place les spectateurs face à une énigme. Cora est une jeune femme américaine tout ce qu’il y a de plus banal. Mariée, un enfant, elle travaille dans l’entreprise familiale de son beau-père. Nous sommes dans le quotidien le plus ordinaire.

the-sinner-saison-1-jessica-biel-seriePourtant, dans ces scènes de train-train habituel, on sent déjà que le personnage de Cora est un peu décalé, un peu « à l’ouest ». Comme si, en elle, quelque chose n’allait pas, n’adhérait pas à cette vie. Comme si son esprit était ailleurs. On la voit finalement inexpressive. Elle fixe le mur. Quand elle va nager dans un lac, on a presque l’impression qu’elle cherche à se noyer.

Ces petits détails vont prendre une tout autre importance lorsque Cora, sur les bords du lac, va, sans la moindre raison, prendre un couteau et assassiner un parfait inconnu.

C’est alors que débarque un autre personnage un peu décalé. Le lieutenant Ambrose (Bill Pullman), sur la scène de crime, se contente de remarquer que les arbres sont atteints d’une maladie. C’est avec lui que nous allons suivre une enquête d’autant plus surprenante qu’elle semble pourtant jouée d’avance : le meurtre s’est produit devant de nombreux témoins et Cora elle-même a renoncé à se défendre, préférant plaider coupable.

the-sinner-saison1-serie-bill-pullmanPlaider coupable et se sentir coupable : on va vite découvrir que c’est à cela que se résume la vie intérieure de Cora. L’enquête va prendre une double direction : sur le terrain, dans le présent, mais surtout dans le passé. Et cette enquête rétrospective va se dérouler principalement dans la tête de Cora. C’est là que la série va se faire la plus intéressante, tant la jeune femme est prise dans un processus de punition contre elle-même. Un processus que les flashbacks vont nous dévoiler petit à petit. Ainsi, on découvre l’enfance de Cora auprès d’une mère qui n’a pas grand chose à envier à celle de Carrie. Élevée dans le respect strict, voire fanatique, de la religion, la jeune fille est rendue responsable de la maladie de sa sœur Phoebe. Convaincue d’être cette pécheresse qui donne son titre à la série, elle va occulter une partie importante de son passé. C’est dans ce trou noir mémoriel que se situe la réponse à l’énigme.

L’anglais étant une langue qui ne distingue pas le masculin du féminin, The Sinner peut aussi bien désigner un homme qu’une femme. Et, en effet, on comprend vite que, derrière les apparences bien propres de cette Amérique profonde, chaque personnage a ses perversions. Les trois personnages principaux de la série (Cora, son mari Mason et le lieutenant Ambrose) ont leurs vices plus ou moins cachés. Finalement, qui est vraiment ce « sinner » mentionné dans le titre ?

Le problème de la saison se situe d’ailleurs peut-être ici, dans cette complaisance à montrer des perversions sexuelles.

Sinon, cette première saison de la série The Sinner se regarde avec intérêt. La série adopte volontiers un rythme lent qui privilégie l’ambiance mystérieuse tout en parvenant à accrocher le spectateur. En ne centrant pas la saison exclusivement sur l’enquête, The Sinner fait le bon pari : critique du fanatisme religieux, vie privée souvent glauque des personnages, introspection mouvementée de l’esprit tourmenté de Cora, suspense judiciaire, les huit épisodes explorent différents aspects de l’histoire et c’est cela qui constitue l’intérêt majeur de la saison.

On pourrait toutefois regretter que les compléments de programme se limitent à quelques scènes coupées. Mais l’essentiel est que la série reste un divertissement agréable, une énigme qui nous tient jusqu’au dernier épisode.

Intro et générique : Série The Sinner, Saison 1

The Sinner, saison 1 : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=dxKtG0XyE60

Caractéristiques techniques du coffret 2 DVD :
Audio : Français, Anglais, Allemand Digital 5.1
Sous-titres : Français, Anglais pour sourds et malentendants, Allemand, Néerlandais, Danois, Finnois, Suédois, Norvégien
Bonus DVD : Scènes coupées 2 DVD – 8 épisodes de 45 min

Synopsis : D’après le roman éponyme de Petra Hammesfahr (1999) Cora Tannetti, mère de famille fragile a priori sans histoires, passe un après-midi au bord d’un lac avec son mari et leur fils quand, subitement, elle poignarde à mort un parfait inconnu. Arrêtée, elle reconnaît son crime mais ne l’explique pas. Le détective Harry Ambrose, en charge de l’enquête, veut comprendre ce qui a bien pu se passer. Il se met à fouiller le passé de la jeune femme et nous fait pénétrer dans l’esprit et les souvenirs tourmentés de Cora, à la recherche des traumatismes enfouis qui l’ont poussée à commettre l’irréparable…

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Cannes 2018 : Martin Scorsese honoré du Carrosse d’Or

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Après avoir remporté la Palme d’Or en 1976 pour son film culte Taxi Driver, Martin Scorsese est devenu l’un des cinéastes majeurs de ces quarante dernières années. En pleine post-production de The Irishman, il sera honoré du Carrosse d’Or au 71e Festival de Cannes

De Taxi Driver à Silence, quarante ans de carrière pour Martin Scorsese, l’un des metteurs en scène les plus importants de notre époque. Son cinéma, oscillant entre expériences radicales (Raging Bull) et dissertations mystico-métaphysiques (La dernière tentation du Christ), a marqué tous les cinéphiles ayant vu de près ou de loin les films du réalisateur américain. Son dernier film, The Irishman, budgeté à plus de 150 millions de dollars par Netflix, est d’ailleurs attendu comme un graal par ses admirateurs. Mais alors qu’il fignole la post-production de ce film de gangsters, il sera honoré au 71è Festival de Cannes, du Carrosse d’Or, un prix remis chaque année depuis 2002 par la Société française des Réalisateurs de films (SRF).

Les cinéastes membres de la SRF élisent un des leurs pour ses pour les qualités novatrices de ses films, pour son audace et son intransigeance dans la mise en scène et la production. Martin Scorsese succède ainsi à de grands noms comme Clint Eastwood, David Cronenberg et Werner Herzog qui a remporté le prix l’an dernier. «En 2018, pour son 50e anniversaire et la 50e édition de la Quinzaine des Réalisateurs, la SRF est fière de saluer un cinéaste d’exception et une source d’inspiration intarissable», a déclaré la SRF dans un communiqué. La récompense lui sera d’ailleurs remise en main propre à l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs.

L’occasion sera faite de redécouvrir le long-métrage Mean Streets, qui a véritablement lancé la carrière de Scorsese en 1973, tout comme celles de Robert de Niro et Harvey Keitel, qui faisaient l’une de leurs premières apparitions sur grand écran. L’histoire suit Charlie et Johnny Boy qui tentent de percer dans la mafia de Little Italy dans le New-York des années 70. Si Charlie a ses chances grâce à son oncle bien intégré dans la mafia qui lui promet la gestion d’un restaurant, Johnny Boy criblé de dettes multiplie ce qui apparaît de plus en plus comme des provocations. Charlie marqué par la religion et la figure de saint François d’Assise protège et tente de sauver un Johnny Boy qui se condamne lui-même chaque jour davantage.

Coby de Christian Sonderreger : Je est un autre

Coby est un film intimiste sur un sujet intime : la transition chez un jeune transsexuel américain. Ou comment l’entourage d’un homme qui fait un choix de vie structurant reçoit et accompagne ce changement. Un film lumineux sur la question de genre.

Synopsis : Dans un village au cœur du Middle-West américain, Susanna, 23 ans, change de sexe. Elle devient un garçon : Coby. Cette transformation bouleverse la vie de tous ceux qui l’aiment. Une métamorphose s’opère alors sous le regard lumineux et inattendu du réalisateur… 

Transamerica

Tourné par Christian Sonderegger, le demi-frère français du protagoniste américain de Chagrun Falls , Ohio, Coby est un documentaire axé sur la transition de Susanna, un transsexuel Female to Male devenu Jacob, Jake, ou encore Coby. De multiples diminutifs qui montrent en filigrane la difficulté du chemin emprunté par Coby. Le film n’est donc pas tourné vers la transformation en tant que telle, ni vers ses aspects matériels ; à peine est évoquée la question financière pour une des opérations qu’il doit subir.

coby-christian-sonderegger-film-critique-rapas-familleCoby est plutôt un regard sur les impacts de la décision de Susanna sur un entourage pourtant extrêmement favorable, empathique et aimant. La source du documentaire est triple : d’abord, les petits films que Coby fait sur YouTube pendant les mois de sa prise de testostérone, une étape cruciale dans sa transition. Il s’agit de petites vidéos où on a l’impression qu’il se parle davantage à lui-même qu’aux autres, où il se découvre en direct avec son nouveau corps, différent de semaine en semaine, et où il raconte ses doutes, ses petites victoires, ses peurs et ses peines. Ensuite le cinéaste parsème son film d’instantanés de Coby, beaux et signifiants, depuis sa petite enfance où, déjà, le jeu est de se mettre de la mousse à raser sur le visage ou de jouer au cow-boy sur le dos de son grand frère, jusqu’à son adolescence pré-transition où on devine dans ses yeux d’ado punk à la mini robe aguicheuse et aux lèvres peintes une sorte de fièvre, peut-être de la détermination déjà par rapport à son projet de vie.

Puis, Christian Sonderegger complète ce dispositif par ses propres interventions, un mix d’entretiens avec les différents membres de la famille et des focus sur la vie actuelle de Coby. Le film commence d’ailleurs presque par une séquence où le jeune homme, barbe de 3 jours et muscles saillants, est en situation professionnelle avec ses collègues urgentistes. D’emblée, on le voit donc comme une personne tout ce qu’il y a de plus ordinaire, sauvant ici la vie d’un bébé en détresse respiratoire. Sur le chemin du retour au domicile, sa voiture croise celle de Sarah, sa compagne, qui part à son tour au travail. Deux petites phrases échangées, et là aussi, la normalité d’un couple banal qu’il forme avec la jeune femme est campée : le chien, les autres animaux à nourrir, etc. Cette séquence est immédiatement précédée d’une autre, assez brève, ou Coby est encore Susanna, et où il annonce le début de la prise de la testostérone, et la force du film est de montrer avec une telle juxtaposition que les deux facettes sont totalement lui/elle, fondamentalement un être humain.

coby-christian-sonderegger-film-critique-cobyLe cinéaste s’attarde beaucoup sur le corps de Coby, puisque c’est de cela qu’il s’agit. Ce mauvais corps qui a été attribué à Coby, la surprise qu’il déclare avoir à chaque fois qu’il croisait son reflet dans le miroir. Ce corps qui l’engonce et qui l’empêche d’être ce qu’il est vraiment. La caméra de Georgi Lazarevsky est douce et respectueuse, s’attardant en gros plans sur ses courbes étonnamment masculines et féminines à la fois. En même temps, le film rend parfaitement l’idée de la plénitude du jeune homme dans ce nouveau corps encore en devenir.

L’intérêt de Coby réside surtout dans le suivi du cheminement de la famille par rapport à ce grand bouleversement. L’homosexualité de Susanna est une première étape, ou plutôt ce qui est défini comme l’homosexualité de Susanna, car le film montre le trouble à ce sujet dans son couple : Sarah avoue voir Coby avec un pénis dans ses rêves. Puis, l’homosexualité se transforme en quelque chose d’autre, de plus brutal, plus inconnu et plus radical : c’est alors la perte d’une fille, d’une sœur, et sa transition qui sont en jeu, ce qui entraîne rejet, peur, culpabilité (le père pense que le système d’éducation qui était le leur -enseignement à domicile- est une arme à double tranchant permettant aux enfants d’être libres du regard des autres trop vite), toutes choses qui finissent toujours par être submergées par leur amour manifeste pour leur proche. Le cinéaste laisse son interlocuteur aller au bout de ses confidences, qu’elles soient à son avantage ou non, comme la mère de Coby qui avoue avoir voulu chasser sa fille à un moment. Comme le père de Coby qui résume ainsi la situation : « Changing has consequences. Not changing also has consequences ». Les liens de parenté qu’il avait avec la famille favorisent sans doute le sentiment d’intimité tranquille qui se dégage du métrage.

Contrairement à beaucoup de documentaires sur le sujet, souvent axés sur les difficultés matérielles de la transition et sur les pathos familiaux, et sans vouloir dénigrer ces films qui sont hélas et après tout le reflet de la réalité, Coby est un film lumineux et intimiste, porteur d’un respect profond à la fois envers le protagoniste et envers une famille bousculée qui a su merveilleusement l’accompagner.

Coby – Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=88LBjFWxsHE

Coby  – Fiche technique

Réalisateur : Christian Sonderegger
Scénario : Christian Sonderegger
Interprétation : dans leurs propres rôles : Coby, Jacob Hunt, Sara Mound, Ellen Richards-Hunt, Willard Hunt, Andrew Hunt
Photographie : Georgi Lazarevski
Montage : Camille Toubkis
Productrices : Moïra Chappedelaine-Vautier, Marie-Castille Mention-Schaar
Maisons de production : Ciao Films, Willow Films
Distribution (France) : Epicentre Films
Durée : 78 min.
Genre : Documentaire
Date de sortie : 28 Mars 2018
France, USA – 2017

Cannes 2018 : Les films produits par Netflix sont interdits de compétition

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L’an dernier, les films Okja et The Meyerowitz Stories produits par la plateforme Netflix, avaient créé la polémique quant à leur présence en compétition. En cause, la non-diffusion des longs-métrages dans les salles françaises. Afin d’éviter de nouveaux écueils entre festivaliers et exploitants, Thierry Frémaux a tout bonnement annoncé l’interdiction de compétition des films Netflix.

Plus de polémique pour le 71e Festival de Cannes, Thierry Frémaux vient d’annoncer l’interdiction des films Netflix en compétition officielle. Cette annonce survient un an après la polémique qu’a suscité les projections d’Okja de Bong Joon-Ho et The Meyerowitz Stories de Noam Baumbach l’an dernier. La plateforme de streaming Netflix, productrice des deux longs-métrages, avaient refusé les négociations afin de sortir les œuvres en salles, ce qui avait provoqué la colère des exploitants. Le patron de la société de distribution Le Pacte, Jean Labadie, avait déclaré que Netflix souhaitait « la mort des salles » quand son homologue chez Wild Bunch pensait que « la présence d’un film Netflix n’est que l’accompagnement naturel de l’évolution du cinéma ».

C’est Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, qui a annoncé cette réforme du plus célèbre événement cinématographique français. Il a ainsi déclaré au Film Français : « Les gens de Netflix aiment le tapis rouge et souhaiteraient revenir avec d’autres films. Mais ils comprennent bien que leur intransigeance et leur propre modèle sont à l’opposé du nôtre ». Le délégué avait tenté de convaincre Netflix de sortir les films en salles l’an dernier, sans succès. Toutefois, il devrait quand même y avoir des films Netflix sur la Croisette, l’accès aux projections spéciales et à une diffusion hors-compétition est tout à fait possible. On pense peut-être au Irishman de Martin Scorsese, qui pourrait faire la surprise, de par sa diffusion en avant-première mondiale.

Le débat fait aussi rage au sein d’Hollywood. Si de nombreux réalisateurs ont déjà franchi le pas (David Ayer, Duncan Jones ou encore Scorsese), d’autres en revanche fustigent la plateforme. C’est le cas de Steven Spielberg, qui a déclaré pendant la promotion de son Ready Player One,  » qu’à partir du moment où l’on s’engage pour un format télé, ça devient un téléfilm « . De quoi relancer les débats sur les réseaux sociaux, entre les partisans du changement et les traditionnels habitués au cinéma en salles. Le 71e Festival de Cannes aura lieu du 8 au 19 mai et sera présidé par Cate Blanchett.

Madame Hyde, l’éducation vue au travers de l’univers délirant de Serge Bozon

En s’amusant avec la figure de Dr Jekyll et Mr Hyde, Serge Bozon marque son retour avec une nouvelle comédie complètement absurde. Derrière les blagues cependant, Madame Hyde s’avère être un film très touchant sur l’éducation au travers d’une relation professeur/élève.

madame-hyde-serge-bozon-isabelle-huppertLa banlieue. L’éducation. À première vue, on se trouve dans les sentiers balisés du bon petit drame français. Sauf qu’on est ici chez Serge Bozon, et que forcément si on a déjà vu des œuvres du bonhomme, on sait très bien qu’on va assister à quelques chose de spécial. Déjà, le titre met bien sur la voie. Madame Hyde est une variation autour de l’une des nouvelles fantastiques les plus reconnues de la littérature anglophone, L’Étrange Cas du Dr Jekyll et Mr Hyde de Robert Louis Stevenson. Tout le monde connait évidemment l’histoire de ce scientifique se transformant en un être monstrueux. Une figure victorienne qui aura inspiré un nombre incalculable de films d’horreur du cinéma muet jusqu’à l’essai peu fructueux de Dark Universe entrepris par la Warner. Chez Serge Bozon, Docteur Jekyll est en fait le professeur Marie Géquil, professeur de physique très timide dans un lycée technique de banlieue. Forcément, la pauvre Isabelle Huppert n’en mène pas large face à ses élèves et connait d’importants soucis de pédagogie. Tout cela va changer une nuit, lorsqu’au cours d’une expérience, elle se fait foudroyer et va se retrouver métamorphosée.

Le personnage de Mister Hyde a toujours été une personnification de la part d’ombre qui est tapis dans chaque être humain et qui finit par prendre l’ascendant, se livrant alors à des pulsions jusqu’ici refrénées. Dans Madame Hyde, le sujet n’est pas du tout le même. Ce qui intéresse particulièrement Serge Bozon est ce changement radical de personnalité. Dès les premiers instants du film, le personnage d’Isabelle Huppert apparaît comme faible. Elle a du mal à s’imposer, se fait mener en bateau par ses élèves, se laisse attendrir par Malik, un élève perturbateur, et surtout, n’arrive pas à transmettre son savoir. Une fois sa « transformation » effectuée, le personnage change du tout au tout. Elle développe alors des méthodes pédagogiques assez inhabituelles, gagne  rapidement le respect du staff de l’école, et notamment du principal campé par un Romain Duris dans un contre-emploi hilarant. Elle arrive à mettre en œuvre des projets pour sa classe et surtout commence à créer un lien spécial avec Malik.

Parce que le sujet principal de Madame Hyde, c’est bien évidemment l’éducation. À la manière d’un Good Will Hunting passé à la moulinette du burlesque de Bruno Dumont, Madame Hyde met en avant une relation particulière entre un enseignant et un élève. En plaçant son histoire dans un lycée de banlieue, Serge Bozon qui a un passé de professeur sait très bien dans quel milieu il met les pieds. La difficulté de l’enseignement dans des zones prioritaires est un fait connu, et elle s’exprime bien évidemment des deux côtés. D’une part des élèves qui pensent ne pas être dans leur élément, pensant que l’école n’est pas faite pour eux et de l’autre des professeurs ayant du mal à communiquer leur savoir, souffrant d’un manque de pédagogie qui peut être dû à un manque d’expériences (ce qui aboutit à une blague particulièrement savoureuse du personnage de José Garcia). C’est ce que montre dès le départ Serge Bozon. Les deux délégués de la classe se plaignant de l’inefficacité de leur professeur pour leur donner envie de d’apprendre. De l’autre, Madame Géquil a du mal à garder la main mise sur une classe qui se dissipe très facilement, lui en faisant voir de toutes les couleurs.

La transformation ne va pas donc pas s’opérer uniquement du côté de la professeur mais également de Malik, jeune élève handicapé rêvant devant les joutes de rap des habitants de la cité.  Au contact de la nouvelle Madame Géquil, Malik va développer une nouvelle vision de l’éducation. Il va apprendre à mettre en place une certaine réflexion, et va s’épanouir au sein du labo de Madame Géquil. Il va comme il le dit lui-même, s’ouvrir à un nouveau monde. Une sorte de relation mentor/disciple naît alors. Ce discours sur l’éducation s’avère au final très touchant et d’une certaine justesse. Bozon arrive à capter avec sincérité les problèmes inhérents à ce genre de cas. Bien évidemment, il fait également passer son message au travers de son humour souvent incongru, pouvant déstabiliser. Les dialogues regorgent alors de petites pépites à l’humour parfois très mordant, comme la ligne du proviseur faisant référence aux nombreuses dépressions dans l’équipe.

Et puis bien sûr, il y a quand même ce fantastique qui émerge par moment de façon inattendue, surtout cette première apparition de cette Isabelle Huppert en feu, avec cet effet d’inversion chromatique. Certainement le moment où Bozon se rapproche le plus d’une certaine horreur développée par la nouvelle de Stevenson. Pour revenir d’ailleurs à la nouvelle de Stevenson, il est intéressant d’observer que le décalage comique du film se transmet également par le fait que chaque acteur joue un peu son Hyde. On a bien sûr Isabelle Huppert, habituée à des personnages dominants qui se retrouve ici dans une position de soumise. Romain Duris, qu’on aura jamais connu aussi drôle, avec ses costumes bariolés à la Lagaf et sa mèche, et à l’inverse, José Garcia beaucoup plus dans la retenue et apportant quant à lui une touche un peu plus mélancolique à l’histoire. Toutes ces petites trouvailles font de Madame Hyde, une œuvre des plus singulières. Serge Bozon dose à merveille son côté complètement décalé avec une certaine poésie, l’occasion d’offrir un film politique tout en travaillant son univers délirant.

Madame Hyde – Bande Annonce

Madame Hyde – Fiche Technique

Réalisation : Serge Bozon
Scénario : Serge Bozon et Axelle Ropert d’après l’oeuvre de Robert Louis Stevenson
Interprétation : Isabelle Huppert, Romain Duris, José Garcia, Adda Senani
Directeur de la photographie : Céline Bozon
Musique : Benjamin Esdraffo
Producteur(s) : David Thion, Phillipe Martin
Société de production : Les Films Pelléas, Arte France Cinema
Distributeur : Haut et Court
Durée : 95 minutes
Genre : comédie, fantastique
Date de sortie : 28 mars 2018

France – 2018

Cannes 2018 : le cinéaste norvégien Joachim Trier Président du jury de la 57e édition de la Semaine de la Critique

Le réalisateur norvégien Joachim Trier présidera le jury de la 57e édition de la Semaine de la Critique du 9 au 17 mai prochain, à l’occasion du Festival de Cannes 2018 (du 8 au 19 mai).

Ce mercredi (28/03/18), la Semaine de la Critique a annoncé la composition du jury de sa 57e édition, dont le réalisateur norvégien Joachim Trier sera le Président.

Un habitué du tapis rouge

Oslo-31-aout-Joachim-TrierSi Joachim Trier reste un auteur confidentiel auprès du grand public, le réalisateur norvégien, avec quatre films à son actif, est un habitué du festival de Cannes. Remarqué en France dès 2007 avec son premier long métrage, Nouvelle Donne, il s’en est fallu de peu pour que le cinéaste devienne la coqueluche de la Croisette. Invité à concourir dans la sélection parallèle « Un certain Regard » en 2011 pour y défendre Oslo, 31 août, Joachim Trier transforme l’essai en 2015 en présentant Back Home (précédemment titré Louder than Bombs), son premier film anglophone, en compétition officielle. Plus récemment, on lui doit le coming-of age fantastique Thelma, un retour au sources pour Trier qui renoue avec la Norvège pour filmer cet étrange récit d’apprentissage. Pas étonnant donc, que le Festival lui fasse l’honneur de le désigner président du jury de la 57e édition de la Semaine de la Critique, comme l’a annoncé le comité dans son communiqué :

La Semaine de la Critique est particulièrement heureuse de confier la Présidence du Jury de cette 57e édition à un cinéaste dont l’univers sensible, émancipé, reflète les questionnements de sa génération.

Un jury éclectique 

Aux côtés de Joachim Trier, le jury sera composé de quatre personnalités aux horizons très variés. L’actrice américaine Chloë Sevigny, icône hype et comédienne emblématique du cinéma d’auteur indépendant (Larry Clark, Harony Korine, Jim Jarmusch, Lars von Trier…), sera entourée du comédien argentin Nahuel Pérez Biscayart, couronné meilleur espoir masculin aux César 2018 pour son rôle dans 120 Battements par minute. L’italienne Eva Sangiorgi, nouvelle directrice de la Viennale, et le journaliste français Augustin Trapenard, aux manettes de l’émission culturelle Le Cercle (Canal+) depuis septembre 2016, viennent compléter le panel.

La Semaine de la Critique innove

Créée en 1962 et organisée par le Syndicat français de la critique de cinéma, cette sélection parallèle met àCannes-57-Semaine-de-la-Critique l’honneur des premiers ou des deuxièmes longs métrages, afin d’y honorer des réalisateurs prometteurs. Parmi les lauréats et les talents qui ont émergé grâce à la Semaine de la critique, on peut citer, entre autres, Ken Loach, Leos Carax, Wong Kar-wai, Guillermo del Toro, Alejandro González Iñárritu, François Ozon, Gaspar Noé ou plus récemment Andrea Arnold (Fish Tank, American Honey). Cette année cependant, une nouveauté à été mise en place : en plus du Grand Prix Nespresso, décerné à l’un des sept films en compétition, et du Prix Découverte Leica Cine décerné à l’un des dix courts métrages en lice, le jury remettra pour la première fois le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation, destiné à mettre en lumière la prestation d’un(e) comédien(ne).

A ce sujet, Joachim Trier, qui accorde beaucoup d’importance aux acteurs, et qui a lui-même contribué à lancer la carrière du comédien norvégien Anders Danielsen Lie, se réjouit de cette nouveauté :

C’est un grand honneur d’être invité à diriger ce jury, particulièrement du fait que cette section met en avant des talents jeunes et en devenir. […] J’espère découvrir de l’inattendu. […] Je suis content qu’il y ait l’occasion de récompenser aussi les acteurs cette année. Comme réalisateur, je trouve souvent que les performances des acteurs sont à l’origine d’un bon film.

Un rendez-vous à ne pas manquer

Alors que la sélection de la 57e Semaine de la Critique sera annoncée le 16 avril, il faudra attendre le 17 mai pour découvrir les noms des gagnants. On se rappelle que l’an dernier, la 56e édition avait récompensé le documentaire Makala, du français Emmanuel Gras (Grand Prix Nespresso), et Los Desheredados, court métrage de l’espagnole Laura Ferrés (Prix Découverte Leica Cine). Par ailleurs, la cinéaste Léa Mysius, qui avait fait forte impression avec Ava, était repartie avec le prix SACD, et son film est à nouveau mis à l’honneur cette année puisque l’affiche de la 57e édition met en avant sa jeune actrice Noée Abita.

Cannes Classics 2018 : Christopher Nolan va fêter les 50 ans de 2001 : L’Odyssée de l’espace

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Une version restaurée du film culte de Stanley Kubrick, 2001 : l’Odyssée de l’espace, sera présentée par Christopher Nolan cette année sur la Croisette dans le cadre de Cannes Classics. Le réalisateur britannico-américain donnera également une masterclass à cette occasion.

Le chef d’œuvre de science-fiction 2001 : L’Odyssée de l’espace va fêter ses 50 ans de la plus belle des manières lors de la prochaine édition du Festival de Cannes. Le film sera projeté dans une version restaurée. Cette opération exceptionnelle est orchestrée dans le cadre de Cannes Classics. 2001, L’Odyssée de l’espace est sorti dans les salles en 1968. Le long-métrage de Stanley Kubrick sera présenté par Christopher Nolan. Le réalisateur de Dunkerque, Interstellar et de The Dark Knight donnera d’ailleurs une masterclass spécialement pour l’occasion, le lendemain de la projection événement. Il reviendra sur sa filmographie et évoquera sa passion pour les œuvres de Stanley Kubrick. Christopher Nolan aurait également récemment travaillé en étroite collaboration avec les équipes de Warner Bros sur le processus de remastérisation de 2001, L’Odyssée de l’espace.

Selon des informations d’Allociné, cette séance exceptionnelle est programmée pour le samedi 12 mai 2018. Des membres de la famille de Stanley Kubrick devraient être présents à l’occasion de la projection de cette version restaurée dans une copie neuve 70mm conforme à l’originale. Sa fille Katharina Kubrick et son co-producteur et beau-frère, Jan Harlan, sont notamment annoncés.

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Le Festival de Cannes a dévoilé des éléments sur la version du film qui serait présentée.

Cette copie, recréation photochimique fidèle, sans retouche numérique, identique à l’originale, permettra de recréer l’expérience cinématographique qu’ont vécu les premiers spectateurs du film il y a 50 ans.

Pour le délégué général du festival, Thierry Frémaux, « c’est une grande fierté pour le Festival de Cannes d’être le lieu de la célébration des 50 ans d’un des films les plus extraordinaires de l’histoire du cinéma. Comme d’accueillir pour la première fois au Festival Christopher Nolan, dont la présence crée un lien précieux entre le passé et le présent, sans lequel le cinéma n’aurait pas d’histoire. Nous nous réjouissons d’avance de cette projection unique en 70mm qui prouvera, s’il en était besoin, que le cinéma a bel et bien été inventé pour le GRAND écran ».

En mai prochain, 2001 : L’Odyssée de l’espace ressortira donc en salles en 70 mm, d’abord aux États-Unis, avant une ressortie probable en Europe. L’édition 2018 du Festival de Cannes se déroule cette année du 08 au 19 mai 2018.

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Les nouveaux projets cinématographiques de Gaspar Noé !

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Trois ans après Love, le cinéaste Gaspar Noé s’apprête à sortir deux nouvelles pépites fascinantes. Le réalisateur de Enter The Void et Irréversible travaille en effet sur un projet en deux parties sur la danse et une œuvre de fiction sur le darknet !

Selon des informations de la Tax Shelter, dévoilées dans le courant du mois de février, Gaspar Noé prépare son grand retour au cinéma. Ce futur projet devrait retracer l’expérience de danseurs drogués à leur insu ! Le cadre de ce film pourrait se situer dans un pensionnat isolé au milieu d’une forêt, dans les années 1990. Les personnages principaux seront une vingtaine de danseurs urbains, en plein phase de répétition. Dans le cadre d’une ultime soirée un peu trop arrosée pour fêter la fin du stage, ils vont vivre leurs pires cauchemars. Drogués sans le savoir, ils vont tous devoir surmonter leur propre « bad trip ». Ces informations dévoilées il y a quelques semaines ont été nuancées depuis par le fondateur de Wild Bunch, Vincent Maraval. Il a publié un message sur les réseaux sociaux afin de préciser le contenu des futurs projets de Gaspard Noé.

Cette œuvre de fiction assez angoissante pourrait donc en réalité être un documentaire en deux parties, « bien plus sage », sur la danse. Ce projet s’intitule Psyché, selon des informations de Konbini. Gaspar Noé risque également de faire couler beaucoup d’encre avec un second projet cinématographique en 2018. Il travaillerait sur un long-métrage dont la thématique reposerait sur le darknet, cette section d’Internet qui regorge d’activités illégales et prohibées. Les fans de la filmographie et des œuvres barrées et uniques de Gaspar Noé attendent donc avec impatience ces deux nouveaux projets.

Le nouveau projet terrifiant de Dan Gilroy et Jake Gyllenhaal sera diffusé sur Netflix

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De nouvelles informations ont filtré sur le prochain projet cinématographique de Dan Gilroy, après Night Call et L’Affaire Roman J (Inner City). Ce film ne sera pas accessible dans les salles obscures mais sur la plateforme Netflix.

Variety a fait le point ces dernières semaines sur le prochain film de Dan Gilroy. Le réalisateur de Night Call travaille sur un film d’horreur assez fascinant. Le scénario s’apparente à un roman de Bret Easton Ellis. Selon des informations de la rédaction de Première, les personnages principaux et l’intrigue du film offriraient une plongée  assez sombre et décadente dans le monde de l’art et du marché de l’art contemporain.

Des artistes renommés et des méga-collectionneurs payent le prix fort quand l’art et le commerce s’entrechoquent.

Ce long-métrage ne dispose pas encore de titre officiel. Le casting va regrouper les acteurs Jake Gyllenhaal, Rene Russo (l’épouse du réalisateur), Zawe Ashton, Natalia Dyer, Tom Sturridge, Daveed Diggs, Toni Collette, John Malkovich et Billy Magnussen.

Ce film est attendu sur la plateforme du géant américain de la SVOD, Netflix, avant la fin de l’année 2018. Ces retrouvailles terrifiantes entre Jake Gyllenhaal, Rene Russo et le réalisateur Dan Gilroy après Night Call sont donc de bon augure pour ce projet cinématographique. Ce film pourrait être un atout de taille dans le catalogue des fictions originales de Netflix après les déceptions Bright et Annihilation.

Krypton ou les jeunes années de papy El : la critique du pilote

Alors que The CW propose pas moins de cinq séries dérivées de l’univers DC Comics (l’« Arrow-verse » composé d’Arrow, The Flash, Legends of Tomorrow et SupergirlBlack Lightning), SyFy se lance dans la bataille en nous propulsant chez les ancêtres de Superman.

Derrière Krypton, des aficionados de l’univers cinématographique DC

Le co-créateur de KryptonDavid S. Goyer, est archi-connu des cinéphiles puisqu’il a officié sur la trilogie Batman de Christopher Nolan (Batman Begins, The Dark Knight et The Dark Knight Rises) mais aussi sur Man of Steel et Batman v Superman.

De quoi être, un peu, rassuré sur le matériel qui sera utilisé.

A priori, ces gens là ont une connaissance très approfondie de l’histoire de Kal-El/Superman.

Un concept qui a fait, négativement, ses preuves

On le sait depuis le lancement de Gotham, s’intéresser aux jeunes années d’un futur super héros est très casse-gueule. Quand le synopsis de Krypton est tombé, on s’est logiquement interrogés sur l’intérêt de dédier une série aux jeunes années de Seg-El, le grand-père de Kal-El. Pourquoi ne pas avoir choisi Jor-El, son paternel ? Car si le nom est bien connu des lecteurs de comics, il l’est aussi des non lecteurs assidus de ces derniers.

A la vue du pilote, ce choix n’est pas très clair et il se passe tellement de choses qu’on en oublierait presque que Seg-El (campé par Cameron Cuffe) est le grand-père du futur Superman, et non son père.

Car si la saison 1 de Krypton promet de suivre les aventures de Seg-El pour restaurer l’honneur de la maison El, elle commence par la disparition d’un autre papy, celui de Seg-El, Val-El (incarné par Ian McElhinney, aka Barristan Selmy dans la série Game of Thrones). D’entrée, le pilote nous fait donc faire la connaissance de cinq membres de la maison El répartis sur quatre générations. Indigeste.

Krypton/Gotham, mêmes faiblessses ?

Si les deux séries sont aux antipodes dans leur sujet, elles ont pourtant nombre de points communs.

A commencer par leur exploitation d’un super héros qu’on ne voit pas : Batman dans le cas de Gotham et Kal-El/Superman dans celui de Krypton. Les deux séries reprennent les codes que tout le monde connaît de leurs univers respectifs (Gotham/le meurtre des parents/la corruption ou encore James Gordon pour Gotham ; Krypton, Kandor, la maison des El, Brainiac pour Krypton).
Mais en agissant ainsi, Krypton se bride encore plus que Gotham. Car si on se doute que l’impossibilité de proposer sur petit écran la jeunesse de Kal-El a à voir avec son actualité cinématographique (à croire que les studios prennent l’humain moyen pour un idiot incapable de voir évoluer un super héros incarné par deux acteurs différents sur deux médias différents), cette dernière a quand même le gros avantage d’ouvrir un boulevard créatif aux scénaristes. Ce que l’on sait de Krypton, de son fonctionnement et de sa fin, on le connaît surtout à travers l’histoire de Kal-El, son dernier fils, que ce soit dans les comics ou dans les différents films/séries. Krypton a donc toute latitude pour inventer sa propre histoire en s’éloignant de ces dernières années.

Autre point commun : visuellement, les deux séries sont assez magnifiques.
La chaîne SyFy a du passer la plus grande partie du budget de Krypton dans les effets spéciaux. Ces derniers sont plus dignes d’un long métrage que d’une série. Les noirs sont profonds et les couleurs lumineuses … enfin pour les quelques couleurs que l’on voit, c’est surtout du noir et du marron dans ce pilote (peut-être pour faire ressortir le rouge de la cape de Superman, présentée comme une sorte de sablier de la réussite de Seg-El).

Une civilisation kryptonienne trop humaine

Krypton nous a toujours été présentée comme une civilisation extrêmement avancée par rapport à la nôtre. Mais dans Krypton comme dans Supergirl, on a vraiment l’impression de marcher sur Terre ! Certes les verres du bar de Kem ressemblent plus à des tubes à essai XXL que des chopes mais pour tout le reste, il y a un flagrant manque d’imagination ! Tous les kryptoniens ressemblent à des terriens, que ce soit dans leurs coutumes ou leur faciès. Espérons que dans les prochains épisodes, la civilisation kryptonienne dévoilera sa propre identité … quelque chose qui était très bien fait dans des série cultes comme Stargate SG-1 ou encore Farscape.

Krypton, ou le syndrome Titanic

Malheureusement, on sait très bien comment cela va tourner pour la planète native de Kal-El : elle va exploser. C’est comme tous les films/séries qui s’intéressent au paquebot Titanic ; on connait l’inéluctable fin : il va couler par une froide nuit d’avril 1912.

Il va donc falloir que les scenarii tiennent la route pour garder les téléspectateurs en haleine jusqu’à la fin du dixième épisode. Car pour l’instant il n’y a pas vraiment d’enjeu. Seg-El va forcément réussir et Kal-El verra le jour. On voit mal comment Goyer & co pourraient nous proposer autre chose.

Ceci dit, on ne s’attendait pas forcément à voir Adam Strange débarquer sur Krypton pour alerter Seg-El sur les dangers qui menacent sa planète, et par ricochet le futur de sa descendance. Curiosité piquée sur ce que l’archéologue terrien va pouvoir faire dans les épisodes à venir …

Trop d’info tue l’info

La présentation de cinq membres de la maison El en 42 minutes n’est pas la seule cause d’indigestion dans ce pilote.

Avec une première saison de dix épisodes, Krypton doit aller vite et accrocher le téléspectateur dès le pilote.

Or à trop vouloir en dire/montrer, on ne fait que survoler des éléments essentiels à la série : le système de castes, la technologie qui se veut avancée, les différents membres des maisons de Krypton, etc … le scénario de Goyer/Goldberg nous abreuve de trop d’informations pour que nous les intégrions.

Si on se doute que ces éléments clefs seront davantage détaillés dans les neuf épisodes à venir, on aurait quand même apprécié que le scénario nous donne un peu plus de répit.

Des acteurs au jeu inégal

On le sait, un pilote n’est jamais parfait. Les téléspectateurs comme les acteurs découvrent les personnages, il y a donc forcément de la place pour l’amélioration. Malheureusement, l’acteur le plus faible dans le lot est Cameron Cuffe, l’interprète de Seg-El. C’est dommage car, de par le concept de la série, il est de toutes les scènes ou presque, que ce soit du pilote ou des épisodes à venir. Et avec deux expressions faciales dans son répertoire, cela va être rude.

Face à lui, il faut reconnaître un Girl Power pas désagréable du tout, les trois actrices principales sortant du lot : Ann Ogbomo et Georgina Campbell, mère et fille de la maison Zod ; et Wallis Days alias Nyssa-Vex, la promise de Seg. Impossible cependant d’enrichir ce trio avec le nom de Paula Malcomson, tant son rôle de Charys-El était mal inspiré.

Le petit détail qui fait tâche ? L’absence d’alchimie entre Cameron Cuffe et Georgina Campbell, les Roméo et Juliette de Krypton … à tel point que la seule scène d’intimité entre eux porte à sourire tant elle est mal jouée et filmée.

Au final : on leur laisse le bénéfice du doute … pour l’instant …

A l’instar de Gotham, ce sont les méchants de Krypton qui happent l’attention du téléspectateur et qui le feront revenir.

Et je ne parle pas seulement des futurs ennemis kryptoniens de la maison El (issus des maisons Zod et Vex, de la mystérieuse voix de Raô ou encore l’organisation Black-Zero) mais surtout de celui qui s’annonce comme LE vilain de cette saison 1 : Brainiac (avec un vaisseau totalement badass magnifique visuellement), tout droit débarqué du futur.

Krypton n’est donc pas le naufrage total auquel on pouvait s’attendre.

Si les épisodes suivants arrivent à ralentir le rythme pour ne pas décourager le téléspectateur et que les acteurs améliorent leur jeu, alors Krypton a une chance de ne pas être annulée de façon prématurée.

Et puis ré-entendre l’inoubliable thème musical de John Williams mérite bien un détour par Krypton …

Synopsis : Le grand-père de Superman, Seg-El, apprend que Krypton est en danger de destruction, de sorte que son futur petit-fils ne naîtra jamais.

Krypton : Fiche Technique

Créateurs : David S. Goyer et Damian Kindler
Interprétation : Cameron CuffeGeorgina CampbellShaun Sipos
Directeur de la photographie : Simon Dennis et James Mather
Musique : Pinar Toprak
Production : Andjelija Vlaisavljevic
Sociétés de production : DC Entertainment, Phantom Four Films et Warner Horizon Television
Genre : action, drame, aventure
Format : 10 x 42 minutes
Chaîne d’origine : SyFy
Diffusion aux USA : 21 mars 2018

Episode 1×01 – « Pilot »

Réalisation : Ciaran Donnelly et Colm McCarthy
Scénario : David S. Goyer et Ian B. Goldberg

Etats-Unis, 2018

Auteur : Grae Leigh

Roseanne saison 10 : la critique des deux premiers épisodes

Annoncée en avril 2017, la nouvelle saison de la sitcom Roseanne a débuté le 27 mars 2018 sur l’antenne d’ABC. Retour réussi ? Réponse avec cette critique.

Roseanne, un monument de la télévision

Les années 80 et 90 ont livré certaines des meilleurs séries du petit écran … tous les genres étaient représentés (SF, sitcom, drame, policier) et beaucoup sont devenus cultes. Et c’est toujours avec une certaine appréhension que l’on accueille les annonces de retour, quelle que soit la forme (suite, reboot, remake), des séries qui ont bercé nos jeunes années.

Avec ses quelques 222 épisodes répartis en neuf saisons (diffusés entre le 18 octobre 1988 et le 20 mai 1997 sur l’antenne d’ABC), Roseanne fait partie des piliers de la petite lucarne et, par conséquent, ne fait pas exception à cette règle.
Et si Roseanne Barr parle depuis longtemps d’une suite, il aura fallu attendre 2017, soit vingt ans après la fin de la série originale, pour voir se concrétiser ce projet.

Un double retour

Initialement, une commande de huit épisodes avait été passée par la chaîne ABC en avril 2017.

Finalement le nombre total d’épisodes a été porté à neuf, avec un premier épisode ‘double’.

Ont ainsi été diffusés le 27 mars 2018 les épisodes « Twenty Years To Life » et « Dress To Impress » initialement numérotés 10×01 et 10×03 (un problème de continuité risque de se présenter avec la blessure de Roseanne dans l’épisode #2 mais nous en reparlerons dans la critique de la saison 10).

Entre fan service et renouveau

Avec pas moins de neuf personnages principaux (Roseanne, Dan, Darlene, Becky, DJ, Jackie, Harris, Mark et Mary) au générique de cette saison 10, il y a foule à l’écran !

Et comme il faut bien remettre tout ce petit monde en situation (il y a à présent trois générations à l’écran), chacun doit se manifester (comprenez : se présenter à la fois dans le passé de la série, le cas échéant, et dans son présent).

Ajoutez-y les absent(e)s qu’il faut également présenter pour avoir un portrait complet de la famille, et vous vous retrouvez avec une quinzaine de personnages. Cela fait beaucoup en 21 petites minutes …

Mais c’est le lot de ces suites (comme La Fête à la Maison 20 ans après ou encore The X-Files) qui doivent s’adresser aux fans de la série originale mais également conquérir les téléspectateurs actuels.

Deux épisodes inégaux

Ce qui donne un premier épisode (« Twenty Years To Life ») au rythme très inégal. Si on retrouve les punch lines qui ont fait le succès de la série dès ses débuts, on a vraiment l’impression que chacun(e) attendait de sortir ses lignes de dialogue.

Et puis il y a la politique qui s’invite, comme bien trop souvent dans les séries actuelles (Supergirl en est le pire exemple avec ses discours moralisateurs qui tournent en boucle). Roseanne Barr n’a jamais caché son soutien au locataire actuel de la Maison Blanche, ses tweets vont également dans ce sens et le sujet occupe donc une grande partie du premier épisode. C’est lourd et malheureusement remis sur la table à plusieurs reprises. Mais c’est la preuve que dans la famille Conner comme dans toutes les familles américaines, il peut y avoir divergence d’opinions. Et c’est ce sujet qui explique le froid entre les deux frangines. Un peu plus de créativité quant au sujet n’aurait pas été du luxe après tout ce que la famille a vécu au cours des neuf saisons précédentes.

Par contre, le second épisode (« Dress To Impress ») est bien meilleur et réalise un (quasi) sans faute. Loin des sourires esquissés dans l’épisode #1, celui-ci nous fait vraiment rire (je n’ai pas dit à gorge déployée).

Et pourtant, il n’est pas si facile que ça de par les sujets abordés.

Mention particulière à celles et celui qui sont au centre de cet épisode : Sara Gilbert (alias Darlene), Lecy Goranson (qui retrouve le rôle de Becky qu’elle tenait dans les saisons 1 à 5 puis 8) et Ames McNamara (alias Mark, le fils cadet de Darlene).

Les enfants Conner ont grandi et elles (Darlene et Becky sont ici davantage mises en avant que le cadet DJ) reprennent en quelque sorte le rôle de leurs parents mais en gardant leur propre caractère.

On apprécie.

Au final : on achète !

La saison 10 de Roseanne reste dès le départ fidèle à ce qui a fait son succès : des dialogues acerbes, des sujets de société (en deux épisodes, des sujets aussi variés que la politique, la gestation pour autrui ou encore l’identité sexuelle et le harcèlement scolaire ont déjà été abordés) traités avec justesse.

Roseanne, en tant que série et non comme personnage, représente une bouffée d’air frais dans un paysage télévisuel assez sombre et plutôt super-héroïque. On retrouve une famille que l’on n’a pas l’impression d’avoir quittée il y a déjà 20 ans.

Un retour réussi, bien que (logiquement) perfectible …

« Twenty Years To Life » : 2.5/5

« Dress To Impress » : 4.5/5

Synopsis : Une reprise de la sitcom populaire des années 90 Roseanne, centrée sur la vie quotidienne d’une famille ouvrière américaine.

Roseanne : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=WLWq6L7hs3w

Roseanne : Fiche Technique

Créateur :  Roseanne Barr
Interprétation : Roseanne Barr, John Goodman, Sarah Gilbert, Lecy Goranson, Michael Fishman
Production : Sid Youngers
Sociétés de production : Mohawk Productions et Carsey-Werner Productions
Genre : comédie
Format : 2 x 21 minutes
Chaîne d’origine : ABC
Diffusion aux USA : 27 mars 2018

Episode 10×01 – « Twenty Years To Life »

Réalisation : John Pasquin
Scénario : Bruce Rasmussen
Synopsis : Roseanne et Dan s’habituent à vivre avec Darlene et ses enfants quand cette dernière perd son travail. Becky annonce qu’elle va devenir mère porteuse pour gagner de l’argent. Roseanne et Jackie sont en froid.

Episode 10×02 – « Dress To Impress »

Réalisation : John Pasquin
Scénario : Darlene Hunt
Synopsis : Le fils de Darlene, Mark, se fait prendre avec un couteau de poche après avoir été victime de harcèlement le premier jour dans sa nouvelle école. Pendant ce temps, Becky invite Andrea à rencontrer la famille et est nerveuse de l’amener à la maison.

États-Unis, 2018

Auteur : Grae Leigh

Duel au Soleil : l’amour à mort débarque en Blu-ray chez Carlotta

Le 21 mars 2018 est sorti en vidéo le nouveau coffret ultra collector de Carlotta. L’éditeur a cette fois-ci dédié sa prestigieuse collection au Duel au Soleil de King Vidor, western où l’amour croise la mort dans les resplendissantes images en technicolor d’un ouest en plein bouleversement.

Synopsis : Après l’exécution de son père, condamné à mort pour avoir tué sa femme indienne et son amant, la jeune Pearl Chavez part s’installer chez les McCanles, qui seraient de riches cousins éloignés vivant au Texas. Sa peau métissée lui vaut de connaitre l’hostilité de certains et sa beauté d’attiser les tensions familiales, notamment entre les deux frères, Jesse et Lewt. Car l’aîné, brillant diplômé en droit, est aussi pondéré et intègre que le cadet, jeune voyou sans foi ni loi, est impulsif et passionné. Entre ces deux frères rivaux, Pearl va devoir choisir…

L’amour à mort

Duel au Soleil dépeint l’histoire tragique de la jeune Pearl, interprétée par Jennifer Jones. La tragédie se présente dès le début du film avec l’infidélité de sa mère, suivie de son assassinat par son propre père alors condamné à mort par pendaison. Elle arrive ensuite à la ferme des McCanles, censés être de lointains cousins. Métisse, Pearl est moquée par le « sénateur », patriarche raciste et borné de la famille. La jeune femme trouve un modèle de vertu en la mère de la famille. Elle la trouve aussi chez l’un des deux fils, Jesse, formé au droit et ne cherchant qu’à être juste avec son prochain, à l’inverse de Lewt, « trop gâté, trop écouté » (dixit la mère, puis le père), être impulsif, capricieux et voyou. Un jour, alors qu’elle a besoin de la présence de Jesse absent pour le bien commun, elle cède aux avances brutales de Lewt. Peu après, Jesse quitte la ferme sur l’ordre de son père qui a d’ailleurs dit à ses hommes d’abattre à vue son propre fils s’il revenait. C’est alors que la santé de la mère se dégrade. Quant à Pearl, la jeune femme est bouleversée par la perte à la fois brutale et progressive de ces personnes chères qui la guidaient vers la vertu et lui permettaient d’atteindre des objectifs de vie loin du banditisme de Lewt : l’apprentissage/l’enseignement, l’ouverture au monde, l’intégration… Alors Pearl cherche le réconfort avec Lewt. Parfois passionnée, souvent brutale et triste, la relation instable du duo ne fera que renforcer sa part de violence et de mélancolie amoureuse.

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Gare à Lewt, le voyou de la famille McCanles interprété par Gregory Peck.

Pearl perdra son futur époux, un gentil fermier abattu par Lewt. Puis la mère de la famille décède. Jesse revient alors et décide, avec le soutien de sa jeune fiancée, de sortir Pearl de ce milieu où règnent brutalité, communautarisme et obscurantisme. Lewt refuse de voir partir sa « girl« , qu’il considère comme étant sienne. Il tire sur son frère qui survit. Pearl, dans un élan de furie, décide d’abattre elle-même Lewt afin d’en terminer avec cet amour tordu. La tragédie de Pearl semble alors intrinsèquement liée aux hommes : sa malheureuse histoire est propulsée par la perte d’un homme cher mais qui a pêché, son père ; puis, le vertueux Jesse qu’elle a tant admiré, aimé et désiré épouser a été condamné à l’exil sinon la mort par son propre père ; ensuite, le gentil et modeste mari qu’elle allait épouser a été exécuté ; enfin, sa tragédie avec le genre masculin se terminera par sa mort et celle d’un autre homme qu’elle a aimé, non pas tout à fait volontairement mais dans un déchaînement de tristesse et de colère revancharde qui l’a conduit dans un cercle vicieux – absence ou présence insuffisante (inaction ou non concentration sur elle) de la figure vertueuse, tristesse/colère, passion, candeur, lucidité, colère, et à nouveau l’amour. Et cela, malgré tout le mal que Lewt a pu faire à elle et au « monde ».

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Pearl (Jennifer Jones) est parée pour le fameux « duel au soleil ».

Le fameux Duel au Soleil a donc lieu. Les deux amants sont fortement blessés l’un par l’autre. Leur dernier souffle sera aussi celui de leur amour. Pearl se traînera jusqu’à Lewt qui désira, pour dernière volonté, mourir en ayant sa bien-aimée dans les bras. Du début de leur relation (pour lequel l’utilisation du terme « viol » serait loin d’être une erreur de qualification) à la fin, la violence et l’amour se sont rencontrés dans un tumulte de passion et d’érotisme exposant la complexité psychologique et narrative du western romantique et romanesque qu’est Duel au Soleil.

« An other technicolor epic » – Daniel Selznick, fils de DOS

Le bouillonnement des émotions de Duel au Soleil ne concerne pas que nos personnages. En effet, on sort béat du visionnage du film tant les couleurs et la construction formelle du récit tiennent du génie. Un génie cinématographique que l’on doit au réalisateur King Vidor, mais aussi à William Dieterle, Joseph von Sternberg et d’autres, appelés par Selznick pour poursuivre la réalisation du film après le départ de Vidor. À ce propos, on vous encouragera à lire l’article du blog L’Oeil sur l’Écran dans lequel vous trouverez les pourcentages des parts estimées de réalisation directe par chaque réalisateur. Cette cinégénie, on la doit aussi et surtout à son producteur mégalo David O. Selznick qui a su s’entourer et gérer toute la conception de ce film auquel il tenait tant. S’il lui a souvent été reproché d’être trop présent sur le plateau, cela au point de provoquer le départ de ses réalisateurs (King Vidor ici, Victor Fleming hier, John Huston demain), cette grande épopée « du » et « en » technicolor qu’est Duel au Soleil n’aurait pu exister sans son chef d’orchestre aussi déterminé que passionné, Daniel O. Selznick.

Il faut enfin féliciter Carlotta pour l’édition du film dans une une copie formidablement remastérisée. Du côté de l’image comme du son, rien est à redire. On notera juste une légère instabilité visuelle de temps à autre. La (re)découverte de Duel au Soleil dans de telles conditions constitue une expérience enivrante et stupéfiante. Les deux bonus vidéo permettront d’en apprendre un peu plus sur la relation amoureuse difficile entre Jennifer Jones et David O. Selznick ainsi que sur Gregory Peck et son rapport au film, cela à travers les regards respectifs de Daniel Selznick et des enfants de GP. L’ensemble est complété par l’ouvrage Le Temps des Folies : la fabrique de Duel au Soleil de Pierre Berthomieu.

Bande-annonce – Duel au Soleil

Une Edition Unique Blu-ray + DVD + Livre 200 pages

#9 DE LA COLLECTION COFFRET ULTRA COLLECTOR

– Le film disponible pour la 1ère fois en France dans sa version roadshow (nouvelle restauration HD)

– Suppléments :

¤ Jennifer Jones / David O. Selznick raconté par Daniel Selznick

¤ Gregory Peck, le rebelle de Selznick dans Duel au Soleil

¤ Bande-annonce originale

¤ Bande-annonce teaser d’époque

– Le livre 200 pages : Le Temps des Folies : la fabrique de Duel au Soleil, écrit par Pierre Berthomieu

– Un visuel exclusif créée par Greg Ruth, dessinateur et écrivain célébré aux États-Unis

Prix de vente conseillé : 50.16 e

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A NOTER : le film est également disponible en éditions single Blu-ray & DVDduel-au-soleil-visuel-du-blu-ray-carlotta

Prix de vente conseillé : 20.06 e

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master Haute Définition – 1080/23.98p – Encodage AVC – Version originale / Version française DTS-HD Master Audio 1.0 – Sous-titres français – Format 1.33 respecté – Couleurs – Durée du film : 144 mn

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

PAL – Encodage Mpeg-2 – Version originale / Version française Dolby Digital 1.0 – Sous-titres français – Format 1.33 respecté – Couleurs – Durée du film : 138 mn