Le mardi 3 avril sort en DVD la saison 1 de la série The Sinner, produite et interprétée par Jessica Biel, qui nous plonge dans l’esprit tourmenté d’une femme meurtrière malgré elle.
Produite et interprétée par Jessica Biel, la saison 1 de la série The Sinner place les spectateurs face à une énigme. Cora est une jeune femme américaine tout ce qu’il y a de plus banal. Mariée, un enfant, elle travaille dans l’entreprise familiale de son beau-père. Nous sommes dans le quotidien le plus ordinaire.
Pourtant, dans ces scènes de train-train habituel, on sent déjà que le personnage de Cora est un peu décalé, un peu « à l’ouest ». Comme si, en elle, quelque chose n’allait pas, n’adhérait pas à cette vie. Comme si son esprit était ailleurs. On la voit finalement inexpressive. Elle fixe le mur. Quand elle va nager dans un lac, on a presque l’impression qu’elle cherche à se noyer.
Ces petits détails vont prendre une tout autre importance lorsque Cora, sur les bords du lac, va, sans la moindre raison, prendre un couteau et assassiner un parfait inconnu.
C’est alors que débarque un autre personnage un peu décalé. Le lieutenant Ambrose (Bill Pullman), sur la scène de crime, se contente de remarquer que les arbres sont atteints d’une maladie. C’est avec lui que nous allons suivre une enquête d’autant plus surprenante qu’elle semble pourtant jouée d’avance : le meurtre s’est produit devant de nombreux témoins et Cora elle-même a renoncé à se défendre, préférant plaider coupable.
Plaider coupable et se sentir coupable : on va vite découvrir que c’est à cela que se résume la vie intérieure de Cora. L’enquête va prendre une double direction : sur le terrain, dans le présent, mais surtout dans le passé. Et cette enquête rétrospective va se dérouler principalement dans la tête de Cora. C’est là que la série va se faire la plus intéressante, tant la jeune femme est prise dans un processus de punition contre elle-même. Un processus que les flashbacks vont nous dévoiler petit à petit. Ainsi, on découvre l’enfance de Cora auprès d’une mère qui n’a pas grand chose à envier à celle de Carrie. Élevée dans le respect strict, voire fanatique, de la religion, la jeune fille est rendue responsable de la maladie de sa sœur Phoebe. Convaincue d’être cette pécheresse qui donne son titre à la série, elle va occulter une partie importante de son passé. C’est dans ce trou noir mémoriel que se situe la réponse à l’énigme.
L’anglais étant une langue qui ne distingue pas le masculin du féminin, The Sinner peut aussi bien désigner un homme qu’une femme. Et, en effet, on comprend vite que, derrière les apparences bien propres de cette Amérique profonde, chaque personnage a ses perversions. Les trois personnages principaux de la série (Cora, son mari Mason et le lieutenant Ambrose) ont leurs vices plus ou moins cachés. Finalement, qui est vraiment ce « sinner » mentionné dans le titre ?
Le problème de la saison se situe d’ailleurs peut-être ici, dans cette complaisance à montrer des perversions sexuelles.
Sinon, cette première saison de la série The Sinner se regarde avec intérêt. La série adopte volontiers un rythme lent qui privilégie l’ambiance mystérieuse tout en parvenant à accrocher le spectateur. En ne centrant pas la saison exclusivement sur l’enquête, The Sinner fait le bon pari : critique du fanatisme religieux, vie privée souvent glauque des personnages, introspection mouvementée de l’esprit tourmenté de Cora, suspense judiciaire, les huit épisodes explorent différents aspects de l’histoire et c’est cela qui constitue l’intérêt majeur de la saison.
On pourrait toutefois regretter que les compléments de programme se limitent à quelques scènes coupées. Mais l’essentiel est que la série reste un divertissement agréable, une énigme qui nous tient jusqu’au dernier épisode.
Intro et générique : Série The Sinner, Saison 1
The Sinner, saison 1 : Bande-annonce
https://www.youtube.com/watch?v=dxKtG0XyE60
Caractéristiques techniques du coffret 2 DVD :
Audio : Français, Anglais, Allemand Digital 5.1
Sous-titres : Français, Anglais pour sourds et malentendants, Allemand, Néerlandais, Danois, Finnois, Suédois, Norvégien
Bonus DVD : Scènes coupées 2 DVD – 8 épisodes de 45 min
Synopsis : D’après le roman éponyme de Petra Hammesfahr (1999) Cora Tannetti, mère de famille fragile a priori sans histoires, passe un après-midi au bord d’un lac avec son mari et leur fils quand, subitement, elle poignarde à mort un parfait inconnu. Arrêtée, elle reconnaît son crime mais ne l’explique pas. Le détective Harry Ambrose, en charge de l’enquête, veut comprendre ce qui a bien pu se passer. Il se met à fouiller le passé de la jeune femme et nous fait pénétrer dans l’esprit et les souvenirs tourmentés de Cora, à la recherche des traumatismes enfouis qui l’ont poussée à commettre l’irréparable…

Les cinéastes membres de la SRF élisent un des leurs pour ses pour les qualités novatrices de ses films, pour son audace et son intransigeance dans la mise en scène et la production. Martin Scorsese succède ainsi à de grands noms comme Clint Eastwood, David Cronenberg et Werner Herzog qui a remporté le prix l’an dernier. «En 2018, pour son 50e anniversaire et la 50e édition de la Quinzaine des Réalisateurs, la SRF est fière de saluer un cinéaste d’exception et une source d’inspiration intarissable», a déclaré la SRF dans un communiqué. La récompense lui sera d’ailleurs remise en main propre à l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs.
Coby est plutôt un regard sur les impacts de la décision de Susanna sur un entourage pourtant extrêmement favorable, empathique et aimant. La source du documentaire est triple : d’abord, les petits films que Coby fait sur YouTube pendant les mois de sa prise de testostérone, une étape cruciale dans sa transition. Il s’agit de petites vidéos où on a l’impression qu’il se parle davantage à lui-même qu’aux autres, où il se découvre en direct avec son nouveau corps, différent de semaine en semaine, et où il raconte ses doutes, ses petites victoires, ses peurs et ses peines. Ensuite le cinéaste parsème son film d’instantanés de Coby, beaux et signifiants, depuis sa petite enfance où, déjà, le jeu est de se mettre de la mousse à raser sur le visage ou de jouer au cow-boy sur le dos de son grand frère, jusqu’à son adolescence pré-transition où on devine dans ses yeux d’ado punk à la mini robe aguicheuse et aux lèvres peintes une sorte de fièvre, peut-être de la détermination déjà par rapport à son projet de vie.
Le cinéaste s’attarde beaucoup sur le corps de Coby, puisque c’est de cela qu’il s’agit. Ce mauvais corps qui a été attribué à Coby, la surprise qu’il déclare avoir à chaque fois qu’il croisait son reflet dans le miroir. Ce corps qui l’engonce et qui l’empêche d’être ce qu’il est vraiment. La caméra de Georgi Lazarevsky est douce et respectueuse, s’attardant en gros plans sur ses courbes étonnamment masculines et féminines à la fois. En même temps, le film rend parfaitement l’idée de la plénitude du jeune homme dans ce nouveau corps encore en devenir.
C’est Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, qui a annoncé cette réforme du plus célèbre événement cinématographique français. Il a ainsi déclaré au Film Français : « Les gens de Netflix aiment le tapis rouge et souhaiteraient revenir avec d’autres films. Mais ils comprennent bien que leur intransigeance et leur propre modèle sont à l’opposé du nôtre ». Le délégué avait tenté de convaincre Netflix de sortir les films en salles l’an dernier, sans succès. Toutefois, il devrait quand même y avoir des films Netflix sur la Croisette, l’accès aux projections spéciales et à une diffusion hors-compétition est tout à fait possible. On pense peut-être au Irishman de Martin Scorsese, qui pourrait faire la surprise, de par sa diffusion en avant-première mondiale.
La banlieue. L’éducation. À première vue, on se trouve dans les sentiers balisés du bon petit drame français. Sauf qu’on est ici chez Serge Bozon, et que forcément si on a déjà vu des œuvres du bonhomme, on sait très bien qu’on va assister à quelques chose de spécial. Déjà, le titre met bien sur la voie. Madame Hyde est une variation autour de l’une des nouvelles fantastiques les plus reconnues de la littérature anglophone, L’Étrange Cas du Dr Jekyll et Mr Hyde de Robert Louis Stevenson. Tout le monde connait évidemment l’histoire de ce scientifique se transformant en un être monstrueux. Une figure victorienne qui aura inspiré un nombre incalculable de films d’horreur du cinéma muet jusqu’à l’essai peu fructueux de Dark Universe entrepris par la Warner. Chez Serge Bozon, Docteur Jekyll est en fait le professeur Marie Géquil, professeur de physique très timide dans un lycée technique de banlieue. Forcément, la pauvre Isabelle Huppert n’en mène pas large face à ses élèves et connait d’importants soucis de pédagogie. Tout cela va changer une nuit, lorsqu’au cours d’une expérience, elle se fait foudroyer et va se retrouver métamorphosée.
Si Joachim Trier reste un auteur confidentiel auprès du grand public, le réalisateur norvégien, avec quatre films à son actif, est un habitué du festival de Cannes. Remarqué en France dès 2007 avec son premier long métrage, Nouvelle Donne, il s’en est fallu de peu pour que le cinéaste devienne la coqueluche de la Croisette. Invité à concourir dans la sélection parallèle « Un certain Regard » en 2011 pour y défendre Oslo, 31 août, Joachim Trier transforme l’essai en 2015 en présentant
l’honneur des premiers ou des deuxièmes longs métrages, afin d’y honorer des réalisateurs prometteurs. Parmi les lauréats et les talents qui ont émergé grâce à la Semaine de la critique, on peut citer, entre autres, Ken Loach, Leos Carax, Wong Kar-wai, Guillermo del Toro, Alejandro González Iñárritu, François Ozon, Gaspar Noé ou plus récemment Andrea Arnold (Fish Tank,





