Cannes 2018 : le cinéaste norvégien Joachim Trier Président du jury de la 57e édition de la Semaine de la Critique

Le réalisateur norvégien Joachim Trier présidera le jury de la 57e édition de la Semaine de la Critique du 9 au 17 mai prochain, à l’occasion du Festival de Cannes 2018 (du 8 au 19 mai).

Ce mercredi (28/03/18), la Semaine de la Critique a annoncé la composition du jury de sa 57e édition, dont le réalisateur norvégien Joachim Trier sera le Président.

Un habitué du tapis rouge

Oslo-31-aout-Joachim-TrierSi Joachim Trier reste un auteur confidentiel auprès du grand public, le réalisateur norvégien, avec quatre films à son actif, est un habitué du festival de Cannes. Remarqué en France dès 2007 avec son premier long métrage, Nouvelle Donne, il s’en est fallu de peu pour que le cinéaste devienne la coqueluche de la Croisette. Invité à concourir dans la sélection parallèle « Un certain Regard » en 2011 pour y défendre Oslo, 31 août, Joachim Trier transforme l’essai en 2015 en présentant Back Home (précédemment titré Louder than Bombs), son premier film anglophone, en compétition officielle. Plus récemment, on lui doit le coming-of age fantastique Thelma, un retour au sources pour Trier qui renoue avec la Norvège pour filmer cet étrange récit d’apprentissage. Pas étonnant donc, que le Festival lui fasse l’honneur de le désigner président du jury de la 57e édition de la Semaine de la Critique, comme l’a annoncé le comité dans son communiqué :

La Semaine de la Critique est particulièrement heureuse de confier la Présidence du Jury de cette 57e édition à un cinéaste dont l’univers sensible, émancipé, reflète les questionnements de sa génération.

Un jury éclectique 

Aux côtés de Joachim Trier, le jury sera composé de quatre personnalités aux horizons très variés. L’actrice américaine Chloë Sevigny, icône hype et comédienne emblématique du cinéma d’auteur indépendant (Larry Clark, Harony Korine, Jim Jarmusch, Lars von Trier…), sera entourée du comédien argentin Nahuel Pérez Biscayart, couronné meilleur espoir masculin aux César 2018 pour son rôle dans 120 Battements par minute. L’italienne Eva Sangiorgi, nouvelle directrice de la Viennale, et le journaliste français Augustin Trapenard, aux manettes de l’émission culturelle Le Cercle (Canal+) depuis septembre 2016, viennent compléter le panel.

La Semaine de la Critique innove

Créée en 1962 et organisée par le Syndicat français de la critique de cinéma, cette sélection parallèle met àCannes-57-Semaine-de-la-Critique l’honneur des premiers ou des deuxièmes longs métrages, afin d’y honorer des réalisateurs prometteurs. Parmi les lauréats et les talents qui ont émergé grâce à la Semaine de la critique, on peut citer, entre autres, Ken Loach, Leos Carax, Wong Kar-wai, Guillermo del Toro, Alejandro González Iñárritu, François Ozon, Gaspar Noé ou plus récemment Andrea Arnold (Fish Tank, American Honey). Cette année cependant, une nouveauté à été mise en place : en plus du Grand Prix Nespresso, décerné à l’un des sept films en compétition, et du Prix Découverte Leica Cine décerné à l’un des dix courts métrages en lice, le jury remettra pour la première fois le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation, destiné à mettre en lumière la prestation d’un(e) comédien(ne).

A ce sujet, Joachim Trier, qui accorde beaucoup d’importance aux acteurs, et qui a lui-même contribué à lancer la carrière du comédien norvégien Anders Danielsen Lie, se réjouit de cette nouveauté :

C’est un grand honneur d’être invité à diriger ce jury, particulièrement du fait que cette section met en avant des talents jeunes et en devenir. […] J’espère découvrir de l’inattendu. […] Je suis content qu’il y ait l’occasion de récompenser aussi les acteurs cette année. Comme réalisateur, je trouve souvent que les performances des acteurs sont à l’origine d’un bon film.

Un rendez-vous à ne pas manquer

Alors que la sélection de la 57e Semaine de la Critique sera annoncée le 16 avril, il faudra attendre le 17 mai pour découvrir les noms des gagnants. On se rappelle que l’an dernier, la 56e édition avait récompensé le documentaire Makala, du français Emmanuel Gras (Grand Prix Nespresso), et Los Desheredados, court métrage de l’espagnole Laura Ferrés (Prix Découverte Leica Cine). Par ailleurs, la cinéaste Léa Mysius, qui avait fait forte impression avec Ava, était repartie avec le prix SACD, et son film est à nouveau mis à l’honneur cette année puisque l’affiche de la 57e édition met en avant sa jeune actrice Noée Abita.

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Marushka Odabackian
Marushka Odabackianhttps://www.lemagducine.fr/
Cinéphile depuis ma naissance, j'ai vu mon premier film dans les salles obscures à 2 ans, puis je suis tombée en amour devant "Forrest Gump" à 4 ans, avant d'avoir le coup de foudre pour Leo dans "Titanic" à 8 ans... Depuis, plus rien ne m'arrête. Fan absolue des acteurs, je les place au-dessus de tout, mais j'aime aussi le Septième Art pour tout ce qu'il nous offre de sublime : les paysages, les musiques, les émotions, les histoires, les ambiances, le rythme. Admiratrice invétérée de Dolan, Nolan, Kurzel, Jarmusch et Refn, j'adore découvrir le cinéma de tous les pays, ça me fait voyager. Collectionneuse compulsive, je garde précieusement tous mes tickets de ciné, j'ai presque 650 DVD, je nourris une obsession pour les T-Shirts de geeks, j'engrange les posters à ne plus savoir qu'en faire et j'ai même des citations de films gravées dans la peau. Plus moderne que classique dans mes références, j'ai parfois des avis douteux voire totalement fumeux, mais j'assume complètement. Enfin, je suis une puriste de la VO uniquement.

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.