Black Lightning, le nouveau super héros de The CW : Critique des deux premiers épisodes

Avec déjà quatre séries super héroïques diffusées sur son antenne, la chaîne américaine The CW lançait, en ce début d’année 2018, un cinquième super héros : Black Lightning. Après deux épisodes diffusés, il faut reconnaître que Black Lightning propose une alternative intéressante à ses prédécesseurs.

Sur le papier, Black Lightning semblait lancer dans l’inconnu un obscur duo de créateurs : Mara Brock Akil et Salim Akil. Tous deux n’en sont cependant pas à leur première collaboration puisqu’ils ont été tour à tour scénariste, producteur exécutif ou réalisateur sur plusieurs séries (Being Mary Jane, The Game, Girlfriends).

Et c’est peut-être pour cela que, d’emblée, Black Lightning séduit.

Ce n’est pas une histoire d’origine comme les quatre séries actuellement diffusées sur The CW et, contrairement à une série comme Supergirl à laquelle il avait fallu sept épisodes pour trouver son rythme en saison 1, Black Lightning ne tâtonne pas et nous propose d’entrée une narration claire servie par une distribution au diapason.

Rôle certainement le plus important, et par conséquent le plus difficile à caster : Jefferson Pierce.

Pour l’incarner, le choix s’est porté sur Cress Williams, acteur à classer dans les vétérans du petit écran car il a tenu des rôles réguliers dans beaucoup de séries à succès (Code Black, Hart of Dixie, Friday Night Lights, Prison Break, Grey’s Anatomy ou encore Urgences) depuis ses débuts en 1994.

A 47 ans et du haut de son mètre 93, il en impose autant en tant que principal respecté du lycée Garfield de Freetown, que dans le costume de son alter-ego super héroïque.

Son visage familier permet également au public de l’imaginer sans difficulté dans son rôle de pilier de la communauté.

Le reste de la famille est composé de Lynn, son ex-femme (Christine Adams), de la fille aînée Anissa (Nafessa Williams) et de la cadette Jennifer (China Anne McClain). Une excellente alchimie se dégage de la famille Pierce que ce soit entre les parents (séparés), entre les sœurs (même si elles se disputent comme toutes les adolescentes de leur âge) et entre parents et enfants. Il y a d’ailleurs une constante qui ressort de ces premiers épisodes : si les parents ont des vues divergentes sur certains sujets, ils font toujours cause commune quand cela concerne leur progéniture.

Comme tout début de série, ces deux premiers épisodes ont pour but de poser les choses.

Dans le premier, « The Resurrection », on apprend qui est Jefferson Pierce/Black Lightning : qui sont sa famille, ses alliés, ses ennemis, son cadre de vie. Dans le second, « Lawanda : The Book of Hope », c’est le pourquoi qui est mis en lumière : les raisons qui le poussent, et l’ont poussé par le passé, à revêtir le costume. Mais la saison 1 ne comptant que treize épisodes, Black Lightning ne s’attarde pas en bavardages inutiles, dialogues pour adolescents ou scènes d’exposition. Même quand il n’y a pas d’action (physique) dans une scène, le propos de la série évolue. Peu de sujets/détails sont sujets à répétition.

Bien sûr, un super héros ne peut rien sans trois éléments : un comparse au courant de son identité secrète, un vilain à abattre et un proche qui ne se doute de rien.

Dans le premier rôle, on découvre Peter Gambi, tailleur de son état. Incarné par l’acteur américain James Remar, il aidait Pierce dans ses missions super héroïques avant que celui-ci ne raccroche le costume. Son opinion sur les raisons ayant poussé Pierce à être/redevenir Black Lightning est diamétralement opposée à celle de Lynn, et les deux vont avoir une explication certes courte mais franche dans le second épisode.

Dans le second rôle, les scenarii des deux premiers épisodes nous proposent plusieurs profils : Will (Dabier), Lala (William Catlett) et Tobias Whale (Marvin ‘Krondon’ Jones III). S’ils sont tous assez terrifiants (même Lala avec son surnom de Télétubbies), c’est clairement Marvin Jones III qui en impose le plus. Bien que de taille moyenne, sa prestance (appuyée par une voix très grave et son albinisme qui le font davantage sortir du lot) donne du corps à son personnage. 

Et enfin, dans le troisième rôle, le policier ami, l’inspecteur Henderson (Damon Gupton), qui n’a pas percé à jour le secret de son ami. Certains regards ou mouvements de caméra font douter le téléspectateur : Henderson n’aurait-il pas démasqué son ami ? Nous devrions en avoir confirmation d’ici la fin de la saison 1 mais en attendant c’est toujours une bonne chose pour un super-héros de devoir être sur ses gardes quant à son identité secrète avec quelqu’un de proche.

Dans ce cercle de proches ignorant le secret de Jefferson, il faut ajouter ses filles : Anissa et Jennifer. De caractères opposés (la seconde essayant de sortir de l’ombre de son aînée), elles font cependant bien souvent front commun. Et ce sont d’ailleurs les actions de la cadette (un peu tête à claques il faut l’avouer), dans cette soif inconsciente d’émancipation, qui vont entraîner le retour de Black Lightning à Freetown. Un retour qui ne devrait sans doute pas être solitaire très longtemps puisque les dernières secondes de l’épisode pilote ont montré qu’Anissa avait des pouvoirs surhumains. Et c’est par elle que la narration de Black Lightning devrait se rapprocher de celle des autres séries super héroïques de la chaîne, avec une histoire d’origine.

Plus mature de par son personnage principal, Black Lightning l’est par voie de conséquence dans son propos, dans les sujets abordés et la manière dont ils sont traitésLa violence est omni-présente dans la majorité des deux premiers épisodes. Mais elle n’est jamais ni gratuite ni outrageusement graphique (la série est diffusée juste après The Flash). Elle sert le propos de la série et est utilisée pour mettre en lumière les sujets abordés.

Ces derniers sont variés et on salue l’absence de fard pour en aborder certains (comme l’homosexualité, la violence des gangs qui gangrène la société ou encore les violences envers les citoyens afro-américains). Des sujets d’actualité bien souvent trop peu mis en lumière dans des productions s’adressant à un public plus jeune (petite exception dans la série Supergirl et le coming-out parfaitement maîtrisé du personnage d’Alex Danvers).

Au final, Black Lightning est une très bonne surprise qui  détonne de manière positive sur la chaîne The CW. Car si beaucoup auraient parié sur une ressemblance avec Luke Cage (seule autre série à proposer un super héros afro-américain), son ton se rapproche plus de celui de Jessica Jones. La série est plus ancrée dans la réalité que celles qui l’ont précédé et on se surprend à espérer que Black Lightning n’intègre jamais l’Arrowverse et sa narration très tournée vers les adolescents fleur bleue.

Rendez-vous donc fin avril ici même pour la critique de la saison 1 de Black Lightning dans son intégralité. Car si les deux premiers épisodes ont permis à la chaîne de réaliser un très bon score niveau audience, et de recevoir des critiques très positives, il ne faut pas perdre de vue que le sujet est plus mature que les autres productions de The CW. ll faut ainsi que Black Lightning maintienne sa qualité narrative pour ne pas perdre d’audience. Elle a en effet face à elle des poids lourds comme NCIS – Los Angeles (CBS) ou encore This Is Us (NBC). Tout faux pas pourrait condamner une éventuelle seconde saison.

SynopsisJefferson Pierce, un super-héros qui a raccroché son costume il y a neuf ans pour s’occuper de sa petite famille, est forcé de reprendre du service quand sa ville se retrouve rongée par le crime et le règne d’un gang mafieux. Il redevient alors Black Lightning un méta-humain qui a la capacité de manipuler les champs électro-magnétiques.

Black Lightning : Bande-annonce

Black Lightning : Fiche Technique

Créateurs : Mara Brock Akil et Salim Akil (basé sur le super-héros créé par Tony Isabella et Trevor Von Eeden)
Interprétation : Cress Williams (Jefferson Pierce / Black Lightning), China Anne McClain (Jennifer Pierce), Nafessa Williams (Anissa Pierce), Christine Adams (Lynn Pierce), Marvin ‘Krondon’ Jones III (Tobias Whale), Damon Gupton (Inspecteur Henderson), James Remar (Peter Gambi)
Directeur de la photographie : Scott Peck
Musique : Kurt Farquhar
Production : Salim Akil, Greg Berlanti, Mara Brock Akil, Sarah Schechter, Oz Scott
Sociétés de production : Berlanti Productions, DC Entertainment, Warner Bros. Television
Genre : Action, drame, science-fiction
Format : 13 x 42 minutes
Chaîne d’origine : The CW
Diffusion aux USA : 16 janvier 2018 et 23 janvier 2018

Episode 1×01 – « The Resurrection »

Réalisation : Salim Akil
Scénario : Salim Akil
Synopsis : Un ancien super-héros ayant le pouvoir de contrôler et de maîtriser la foudre, Jefferson Pierce, autrement connu par certains sous le nom de Black Lightning, dévoile les secrets de son passé pour protéger sa ville et sa famille.

Episode 1×02 – « Lawanda : The Book of Hope »

Réalisation : Oz Scott
Scénario : Charles Holland
Synopsis : Une lueur d’espoir apparaît dans la communauté quand Black Lightning revient pour combattre la violence.

Etats-Unis, 2018

Auteur : Grae Leigh

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