La saison 2 de la série suédoise Jordskott, diffusée en France sur Arte, sort en un coffret 3 DVD aux éditions Koba Films.
Synopsis : deux ans après les événements de la saison 1, Eva Thörnblad a réintégré la police de Stockholm, mais elle reste traumatisée par des visions de sa fille Josefine. Un soir, de retour dans son appartement, elle est attendue par un homme mourant, souffrant d’une étrange maladie. Eva est convaincue que sa mère connaît cet homme.
Attention, cet article va contenir des révélations concernant la saison 1.
Mis à part le décor, cette saison 2 se situe dans le prolongement de la première.
Le seul changement notable de cette saison 2 de Jordskott est donc le lieu dans lequel va se dérouler l’action. Même si quelques scènes vont nous ramener à Silverhöjd, l’essentiel de la série va désormais se dérouler en milieu urbain, en plein cœur de la capitale suédoise. Cependant, pour montrer la ville, on retrouve des procédés identiques à ceux utilisés pour filmer la forêt de la saison précédente, un mélange de réalisme et d’inquiétude, avec cette impression que les personnages sont observés en permanence.
Loin de toute description touristique, la ville nous est montrée ici dans ses bas-fonds sordides. Tout y est sombre et angoissant et à nouveau, il est question d’aller sous la surface, de s’enfoncer dans les entrailles urbaines, comme si la recherche de la vérité nécessitait de passer sous les apparences bien propres et lisses pour découvrir des réalités glauques.
A part ce changement géographique, le reste de la saison 2 de Jordskott ne va pas dépayser ceux qui avaient apprécié la saison précédente. Nous allons y retrouver les mêmes personnages : Tom et sa fille autiste Ida, Wass (toujours pris entre son travail de policier et son appartenance à une organisation mystérieuse), Nicklas ou Esmeralda.
Et surtout, il est ici toujours question des liens entre les humains et les forces de la nature. Parce que derrière l’intrigue fantastique qui voit la résurgence de créatures surnaturelles, il est facile de trouver des préoccupations climatiques et écologiques. Là où la saison 1 parlait de la destruction de la forêt, la 2 nous entraîne sur le terrain du réchauffement climatique. Dans les deux cas, il s’agit de situations où l’homme détruit l’équilibre naturel.
Les huit épisodes d’une heure de cette saison se laissent voir avec le même plaisir que la saison 1. La série mélange habilement drame personnel, intrigue policière et mystère surnaturel. C’est original, inattendu, parfois émouvant.
Coffret 3 DVD
Nombre d’épisodes : 8
Durée d’un épisode : 60 minutes
Le Dernier Face-à-face, une des références du western européen, sort en coffret DVD et Blu-Ray chez Wild Side.
La première bonne nouvelle concernant cette très belle édition du Dernier Face-à-face, c’est qu’elle nous permet de voir ou revoir ce petit bijou d’ « euro-western » (pour reprendre l’expression employée par Alain Petit dans le livre qui accompagne le film, expression beaucoup plus belle que le fameux et méprisant « western spaghetti »). Le film de Sergio Sollima s’inscrit dans une trilogie débutée par Colorado et terminée avec Saludos Hombre, les trois films ayant en commun d’être interprétés par l’excellent acteur d’origine cubaine Tomas Milian.
Outre de rendre enfin visible ce film trop méconnu, l’édition de Wild Side nous le restitue dans une version longue de 110 minutes. Alain Petit nous explique l’histoire des différentes coupures, essentiellement dues à des raisons économiques (il fallait calibrer le film à 90 minutes pour faire plus de séances). Il nous apprend aussi qu’il aurait existé une version intégrale encore plus longue (peut-être 150 minutes). En tout cas, cette version longue inédite nous permet de savourer un très grand film, sans le moindre temps mort, aussi passionnant qu’intelligent.
Le Dernier Face-à-face commence en nous présentant le personnage de Brett Fletcher, professeur d’histoire qui doit abandonner son travail et sa Nouvelle-Angleterre dont il ne peut plus supporter le climat pluvieux. Homme faible et maladif, il correspond parfaitement à l’image stéréotypée de l’intellectuel idéaliste qui va débarquer, d’un coup, dans un Texas décrit, en quelques images, comme un monde de violence et de brutalité bestiale.
Le film va alors se dérouler autour de tout un système d’oppositions : Nord contre Sud, civilisation contre barbarie, le droit contre la violence. Cette opposition va s’incarner à l’écran en deux personnages, Fletcher d’un côté, et Solomon Beauregard Bennet de l’autre. Là où le premier est un homme d’idées et d’idéaux, un intellectuel du nord des États-Unis, le second est un brigand à la tête d’une « Horde Sauvage » qui décime les banques du Texas.
A partir de la rencontre improbable entre les deux personnages, le film va constamment demeurer imprévisible, changeant régulièrement de voie. Sollima réalise un grand western, un grand film d’action qui n’oublie pas d’être intelligent.
Car par les thèmes qu’il convoque, Le Dernier Face-à-face rappelle un peu L’Homme qui tua Liberty Valance, le classique de John Ford. Nous assistons ici, d’un certain côté, à la création d’un pays, d’un état de droit qui tente d’émerger de la bestialité la plus violente. Cependant, à la différence du film de John Ford, celui de Sollima se révèle plus sombre, plus pessimiste. Le parcours de Fletcher montre que la civilisation n’est bien souvent qu’un mince vernis qui se craquelle facilement pour laisser libre cours à la barbarie.
L’édition que nous propose Wild Side rend bien hommage à ce grand film. Le Dernier Face-à-face est présenté dans un nouveau master restauré (qui, par une certaine différence de qualité, laisse voir les scènes inédites qui ont été rajoutées pour cette édition). Le Blu-Ray présente les deux versions.
Agrémenté de nombreuses photos, le livre qui accompagne cette édition fait une introduction complète du film, depuis sa genèse jusqu’à sa réception, en passant par une présentation des interprètes.
La sortie de ce très beau coffret reste une excellente nouvelle pour les cinéphiles en général, et en particulier pour les amateurs d’un « cinéma de quartier » (pour reprendre le titre de l’émission dirigée par Jean-Pierre Dionnet, qui avait diffusé Le Dernier Face-à-face). C’est un très grand film.
Le Dernier Face-à-face : bande-annonce
Caractéristiques DVD :
Master restauré
Format image : 2.35, 16/9ème compatible 4/3
Format son : français & italien Dolby Digital & DTS Mono (version longue)
Sous-titres : français
Durée : 108 minutes (version longue)
Caractéristiques Blu-Ray :
Master restauré
Format image : 2.35
Résolution film : 1080 24p
Format son : anglais, français & italien DTS HD Master Audio Mono (version cinéma), Français & italien DTS HD Master Audio Mono (version longue)
Sous-titres : français
Durée : 94 minutes (version cinéma) – 112 minutes (version longue)
Compléments :
Entretien avec Jean-François Giré, spécialiste du western européen (13 minutes)
Focus sur le montage de la Version Longue
Livret exclusif de 80 pages, écrit par Alain petit, illustré de photos d’archives rares.
Sélectionné à la quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2017, I am nota witch sort enfin en DVD le 3 juillet 2018, édité par Pyramide. L’occasion de découvrir ce premier film d’une jeune réalisatrice Zambienne à suivre, qui oscille entre farce, drame et fable, dans le but de dénoncer une réalité cruelle.
Synopsis:Shula, 9 ans, est accusée de sorcellerie par les habitants de son village et envoyée dans un camp de sorcières. Entourée de femmes bienveillantes, condamnées comme elle par la superstition des hommes, la fillette se croit frappée d’un sortilège : si elle s’enfuit, elle sera maudite et se transformera en chèvre… Mais la petite Shula préfèrera-t-elle vivre prisonnière comme une sorcière ou libre comme une chèvre ?
I am not witch ne s’ouvre pas sur sa jeune héroïne, mais sur un bus de touristes en route pour visiter l’un des fameux camps de sorcières qui sera au cœur du film. Les visiteurs descendent, et observent lesdites « sorcières » derrière un grillage. Certaines posent des questions naïves auxquelles répond encore plus naïvement le guide. Il assure que les sorcières pourrait s’envoler si elles n’étaient pas attachées par de long rubans. Mais bien qu’il soit du bon côté de la barrière, il ne semble pas vraiment rassuré de se retrouver proche de ces vielles femmes. A l’inverses, celles-ci grimacent, déforment leur visages… et semblent presque s’amuser.
Une introduction intéressante qui pose les bases d’un étrange voyage. En tant que spectateur occidental, nous sommes comme ces touristes. Quel que soit notre niveau de cinéphilie, le cinéma africain reste pour nous une terre inconnue. Le continent (et la Zambie en particulier) produit peu, et souvent avec les moyens du bord. Aussi nous regardons toujours cela un peu de loin, avec une posture faussement naïve. Évidement que les touristes ne croient pas un mot de ce que leur dit le guide, et même lui ne semble pas convaincu. Tous jouent le jeu du folklore, afin de maintenir un statu quo fragile. Et nous même sommes obligés de feindre la crédulité pour croire à cette histoire.
Comme le dit la réalisatrice elle même, « il s’agit surtout d’un film sur l’absurdité des règles, et comment elle sont suivies par la population, même quand elle n’ont aucun sens ». I am not a witch joue donc intelligemment avec cette limite du « peut-être ». Peut-être que ces sorcières ont des pouvoirs surnaturels, mais peut être que non. Peut-être que Mr Banda ne cherche qu’à s’enrichir en profitant de la notoriété de la jeune Shula, mais il est aussi possible qu’il essaie de protéger ces femmes en leur donnant une importance dans les affaires locales (elles sont parfois chargées de désigner les coupables lors de procès de village). Et enfin, il est tout à fait possible que cette menace de métamorphose en chèvre soit du vent, mais aucune ne prend le risque de couper le ruban qui les retient prisonnières. C’est sur un fond de superstition que ces règles sont suivies, mais le doute subsiste.
En revanche, ce dont Rungano Nyongi ne doute pas, c’est que l’existence de ces camps de sorcières (qui sont une réalité) n’est qu’un prétexte pour masquer une misogynie bien ancrée. L’occident avait l’hystérie et les hôpitaux psychiatriques, l’Afrique a ces réserves arides pour parquer les femmes qui dérangent. Une belle mère trop envahissante, une vieillarde dont on ne peut plus s’occuper… et même une orpheline dont on ne sait plus quoi faire peuvent y être envoyées sur une simple accusation. Le «procès» de la jeune Shula au début montre bien cette absurdité, avec cet humour pince-sans-rire si particulier. Les témoignages délirants s’enchaînent, devant une policière désabusée, qui semble revivre éternellement la même situation.
Un discours féministe sous-tend le film, mais ne tombe jamais dans le manifeste simpliste. La domination reste masculine, mais certaines figures féminines s’en accommodent parfaitement. Par exemple cette reine, cohabitant avec le gouvernement en place, qui refuse arbitrairement que la jeune fille aille à l’école, juste pour garder un semblant de pouvoir. Vous avez dit absurde ? Alors peut être vaut mieux vivre en chèvre, qu’en prisonnière.
Rungano Nyoni (dont le prénom signifie « conte de fée » en zambien) signe ici une fable étrange sur la condition des femmes en Afrique noire. La dimension onirique de I am not a witch lui permet de déplacer le discours d’un contexte politique précis (les camps de sorcières) à une situation sociale malheureusement trop répandue. Ces camps sont présents dans plusieurs pays d’Afrique noire, mais aussi dans le monde entier. Les formes changent, les raisons d’accuser aussi, mais le principe reste le même. Nul besoin de connaître la culture zambienne pour le comprendre, et pour voir ce film.
Suppléments: Un entretien très intéressant de 23 minutes avec la jeune réalisatrice, qui revient sur les différentes étapes de création, et surtout sur les thématiques abordées. La bande-annonce du film est également présente.
Infos techniques :
Format : NC
Audio : NC
Langue : Anglais, Bemba, Nyanja, Tonga
Sous-titres : Français
Durée du film : 93 mn
Editeur : PYRAMIDE VIDEO
A l’occasion de la sortie du film Rage réalisé par Rustam Mosafir, avec Aleksey Faddeev, en Blu-ray, DVD & VOD le 4 Juillet, chez WildSide, remportez votre DVD.
SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE
Alors qu’une civilisation est en train d’en remplacer une autre, les Scythes ont quasiment tous disparu. Les quelques descendants restants s’affrontent entre eux. Lutobor, un vaillant guerrier, est impliqué dans un conflit fratricide et doit s’engager dans un périlleux périple pour sauver sa famille. Accompagné de Weasel, un prisonnier de la tribu ennemie, ils vont devoir mener cette quête ensemble. Bravant les terres sauvages, ils se dirigent vers le dernier bastion des Scythes, et ce qui semble être leur perte inévitable.
Avec des décors grandioses et des effets spéciaux saisissants, découvrez l’histoire sanguinaire qui a déchiré ces deux peuples ! Les légendaires Scythes s’affrontent la rage au ventre dans des combats intenses et brutaux comme vous en avez rarement vu ! Dans la ligné de 300, les fans d’heroic fantasy ne seront pas déçus.
Titre original Скиф
Réalisateur : Rustam Mosafir
Interprétés : Aleksey Faddeev, Vitaly Kravchenko, Alexandr Kuznetsov, Alexander Patsevich, Yuriy Tsurilo, Andrey Permyakov, Yuri Tsurilo, Viktor Soloviev, Saido Kurbanov, Rustam Mosafir, Vasilisa Izmailova
Durée : 01h45
Genre : Drame, Action, Fantastique, Aventure, Histoire
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD
Format image : 2.40, 16/9e comp 4/3
Format son Français DTS 5.1& Dolby Digital 2.0, Russe Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français Durée : 1h40
Prix public indicatif : 19,99 € le DVD
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray
Format image : 2.40 – Résolution film : 1080 25p – Format son : Français & Russe DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français – Durée : 1h40
Compléments : Making-of – A la découverte des costumes – Bande-annonce
Prix public indicatif : 19,99 € le Blu-ray
A gagner : 3 DVD – MODALITÉS DU JEU
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Les Affamés est le premier film réalisé par Léa Frédeval. Il met notamment en scène la chanteuse et actrice Louane Emera découverte dans La Famille Bélier. Son ambition est d’être un hymne pour la jeunesse, son besoin de reconnaissance et son ambition. Pari réussi ?
Pari à moitié réussi. En effet, Les Affamés bénéficie d’une certaine fraîcheur de ton due à ses interprètes et à son sujet, combatif, mais ce sont les mêmes atouts qui deviennent des travers quand il est un brin didactique, voulant à tout prix faire passer certains messages quitte à prendre de gros sabots et à faire « réciter » sa comédienne principale, Louane, qui donne absolument tout ce qu’elle a pour rendre crédible son personnage. Un personnage de jeune fille un peu perdue, parce qu’elle n’a pas grand chose pour démarrer dans la vie : un diplôme auquel elle ne croit pas trop pour s’insérer sur le marché du travail, un petit ami qu’elle vient de quitter et sur lequel elle comptait pour organiser sa vie et l’impression d’être exploitée, bloquée. Elle va mettre son énergie dans une lutte pour la reconnaissance de la jeunesse et de ses atouts, en refusant l’oppression. Son rêve est celui d’un monde déserté par sa jeunesse, qui ne fonctionne plus et prenne alors enfin conscience de sa valeur. Cependant Zoé va se perdre dans sa quête, parce qu’elle ne verra plus que ça et refusera de sortir de ses ornières, refusant tout dialogue. Or, elle découvre (mais un peu tard, et c’est vraiment dommage parce que l’on se sent un peu bernés) que la lutte réelle ne peut se faire que dans une convergence des luttes. Elle voit donc un peu tard le concept d’intersectionnalité, mais l’intérêt est peut-être ailleurs dans la capacité de l’héroïne à apprendre à se construire seule sans demeurer égoïste, tout un art.
Autour de Zoé gravitent de nombreux autres « jeunes » tous un peu catégorisés, mais qui s’émancipent aussi dans leurs choix, ceux qui les mènent peu à peu vers l’âge adulte avec l’idée d’en découdre avec la vie. Les comédiens s’investissent à fond dans leurs rôles et cela paye puisqu’ils sont souvent touchants et drôles à la fois. Nous assistons donc à une chronique parfois cocasse des petits déboires de la jeunesse et de cette croyance que l’on va tout changer alors que l’on reproduit bien souvent les mêmes schémas que nos aînés. Cependant, ils manquent certainement tous de relief et de profondeur, on meurt d’envie de gratter sous la surface pour comprendre ce qu’ils ambitionnent réellement. Pour Zoé, c’est un peu pareil, même si elle tâtonne, son personnage peine à trouver toute sa profondeur et semble répéter en boucle des slogans auxquels elle ne croit pas vraiment. Au final, une petite comédie sympathique, sans plus, sur fond de lutte sociale et qui se voudrait un réveil pour la jeunesse. Utopie peut-être un brin trop sage pour vraiment éveiller les consciences, la mise en scène peinant bien trop souvent à épouser l’esprit de lutte que Les Affamés tente de distiller. Dommage.
Les Affamés : Bande annonce
Synopsis : Zoé a 21 ans. Et Zoé en a sa claque d’entendre « c’est normal, t’es jeune ! ». Alors qu’elle emménage en colocation, elle prend conscience qu’elle n’est pas seule à se débattre entre cours, stages et petits boulots mal payés. Déterminée à bouleverser le complot qui se trame, elle unit autour d’elle une génération d’affamés. Ensemble, ils sont bien décidés à changer les choses et à faire entendre leur voix !
Les Affamés : Fiche Technique
Réalisateur : Léa Frédeval
Scénario : Léa Frédeval, Bastien Daret
Interprètes : Louane Emera, François Deblock, Nina Melo, Rabah Naït Oufella, Bruno Sanches, Marc Jarousseau (Kemar), Souheila Yakoub, Agnès Hurstel
Photographie : Gordon Spooner
Montage : Béatrice Herminie
Producteur(s): Charles Philippe, Lucile Ric
Sociétés de production: Les Films du Clan, France 2 Cinéma, Studio Canal
Distributeur : Studio Canal
Durée : 95 minutes
Genre : Comédie Date de sortie : 27 juin 2018
Jason Reitman n’a pas son pareil pour nous raconter ces histoires de femmes et de mères qui trouvent difficilement leur place (Juno ou Mavis dans Young Adult, et maintenant Marlo dans son dernier film, Tully)…
Synopsis : Marlo, la petite quarantaine, vient d’avoir son troisième enfant. Entre son corps malmené par les grossesses qu’elle ne reconnaît plus, les nuits sans sommeil, les repas à préparer, les lessives incessantes et ses deux aînés qui ne lui laissent aucun répit, elle est au bout du rouleau.
Un soir, son frère lui propose de lui offrir, comme cadeau de naissance, une nounou de nuit. D’abord réticente, elle finit par accepter. Du jour au lendemain, sa vie va changer avec l’arrivée de Tully….
Tout sur la mère
Le Canadien Jason Reitman est un cinéaste qui ne se préoccupe que d’une chose : l’être humain. Quand il collabore avec la scénariste Diablo Cody, comme c’était le cas avec Juno, Young Adult, et maintenant avec ce nouveau film : Tully, la thématique prend un tour encore plus dense, plus dramatique, sans toutefois jamais oublier d’être drôle.
Ici, il rempile également avec Charlize Theron qu’on avait laissée hagarde dans Young Adult, dans le rôle d’une jolie trentenaire dépressive qui ne trouve pas sa place dans un monde misant sur la sécurité et certainement pas sur la fantaisie. C’est comme si cette jeune femme s’était retrouvée de l’autre côté du miroir, celui de la vie de famille établie, car la voilà devenue Marlo, énormissime ventre en avant, à quelques jours du terme de sa troisième grossesse. La voilà, bouffie (cette capacité de transformation physique qu’elle engage dans ses rôles est étonnante), débordée entre une grande de 7 ans avide de connaissance et un plus jeune de 4 ans, adorable mais « singulier » comme ils disent, montrant tous les signes de l’autisme. Son mari Drew (Ron Livingston) est bien gentil, mais peu présent et peu coopératif. Et lorsque son frère Craig (Mark Duplass), un bobo techo à millions vaguement imbuvable lui offre, pour son anniversaire, de lui payer une nounou de nuit pour la soulager dans ses tâches ménagères, Marlo craque, met un mouchoir par dessus ses principes d’éducation, et finit par accepter. C’est ainsi que la sémillante Tully (Macckenzie Davis) entre en scène.
La mise en scène de Jason Reitman est simple et efficace. Pour montrer l’overdose de tâches ménagères et le manque de sommeil, par exemple, il va répéter inlassablement les mêmes scènes martelées d’une musique électronique entêtante, les tétées, les couches, les pleurs, dans un cycle sans fin. Quand on pense, grâce à de subtils changements de rythme, que c’est fini, que la démonstration est faite, il recommence à nouveau, inlassablement, jusqu’à ce que le spectateur empathique se mette à supplier en silence que Marlo accepte La fameuse offre de son frère.
Tully est une belle jeune femme pétillante et mystérieuse, qui apparaît la nuit et disparaît au petit jour tel un vampire, un vampire très bienveillant. Elle s’occupe du bébé, mais aussi de Marlo, la féminité en friche et le moral en berne. Une jeune femme que Marlo regarde avec envie (« A 26 ans, tout vous est possible » lui lance-t-elle un jour de grande discussion), peut-être avec nostalgie, comme le personnage de Sandrine Kiberlain regardait celui d’Agathe Bonitzer dans La Belle et la Belle de Sophie Fillières. Quand le soir, elle rejoint Drew son mari, après l’habituel échange galvanisateur qu’elle a avec Tully, c’est pour le retrouver avec la manette de sa console aux mains, le casque sur les oreilles, abruti de travail et inconscient de la charge physique et mentale que sa femme supporte, se réfugiant derrière l’aide récente que Tully apporte.
L’image peut être caricaturale, mais elle dit une réalité qui n’est en effet pas loin de sa propre caricature, tant le spectateur peut se reconnaître dans le quotidien dessiné par le cinéaste. En effet, même si le reste du casting abat un boulot très convenable, Charlize Theron, également productrice du film, est admirable d’intensité et de vérité dans Tully. N’hésitant pas une fois de plus à casser son image glamourissime, elle se forge un corps très convaincant pour un personnage marqué par trois grossesses assez rapprochées. Avec une prise de poids de plus de 20 kilos, encore plus que pour Monster de Patty Jenkins, elle témoigne d’un engagement spectaculaire dans le film, dont le cœur du sujet est la parentalité, et plus particulièrement la difficulté d’être mère dans nos sociétés modernes. La dépression qui entoure son personnage est plus vraie que nature…
Critiqué lors de sa sortie américaine par certaines personnes qui reprochent à Jason Reitman de ne pas nommer la dépression postpartum de Marlo comme une sorte de maladie qu’il convient de faire soigner, Tully est pourtant un très beau film sur la maternité comme très peu, voire rarement de films le font : loin du glamour qu’Hollywood s’obstine à peindre, surtout quand la mère est une jeune quadra, mais engluée plutôt entre les tire-laits et le désordre d’une maison et d’une vie qui la dépassent un peu. C’est un bel hommage aux mères qui besognent en silence, une œuvre piquante et émouvante.
Tully – Bande annonce
Tully – Fiche technique
Titre original : Tully
Réalisateur : Jason Reitman
Scénario : Diablo Cody
Interprétation : Mackenzie Davis (Tully), Charlize Theron (Marlo), Mark Duplass (Craig), Ron Livingston (Drew), Elaine Tan (Elyse), Lia Frankland (Sarah), Asher Miles Fallica (Jonah)
Photographie : Eric Steelberg
Montage : Nicolas le Du
Musique : Rob Simonsen
Producteurs : Charlize Theron, Aaron L. Gilbert, Jason Reitman, Diablo Cody, A.J. Dix, Helen Estabrook, Beth Kono, Mason Novick
Maisons de production : Bron Studios, Right of Way Films, Denver and Delilah
Productions, West Egg Studios
Distribution (France) : Mars Films
Durée : 95 min.
Genre : Comédie, Drame
Date de sortie : 27 Juin 2018
USA – 2018
La Casa de Papel est LE phénomène espagnol inattendu qui relaye au second plan les blockbusters américains. C’est une série espagnole, explosive, elle bouscule notre réflexion et fragilise un peu plus l’équilibre du modèle capitaliste. Attention cette série peut donner une furieuse envie de sortir avec une fourche et marcher l’arme au poing dans la rue. Autopsie sur la révélation en termes de séries cette année produite par Álex Pina et mise en lumière par Netflix.
La Casa de Papel est produite par Álex Pina, il jouit d’un palmarès cinématographique plutôt restreint, sa carrière débute en tant que scénariste en 1996 après un parcours de journaliste. Fin 2016 il fonde sa société de production « Vancouver Media » et lance un premier format nommé : « La Casa de Papel ». Elle est diffusée sur Antena 3 le 2 mai 2017 et réunit plus de quatre millions de téléspectateurs. Puis c’est en décembre 2017 que Netflix redistribue la première partie de ce qui va devenir un événement viral dans le monde des séries télévisées.
Synopsis : Un homme mystérieux, surnommé le Professeur (El Profesor), planifie le meilleur braquage jamais réalisé. Pour exécuter son plan, il recrute huit des meilleurs malfaiteurs du pays qui n’ont rien à perdre. Le but est d’infiltrer la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre afin d’imprimer 2,4 milliards d’euros, en moins de onze jours et sans verser une goutte de sang – malgré la présence de 67 otages, dont la fille de l’ambassadeur du Royaume-Uni.
Une idée de scénario connue du public
Le concept est simple, un braquage hyper-organisé qui fait écho à de nombreux films tel qu’Ocean’s eleven et suites, Braquage à l’italienne, Inside Man, Braquage à l’ancienne… Vous l’aurez compris, l’idée de base n’a rien de novateur, cependant, la chorégraphie proposée se révèle être une vraie surprise.
L’histoire est comptée par l’un des personnages centraux, nous suivons alors son intégration au sein d’une équipe anonyme (tous affublés de noms de villes) pour mener une opération toute aussi inédite que périlleuse. L’action oscille entre la mise en œuvre de ce plan machiavélique empreint de mystère et l’immersion dans sa préparation sous forme de flash-back. On découvre l’organisation minutieusement imaginée par un talentueux chef d’orchestre, qu’il s’agisse du réalisateur ou du « professeur », tout deux sont à la tête de cette entreprise à succès.
Le spectateur observe sous plusieurs angles l’intrigue. Il découvre la parade mise en place par les forces de l’ordre qui font appel à une négociatrice, brillamment interprétée par Itziar Ituño et l’action en temps réel sur le lieu du braquage. Dans cette chorégraphie à la temporalité morcelée pas de place pour l’ennui ou la confusion, le spectateur est happé par un scénario dans lequel l’intensité ne baisse jamais. L’inventivité nous tient en haleine ne serait-ce qu’au niveau des costumes que nous vous laissons découvrir… La Casa de Papel nous pousse à une réflexion et réveille les contradictions que l’on trouve à la base de nos sociétés capitalistes. La volonté du réalisateur était-elle de faire naître en nous un puissant sentiment pour valoriser le sens de la rébellion ? C’est la thèse qui semble apparaître tout au long des épisodes, aurez-vous la même lecture ?
Le Professeur, Tokyo, Berlin ou encore Nairobi
Comment écrire sur La Casa de Papel sans parler des acteurs, de leur interprétation talentueuse et de l’authenticité de leur jeu ? Impossible !
D’abord parce que nous nous immisçons dans ce projet fou en suivant Úrsula CORBERÓ alias Tokyo, actrice principalement connue pour son rôle dans Physique ou Chimie…elle y retrouve d’ailleurs Enrique Arce.
La tête d’affiche se nomme Álvaro Morte alias le Professeur. C’est une figure célèbre du petit écran avec une quinzaine de séries à succès en Espagne mais inédite en France. Il est le personnage central qui donne le « La » de ce casse à l’ampleur extrême. Sa tenue vestimentaire est en adéquation avec son pseudonyme : lunettes larges, veste, chemise et cravate. Cependant, dans un premier temps, il ne crève pas l’écran par son charisme on pourrait même le qualifier de plutôt fade. Une première impression qui, au fur et à mesure des épisodes, sera vite balayée.
Peu à peu, il se révèle et s’impose, mettant à exécution son plan d’action finement élaboré. Il jongle entre un habile contrôle à distance de son armée de braqueurs tout en contrant les multiples tentatives d’intervention de la police. Cela aurait pu être d’une simplicité sans faille mais c’était sans compter sur le facteur humain et plus précisément son aspect sentimental. Fait qui laisse planer une part d’incertitude dans la réussite de l’exercice, même en suivant une partition sans fausses notes.
Nous tenions sincèrement à faire un clin d’œil à Pedro ALONSO qui s’est révélé au travers de Berlin. Personnage central chargé des opérations lors de ce siège de tous les dangers, il excelle dans ce rôle de psychopathe antipathique et interroge le spectateur quant à son lien avec le Professeur et son statut privilégié.
L’interprétation réaliste plonge ceux derrière l’écran au cœur de la tourmente, ne sachant plus qui il est souhaitable, éthiquement parlant, de soutenir. C’est l’un des messages assez clair : les clans des gentils et des méchants ne sont plus aussi précisément définis et tendent à s’inverser.
Bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao, ciao…
La série est rythmée lors des moments forts par le chant de révolte Italien « Bella ciao » qui célébrait l’engagement des partisans au combat :
« À l’origine, Bella Ciao est une musique yiddish. En Italie dans les années 30, la fille d’un violoniste ambulant apprend cette chanson par sa grand-mère. Elle travaille dans les rizières et fredonne souvent de cet air avec les autres mondines. Ce sont des saisonnières qui travaillent toute la journée le dos courbé les pieds dans l’eau sous le regard de surveillants. De quoi instiguer la révolte. Ce sont les premières à ajouter des paroles révolutionnaires sur cette mélodie.
Hymne de toutes les résistances
La jeune fille s’engage ensuite dans la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale pour combattre le fascisme. Ce n’est qu’en 1944 que les paroles commencent vraiment à ressembler à celles qu’on connaît aujourd’hui. « Bella Ciao » va progressivement s’imposer comme l’hymne de la résistance italienne.
Cette chanson a traversé les époques et a été traduite dans plusieurs langues. C’est le chant de toutes les résistances, contre les pogroms, le fascisme, le capitalisme. C’est la lutte contre l’oppression, l’espoir de liberté. » (lien via France Info)
La chanson et la mélodie ont depuis été reprises de nombreuses fois, victimes du succès connu par La Casa de Papel. Un engouement à la hauteur de celui qu’a fait naître cette dernière. Le choix du réalisateur d’associer à son œuvre cet hymne nous pousse à percevoir un peu plus le message de révolte, message chanté par ce fameux Professeur mais aussi par les autres personnages. Nous pouvons y déceler un air accompagnant la bataille qu’ils mènent contre la police mais surtout contre le symbole sociétaire qu’est la Fabrique de la monnaie.
Une expérience télévisuelle éloquente
C’est avec un œil plus critique que nous regardons notre quotidien après la fin de la partie deux, légèrement bouleversés par le discours véhiculé au travers de La Casa de Papel. Nous pouvons attendre encore de nouveaux chamboulements car une saison 3 est prévue pour 2019. Elle sera produite et diffusée par Netflix et toujours sous la direction d’Álex Pina. Il ne devrait pas y être question d’un nouveau braquage mais plutôt d’y suivre l’évolution des personnages.
Nous apprenons également qu’une quatrième saison est d’ores et déjà signée. Nous nous serions pourtant contentés des deux parties existantes et de la chute qui nous est offerte. Espérons que celles-ci ne se révèlent pas décevantes et n’effacent pas le souvenir agréable laissé lorsque nous écrivons cet article.
Fiche technique : La Casa de Papel
Création : Álex Pina
Réalisation : Jesús Colmenar, Alex Rodrigo, Alejandro Bazzano, Miguel Ángel Vivas et Javier Quintas
Scénario : Esther Martínez Lobato, Javier Gómez Santander, Pablo Roa, Fernando Sancristóval, David Barrocal et Esther Morales
Casting : Úrsula Corberó, Itziar Ituño, Álvaro Morte, Paco Tous, Pedro Alonso, Alba Flores, Miguel Herrán, Jaime Lorente, Darko Peric, Esther Acebo, Enrique Arce, María Pedraza, Darko Peric, Roberto García, Kiti Mánver
Sociétés de production : Vancouver Media, Atresmedia et Netflix
Sociétés de distribution (télévision) : Antena 3 (Espagne) Netflix (monde)
Genre : dramatique, braquage, thriller
Durée : 50 à 70 minutes environ
Date de diffusion : 2 mai 2017
Nombre d’épisodes : 15 (deux parties)
Concours : À l’occasion de la sortie en salle le 11 juillet 2018, de The Strange Ones, un premier long métrage américain réalisé par Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein, avec Alex Pettyfer (Magic Mike de Steven Soderbergh), gagnez 5 places pour aller voir le film au cinéma.
SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE
A bord de leur voiture, Sam et Nick sillonnent les routes de campagne américaine. Pour certains qu’ils croisent, ils sont deux frères partis camper, pour d’autres, des fugitifs. Durant ce road-trip, de mystérieux événements surviennent, faisant peu à peu éclater la vérité au grand jour…Porté par une interprétation remarquable et une mise en scène brillante, entre cauchemar et réalité, The Strange ones traite avec infiniment de tact de problématiques complexes et fascinantes : des désirs troubles et des secrets inavouables de l’adolescence, de la perte de l’innocence, d’abus et de violences familiales, de psyché perturbée, d’angoisse latente…Constamment mystérieux, hypnotique, ce thriller pose jusqu’au final au spectateur une multitude de questions, en lui laissant toute latitude pour l’interprétation.
Présenté en compétition des longs métrages américains au Champs Élysées Film Festival, ce thriller a obtenu le Prix du Jury et le prix Cannes Ecran Junior lors de la reprise à Grenoble.
Réalisation : Christopher Radcliff, Lauren Wolkstein
Scénario : Christopher Radcliff
Avec Alex Pettyfer, James Freedson-Jackson, Emily Althaus, Gene Jones, Owen Campbell, Tobias Campbell
Image : Todd Banhazl
Montage : Christopher Radcliff, Lauren Wolkstein
Musique : Rob Lowry
Costumes : Mitchell Travers
Production : Adastra Films, Relic Pictures
Produit par Sébastien Aubert, Michael Prall, Eric Schultz
Distributeur : Epicentre Films
Genre : Drame, Thriller
Durée : 1h 21min
Date de sortie : 11 juillet 2018
Les deux cinéastes new-yorkais adaptent leur court-métrage Deux inconnus, datant de 2011, assemblée comme un puzzle, The Strange Ones est un road trip sombre, à la lisière du fantastique, sur une partition musicale de Brian McOmber et les synthés de Rob Lowry, portée par le duo d’acteurs James Freedson-Jackson aperçu dans la série Jessica Jones, et Alex Pettyfer (Stormbreaker, Numéro quatre, Sortilège…).
Modalités du jeu concours
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Love, Simon réussit une des choses essentielles au cinéma : faire rire pour faire réfléchir. En se plaçant porte parole d’une communauté pour laquelle il milite, le réalisateur Greg Berlanti donne la parole à ceux qui l’ont peu et offre aux adolescents un personnage dans lequel se retrouver et se rassurer.
synopsis : On mérite tous une première grande histoire d’amour. Pourtant pour le jeune Simon, c’est compliqué. Il a une vie normale, dans une famille qu’il adore, et est entouré d’amis extraordinaires, mais il garde pour lui un grand secret : personne ne sait qu’il est gay et il ne connaît pas l’identité de son premier coup de cœur, avec qui il communique en ligne. Alors que son secret est menacé d’être révélé, la vie de Simon bascule dans une aventure aussi drôle que bouleversante… Ses amis prendront alors une place essentielle pour l’aider à changer sa vie et découvrir le premier amour.
/ n’a jamais eu l’ambition de renouveler totalement la forme cinématographique, ce n’est pas le défi du film et il n’en a pas la qualité. Mais il n’est pour autant pas chose aisée de trouver des aspects franchement négatifs à cette histoire qui peut difficilement laisser insensible. Le film parle directement aux adolescents et si l’on s’attend de prime abord à une version LGBTQI+ et coming out de Nos étoiles contraires, Love, Simon dépasse de loin ces craintes. En déjouant le piège du film pour ado à l’eau de rose, Greg Berlanti possède la capacité de sensibiliser les ados aux questions du regard des autres dans la découverte de soi de manière apaisée et naturelle. En retrouvant une partie du casting de la série 13 reasons why et le talent prometteur de Nick Robinson, l’identification est simplifiée et les émotions multipliées pour ceux dans les salles à qui l’histoire parle par leurs âges ou expériences.
Jamais moralisateur, le film ouvre le dialogue et offre une vague d’optimisme qui fait du bien quant à la réaction de la famille et de l’entourage au coming out de Simon. Mais le scénario pointe le doigt sur le réel coupable des peurs inconscientes et intériorisées dont sont victimes les ados. La société. Cela n’a jamais été un secret pour personne et on parle de plus en plus du modèle si binaire dans lequel nous tentons tous d’évoluer. Qu’est ce que le coming out et pourquoi ça existe ? Pourquoi doit-on crier haut et fort qui l’on est si l’on n’appartient pas à la catégorie considérée comme normale ? Avec une séquence hilarante où des personnages mettent en scène leur coming out hétérosexuel, le film se moque librement de ce système discriminant et le condamne avec humour. Mais tout n’est pas traité avec comique et décalage, certaines scènes sont aussi sérieuses que touchantes et c’est bien de cette manière que le film réussit à nous prendre d’affection pour son personnage principal.
Love, Simon fuit les clichés et ça fait enfin du bien ! Même quand on croit qu’il sombre dedans en voyant Simon chercher comment s’habiller comme un gay sur internet, on le voit apparaître habillé comme à son habitude dans la scène suivante. Le scénario est d’une grande intelligence qui rend le tout très efficace et oscille entre une sensibilité toujours bien dosée et une insertion directe de la musique ou de l’humour qui donne une dynamique très réussie.
Love, Simon : Bande Annonce
Love, Simon : Fiche Technique
Réalisation : Greg Berlanti
Scénario: Elizabeth Berger, Isaac Aptaker (d’après l’œuvre de) : Becky Albertalli
Interprétation : Nick Robinson, Jennifer Garner, Josh Duhamel, Katherine Langford, Alexandra Shipp, Keiynan Lonsdale, Jorge Lendeborg Jr.
Image: John Guleserian
Montage: Harry Jierjian
Musique: Rob Simonsen
Décors : Aaron Osborne, Britain Cramer
Costumes : Eric Daman
Producteur(s): Wyck Godfrey, Marty Bowen, Bouya Shahbazian, Isaac Klausner
Société de production: Temple Hill, Fox 2000 Pictures
Distributeur: Twentieth Century Fox France
Durée : 109 minutes
Genre : drame, comédie, romance
Date de sortie : 27 juin 2018
Le cinéma islandais s’émancipe de ses influences pour proposer de plus en plus de mouvements dans le septième art. Benedikt Erlingsson est l’un des réalisateurs les plus marquants de ce pays à petites productions, et propose avec Woman at war, une sublime comédie aussi loufoque que réaliste. Le cinéaste divertit son public en gardant les pieds sur terre et en ne quittant jamais des yeux son engagement écologique.
Synopsis : Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l’industrie locale de l’aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les Hautes Terres d’Islande… Mais la situation pourrait changer avec l’arrivée inattendue d’une petite orpheline dans sa vie…
Qualifié comme le Peau d’âne de l’écologie par les journalistes après sa projection à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2018, Woman at War avait marqué les esprits par son originalité. Récompensé par le Prix SACD, le film montrait avec ‘En liberté’ de Pierre Salvadori, lauréat lui aussi pour la Quinzaine des réalisateurs, la volonté de récompenser un cinéma moderne en marge de certains codes et créant les siens. Un cinéma nouveau, plutôt burlesque dont le genre de la comédie avait bien besoin.
Pour leur seconde collaboration, le réalisateur Benedikt Erlingsson et l’actrice Halldora Geirhardsdottir mettent en scène leur engagement contre l’industrie d’aluminium qui est en train de défigurer l’Islande. Le film introduit donc une super héroïne armée d’un arc et d’un masque de Nelson Mandela qui se bat pour ses valeurs et défend avec acharnement les beaux paysages de son pays. Woman at war est une comédie intelligente qui place cette femme en personnage principal et qui se veut à la fois comique, burlesque et politique. Le mélange des genres n’est pas une réelle intention du réalisateur qui a écrit et tourné comme il en avait envie mais le résultat est là, très riche de sa diversité de contenus. Avant d’interroger sur l’état du monde, le film fait sourire et même rire par son décalage. C’est là le point fort du cinéaste qui divertit tout en restant sérieux. Ce côté loufoque provoque quelques longueurs au milieu du film où l’héroïne stagne dans une ambiance qui change peu, mais elles sont vite oubliées grâce aux scènes d’action aussi prenantes qu’agréables à l’œil. Toute une partie du film repose sur un dilemme entre vie personnelle et engagement politique. Et bien que ce choix ne soit souvent qu’effleuré au profit de scènes de courses-poursuites en pleine nature, il a toute son importance dans ce qu’il livre sur le personnage principal et son humanité.
Le réalisateur est aussi un homme de théâtre et ses influences dramatiques se retrouvent largement dans sa manière de mettre en scène son intrigue. L’insertion de la musique dans l’image en rendant visible les musiciens donne au spectateur l’impression de voir une pièce se dérouler sous ses yeux. Mais le cinéma offre ce que le théâtre ne peut pas donner, avec un esthétisme brillant qui ne fait que sublimer les paysages islandais déjà magnifiques.
Woman at War : Bande Annonce
https://www.youtube.com/watch?v=TFxz4oNfBV0
Woman at War : Fiche Technique
Titre original : Kona fer í stríð
Réalisation : Benedikt Erlingsson
Scénario : Benedikt Erlingsson
Interprétation : Halldora Geirhardsdottir, David Thor Jonsson, Magnus Trygvason Eliasen
Image : Bergsteinn Björgúlfsson
Montage: David Alexander Corno
Musique: David Thor Jonsson
Producteur(s): Mariane Slot, Benedikt Erlingsson, Carine Leblanc
Société de production: Slot Machine, Vintage Pictures
Distributeur: Jour 2 fête
Récompenses : Prix SACD à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2018
Durée : 61 minutes
Genre : comédie
Date de sortie : 4 juillet 2018
Concours Magnum : un mois après la sortie de la saison 1, Elephants Film sort le 27 Juin 2018, la saison 2 de la série culte des années 80’s, à cette occasion, remporte ton coffret.
SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE
Détective privé, l’ancien combattant de la guerre du Viêt Nam, ex-officier de la navy américaine, Thomas Magnum, s’occupe désormais de la sécurité d’une des propriétés luxueuse du célèbre écrivain de polars Robin Masters située à Oahu dans l’archipel d’Hawaii. Magnum partage le domaine avec Jonathan Quayle Higgins III, un majordome britannique rigide, ancien soldat de l’armée des Indes. Higgins supporte mal la décontraction de Magnum et lui rend la vie difficile avec ses deux dobermans, Zeus et Apollon. Le privé à l’allure désinvolte résout ses affaires accompagné de ses amis Rick et T.C. et de sa ferrari.
https://www.youtube.com/watch?v=gSmBRHTyPR4
Magnum Saison 2 : La version restaurée en haute définition contient le livret de présentation de la série par Thierry Le Peut, photos et guide des épisodes (24 pages) et une interview exclusive de Donald Bellisario.
Liste des épisodes de la saison 2 des enquêtes de l’irrésistible Thomas Magnum.
De l’action, des missions toujours captivantes et ce fameux humour !
Contient l’intégrale de la saison 2 (22 épisodes de 45 minutes) :
– Billy Joe (Billy Joe Bob) – Le Chenal maudit (Dead Man’s Channel) – Le Fantôme de la plage (The Woman on the Beach) – Asile politique (From Moscow to Maui) – Souvenirs ineffaçables (partie 1) (Memories Are Forever (1)) – Souvenirs ineffaçables (partie 2) (Memories Are Forever (2)) – Folie tropicale (Tropical Madness)
– La Dernière Vague (Wave Goodbye) – Mad Buck Gibson (Mad Buck Gibson) – L’Enlèvement (The Taking of Dick McWilliams) – Entrez dans la danse (The Sixth Position) – L’Auteur fantôme (Ghost Writer) – Le Terroriste (The Jororo Kill) – Un ordinateur pour deux (Computer Date) – Amnésie (Try to Remember) – La Prisonnière de la tour (Italian Ice) – Une rude saison (One More Summer) – La Preuve (Texas Lightning) – Illusion et réalité (Double Jeopardy) – La Dernière Page (The Last Page) – Un vrai professionnel (The Elmo Ziller Story) – Tout au dernier vivant (Three Minus Two)
Magnum, une série inoubliable à découvrir pour son look : Moustache & Ferrari, le soleil d’Hawaii, les personnages badass, la musique qui déchire de Mike Post, son générique, l’humour « méta », les guest stars comme Sharon Stone, Frank Sinatra, Ernest Borgnine, Morgan Fairchild… ou encore Orson Welles, la voix de Robin Masters et bien sur les canines d’Apollon et Zeus !
Entre Higgins et Magnum, une relation en mode “je t’aime moi non plus”
A gagner : 3 Coffrets – MODALITÉS DU JEU
Pour participer à notre concours, il vous suffit de compléter le formulaire avant le 13 Juillet 2018. Pour augmenter vos chances, abonnez-vous à notre page Facebook ou notre compte Twitter. Renseignez vos réponses, vos coordonnées et cliquez à chaque étape sur les boutons « Suivant », puis « Envoyer » situés en bas du formulaire. Attention, aucune réponse mise en commentaire ne sera validée. En cas de problème, contactez-nous en utilisant le formulaire de contact.
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Presque vingt ans après la sortie coréenne, Joint Security Area va être distribué dans les salles françaises. L’occasion de voir le premier film majeur de Park Chan-wook, parfaitement réalisé et encore très pertinent aujourd’hui au vu de l’actualité entre les deux Corée.
Sorti en 2000 dans la péninsule coréenne, Joint Security Area (JSA) était inédit sur les écrans français. Jusqu’à aujourd’hui puisque le distributeur La Rabbia s’est chargé d’une remasterisation pour lui offrir une nouvelle vie dans les salles obscures hexagonales. Il faut dire que Park Chan-wook est incontestablement le réalisateur du Pays du Matin Calme le plus adulé de sa génération. Véritable succès dans son pays, JSA permettra à Park Chan-wook d’embrayer sur sa Trilogie de la Vengeance initié par Sympathy for Mister Vengeance et conclu par Lady Vengeance avec en point d’orgue la déflagration que fût Old Boy, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2004. En 2016, le cinéaste est retourné sur la Croisette où il a présenté Mademoiselle en compétition internationale, mais qui fût injustement oublié du palmarès. La ressortie de JSA n’est pas anodine au vu de l’estime portée à la filmographie de Chan-wook et de l’actualité brûlante autour des deux Corée. Critique de cinéma dans les années 1990, Park Chan-wook combinait sa profession avec la réalisation de courts et longs métrages qui ne sortaient jamais des frontières de son pays. Pour ce film de commande, le réalisateur s’est entouré de trois scénaristes et a demandé à ce qu’un personnage féminin soit intégré à l’intrigue pour éviter un film trop masculin. Le sujet est sensible car jusqu’en 1997 une censure sud-coréenne prédominait et interdisait de mettre en images la division des deux pays. Pour éviter un scandale, le film a entièrement été tourné en studio et pour l’anecdote, le décor du film existe toujours et peut être visité. A la sortie du film, les politiques -de gauche comme de droite- se sont insurgés contre ce qu’ils appelaient soit une trahison, soit une honteuse récupération commerciale. Cela n’empêchera pas le film de réaliser six millions d’entrées dans son pays, preuve que le public était concerné et intéressé par un tel sujet.
A la suite d’une fusillade sur la Zone Commune de Sécurité qui sépare les deux Corée, un incident diplomatique a logiquement lieu. Les tensions vives des deux pays ennemis inquiètent les autorités internationales et une suissesse chargée de l’enquête va être envoyée sur place pour déterminer la nature de l’incident. Deux morts ont été retrouvés, mais les coupables sont déjà arrêtés. Ce qui intéresse les instances politiques, c’est le pourquoi de cet incident. La vérité ne sera pas si évidente. Dans ce propos, ce qui est intéressant, c’est que Park Chan-wook va interroger la notion du regard. L’objectivité ne pouvant pas avoir recours ici puisque les caméras de surveillance et les photographies ne montrent rien ou se focalisent sur l’inutile, voire détournent de la véritable signification des images. Chacun y va de sa manipulation et de ses idées préconçues – y compris le spectateur- pour tenter de dénouer l’affaire. Park Chan-wook use d’un montage complexe pour montrer à sa manière les événements et les comprendre. Ainsi à mi-parcours, ce n’est plus le travail de l’enquêtrice qui intéresse le spectateur, le regard se détourne pour se focaliser sur les flashbacks des différents protagonistes de l’affaire. D’un thriller policier, JSA se mue étonnamment et progressivement en un feel-good movie où les soldats ennemis de la frontière se mettent à pactiser dans l’ombre de leur hiérarchie pour (re)trouver une fraternité réconfortante. Ils jouent à des jeux, évoquent leurs vies respectives et tâchent le plus possible de ne pas évoquer leurs opinions communes. On rit de ces soldats d’un conflit qu’ils ne veulent pas, s’amuser à se cracher dessus, à se taquiner et à s’offrir des cadeaux. De grands adultes qui deviennent des gamins l’instant d’une nuit pour oublier les conflits et construire une humanité touchante. A cet instant, l’intérêt est désormais de savoir ce qui a pu aboutir à la tragédie. Les engagements politiques de chacun restent figés engrangeant quelques débats piquants et la peur d’être repérés par les hiérarchies communes distillent des sources de tension dans le groupe. C’était une belle intention qui se conclut par une finalité bouleversante où l’inévitable s’est joué.
Un récit puissant sur le conflit nord-sud coréen vu sous le prisme de l’amitié qui trouve quelques beaux moments de légèreté avant une tragédie inéluctable. A noter un montage saisissant, non linéaire et permettant de distiller une tension bouleversante. Park Chan-wook avait déjà tout d’un grand.
Que dire de ce casting impeccable qui permet d’avoir de jeunes interprètes dans des rôles ambitieux et que l’on prendra plaisir à revoir par la suite chez Park Chan-wook ou ailleurs. Tout d’abord, Lee Yeong-ae (le Major Sophie Jean, chargée de l’enquête) qui apporte un regard extérieur fort et s’impose comme un personne féminin déterminé face au machisme des rangs et qui retravaillera avec Park Chan-wook six ans plus tard dans Lady vengeance. On ne présente désormais plus Song Kang-ho (le sergent nord-coréen Oh), incroyable d’humanité dans son rôle de soldat nord-coréen et véritable « muse » du cinéaste, présent dans la quasi-totalité de sa filmographie (de Sympathy for Mr Vengeance à Thirst) et le grand complice de Bong Joon ho, tenant les premiers rôles de Memories of murder, de The Host et Snowpiercer. Lee Byung-hun (le sergent sud-coréen Lee) incarne un soldat désabusé par sa situation et le conflit qui l’entoure. Le succès du film le propulsera sur le devant de la scène et collaborera à de nombreuses reprises avec Kim Jee-woon (A Bittersweet life, Le bon, la brute et le cinglé, J’ai rencontré le diable) avant une incursion par Hollywood (Terminator Genisys, Les 7 Mercenaires). Le casting est révélateur des inquiétudes humaines et de l’angoisse géopolitique qui règne, et à ce petit jeu, les interprètes sont remarquables. Park Chan-wook dira que face à ces performances, il lui a fallu se mettre à leur niveau et mettre correctement en valeur la transmission des émotions. Et il est incontestable de reconnaître que le réalisateur a su utiliser toute la lumière de son talent pour instaurer une tension, distiller des indices énigmatiques, mettre en avant l’absurdité de la situation, jouer avec le regard du spectateur et le faire douter sur la vérité. Pas étonnant que le Sueurs Froides (Vertigo) d’Alfred Hitchcock soit cité comme son inspiration principale. Remercions La Rabbia pour ce travail de distribution car il donne une opportunité immanquable de voir ou revoir Joint Security Area sur grand écran dans une version 4K d’excellente facture et de découvrir le travail d’un cinéaste qui marquera internationalement la décennie suivante. Le film n’a pas perdu de son charme et conserve encore un propos d’actualité fort. Une nouvelle preuve que la Corée du Sud est un joyau de la production cinématographique mondiale. Depuis la sortie de Mademoiselle, Park Chan-wook est occupé par l’adaptation de La Petite Fille au Tambour de John Le Carré en série télévisée.
Bande-annonce VOST : Joint Security Area
Synopsis : A la suite d’une fusillade dans la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area) séparant les deux Corée : deux soldats de l’armée nord-coréenne sont retrouvés morts. Cette affaire donne lieu a un incident diplomatique majeur entre les deux pays. Afin que la situation ne dégénère pas, une jeune enquêtrice suisse est chargée de mener les auditions des soldats qui étaient en poste… Elle se rend très vite compte que les divers témoignages rendent l’enquête complètement indémêlable… Que s’est-il vraiment passé, ce soir-là, entre les soldats des deux Corée, dans la Zone Commune de Sécurité ?
Fiche technique : Joint Security Area
Titre original : Gongdong gyeongbi guyeok JSA
Réalisation : Park Chan-Wook
Scénario : Park Chan-Wook, Seong-san Jeong, Hyeon-seok Kim, Mu-yeong Lee
Avec Yeong-ae Lee (Maj. Sophie E. Jean), Byung-Hun Lee (Sgt. Lee Soo-hyeok), Kang-ho Song (Sgt. Oh Kyeong-pil), Tae-woo Kim (Nam Sung-shik), Ha-kyun Shin (Jeong Woo-jin)
Photographie : Sung-Bok Kim
Montage : Kim Sang-beom
Production : CJ Entertainment, Intz.com, KTB Network, Myung Film Company Ltd
Distributeur : La Rabbia
Récompenses : En Compétition au Festival de Berlin 2001, Meilleur Film, Meilleur Acteur (Kang-ho Song) et Prix du Public au Festival du Film Asiatique de Deauville 2001,
Genre : Drame, Thriller
Durée : 1h50min
Date de sortie : 27 juin 2018 (Première sortie française)