Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Présenté en compétition officielle au FIFAM 2024, "Diaries from Lebanon" est un documentaire de Myriam El Hajj. Il suit le combat de trois libanais à travers le regard d'une femme engagée pour son pays, même quand tout s'effondre. Chacun des protagonistes s'interroge sur le sens de son combat et l'avenir d'un pays qui traverse de multiples crises.
Projeté en ouverture du festival du film francophone Les Œillades d'Albi, "Le Choix du pianiste", réalisé par Jacques Otmezguine, met en scène le jeune Oscar Lesage, brillant interprète de l’émouvante partition de François Touraine, grand virtuose du piano au destin ébranlé par les heures sombres de la Shoah. Un drame historique à la fois ample et profond dans lequel le réalisateur de "Prunelles Blues" raconte en trois périodes éclatées la trajectoire sinueuse et sacrificielle d’un amour scellé à jamais par la musique symphonique.
En compétition officielle au FIFAM 2024 , "La piel en primavera" est un portrait de femme, premier film de Yennifer Uribe Alzate. La réalisatrice colombienne y suit la libération sensuelle d'une agente de sécurité entre amour vécu, désir et réappropriation de son corps.
Grâce à la performance magnétique d’une Nisrin Erradi au regard étincelant, inondé de tendresse et de déchirements intérieurs, "Everybody Loves Touda", neuvième long-métrage de Nabil Ayouch, capture l’aura lumineuse d’une femme forte et talentueuse, déterminée à lutter sans relâche contre les injonctions d’une société patriarcale marocaine corsetée dans des croyances rétrogrades. À travers ce personnage qui oscille entre délicate quête d’amour et indestructible volonté d’indépendance, Nabil Ayouch parvient à dépasser le récit individuel pour mener une réflexion politique collective sur le corps des femmes.
Présenté au FIFAM 2024 dans la catégorie "Afrofuturismes et futurismes africains", Neptune Frost est une fresque visuelle et poétique signée Saul Williams et Anisia Uzeyman. Entre révolution technologique, questionnement identitaire et esthétique queer, le film propose un voyage sensoriel hors des codes traditionnels, porté par deux personnages emblématiques, Neptune et Matalusa.
Les Reines du drame, réalisé par Alexis Langlois, est présenté au FIFAM 2024 en avant-première et dans la catégorie "coups de cœur" du festival amiénois. L'occasion d'une rencontre avec Alexis Langlois et Marine Atlan (directrice de la photographie).
"L’Attachement" est un film coup de cœur qui capte la beauté et la tristesse de la vie avec tendresse et justesse. Une comédie dramatique réaliste, touchante et sublimée par son magnifique quatuor d’acteurs. À ne pas manquer !
"Maman déchire" est présenté dans le cadre du FIFAM 2024 dans la catégorie "filmer seul.e". Il fait également partie de la sélection d'avant-premières du festival et a été l'occasion d'une rencontre avec sa réalisatrice. Emilie Brisavoine avait déjà marqué les esprits avec "Pauline s'arrache" en 2015, un documentaire sur sa sœur et par extension sa famille. De retour avec un récit familial, intime, elle parle de sa mère, tente de parler à sa mère. Une histoire personnelle qui rejoint la communauté de nos récits collectifs.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.