Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
En dehors de la Compétition, la section Un Certain Regard du Festival de Cannes met en lumière des films originaux réalisés par des cinéastes encore méconnus. Avec "My Sunshine", le japonais Hiroshi Okuyama, qui pourrait revendiquer l’héritage d’Hirokazu Kore-eda, nous fait découvrir un drame sensible inspiré de ses souvenirs d’enfance. En mettant en scène un duo de patineurs dans la fleur de l’âge, très différents mais unis dans la danse, il nous renvoie avec un brin de nostalgie aux sources de la jeunesse.
Après "Titane", Palme d’Or en 2021, le Festival de Cannes présente un nouveau body horror bien saignant, "The Substance" réalisé par la française Coralie Fargeat. Un thriller féministe horriblement jouissif, traitant de notre rapport au corps, à l’apparence et à la célébrité, qui pimente enfin une Compétition jusqu’ici un peu lisse. Si le traitement, pas toujours subtil, de ces thématiques tombe dans une surenchère finale à rallonge, "The Substance" compose une œuvre singulière, dérangeante, dégoûtante, qui ne laissera personne indifférent.
L'ascension de Donald Trump n'est plus une fiction jusqu'à aujourd'hui. Ali Abbasi s'est emparé de l'une des figures américaines les plus controversées. Avant même que l'on s'attarde sur la présidence du "guerrier solitaire", "The Apprentice" nous donne à voir comment un homme aussi peu confiant et charismatique s'est bâti un empire financier conséquent.
Plus de trente ans après "Danse avec les loups", Kevin Costner a monté les marches cannoises pour introduire le premier chapitre de son "Horizon : une saga américaine", un western ambitieux sur la conquête de l’Ouest américain. Si le film nous offre des paysages magnifiques, il se perd dans l’exposition fastidieuse, très lente et étirée, d’un panel d’intrigues entremêlées. Espérons que le second volet corrige le tir de cette course au colonialisme lancée au ralenti. Et pas franchement palpitante.
Connu pour avoir scénarisé plusieurs scénarios de Scorsese ("Taxi Driver", "Raging Bull", "La Dernière Tentation du Christ"), Paul Schrader retrouve enfin le chemin de la Croisette. À peine sorti de sa trilogie de la rédemption ("First Reformed", "The Card Counter"", Master Gardener"), le cinéaste se penche à présent sur la mélancolie d’un vieil homme sur son lit de mort dans "Oh, Canada". Ses confidences sont ainsi étalées dans une ultime interview, celle qui défait les vérités et les mensonges racontés.
Présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes, dans une ambiance de feu, "The Surfer" offre un spectacle amusant, divertissant et un peu psychédélique. Quand Nicolas Cage croise la route d'une bande de surfers désobligeants et agressifs, c'est un lent et douloureux chemin de croix qui s'annonce. Surfer, c'est souffrir. Et souffrir, c'est surfer.
Impacté par la pandémie du COVID-19, le tournage de "Caught by the Tides" laisse planer toutes sortes d’incertitudes dans son déroulé, linéaire et ancré dans une réalité nostalgique et mélancolique. Au terme de la quatrième journée de la compétition cannoise, nous ne comptons plus les ovnis qui se sont crashés sur la toile. Cette œuvre chinoise représente sans doute la lettre d’amour la plus douce et amère que l’on a découvert depuis le début de la quinzaine.
Petite bulle solaire où l'on chante l'ivresse de l'adolescence, "Vingt dieux" est un premier film qui ne manque pas de sincérité et de tendresse. Louise Courvoisier nous promène au pays du Comté en y évoquant la force tranquille des habitants, qui sont quotidiennement amenés à encaisser un coup plus fort que le précédent. Une vie en campagne qui n'a pourtant rien de repoussant et c'est même tout le contraire.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.