Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
L’expression si chère aux réseaux sociaux « Expectations vs reality » n’aura jamais pris une tournure aussi sardonique. Par un inventif travail de montage fait de ruptures et d’ellipses, Borgli donne à son personnage des visions d’un futur qu’elle s’invente radieux… pour mieux la ramener dans sa réalité morbide.
Après la grande réussite du premier opus, les équipes de Sony Pictures Animation avaient un grand défi face à eux. Mais Spider-Man : Across the Spider-Verse est une immense réussite, qui réussit à transcender son modèle aussi bien d'un point technique qu'émotionnel.
Violence esthétisée et graphique, propos politique vague et vaguement rattaché à un contexte traumatique et sociétal (la banlieue étant le lieu fantasmé dans tous les sens comme étant le négatif de la société française, négatif qui fascine et qu'on rejette), c'est la formule qu'a choisie de pousser au maximum son nouveau film, Athena.
Pour ceux qui aborderaient Aux masques citoyennes avec quelques appréhensions - quant à raviver la période Covid -, sachez que le documentaire de Florent Lacaze est avant toute chose une aventure humaine bonifiante, dévoilée de manière humble et bon enfant.
Non ce n’est malheureusement pas une blague. Le grand Robert de Niro persévère dans sa dernière partie de carrière à officier dans les comédies douteuses de seconde zone, comme cette pitrerie datée et ce n'est pas joli à voir tant c'est raté, rarement drôle et à la limite du gênant.
Xavier Dolan est un cinéaste rempli de manies, de manières et au cinéma plein d'exercices de style poétiques. Le ralenti en est l’emblème qu'il sublime car il en fait un outil au service de l'émotion, qu'elle soit soulignée ou qu'elle attende d'exploser. Petite analyse à travers quelques films du réalisateur québécois.
Sous la direction visionnaire de Ramata-Toulaye Sy, ce premier long métrage dépeint avec subtilité l'équilibre fragile entre liberté et tradition, à travers l'exploration de l'islam, des superstitions peules et de la passion amoureuse.
Jusqu’à présent réalisateur de clips et de courts-métrages remarqués, Michael Marciano passe au moyen-métrage avec Mektoub, une histoire de gangsters qui recèle, plus qu’une intrigue policière, un plaidoyer féministe. Un positionnement sensible et élégant, qui permet de pardonner au film ses quelques maladresses.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.