Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Après deux mois d’exploitation dans les salles chinoises, New Gods : Nezha Reborn a trouvé un second souffle à l’international via Netflix au printemps 2021. Les mythes et légendes du folklore chinois s’ouvrent à nous dans un univers steampunk et cyberpunk, où les divinités se réincarnent afin de poursuivre les combats qu’ils mènent à travers toutes les générations. Entre le film de super-héros et d’arts martiaux, ce nouveau bijou d’animation promet une épopée épique et tragique.
Un Thriller psychologique indien nous fait suivre la destruction psychologique d'un jeune homme qui a fait de son idole du cinéma sa raison de vivre. Construit en deux parties il nous présente les deux versants de l'obsession: d'abord l'amour fusionnel puis le rejet mortifère.
Malgré quelques excellentes surprises, le DC Extended Universe n'a été qu'une succession d'échecs. Alors, comme frappé par un éclair de génie (qu'on aurait aimé voir dans The Flash), Warner a décidé de prendre sa première décision intelligente depuis des lustres : l'euthanasie. Laisser mourir pour reconstruire. C'est désormais sur un reboot complet, chapeauté par James Gunn, que se dirigeront les films de l'univers cinématographique DC. L'arc Gods and Monsters est lancé. Blue Beetle, auparavant destiné à la VOD et au Snyderverse, se retrouve propulsé au cinéma en tant que premier représentant de ce tout nouvel arc. Quelqu'un aurait un insecticide ?
À l'occasion des 100 ans de la Warner, des films mythiques du studio californien sont projetés dans nos salles. La Fureur de vivre (Rebel Without A Cause), œuvre culte qui a notamment consacré James Dean, est à l'honneur cette semaine. Ce film, à l'origine destiné à être une production de série B, met en scène les tourments d'un groupe d'adolescents dans l'Amérique d'après-guerre, et ne doit pas sa postérité qu'à la performance de ses acteurs.
Adapté d’un bref roman d'Henry James, La Bête dans la jungle de Patric Chiha est un drôle d’objet cinématographique, hiératique et languissant, mystérieux et étrange. Ode aux époques bafouées.
Entre l’autorité parentale défaillante et celui des hommes cupides, Infiltrée évoque le désir d’émancipation d’une jeunesse prise au piège dans un cycle de violence. Les gangs sont les nouveaux points de chute de pour ces enfants du Guatemala, qui ne peuvent pas toujours sortir du monde de la nuit ou celui de leurs bourreaux. Le courage d’une sœur peut-il suffire à rendre justice à ces âmes égarées ? Justin Lerner nous invite justement à cette réflexion.
Pendant plus de trente ans, entre Rome et Paris, Chloé Barreau écrit, photographie, filme sans relâche sa vie amoureuse, "une vie sous attentat d'amour" faite d'urgences, d'élans, d'ivresses et de mensonges, de passions et de souvenirs en germination, cette vie intime profondément romanesque est le cœur du nouveau documentaire de la cinéaste, Fragments d'un parcours amoureux, présenté à la 20eme édition des Giornate degli Autori dans la section Nuits Vénitiennes.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.