New Gods : Nezha Reborn, tout feu tout flammes

Après deux mois d’exploitation dans les salles chinoises, New Gods : Nezha Reborn a trouvé un second souffle à l’international via la plateforme de streaming Netflix au printemps 2021. Les mythes et légendes du folklore chinois s’ouvrent à nous dans un univers steampunk et cyberpunk, où les divinités se réincarnent afin de poursuivre les combats qu’ils mènent à travers toutes les générations. Entre le film de super-héros et d’arts martiaux, ce nouveau bijou d’animation promet une épopée épique et tragique.

Synopsis : Fan de course automobile, Li Yunxiang est un livreur banal, jusqu’à ce qu’il recroise de vieux ennemis et doive redécouvrir ses propres pouvoirs afin de protéger ses proches.

En à peine quatre films, le studio Light Chaser Animation s’est fait une place au festival d’Annecy, avec White Snake comme ambassadeur onirique, qui a convaincu la presse et le public. Le charme de son animation en CGI et les légendes qui constituent le cœur du récit, voilà les arguments avec lesquels le cinéaste Zhao Ji nous a séduits. Il existe une sincérité dans cet univers où les divinités cohabitent avec les mortels, à la courte espérance de vie et à toutes sortes de vulnérabilités. C’est dans ce cadre-là que les héros sont amenés à trouver leur chemin et à ne pas renoncer à la liberté qu’ils espèrent tant. C’est pourquoi le réalisateur rempile pour nous donner un avant-goût de ce que serait son propre Akira dystopique, en mettant de côté l’imaginaire traditionnel que l’on se fait d’un Tigre et Dragon.

Fury Road

Pilote intrépide à ses heures perdues, Li Yunxiang roule pour le podium de courses de motos souterraines et se révolte comme il peut contre l’unique compagnie des eaux. L’élément de la vie est une ressource rare dans un monde où les petits boulots permettent de survivre plus longtemps. Mais lorsque le jeune motard se met à dos un clan impérialiste de la ville de Donghai et ses divers collaborateurs, de nouveaux enjeux viennent alimenter sa quête existentielle. Réincarnation du dieu Nezha, il embrase tout sur son passage, dans un désir de vengeance qui n’est pas à la portée de tous les enfants. Li Yunxiang enchaîne les traumatismes et la perte de ses proches, au fur et à mesure qu’il prodigue sa bienveillance autour de lui. S’il a tout du Cloud de Final Fantasy VII, sa trajectoire reste difficile à suivre avec un rythme aussi soutenu. Il ne serait pas étonnant de dégringoler de son siège, même si l’on peut lentement retomber sur ses pattes.

Assez inégal dans sa forme et sa narration, il faut néanmoins reconnaître cette ambiguïté qui règne dans l’esprit du héros, tiraillé par la pouvoir maudit qu’il possède. Sa fulgurante ascension serait presque en contradiction avec ce qu’on peut se faire d’une origin story d’un héros de comic. Et là où on se laisse agréablement surprendre, c’est dans les émotions que peut générer ce voyage définitivement humain. Chacun vit avec ses échecs, nulle question de les effacer ni de les oublier. Les cicatrices sont bien inscrites dans un récit qui évolue entre les teintes chaudes et froides. Le feu contre la glace, le feu contre l’eau. La mise en scène s’articule bien autour de ces affrontements spectaculaires et riches en adrénaline. Et en dehors de ces élans fougueux, le développement des personnages féminins est quasiment inexistant. Celles-ci n’ont pas grand-chose à mordiller, si ce n’est dans l’attente, dans un lent et inabouti triangle amoureux.

Loin d’avoir le prestige et la stabilité des studios d’animation américains et japonais, la Light Chaser Animation s’accroche à ses concurrents. Esthétiquement, il peut manquer de fluidité par endroits, mais cela n’ampute en rien le potentiel tragique que le studio défend avec une sincérité rare. A destination des jeunes adolescents et des jeunes adultes, ce genre de superproduction gagne à être reconnu pour son efficacité et ses partis pris radicaux, car la mort fait partie du voyage de tous les récits d’aventures. New Gods : Nezha Reborn s’emploie à nous faire vivre la meilleure expérience, quitte à passer par une violence crue, en passant du chaud au froid, et inversement. Ainsi, Zhao Ji et son scénariste Mu Chuan forment un tandem qu’il convient de suivre à l’avenir. Deux scènes post-génériques annoncent déjà les couleurs des nouveaux bouleversements d’une saga en devenir.

Bande-annonce – New Gods : Nezha Reborn

Fiche technique – New Gods : Nezha Reborn

Titre original : Xīn shén bǎng : Nézhā chóngshēng
Réalisation : Zhao Ji
Titre original : Xīn shén bǎng : Nézhā chóngshēng
Réalisation : Zhao Ji
Scénario : Mu Chuan
Montage : Keer Zhu
Musique : Haowei Guo
Production : Light Chaser Animation Studios
Pays de production : Chine
Distribution France : Netflix
Durée : 1h56
Genre : Animation, Fantastique, Action, Drame
Date de sortie : 18 août 2021 sur Netflix

New Gods : Nezha Reborn, tout feu tout flammes
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Festival

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Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

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