Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Succès planétaire depuis son arrivée dans les foyers en 2015, la série animée Miraculous : Les Aventures de Ladybug et Chat Noir s’inscrit désormais dans l’imaginaire collectif d’enfants, d’adolescents et de parents. Le film adapté par Jeremy Zag ne manque donc pas de créer de l’engouement, avant que tout espoir de divertissement s’effondre dans ce qui semble être un gloubi-boulga musical, romantique et super-héroïque. Chacun de ces arguments échoue malheureusement sur le grand écran, dont le désastre est proportionnel à son budget pharaonique.
Trous de mémoire (1985), de Paul Vecchiali, ressort en version restaurée. On y retrouve le réalisateur, dans un badinage post-amoureux avec une femme anciennement aimée.
Le troisième volet de la trilogie de Paul Schrader, évoquant à chaque fois la rédemption à travers le destin d'un homme, mêle encore une fois différents sujets. Cette fois il associe les deux thèmes antinomiques au possible que sont l'horticulture pour la forme et le contexte et le nazisme contemporain pour le fond. C'est superbement réalisé, impeccablement interprété et totalement hypnotique en plus de fulgurances visuelles qui en font le meilleur des trois.
A l'occasion des saisons Hanabi 2023, nous avons découvert en avant-première A man de Kei Ishikawa. Présenté à la Mostra de Venise 2022, le film a rencontré un franc succès au Japon et devient la première oeuvre du réalisateur à s'exporter à l'international. Miroir d'une société confrontée à son identité et à ses valeurs, A man explore, sous la forme d'un thriller d'investigation, l'acceptation de nos origines et la transmission entre générations. Grâce à son intrigue solide, son contexte social et sa mise en scène mélangeant habilement jeux d'ombre et de reflets, A man nous plonge dans une enquête palpitante tout en nous interrogeant, comme si le film devenait notre propre miroir, sur notre identité.
Pour nous parler de cinéma, Michel Gondry fait de Marc (Pierre Niney) son double en train de tenter de finir un film en tant que réalisateur. Une comédie réussie, fraiche et réjouissante
Dans son quatrième long-métrage, Abdelinho, le réalisateur franco-marocain Hicham Ayouch organise une fable autour de son héros éponyme. Le fanatisme religieux s’y voit traité en folie collective emplie de négativité, faisant face à un doux rêve individuel. Le plus puissant des deux ne sera pas nécessairement celui que l’on pourrait craindre…
En 1975, le réalisateur Miloš Forman décide d'adapter le roman de Ken Kesey (1962) Vol au dessus d'un nid de coucou. Cette œuvre, qui sera récompensée par de nombreux prix, invite le spectateur à pénétrer dans un hôpital psychiatrique et le confronte à cet univers qui attire autant qu'il effraie : le monde de la folie.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.