Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Quand le western spaghetti veut tirer sa révérence, il le fait avec classe et nostalgie, en réunissant deux stars du genre sous l’égide de l’un de ses plus grands réalisateurs. Il en résulte un film étrange, partagé entre dérision, hommage sincère et émotion.
Plus rien ne semblait ni impossible, ni infaisable pour le Messie et son prophète après Mission Impossible: Fallout et Top Gun: Maverick. Tom Cruise et Christopher McQuarrie ne pouvaient que continuer à marcher sur l’eau, et Mission Impossible : Dead Reckoning part.1 ne pouvait que dépasser les précédents. On n’en attendait pas moins en tous cas. Et c’était surement trop.
Pierre Jolivet réalise des films depuis 1985, certains comme La Très très grande entreprise (2008) étaient déjà (très) engagés. Les Algues vertes, coscénarisé avec la journaliste Inès Léraud (dont l'enquête a déjà fait l'objet d'une bande dessinée), n'échappe pas à la règle. Les Algues vertes rend à la fois hommage à tous les protagonistes ayant "lancé l'alerte" sur un sujet qui soulève encore beaucoup de censure, du moins créer le rejet politique et d'une partie du monde agricole breton (voir la projection bousculée en Bretagne ou encore les propos récents d'hommes politiques), et propose un très beau et doux portrait d'une femme forte, porté par le jeu subtil de Céline Sallette. En salle depuis le 12 juillet.
Thelma & Louise, un film féministe de Ridley Scott qui se dresse comme un poing et qui ne peut laisser indifférent. Un road movie en compagnie de deux femmes, deux amies qui vont transcender leurs limites.
Welfare, du grand Frederick Wiseman, observe sans jamais juger le fonctionnement de la plus importante institution américaine d’assistance sociale qui marche parfois sur la tête, le plus souvent malgré elle, face à des usagers très vulnérables.
Une Nuit est le 4e film d'Alex Lutz comme réalisateur. C'est un film de l'instant, un film de rencontre, d'amour, d'éphémère. Une Nuit est traversé de part en part par sa fin prochaine. Porté par deux acteurs magnifiques, le film joue sur le trouble, s'équilibre au travers des dialogues, du montage mais aussi et surtout des regards et des corps.
"Tiptoe through the window, by the window, that is where I'll be Come tiptoe through the tulips with me." Si vous entendez cette musique, vous imaginez un démon au visage rouge, sale et répugnant. Vous êtes dans un univers sombre, lugubre, aux frontières de l’horreur et de l’imagination. Vous voyez une mariée en noir que vous n’aimeriez pas croiser pour vos noces. Bienvenue dans Insidious, l’un des meilleurs films d’horreur de ces 20 dernières années. On n’en dira pas autant de ce cinquième épisode…
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.