Passages (à vide)

Après Brooklyn Village et Love Is Strange, Ira Sachs décide de changer son décor new-yorkais pour celui de Paris. Impossible de ne pas sentir l’influence d’un Louis Malle ou d’un Truffaut dans ce Passages. Seul bémol : ici, le résultat sonne un peu creux.

Parle-moi d’amour…

Tomas est un jeune réalisateur de films. Il sait ce qu’il veut et comment il veut le filmer. Mais dans sa vie privée, c’est autre chose. Perdu quant à la relation avec son mari Martin qu’il ne comprend plus, confus sur la façon de la réinventer, Tomas vit entre deux eaux. Électron qui veut se croire libre, il papillonne, dirige son monde, veut que tous et toutes s’invitent dans sa danse. Jusqu’à l’arrivée d’Agathe, une des figurantes ou comédiennes sur son tournage, on ne sait pas trop. Au détour d’une danse qu’Agathe lui propose, et face au refus de Martin, Tomas se laisse séduire et tombe sous le charme de cette jeune femme. Commence alors un triangle amoureux déroutant, où Tomas se perd entre deux eaux… et nous égare en chemin.

Si les chroniques de la vie amoureuse d’un couple ou même d’un trouple ne sont pas nouvelles, elles n’en restent pas moins un sujet constamment renouvelable avec ses dynamiques différentes. Mais là où un Jules & Jim nous emporte avec fracas dans le « tourbillon de la vie », ce Passages est plutôt à vide. Sous couvert de vouloir dépeindre la difficulté d’aimer deux personnes à la fois, et ce peu importe son sexe, le film nous perd dans son rythme trop lent (avec un montage pourtant impeccable) et des va-et-vient incessants qui finissent par lasser.

… ou fais-moi simplement la cour

Si le trio d’acteurs est impeccable, force est de constater que l’émotion, elle, n’est pas au rendez-vous. A part une scène très juste qui montre la douleur d’Agathe de ne pas trouver sa place dans le trio, le film peine vraiment à rendre la complexité du triangle amoureux. Et préfère s’étirer en situations attendues et dialogues pas toujours très fins.

Pas grand-chose donc dans ce Passages qui ne soulève guère d’émotion et n’a pour lui que ses acteurs et sa très belle photographie.

À sauver notamment, ces jolis plans de fin, qui rappellent un peu Jeanne Moreau dans Ascenseur pour l’Échafaud (Louis Malle, 1958). Le personnage de Tomas y est cadré en gros plan, à vélo dans les rues de Paris, les lumières virevoltant derrière lui, comme des lucioles, un peu à son image…

Bande-annonce : Passages

Fiche technique : Passages

Réalisateur : Ira Sachs
Scénario : Ira Sachs & Mauricio Zacharias
Interprètes : Franz Rogowski (Tomas), Ben Whishaw (Martin), Adèle Exarchopoulos (Agathe), …
Directeur de la photographie : Josée Deshaies
Montage : Sophie Reine
Société de Production : SBS Productions & KNM
Durée : 1h30 min
Genre : Drame, Romance
Date de sortie : 28 Juin 2023
France/Allemagne – 2022

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2

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