Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Marie, atteinte d'une maladie incurable, décide de partir en Suisse pour un suicide assisté. Incapable de révéler la vérité à son fils irresponsable, elle invente un mensonge autour d'un héritage imaginaire pour justifier le voyage. Accompagnée de personnages drôles et émouvants – sa petite-fille en pleine crise d’adolescence, son fils irresponsable et un auxiliaire de vie décalé – elle embarque dans un road-movie improbable où quiproquos, révélations et rapprochements familiaux se mêlent, abordant la fin de vie avec une sincérité lumineuse et un humour audacieux.
Dernier chef-d'œuvre de Paolo Sorrentino, "Parthenope" mêle beauté, poésie et mélancolie à travers l’histoire d’une jeune archéologue. Ce film baroque, vibrant d’intelligence et de nostalgie, célèbre la puissance du cinéma pour éveiller des émotions profondes et nous transporter dans l’éternité de Capri. Un voyage esthétique inoubliable où chaque scène résonne d’une beauté intemporelle.
"Black Box Diaries" est un documentaire poignant réalisé par Shiori Itō, qui revient sur son combat après une agression sexuelle par un homme de pouvoir au Japon. À travers une enquête de huit ans, Itō dévoile les défaillances du système judiciaire japonais et donne une voix aux victimes de violences sexuelles. Un récit émouvant sur la résilience, la lutte pour la justice et l'évolution des droits des femmes.
L’étau se resserre autour de la famille Zylbersztejn. Deux ans d’enfermement dans dix mètres carrés, à guetter chaque pas dans l’escalier, chaque bruit derrière la porte. "La Vie devant moi" ne cherche ni l’emphase ni le spectaculaire, mais épouse la vérité brute de cette claustration forcée, où l’attente devient une torture aussi insidieuse que la peur d’être découvert. Entre éclats d’espoir et plongées dans l’abîme, le film capte avec une rare justesse l’épuisement moral et physique, la solitude et le silence oppressant, brisés par quelques mots chuchotés, par le regard d’une enfant qui refuse de s’éteindre.
À travers une histoire intergénérationnelle entre un adolescent et sa grand-mère, "L’âge imminent" explore les thèmes de l’identité, des liens familiaux et des fractures sociales. Un récit émouvant, captivant et sincère qui nous plonge dans la réalité d’une jeunesse en quête de sens et de liberté, tout en abordant la solitude et l’évolution d’une société espagnole contemporaine. Un premier long-métrage poignant du collectif Col·lectiu Vigília.
"A Real Pain" de Jesse Eisenberg suit les pas de David et Benji, deux cousins que tout oppose, dans un voyage en Pologne. Entre visites de lieux de mémoire et affrontements personnels, le film questionne la transmission des traumatismes et la quête d'identité. Un film parfois drôle,souvent subtil, mais qui ne va pas totalement au fond de son sujet.
Black Dog : En écho peut-être à White God, le pamphlet du hongrois Kornél Mundruczó, lui-même sans doute un clin d’œil au White Dog de Samuel Fuller, Black Dog relate la relation entre un homme et un chien, les deux ostracisés comme les personnages canins et humains des films suscités. Une réussite impressionnante.
"In the Lost Lands" est une aventure post-apocalyptique pleine de contradictions, portée par Milla Jovovich et Dave Bautista. Adaptation d'une nouvelle de George R.R. Martin, le film mêle science-fiction et western, mais peine à offrir une expérience mémorable avec un scénario confus et des effets visuels décevants.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.