Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Dans "La Classe ouvrière va au paradis", Elio Petri livre un film politique percutant, loin du dogmatisme militant, en suivant le parcours de Lulù Massa, un ouvrier modèle dont la vie, marquée par la brutalité du travail et l’aliénation, finit par se confronter à la dure réalité sociale et syndicale de l’Italie des années 70. Grâce à une mise en scène expressive, un montage nerveux et la musique envoûtante d'Ennio Morricone, Petri dresse un portrait sans concession du monde ouvrier, de ses rêves et de ses désillusions, tout en interrogeant la lutte des classes et ses limites. Un film intemporel qui résonne encore aujourd’hui.
Après presque quinze ans d'écriture et de tournage, Sergio Leone sort son dernier film en forme de fresque historico-policière, qui reflète surtout le passé et les sentiments du cinéaste.
Dans "Jouer avec le feu", Delphine et Muriel Coulin dépeignent avec justesse les liens fragiles entre un père veuf, incarné par Vincent Lindon, et ses deux fils. Entre incompréhension, filiation brisée et dérive idéologique, le film explore les tensions silencieuses et les blessures invisibles qui façonnent cette famille. Porté par des performances intenses, il questionne les normes sociales imposées aux hommes tout en effleurant les abîmes de l’intime.
Desplechin confie comment le septième art l’a façonné, de sa fascination pour Shoah de Claude Lanzmann à l’épiphanie devant Les 400 coups. Ce parcours personnel, empreint d’idolâtrie envers le cinéma, révèle une quête plus profonde : retrouver cette "enfance perdue du regard", mêlant innocence et créativité avertie. Au final, Spectateurs ! ne parle pas seulement de cinéma, mais de la vie elle-même, et de notre manière, en s’enfermant dans une salle obscure, de chercher à mieux la comprendre.
"Vol à haut risque" est un thriller en huis clos signé Mel Gibson, où l'illusion d'une série B dynamique et corrosive se heurte à une exécution maladroite. Entre tension défaillante et humour forcé, le film perd de son intensité au fil du vol. Avec Mark Wahlberg, Michelle Dockery et Topher Grace, l'intrigue manque de suspense et d'émotion, malgré des efforts de mise en scène. Un film dont la production ambitieuse ne compense pas les incohérences de ton et un manque de profondeur des personnages, laissant les spectateurs aussi désenchantés que le scénario.
Découvrez "Better Man", le biopic audacieux de Robbie Williams où le chanteur est incarné par un singe en CGI. Un film innovant qui se démarque des biopics musicaux classiques, alliant émotion, humour et une mise en scène unique de Michael Gracey (The Greatest Showman). Suivez l'histoire touchante de la vie de Williams, entre succès, drames et hallucinations, avec des performances puissantes et des moments musicaux mémorables. Un projet énergique, visuellement frappant, malgré quelques longueurs et un rythme inégal.
Peut-on faire de l’absence d’originalité une véritable posture artistique ? Cette interrogation s’impose avec une acuité troublante devant "Shimoni", premier long-métrage d’Angela Wanjiku Wamai, réalisatrice kenyane qui semble ici vouloir déployer un minimalisme narratif au service d’une introspection psychologique.
Après "Invisible Man", Leigh Whannell nous propose sa nouvelle adaptation du célèbre monstre lycanthrope avec "Wolf Man". Cette réinterprétation visuellement intrigante mêle drame familial et horreur, mais peine à équilibrer ses ambitions émotionnelles et son côté survivaliste. Un film prometteur mais inachevé, qui explore la transformation tragique d'un père de famille en loup-garou, tout en insufflant une atmosphère de tension psychologique. Malgré des idées innovantes, "Wolf Man" souffre de défauts d’écriture et de rythme, laissant un goût de déception pour les amateurs de films de monstres.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »