Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Dans un film dur et impérieux, puissant et magistral, "La Convocation", Halfdan Ullmann Tøndel dénonce les ravages et dérapages des mythomanies et névroses familiales en milieu scolaire. Un coup de maître.
Bong Joon-ho revient avec "Mickey 17", un film de science-fiction burlesque et satirique qui explore la question de l’humanité à travers le personnage de Mickey Barnes, un homme réplicable et sacrifiable dans une mission spatiale. Porté par un Robert Pattinson exceptionnel, ce film mêle humour noir, enjeux écologiques et questionnements philosophiques, tout en offrant un regard critique sur notre société. Une œuvre audacieuse et décalée du réalisateur de "Parasite".
Empreint de finesse, vivacité subversive et tendresse provocatrice, Judith Davis fondatrice du collectif de théâtre "L'avantage du doute" signe avec "Boujour l'Asile" un film-manifeste salutaire interrogeant l'écrasement de l'humain par les normes et notre "vivre-ensemble".
"The Monkey", adaptation décevante de Stephen King réalisée par Osgood Perkins, offre un début prometteur mais souffre d'une intrigue simpliste et d'une mise en scène anecdotique. L'humour noir empêche toute tension, et l'absence de rythme rend cette série B vite oubliable. Un cocktail d'horreur et de comédie raté.
A travers un film fort et étrange, la comédienne grecque Ariane Labed fait irruption sur la scène des futures grandes réalisatrices proposant un 1er long métrage "September & July" dérangeant et fascinant, ancré dans l'héritage du monstrueux "Canine" de Yorgos Lanthimos.
Après "Challengers", Luca Guadagnino revient avec "Queer", un projet audacieux inspiré de la nouvelle sulfureuse de William S. Burroughs. Entre esthétique léchée, casting prometteur et exploration des tabous des années 50, le film promettait beaucoup. Pourtant, il divise : si la maîtrise visuelle et émotionnelle est indéniable, la dérive narrative et le manque de profondeur des personnages laissent un goût mitigé. Plongée dans un film en deux temps, entre extase et désillusion.
"When the Light Breaks" de Rúnar Rúnarsson plonge dans la fragilité de la vie à travers l’histoire d'Una, une jeune artiste en pleine quête d’identité. Ce film islandais explore les thèmes du deuil, des relations humaines et de la douleur à travers un groupe d’amis confrontés à la perte brutale d’un proche. Avec une mise en scène lumineuse et une réflexion profonde, il offre une vision émotive de la vie, de l’amour et de la séparation.
Le MCU a-t-il encore quelque chose à offrir ? "Captain America: Brave New World" devait rassurer, mais ne fait que confirmer l'impasse dans laquelle Marvel s'est enfermé. Un film qui recycle ses propres thèmes sans jamais les sublimer, enchaînant les erreurs de narration et d’exécution. L’ambition s'est évaporée, remplacée par une formule sans âme où le spectaculaire cède à la précipitation. Pire encore, même les rares fulgurances du film sont noyées par un montage chaotique et des effets spéciaux bâclés. À l’aube de "Avengers: Doomsday", la question n'est plus de savoir si le MCU peut se relever, mais s’il reste encore quelque chose à sauver.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.