Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Adaptation du roman autobiographique d'Azar Nafisi, "Lire Lolita à Téhéran" revient sur l'émancipation des femmes iraniennes à travers la littérature et un regard critique sur la répression et la résistance silencieuse, au cœur d’un régime islamique répressif. Eran Riklis y explore les tensions culturelles et politiques de l'Iran, mais peine à insuffler une réelle intensité à son récit. Bien que porté par une performance saisissante de Golshifteh Farahani, le film manque de profondeur et d'impact émotionnel dans sa représentation des luttes féministes.
Avec plus de 100 vues dûment sélectionnées et amplement commentées, Thierry Frémaux nous fait pénétrer dans la genèse du cinématographique, contrainte par l'essentiel. Une succession de bonheurs pour le cinéphile.
Une petite comédie d’action, de type série B décomplexée, on est toujours client ! Dotée d’un titre original et accrocheur, et d’un canevas qui l’est tout autant, on se dit qu’on va passer un bon moment. Sauf que "Novocaïne" n’a à offrir qu'un concept dont il tire quelques séquences de violence amusantes.
Vermiglio : Le second film de l’italienne Maura Delpero, insufflé de son histoire familiale, est remarquable de justesse et d’émotion, malgré ou grâce à une certaine austérité qui laisse beaucoup de place au non-dit et à l’intime de ses personnages.
Récit d'apprentissage intergénérationnel entre deux volcanologues en Guadeloupe, "Magma" mêle mentorat et tensions sociales face à la menace de l'éruption de la Soufrière. Bien que le film propose une immersion captivante dans l'univers scientifique et la culture guadeloupéenne, il peine à créer une véritable tension, laissant l'intrigue manquer d'impact. Une œuvre ambitieuse, entre fiction et documentaire, qui explore les enjeux politiques, humains et identitaires tout en abandonnant parfois ses idées à mi-chemin.
Inspiré du roman autobiographique de Roland Perez, ce film réalisé par Ken Scott retrace le combat extraordinaire d’une mère pour permettre à son fils handicapé de marcher. Portée par une foi inébranlable en Dieu, cette femme incarnée par une Leila Bekhti éblouissante lutte contre l’adversité et les obstacles sociaux. L’histoire, traversée par l’humour et des émotions profondes, explore les sacrifices et l’amour démesuré d’une mère. La première partie, vibrante et intense, met en lumière une famille unie dans les années 60 et 70, avec des reconstitutions soignées. Sylvie Vartan joue un rôle inspirant et déterminant, apportant un soutien lumineux dans ce chemin semé d'embûches. La deuxième partie aborde l’émancipation de Roland, incarné par Jonathan Cohen, et sa carrière, avec sensibilité et pudeur. Le film, teinté d’une humanité universelle, célèbre l’amour maternel et les miracles qu’il engendre.
Entre tension feutrée et ironie mordante, The Insider de Steven Soderbergh joue avec les codes du thriller d’espionnage pour mieux les détourner. Derrière une enquête haletante sur la trahison et la manipulation, le film révèle en creux un drame conjugal où l’intime et le politique s’entrelacent. Avec une mise en scène précise et un récit subtilement décalé, Soderbergh brouille les pistes et transforme la traque d’un agent double en une réflexion sur le couple et la confiance.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.