Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Black Dog : En écho peut-être à White God, le pamphlet du hongrois Kornél Mundruczó, lui-même sans doute un clin d’œil au White Dog de Samuel Fuller, Black Dog relate la relation entre un homme et un chien, les deux ostracisés comme les personnages canins et humains des films suscités. Une réussite impressionnante.
"In the Lost Lands" est une aventure post-apocalyptique pleine de contradictions, portée par Milla Jovovich et Dave Bautista. Adaptation d'une nouvelle de George R.R. Martin, le film mêle science-fiction et western, mais peine à offrir une expérience mémorable avec un scénario confus et des effets visuels décevants.
Dans un film dur et impérieux, puissant et magistral, "La Convocation", Halfdan Ullmann Tøndel dénonce les ravages et dérapages des mythomanies et névroses familiales en milieu scolaire. Un coup de maître.
Bong Joon-ho revient avec "Mickey 17", un film de science-fiction burlesque et satirique qui explore la question de l’humanité à travers le personnage de Mickey Barnes, un homme réplicable et sacrifiable dans une mission spatiale. Porté par un Robert Pattinson exceptionnel, ce film mêle humour noir, enjeux écologiques et questionnements philosophiques, tout en offrant un regard critique sur notre société. Une œuvre audacieuse et décalée du réalisateur de "Parasite".
Empreint de finesse, vivacité subversive et tendresse provocatrice, Judith Davis fondatrice du collectif de théâtre "L'avantage du doute" signe avec "Boujour l'Asile" un film-manifeste salutaire interrogeant l'écrasement de l'humain par les normes et notre "vivre-ensemble".
"The Monkey", adaptation décevante de Stephen King réalisée par Osgood Perkins, offre un début prometteur mais souffre d'une intrigue simpliste et d'une mise en scène anecdotique. L'humour noir empêche toute tension, et l'absence de rythme rend cette série B vite oubliable. Un cocktail d'horreur et de comédie raté.
A travers un film fort et étrange, la comédienne grecque Ariane Labed fait irruption sur la scène des futures grandes réalisatrices proposant un 1er long métrage "September & July" dérangeant et fascinant, ancré dans l'héritage du monstrueux "Canine" de Yorgos Lanthimos.
Après "Challengers", Luca Guadagnino revient avec "Queer", un projet audacieux inspiré de la nouvelle sulfureuse de William S. Burroughs. Entre esthétique léchée, casting prometteur et exploration des tabous des années 50, le film promettait beaucoup. Pourtant, il divise : si la maîtrise visuelle et émotionnelle est indéniable, la dérive narrative et le manque de profondeur des personnages laissent un goût mitigé. Plongée dans un film en deux temps, entre extase et désillusion.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »