Cinéma

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Elio : retrouvailles du troisième type

Avec "Elio", Pixar signe une aventure spatiale aussi audacieuse que fragile. Entre visuels éblouissants et émotion en demi-teinte, le film explore la solitude, le deuil et le besoin de connexion. Malgré ses imperfections, "Elio" reste une œuvre sincère portée par une nouvelle génération de talents Pixar.

Life of Chuck : Merci Chuck, 39 ans de service certes mais surtout 111 minutes de bonheur

"Life of Chuck", adaptation sensible d'une nouvelle de Stephen King par Mike Flanagan, est un conte métaphysique bouleversant qui émerveille par sa poésie, sa mise en scène et son humanité.

I love Peru : l’art de Quenard et son traquenard

Raphaël Quenard, c'est l'acteur-foudre qui électrise l'écran entre génie et autodérision, entre fureur sacrée et clowneries de comptoir. Dans "I Love Peru", lui et Hugo David jouent à cache-cache avec la vérité, transformant leur amitié en un spectacle déjanté où l'intime devient performance. Du trou de balle flouté aux tirades lyriques, tout n'est que traquenard et c'est jubilatoire.

Cloud, de Kiyoshi Kurosawa : monstres ordinaires de l’ère numérique

Fidèle à ses habitudes, Kiyoshi Kurosawa trompe les attentes et s’affranchit des règles de genre, en tentant avec Cloud un grand écart entre thriller psychologique et comédie d’action, le tout teinté de mystère et de critique sociale. Pari à moitié tenu : si le film tisse une toile d’intrigue et de menace dans sa première moitié, le basculement narratif est ensuite mal maîtrisé.

Le Répondeur : Un imitateur qui a du répondant !

Adapté du roman de Luc Blanvillain, le cinquième long-métrage de Fabienne Godet explore avec finesse et sensibilité la rencontre improbable entre un écrivain en quête de solitude et un imitateur en difficulté. À travers un jeu d’identité orchestré par une sonnerie emblématique, le film mêle quiproquos savoureux et révélations profondes, célébrant la beauté intérieure et la transformation des êtres au gré des rencontres. Une comédie subtile et lumineuse portée par Denis Podalydès et Salif Cissé, sous la direction délicate de Fabienne Godet.

Jeunes mères : entre douleur et résilience

Dans Jeunes mères, les frères Dardenne livrent un film choral puissant, explorant avec sensibilité et justesse le combat de cinq jeunes femmes face à la maternité et à la précarité. À travers des trajectoires entremêlées, le récit révèle des dilemmes moraux et des tensions sociales, porté par une mise en scène réaliste et une émotion à fleur de peau. 

Chime, de Kiyoshi Kurosawa : résonance du mal

Chime est un moyen-métrage qui voit l’auteur de Cure (1997) revenir à l’angoisse psychologique et ambiguë, après une dizaine d’années d’exploration d’autres genres. On y retrouve l’inquiétante étrangeté – quoiqu’un brin frustrante, format oblige – qui fait le sel de son cinéma.

Le Rêve dans le Pavillon rouge (2024) de Hu Mei : un monument de la littérature chinoise au cinéma

La nouvelle adaptation cinématographique du roman fleuve de Cao Xueqin, monument de la littérature chinoise du XVIIIème siècle, Le Rêve dans le pavillon rouge (2024), de Hu Mei, révèle aux spectateurs français ce que serait l’équivalent d’un cinéma hollywoodien venu de Chine.

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